Test : Resident Evil Code: Veronica (Dreamcast)

Claire Redfield et Leon S. Kennedy ont échappé à la terrible tragédie de Raccoon City et Claire cherche à présent en vain à retrouver les traces de son frère Chris, héros charismatique apparu lui lors du premier opus de la série. Emprisonnée dès le départ dans un lieu maudit et isolé du monde, pour s'être approchée un peu trop près de laboratoires gênants dans la capitale parisienne, elle n'aura désormais de cesse que de lever à nouveau le voile sur la cultissime firme Umbrella et ses nouveaux agissements...

"Ce jeu contient de nombreuses scènes de violence"

S'il serait déplacé de dévoiler l'intégralité du scénario, sachez néanmoins qui ne s'inscrit pas véritablement dans la lignée des épisodes sorti sur Playstation à l'époque et ressortis pour la plupart sur d'autres machines. CV, comme nous l'appellerons désormais, base son univers dans une trame parallèle à la série, avec la ferme ambition de prolonger le mythe d'une succession d'épisodes qui ont toujours tendance à laisser de nombreuses ombres planer.

Premier épisode avec décors intégraux en 3D de la série, CV signe les prémices d'une remise en question et d'une refonte partielle du système de jeu, qui malgré tout, commençait à prendre légèrement la poussière pour un genre qui privilégie la surprise pour mieux tromper et effrayer.
Au fil de vos pérégrinations, vous serez amenés à rencontrer des personnages assez bluffants, au passé torturé et au charisme fort à l'image d'un Steve Burnside royalement schizo et classe. Couplé à un scénario d'une rare intensité, force narrative à l'appui et bouleversements en pagaille, ce nouvel épisode place d'emblée la barre très haut.

The new nightmare

CV se permet également de jouer une corde plus mature et moins gratuite dans son approche que les précédents opus avec des thèmes abordés bien plus complexes qu'à l'accoutumée et moins dans la lignée... Il faut arrêter la méchante multinationale et les monstres qui vont avec... Sans spoiler à outrance, attendez-vous donc à l'un des scénarios les plus alambiqués et pointus de la série, voire le meilleur selon certains. A l'appui, CV distille à son rythme des cinématiques d'une pèche absolument phénoménale venant appuyer avec justesse les moments clés de l'aventure.

Mais si ce nouvel opus base sa force sur une structure narrative jubilatoire, il n'en demeure pas moins complet dans tous les autres compartiments. Alors, même si l'essence du gameplay n'a pas été retouchée (oui, on court encore de biais contre les murs), CV dépeint une légère progression de sa formule en réhaussant les codes de la série pour les amener vers des sommets, sans pour autant les renouveler ce qui constitue plutôt un exploit en soi.
Angles de caméras très proche du cinéma avec des plongées et autres contre-plongées angoissantes, musique d'appoint terrifiante, zombies à terre qui se relèvent comme par enchantement pour vous agripper le tibia, système d'inventaire toujours aussi complexe à maîtriser correctement sans devoir faire des aller-retour frustrants? On ne change pas une recette qui marche il paraît, mais on aurait apprécié une remise en question plus intense sur cette maniabilité de plus en plus obsolète, par exemple. RE cultive donc son paradoxe.

Le code de Véronique

Déçus de devoir encore se coltiner un personnage raide comme un balai, les fans peuvent néanmoins se réjouir, Capcom a sorti l'artillerie lourde pour cette exclusivité temporaire (le jeu est sorti sur PS2 et NGC depuis) en exploitant la Dreamcast à la perfection. Les textures sont d'une qualité incroyable pour l'époque (2000) même si certains effets ne sont pas des plus réussis. Un résultat largement à la hauteur de la machine, certes, mais ce sont de nouveaux les cinématiques qui transcendent le tout, parfaitement réalisées, et "made in Hollywood" à souhait. On aime ou pas mais leur côté pêchu ne laisse pas indifférent. De l'autre côté de la balance, les personnages semblent bien trop statiques et on ne peut s'empêcher de croire que tous les protagonistes ont calqué leurs façons de se mouvoir sur les zombies environnants. Une habitude de la série.

Mais vous en conviendrez, l'essence de Resident Evil réside en sa capacité à faire peur. Et CV fait peur. Oppresse, dérange, effraie, paralyse. Sur fond de scénario cataclysmique, les musiques déchargent leur beauté froide et leurs sonorités pures, teintées de sursauts d'humeur colériques. Un véritable régal. L'adrénaline ressentie par le joueur à la manette est aussi extrêmement jouissive tant l'immersion se veut totale en impliquant au maximum le joueur. Rarement une partition Capcom aura été aussi bien jouée et harmonique.

Deux galettes de pur malheur

Comme si ce n'était pas suffisant, le nouveau titre de Capcom nous promet une durée de vie étonnante pour ce genre de produit, le tout réparti sur deux Cds ; vous en aurez donc pour votre argent. Pour aborder les choses qui fâchent, on remarquera qu'hormis les périodes d'immense tension, le bruit (raté) des pas de Claire hantent nos oreilles lors des longs couloirs de solitude, certains décors en extérieurs sont plutôt pauvres, les énigmes sont inégales au point de vue de la difficulté et que la complexité du scénario en rebutera plus d'un, ce qui est dommage en soi. Alors au final, si ce Resident Evil : Code Veronica, seul épisode DC de la série n'est pas exempt de tout reproches loin d'être rédhibitoires, il propose sûrement le trip le plus ébouriffant et le plus viscéral de l'histoire de la série et transforme quiconque le touchera en accro à vie. L'horreur-aventure-action ultime.

Verdict

9

Points forts

  • Le meilleur de RE

Points faibles

  • Le bruit des pas
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Dreamcast 8.9 13

Commentaires