Test : Tails' Skypatrol (Game Gear)
Action
La série Sonic est plus populaire en occident qu’au Japon, et à ce titre, rares sont les titres sortis uniquement sur l’Archipel. Une exception cependant : Tails’ Skypatrol, sorti sur Game Gear entre Sonic Triple Trouble et Tails’ Adventure. Mais pourquoi ?
Dans Tails’ Skypatrol, on dirige Tails, qui a pour une fois décidé de lâcher les jupons de Sonic pour se balader dans son coin. Il découvre une île qui est la cible d’une bande de vilains personnages qui transforment tous les animaux en cristaux. Il décide donc de régler le problème tout seul comme un grand.
A première vue, on peut penser que Tails’ Skypatrol est un shoot’em up. En effet, Tails vole en permanence, et est équipé d’un anneau qu’il peut faire tourner autour de lui et lancer sur les ennemis et les projectiles qu’ils nous envoient. Mais ce n’est en fait qu’un tout petit aspect du jeu, car le challenge ne vient pas vraiment des ennemis, mais du décor. Le moindre contact avec le sol, un mur, ou n’importe quel obstacle, et c’est la mort immédiate. Tails peut accélérer, mais il ne peut pas aller moins vite que le scrolling forcé, ni se retourner.
A chaque fois que Tails est touché par un ennemi ou un projectile, il manque de s’écraser, et il faut appuyer à répétition sur le bouton d’action pour qu’il reprenne sa trajectoire sans heurt. Cette même touche permet d’envoyer son anneau sur les ennemis pour les détruire, ou pour activer certains mécanismes. L’anneau sert également à ramasser des cristaux (pour le score), des bonbons (pour regagner de l’énergie, qui s’épuise constamment) et utiliser différents objets : les poids nous font plonger, les ballons nous font remonter à la verticale rapidement, et un système de rampes permet de se déplacer plus vite dans différentes directions. Ces mécanismes peuvent tour à tour nous permettre d’aller plus vite, ou d’emprunter des chemins inaccessibles sans eux, ou être des pièges qui nous ramènent en arrière ou pire, contre un obstacle.
Souvent, les stages proposent deux chemins, un en haut, l’autre en bas. L’un d’entre eux est souvent plus difficile, mais offre en contrepartie des gemmes ou, surtout, de l’énergie. La jauge se vidant assez vite, c’est donc plutôt celui-là qu’il faudra privilégier. Mais voila : Tails’ Skypatrol est difficile, très difficile. Un mauvais choix, une trajectoire mal négociée, un ennemi qui vous touche trop près du sol, et c’est la mort qui vous attend. Les 5 stages sont très courts (un run parfait ne dure qu’une quinzaine de minutes), mais le danger est omniprésent : si quelques sections peuvent être passées au culot, on est en général sur du pur die & retry, mais dans une version moderne, plus proche de Splosion Man que de Ghouls’n Ghosts.
La réputation du jeu n’est donc pas usurpée, même si le challenge est très fluctuant d’un niveau à l’autre, le tuto étant paradoxalement la partie la plus difficile du jeu, car on ne comprend rien à ce qui se passe avant d’avoir bien appréhendé toutes les possibilités offertes par le gameplay. Ensuite, à force de dextérité, de mémoire, et d’anticipation, on progresse petit à petit, et atteindre le prochain check-point devient de plus en plus satisfaisant. Un affrontement avec un boss conclue chaque stage : malheureusement ils ne sont pas très intéressants, car il suffit de les bourrer de coups sans oublier de ramasser des bonbons au passage.
Les développeurs étaient bien conscients de la difficulté du titre : chaque stage compte 4 ou 5 checkpoints, et les continues sont infinis. Le jeu étant court, en faisant preuve de patience et de persévérance, et avec un petit stock de piles, on peut tout à fait le terminer en quelques heures. On peut aussi le balancer par la fenêtre au bout de 3 minutes à cause de ce foutu tutoriel qui n’en est pas vraiment un. Ce serait dommage, car en plus le jeu a bien des qualités. Ses graphismes déjà, avec ses gros sprites, son très bon chara-design, ses décors chatoyants et colorés (pour certains repris de Sonic 2 sur MD), ses musiques entêtantes mais sympa. Sa maniabilité, à peu près irréprochable une fois qu’on a bien cerné le gameplay et la hitbox de Tails, qui n’est pas si grosse que ça. Et puis quand même, ce concept original, qui pousse vraiment à relever le défi.
Je ne sais pas si à l’époque de sa sortie, j’aurais pu recommander Tails’ Skypatrol. Il est vraiment très difficile, et sa courte durée de vie est à la fois un atout et un défaut : plus long, il aurait été pénible à terminer sans password, et en même temps, on peut le finir vite, sans raison d’y revenir. C’est vraiment l’archétype du jeu au concept excellent, mais assez mal réglé. S’il ressortait aujourd’hui, avec les vies infinies, il serait un jeu très intéressant, et qui propose une expérience très satisfaisante sur 2-3 heures. Et puis, qu’est-ce qu’il est mignon !
Comment jouer à Tails' Skypatrol aujourd'hui
S'il n'a jamais connu de ressortie en stand alone, Tails' Skypatrol a plusieurs fois été inclus dans des compilations ou proposé comme bonus dans d'autres jeux. On peut par exemple y jouer dans Sonic Adventure DX sur GameCube et PC, dans Sonic Gems Collection, Sonic PC Collection, et plus récemment dans Sonic Origins Plus.
Si vous voulez jouer à la version originale sur Game Gear, comptez environ 7 000 ¥ sur Mercari pour la cartouche seule, et de 15 000 à 50 000 ¥ pour le jeu complet, qui est assez rare. Attention, on trouve sur ebay des cartouches qui compilent Tails' Skypatrol et Tails' Adventure : ne vous-y trompez pas, ce sont des bootlegs !
Verdict
Points forts
- Graphismes vraiment adorables
- Un concept vraiment original
- Un level design et un gameplay carrés
- On progresse à chaque nouvelle tentative
Points faibles
- Un tuto mal fichu qui donne envie de lâcher le jeu
- Très difficile et potentiellement frustrant
- Très court, et sans vraie replay-value hors speedrun
- Les boss nuls