Test : Mystic Defender (Mega Drive)

Distribué sous le nom de Mystic Defender en Europe et aux USA (Kujaku Oh 2 au Japon), ce titre fait partie des premiers jeux sortis sur MegaDrive. Vous l'aurez donc compris, il s'agit ici de la suite du jeu Kujaku Oh sorti au Japon l'année précédente (1988) sur Master System, plus connu chez nous sous le nom de SpellCaster.

À l'origine ce jeu est inspiré d'un manga et un anime de Makoto Ogino, constitué de trois OAV sortis en 1988 uniquement au Japon. Le titre de Sega reprend donc la trame du manga pour nous offrir un jeu d'action basé sur les légendes japonaises de combat contre des démons.

Le défenseur Mystique

Dans un passé très lointain les dieux s'affrontèrent sur Terre dans une guerre éternelle entre le bien et le mal. Ce conflit permit aux dieux de la lumière d'enfermer le mal dans les profondeurs de la Terre.
Mille ans après, Nobunaga Oda, sixième roi du mal, est sur le point de se réincarner. Pour cela il a besoin du sacrifice d'une vierge qu'il a capturé et emprisonné dans son château, Ashura, soeur de notre héros, un jeune prêtre bouddhiste nommé Kujaku (d'où le titre japonais du jeu).

Le jeu se déroule sur 8 niveaux allant de la forêt pour le premier niveau (un hommage au jeu Spellcaster sur Master System), à une ville fantôme, des niveaux organiques, jusqu'au coeur de l'antre des démons et des torrents de lave. Ces différents niveaux sont basés sur le principe d'un jeu de plateforme/Action. Il vous faudra donc trouver la sortie du level et explorer chaque recoin pour trouver des armes ou pouvoir.
Vous allez sauter de plateforme en plateforme en shootant tout ce qui bouge.
Votre personnage dès le début du jeu, a la capacité de jeter des boules de feu, rapide ou lente, suivant l'impulsion que vous donnerez sur le bouton. Vous aurez également la possibilité de rester appuyé sur le bouton pour concentrer votre tir et envoyer 3 boules de feu simultanément. Deux autres armes seront à votre disposition au cours du jeu, une sorte de lance-flamme pouvant s'orienter en hauteur, ou diagonale, et enfin un tir de boule de puissance allant dans les 4 coins de l'écran et rebondissant sur les parois. Si vous explorez attentivement les niveaux, vous trouverez parfois un super pouvoir utilisable une fois qui détruira tous les ennemis à l'écran. Au cours d'un même niveau vous aurez toujours à affronter un mini boss, avant de poursuivre votre progression et combattre le boss de fin de niveau beaucoup plus imposant. Comme vous pouvez le constater sur les screens du jeu, vous avez en haut de l'écran les différentes armes sélectionnables, juste au-dessous la jauge de puissance lorsque vous restez appuyé sur le bouton, et en bas à gauche les carrés de vie du personnage. Les vies restantes se trouvant en bas à droite. Graphiquement les personnages sont superbes, les décors sombres mais détaillés. L'animation de votre héros est impeccable (la toge flotte au vent), les ennemis n'étant pas en reste avec des mouvements fluides. Aucun ralentissement ne viendra gêner le joueur malgré le nombre parfois impressionnant de tirs ou d'ennemis à l'écran. Certains stages afficheront des scrollings différentiels.
Le personnage se manie sans problème particulier, et la difficulté des niveaux va crescendo. Attendez vous à souffrir sur les derniers stages. Côté musique, les thèmes sont tous différents et très bien réalisés.

LE PROBLEME DE LA CENSURE

Mystic Defender est le parfait exemple de la raison pour laquelle je préférais les jeux japonais à l'époque par rapport à leur version européenne. En plus d'avoir des jeux moins beaux et plus lents (le passage du 60 hz au 50 hz), la censure passait toujours par là pour modifier considérablement l'âme du jeu. Ce titre représente peut être la pire censure que j'ai pu voir dans un jeu vidéo (au même titre que Fist Of the North Star sur MegaDrive).
Dès le démarrage de l'intro, un choc. Le personnage principal n'est plus habillé du kimono traditionnel mais d'un pantalon et d'une veste bleue. Le scénario est totalement remanié pour ne parler que d'un héros appelé Joe qui veut sauver sa petite amie Alexandra (au lieu de sa soeur) d'un dangereux délinquant. Plus rien à voir avec les légendes japonaises et donc un univers graphique qui ne colle plus du tout avec le scénario mis en place.
Les ennemis sont tous aseptisés, la majorité des opposants ont vu leur couleur de peau virer au vert, et il n'y a plus aucune goutte de sang. Le pire étant le deuxième niveau du jeu qui se déroule dans une ville fantôme dont les murs sont couverts de sang. Dans la version européenne, tout ce rouge a disparu, les ennemis qui étaient des bébés qui explosaient pour devenir des larves sanguinolentes ont carrément disparu (c'était certes un peu dégoûtant comme ennemis mais on a vu bien pire aujourd'hui).
Enfin à la fin du jeu japonais la soeur du héros était nue prête à être sacrifiée. Dans le jeu européen elle est habillée d'une pauvre robe.

CONCLUSION

Mystic Defender est un grand Jeu d'action qui vous rendra accroc dès les premières minutes de jeu. Graphiquement très réussi malgré son " grand âge ", ce titre est devenu pour moi un incontournable de la console pourvu que vous privilégiez la version originale. La version française n'aurait qu'un 06/10.

Verdict

8

Points forts

  • Le scénario simple mais efficace
  • Les musiques
  • Les graphismes encore bons aujourd'hui
  • L'ambiance globale du jeu

Points faibles

  • La conversion européenne
  • La difficulté sur les derniers niveaux peut rebuter
  • Manque peut-être un mode deux joueurs
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Mega Drive 7.8 5

Commentaires

bko, 13 aoû 2008 - 5:30
Ce jeu ne m'a jamais attiré, a cause de l'argument peu objectif des ses graphismes datés... Voila surement un test qui va changer mon opinion ;)
Un de mes premiers jeux MD, il était assez dur, de ce que je m'en souviens, mais accrocheur. Je connaissais pas en détails ces histoires de censure.
yohko kurama, 20 aoû 2008 - 7:40
Merci bien pour ce test, je ne connaissais pas ce jeu en plus.
Je ne connaissais pas l'histoire japonaise du jeu. La version japonaise doit effectivement etre plus sympa...