Test : Thor : God of Thunder (Xbox 360, PS3)

Depuis quelques années déjà SEGA nous habitue à proposer aux joueurs un logiciel de non-divertissement dès qu'un film Marvel débarque en salle. Cette année c'est au tour de Thor, youpi ?

L'histoire de Thor ‘God Of Thunder' est simple: on y retrouve tous les ingrédients d'une histoire dont on devine le rôle de chaque personne dès que l'introduction est terminée. Il vous suffit de savoir qui occupe la fonction de Héros qui tape d'abord et ne pose jamais de questions. Le méchant qui le porte tellement sur lui que sur ses vêtements les développeurs n'ont pas eu besoin d'écrire ‘je suis le traître de l'histoire'. On a bien sûr la fille qui ne sert à rien à part se faire tuer au bout d'un stage et le père, bonne poire qui ne comprend pas qu'il y a un fruit pourri sur la branche.

À Thor et à travers

Vous aimez les manèges extrêmes ? Ceux dont vous avez le frisson qui vous parcourt l'échine dès que la machine s'ébranle ? Ceux qui donnent du plaisir avant que l'attraction ne commence ? Oui donc cette sensation, vous l'oubliez complètement et vous avez la sensation que l'on éprouve de façon constante dans le jeu. Les ennemis présentés ont moins de charisme que le poulet élevé en plein air d'une célèbre pub. Après la technique du changement de couleur de l'ère 16-bit, nous avons rapidement droit à des ennemis dotés d'armures inutiles afin de nous faire apprendre quelques combos.

Très vite graphiquement ça pique les yeux, en gros, pour avoir un avis positif sur la technique du jeu il faut s'arrêter avant le chapitre 2. Là on fait un saut en arrière que même le Doc n'aurait pas osé faire avec sa DeLorean, il est intéressant de revoir des graphismes qui nous en mettaient plein les mirettes il y a 10 ans bientôt (avec un effet HD qui fera empirer la situation en fonction de la taille de la diagonale de votre télé), mais l'intérêt dure quelques minutes, après ça fatigue, le problème c'est que ça dure, il ne sert à rien de régler votre téléviseur.

Mon marteau se fiche de la vue

Oui mais pas le joueur, visiblement il y a eu un concours d'aliasing au cœur du studio car Thor semble être un des jeux Xbox360 qui pique le plus les yeux. Il suffit de regarder la coupe de cheveux des divers protagonistes (souvent c'est des gros plans durant les cinématiques sur les visages et forcément...) ou certains éléments du décor pour avoir l'équivalent d'une guirlande de noël qui pète ses ampoules les unes après les autres pour cause de surchauffe. Non, c'est un détail mais l'eau est tellement bien rendue que pour simuler un effet que je n'arrive pas à identifier on a une sorte d'image JPG floutée par-dessus la texture d'eau, le résultat est assez immonde. Techniquement il ne faut pas vous attendre à des merveilles, il vaut mieux s'attendre à pas grand-chose pour ne peut-être pas être déçu. En avançant dans les niveaux le joueur peut constater la même ligne de qualité dans les environnements traversés.

Sans inspiration

Avancer dans le jeu c'est rencontrer un paquet d'arguments qui vont vous convaincre de ne pas aller plus loin. Peut-être que vous aimerez combattre 5 ou 7 vagues d'adversaires successifs dans la même salle, le tout pour arriver à vous demander si vous ne faites pas l'action souhaitée par le jeu. Alors vous attendez, réfléchissez, cherchez, et au bout d'un moment le méchant du niveau vous ouvre la porte, merci. L'un des nombreux points faibles du jeu est le clonage systématique des ennemis, il est assez amusant au début de découvrir les 3 variétés d'ennemis que l'on doit tuer d'une manière bien précise. Mais il est assez pénible de constater que tout le long du jeu c'est bien 3 ennemis avec des morceaux d'armures en plus par rapport à son copain du niveau d'avant que l'on a encore et encore toujours en face de nous. La variété des coups permet de varier les plaisirs dans la façon de combattre les diverses vagues, mais le sentiment de taper encore et encore sur le même pantin est fatiguant à la longue. Un Streets Of Rage premier du nom a une variété d'ennemis plus large.

La construction des niveaux fait ressentir le grand frisson. On découvre parfois une salle secrète contenant un bonus invisible que l'on ne peut récupérer qu'au niveau de difficulté supérieur. Il me semble déjà compliqué de terminer le jeu en mode normal... tant l'ennui est fort. Ce qui reste au joueur est assez consternant : c'est d'avoir un brin d'espoir quand un nouveau jeu à licence arrive et que celui-ci fait à peine mieux que le précédent qui doit figurer maintenant dans les livres pour développeurs dans les exemples à ne pas faire.

Il n'est à pas douter que Thor va trouver son public grâce à son gameplay riche en combos et son rythme assez soutenu mais le plaisir laisse vite sa place à sa copine la lassitude. Il est intéressant d'acheter des technologies dans l'arbre des possibilités afin d'upgrader son héros. De devenir au fur et à mesure de plus en plus puissant, mais vous devinerez sans mal que sans intérêt à parcourir le jeu, cela ne sert pas à grand-chose. Car oui Thor profite d'un gameplay varié et de combos visuellement sympathiques, mais c'est tout . Du moment que l'on découvre les phases de plate-forme un autre calvaire encore plus frappant saute aux yeux : la caméra. Elle a un peu trop tendance à regarder là où elle a envie, et de nous montrer les murs dont on n'a pas besoin. Lors de ses phases il vous arrivera souvent de tomber dans le vide car il est très difficile de juger quand on doit s'arrêter. La caméra filme ce qu'elle a envie, quand elle veut je vous le rappelle.

Thor, c'est un jeu qui pompe des recettes de gameplay qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs et arrive à s'en sortir honorablement sur ce point. Pour tout le reste, là où on ne peut pas pomper chez le voisin, c'est nettement plus compliqué. Outre la lassitude de taper toujours sur les mêmes monstres, parcourir des niveaux au level design peu inspiré et au framerate pas forcément stable (même durant un ralenti d'exécution d'un ennemi ça rame parfois). Le tout couplé à des cinématiques de série Z, on arrive comme résultat à Thor : God Of Thunder, un jeu supérieur à Iron Man 2, c'est déjà ça.

Verdict

4

Points forts

  • Des combos variés

Points faibles

  • Level design sans intérêt
  • Technique dépassée
  • Ennui profond
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Playstation 3 1.5 2
Xbox 360 3.0 1

Archives commentaires

Rage, 13 mai 2011 - 11:51
Ha très bien ce test!! :good:
"mais le plaisir laisse vite sa place à sa copine la lassitude": la phrase du test!

Même punition entre la version DS et PS360 : 4/10. Je le testerai à l'occasion ce Thor.