Test : Virtua Fighter 5 R.E.V.O. World Stage (PS5, Xbox Series, PC)

Bon là c'est bon, c'est la dernière ? On peut passer au 6 maintenant !
Ouais nan mais oui là c'est la bonne, promis... c'est le "world-stage". La scène mondiale, mec !
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Avant la scène galactique
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Le mélange des genres :

Cette huitième (oui !) version de Virtua Fighter 5, Virtua Fighter 5 REVO World Stage, s'ouvre encore plus sur le Monde et tente le croisement des espèces en rassemblant les publics Sony, Microsoft et Steam sur le même tatami.

Le "cross-play" est une grosse première technique pour un VF et aussi l'occasion de s'exercer pour le prochain épisode. Si RGG Studio souhaite assurer un succès, il devra respecter ce nouveau standard de service.
Pour l'heure ça a l'air de convaincre, sur un premier week-end on pouvait trouver plus de lobbies hébergés par le public console que PC. Souhaitons que l'engouement dure en attendant l'arrivée programmée du public Nintendo pour la fin d'année. Si ce public ne trouve plus personne avec qui jouer quand il débarquera, il retournera emmerder des petits animaux bizarres cachés dans les buissons.

En attendant, le cross-play tient la route.
Reste le risque de croiser un public console qui privilégie plus souvent le Wi-Fi que les PCistes, mais le netcode est assez solide pour faire illusion et le système de combat de VF ne repose pas sur des longues séries d'inputs ultra-rapides "à la frame".
Attention, ça reste un jeu SEGA ! L'option de cross-play n'est pas activée par défaut. Pensez à l'activer dans les options générales du jeu pour en profiter.

J'ai internet mais pas d'amis :

Pour ça il y a le deuxième gros ajout (d'aucuns diront "retour") de cette version de VF5, le mode "World-Stage"... en même temps c'est dans le titre, ça aurait été tellement SEGA de ne pas l'avoir mis.

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Ce mode propose 8 arènes abritant de nombreux adversaires (pas loin du millier) gérés par le CPU.

Tous les dix combats remportés, vous gagnerez en niveau jusqu'à affronter le boss de l'arène. Le battre vous ouvrira l'arène suivante. Les victoires amèneront aussi leur lot d'éléments cosmétiques pour garnir un cinquième dressing des personnages du jeu. Les conditions d'obtentions varient et certaines vont être très (trop ?) gourmandes en pratique de ce mode (par exemples : 30 victoires avec chaque personnage ou remporter 1000 combats).
Avec plus de 300 éléments à débloquer il va falloir être patience et abnégation.

Ça demande beaucoup d'investissement (pas toujours excitant si vous jouez en difficulté normale) pour au final débloquer qu'une petite partie des éléments qui étaient présents dans le Final Shodown, 12 ans plus tôt. Oubliez le retour d'une Sarah en Ulala ou d'un Akira en Ryo Hazuki, vous devrez vous contenter de quelques variations de couleurs pour un seul nouveau type de costumes, sans coupes de cheveux supplémentaires ni la possibilité de changer la couleur de peau. Sur ce point le travail est moins que minimum alors que VF est historiquement reconnu comme le jeu de baston qui a amené les éléments cosmétiques pour personnaliser ses combattant·es virtuel·les. Du coup, ce manque de contenu ne fait pas honneur à la licence et la carotte pour tabasser le CPU est bien maigre.

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Heureusement, les combats s'enchaînent dans la foulée et les défaites ne font pas régresser votre rang (contrairement au jeu en ligne). Il y a aussi la possibilité de faire des tournois virtuels où la défaite d'un combat demande de le recommencer du début. Ça met un peu plus de pression dans les combats et ça débloque des titres pour frimer en ligne.

Le petit manque du mode "World Stage" est de ne pas proposer une liste des adversaires problématiques pour pouvoir les rejouer à l'infini et leur apprendre c'est qui le patron.

Par défaut ce mode est en mode normal, il permet de rouler sur le CPU sur les cinq premières arènes en spammant la bonne attaque qui sort vite, tape en mid et pas trop unsafe en block.
Le CPU est idiot, il est conseillé de le mettre en hard pour lui redonner un peu de dignité mais là encore, il reste loin de l'intelligence d'un·e combattant·e aguerri·e. Même dans les dernières arènes, le CPU en difficile bloquera vos arnaques les plus vicieuses mais mangera à répétition un coup qu'un débutant verra venir. Le CPU n'apprend pas.

Le CPU a donc ses limites pour les plus expérimenté·es sur le jeu. Si vous voulez progresser dans le vrai "World-Stage" de la vie de la vérité véritable, il va falloir trouver de vrai·es ami·es humain·es avec qui échanger de vive voix... genre au pif, des personnalités agréables et avenantes qui traîneraient sur un certain forum et qui dosent les dimanches ou une fois par mois en public.

Je débute, vais-je mourir en ligne contre des gens ?

Oui !

Mais là le jeu a fait un petit effort supplémentaire pour accompagner le nouveau public dans ses premiers pas.

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Il y a tout un segment de "détails" autour de chaque personnage qui propose une "bio" qui n'est qu'un succinct résumée du style de combat et quelques coups/chopes/combos basiques qualifiés d'"utiles". Mais même avec ça, ne faites pas l'économie d'une vidéo de combo sur Youtube ou de "l'entraînement aux commandes".

Ou mieux encore, d'étudier un combat joué ou vu en ligne dans le mode replay avec sa tonne d'options d'informations disponibles et la possibilité de reprendre le contrôle des personnages en cours de replay.

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Et si l'étude ou la pratique assidue ne sont pas votre fort, SEGA vous offre pour la modique somme de 8 euros, la possibilité de jouer en ligne avec le "true last boss" du jeu : Dural.
Dural est un pot-pourri des meilleurs coups du jeu avec des manipulations vraiment pas compliquées. Cependant, ces 8 euros dépensés ne pourront pas grand chose contre des adversaires beaucoup plus expérimenté·es que vous.
Ce petit ajout à acheter est tout à fait dispensable à moins d'être fan du personnage.

Conclusion :

Cette dernière(?) itération rajoute quelques éléments qui avaient disparus des versions très antérieures et si malgré tout elles restent les bienvenues, ça ne suffira peut-être pas pour élargir la base vieillissante d'un jeu sorti il y a vingt ans. L'ajout majeur reste le jeu partagé entre les différents écosystèmes qui pourrait élargir cette base mais en face on trouve encore les SF6, Tekken et bientôt les TOKKON et 2XKO.

Il y a un coup à jouer mais RGG Studio aura sans doute raison de ne pas trop s'investir dans VF5 autrement pour l'utiliser comme objet d'entraînement et de se concentrer sur le prochain VF. Rappelons-le, VF5 est un jeu au système solide et encore unique aujourd'hui avec une petite communauté très peu toxique. On peut désormais en profiter avec tout le monde dans de bonnes conditions, ça fera un bon café en attendant la suite.

Verdict

9

Points forts

  • Un mode solo qui occupera les débutant·es refroidi·es par le niveau en ligne
  • Un mode en ligne élargi pour rassembler les vétérans.
  • Système de combat toujours aussi carré et propre.

Points faibles

  • Ça manque de slips par rapport au Final Shodown (PS360)
  • La fameuse IA du CPU de VF4 perdue à jamais.
  • Pour 8 balles, préférez une pizza.
  • Y a pas une démo du 6 en bonus
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Xbox Series 10.0 1

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