Test : Football Manager 27 (Windows, Mac)
Simulation
Après un épisode controversé et le précédent annulé, Sports Interactive avait besoin de regagner la confiance des joueurs avec l’épisode 2027. C'est d’abord passé par une semaine presque complète durant laquelle le jeu était disponible gratuitement pour que tout le monde puisse se faire son avis. Mais tout le monde n’avait pas forcément le temps de se pencher sur le dernier-né de la série ou l’envie de se risquer à une nouvelle déception. Ça tombe bien, le risque c’est mon truc et j’ai plongé dedans.
Chat échaudé craint l'eau
On lance le jeu, jusque là rien de nouveau, les licences s’affichent, on arrive sur le menu principal qui comme d’habitude, nous propose de lancer une nouvelle partie ou d'en charger une ancienne. Mais déjà, on remarquera deux boutons mis plus en avant : draft aléatoire et équipes nationales. Le deuxième créé simplement une partie « rapide »; rien d’exclusif à ce mode, si vous créez votre partie et sélectionnez une équipe nationale, vous aurez le même résultat. Le premier par contre est une évolution du mode « fantasy draft » apparu il y a quelques années. On commence par choisir le format : championnat, phase de groupe puis élimination ou élimination directe. On peut configurer le nombre d’entraîneurs (joueurs humains et/ou IA) ainsi que le type de joueurs que vous pourrez tirer (par défaut ce seront les meilleurs joueurs du monde). Pour le test, je vais partir sur le préréglage « légendes des divisions inférieures » avec une bonne qualité de draft, pas sûr de quels joueurs s’y trouveront mais bon.
On peut alors créer notre club et premier bémol : on ne peut pas simplement reprendre les couleurs et nom d’un club existant. N'étant pas une personne très créative, j'aurais apprécié pouvoir éviter cette étape. Heureusement on ne le fait qu'une fois et notre "club" est sauvegardé d'une partie draft à l'autre. L’Aris devient l’Arissa et je génère aléatoirement un kit parce que zut.
La suite se passe comme vous pouvez l’imaginer : vous avez vingt joueurs devant vous et en sélectionnez un, les autres joueurs choisissent aussi, vous avez un petit récapitulatif sur qui a choisi qui et c’est reparti pour un tour. Comme pour n’importe quel jeu de draft, il faudra parfois faire des concessions sur vos choix pour gêner un joueur qui se trouvera alors avec un effectif déséquilibré. Bon, j’ai pas de mémoire et après chaque tour j’ai oublié qui a recruté qui donc bon… Par défaut, vous avez 2 minutes pour sélectionner un joueur, une durée qui me semble appropriée quand on joue avec un set de joueurs que l'on ne maîtrise pas.
Mon premier draft ? Tous les bons attaquants sont apparus sur le même tour et je me retrouve mal équipé de ce côté-là. Pas grave, le reste est décent. On met en place notre tactique et c’est parti. Evidemment, pas de gestion de transferts ou autre, si vous l’avez activé il y aura une possibilité de redraft en cours de saison, mais sinon, vous serez coincé avec votre équipe. Pas grand-chose à ajouter si ce n’est que l’on est passé à ça d’avoir le testeur de tactique ultime : il ne manquait que la possibilité de partir en vacances pour laisser passer rapidement la compétition et voir les résultats. Peut-être pourra-t-on rendre l’option visible avec un futur skin personnalisé ?
La température est agréable
Bon, j’ai voulu commencer une nouvelle sauvegarde mais honnêtement, me taper un effectif inadapté à ma tactique pendant au moins six mois… J’ai pas eu le courage et rien n’a vraiment changé depuis l’an dernier. On notera quand même qu'on a trois réglages d’interruption : le jeu avance alors plus ou moins longtemps avant de s’arrêter pour que vous puissiez interagir. Et si vous voulez personnaliser ces réglages, vous pourrez le faire depuis les paramètres. Vous pourrez alors faire comme moi et vous farcir les 80 messages après une semaine de chargement ininterrompu.
Je relance cette partie grecque commencée sur l’opus 2023 et tiens, on ne peut plus charger de partie venant de l’opus 2023. J’avais mis l’an dernier en point positif que la rétrocompatibilité n’était pas limitée à l’opus précédent mais il semblerait que SI ait fixé la limite à deux opus. Ce n’est pas très gênant mais après les déboires de l’an passé, maintenir cet effort aurait été le bienvenu. Dans mon cas ce n’est pas un problème puisque la partie avait déjà été portée vers l’opus 2024, puis 2026.
Nous sommes donc en 2035 (oui, mon frère et moi n’avons pas beaucoup joué l’année passée), le PAOK domine l’Europe et l’Aris tente chaque année de se mettre au niveau de son rival. Je vais sur mon effectif et...wow, mais c’est allé vite là ? Essayons autre chose...tiens le staff par exemple. Quasi instantané. Et fini le système de fenêtre pop-up. Oh bon sang que c’est agréable, que ça fait du bien. Même sur notre sauvegarde qui a passé les 500mo la base de données des joueurs est fluide et réactive, au moins comparé à FM24 et FM26. La navigation en général est redevenue plus naturelle, pourtant la disposition est fondamentalement la même mais rendue fonctionnelle.
Je reprends mes marques, me remémore mon équipe et comme on avait arrêté juste avant un match de Ligue des Champions, je peux me lancer tout de suite dans le bain. La douce musique retentit dans mon stade, mes joueurs ne sont pas motivés par mon discours et je crains déjà le pire. Le match se passe bien, je remarque en haut de l’écran que l’on a désormais un menu déroulant « ajustements ». On trouve dedans des décisions telles que « repartir depuis la défense ». Si vous allez sur le petit i d’informations, vous verrez les consignes tactiques concernées et comment elles seront modifier.
Un moyen simple et efficace de faire des ajustements (je me demande si ça a un rapport avec le nom du menu) sans tout casser. Parce que si vous pouvez les sélectionner, vous pouvez aussi les désélectionner. Vous en avez sélectionné plusieurs ? Vous pouvez tout désactiver en une fois. C’est là encore beaucoup plus rapide et naturel que de devoir ouvrir le panneau tactique et chercher chaque option que l’on veut changer. Pour le reste, je n’ai pas noté de changement…
Ah si, on peut à nouveau engueuler les joueurs en plein match, parfait pour tuer leur moral. Dans les faits, Sports Interactive l’avait déjà remis l’an dernier après une mise à jour. Là, les intitulés ont changé et paraissent plus clair, plus d'excuse pour mal réagir à un encouragement. Le match passe et je gagne péniblement contre une faible équipe slovène. On va dire que c’est la reprise.
De retour sur la boîte de réception, je vois de nombreux messages à lire mais… Même problème que l’an dernier, Mireille n’est pas revenue. Distinguer les messages lus des non-lus est toujours aussi peu pratique, et comme le jeu vous met en haut de la file… Eh bien on scrolle. En solo vous pouvez les faire défiler avec le bouton continuer, jusqu’au clic de trop qui lancera le chargement suivant. Dommage, jusque là on n'avait que des améliorations. Bon, on navigue tant bien que mal et on va vers le dernier gros changement… Attendez je pousse un soupir.
Monsieur, vous êtes entraîneur
Les entraînements. Bon,
L’entraînement c’est un peu au cœur de n’importe quel sport, et c’est une bonne chose de l’améliorer, mais ça ne m’intéresse pas. Bref, allons voir le nouvel onglet « efficacité tactique », qui au premier abord paraît simple : des cercles plus ou moins remplis, plus c’est rempli, plus c’est vert, mieux c’est ? En gros, oui. Dans le détail, il y a une réflexion à avoir : la note que l’on voit est un mélange (pour ne pas dire moyenne) du travail effectué à l’entraînement, de l’application en match, de la capacité tactique de vos joueurs et de la complexité de la tactique.
Le dernier point, à l’inverse des trois précédents, est donc « plus vert » quand il est plus vide. Bref, on le voit, je ne travaille probablement pas assez le style de passe à l’entraînement et apparemment mes joueurs ne l’appliquent pas en match non plus. En regardant les différents domaines, il semblerait que mon entraînement n’est juste pas très efficace. Suis-je surpris ? Non. Cela fait 2 opus déjà que je demande à avoir plus de préparateurs et que l’on me le refuse, on est en sous-effectif depuis 10 ans et la direction ne fait rien…
Bref. Si vous cliquez sur la vue de l’effectif, vous verrez la moyenne générale de chaque joueur ; placez votre curseur sur cette moyenne et vous verrez sa note dans chaque domaine. Je n’avais aucun doute que demander à mes ailiers de faire tout le travail défensif sur les ailes les mettait en difficulté, maintenant j’ai la preuve que le jeu est d’accord avec moi.
Je ne pense pas que ces infos révolutionneront la vie de ceux qui ont des milliers d’heures de jeu chaque année, mais ceux qui sont moins expérimentés, qui ont l’habitude de récupérer des tactiques sur internet sans trop comprendre les idées déployées, pourront profiter de cet outil simple mais efficace pour identifier les faiblesses et incompatibilités de leur équipes. Vraiment, il n’y avait pas quoi de soupirer, mauvaise langue que je suis.
Avant de conclure, on finit avec quelques détails que j’ai croisés « par chance ». Le premier : les dirigeants semblent enfin capables de trouver des sponsors intéressants. Rappel : 13 ans à la tête d’un club grec qui se contentait de viser l’Europe mais pas plus, depuis que je suis là ? Une demi-finale de ligue des champions, plusieurs quarts de finale, une dizaine de finales de coupe, une dizaine de deuxièmes places, en termes de coefficient UEFA et de prestige je suis dans le top 20. Mes revenus sponsoring et droits TV ? Quinze millions d’euros. Même sans droits TV les clubs français vivent mieux que ça. Là, en quelques semaines sur cette même partie, mes dirigeants signent un sponsor pour CINQUANTE ET UN millions d’euros. Rien que ça me redonne de l’espoir de pouvoir un jour me rapprocher du PAOK.
Les rapports sur les joueurs sont revenus à quelque chose de moins pénibles : on n’a pas récupéré les boutons, mais on peut interagir avec sans changer d’écran et on peut les lires depuis les mails, alléluia !
Les « favoris » sont toujours là, c’est toujours une bonne idée, mais c’est toujours trop limité. On a plus de choix que dans mes souvenirs, mais il faut les sélectionner depuis le menu des favoris, pourquoi ne pas fonctionner comme un vrai navigateur avec un bouton pour ajouter la page ? D’ailleurs, n’espérez pas mettre plus de trois favoris avec le libellé affiché, et si vous les enlevez, bon courage pour ne pas cliquer au hasard jusqu’à retrouver le bon, les icônes n’étant pas très parlantes. Mais franchement, trois favoris sont suffisants, l’interface étant redevenue réactive c’est moins pénible. Cette fois c’est bon, on peut conclure.
Peu de nouveautés annoncées cette année, peu de nouveautés constatées et pourtant, j’ai l’impression que le bond qualitatif est énorme. Certes, l’an dernier s’est avéré être le second point bas historique après Championship Manager 4, mais les changements apportés cette année sont pertinents, et associés à une interface plus classique et surtout plus réactive, le ressenti est nettement positif. Tout n’est pas parfait, avec le fond peu lisible pour distinguer les messages lus/non-lus, un bouton pour passer au message non-lu suivant devient plus nécessaire que jamais. Pouvoir réduire le nombre d’interruptions de chargement fait plaisir, et les ajustements tactiques en match sont un excellent apport. Vraiment, cet opus est un très bon moyen de se réconcilier avec la franchise et me fait regretter le trop gentil 7 de l’an dernier. Un 8 très mérité qui loupe le 9 par le manque de nouveautés décisives et/ou les quelques défauts relevés l'an dernier et non corrigés.
Verdict
Points forts
- Gotta go fast !
- Gotta go faster faster faster faster
- Les ajustements tactiques et engueulades en match
- L'efficacité tactique offre une bonne lisibilité de la situation
- Mes dirigeants ont appris à trouver des sponsors !
Points faibles
- Mireille du secrétariat toujours en arrêt maladie
- Un petit bouton vacances pour le mode draft
- Pas de portage direct depuis FM23, il faudra des outils tiers
- Pourquoi on a du attendre 3 ans ?