Test : Street Fighter Alpha : Warriors' Dream (Saturn)

Tout le monde se souvenait du choc qu'avait été Street Fighter II à l'époque des consoles 16 bits (et surtout en arcade). Avec son passage vers sa nouvelle carte arcade, Capcom décide de recréer la saga en partant sur une nouvelle période de l'histoire de Street Fighter, celle comprise entre le premier et le second opus. Street Fighter Alpha : Warriors' Dream de son titre complet propose donc un nouveau panel de personnages avec quelques résurrections agréables, en plus de profiter de la pleine puissance de la carte arcade CPS-2. Pour marquer le coup, le jeu est adapté sur les supports 32 bits de l'époque (et même sur SNES, un beau petit exploit au passage malgré la perte inévitable niveau graphismes). Notre chère Saturn, reine de la 2D, accueille ainsi son premier jeu de baston 2D made in Capcom, presque en même temps que Night Warriors et X-Men : Children of the Atom.

Street Fighter Alpha : Gamer's Dream

Le temps depuis Street Fighter II commençait à sembler long, et de pouvoir reluquer dans la presse spécialisée les images de Street Fighter Alpha se trouvait être une grande source de satisfaction pour tout joueur qui se respecte. Surtout qu'à cette époque, la 2D était vraiment au top et subissait un incroyable renouveau. Capcom dévoilait ainsi un peu de ses jeux à venir, véritables fondements de tout ce qui suivra en matière de baston 2D durant les années qui suivront : du Street Fighter, du Night Warriors et du X-Men. Et par la même occasion, Capcom créait là des sprites qui allaient lui servir jusqu'à Marvel Vs Capcom 2, testé par mes soins récemment.

Suite à une introduction très percutante pour l'époque où l'on voit s'affronter avec un hadoken Ryu et Ken, suivi d'une petite séquence avec Rose et Bison, l'écran titre nous accueille. Un mode arcade, un versus, un survival et un training. Le tout couplé aux options qui permettront de paramétrer contrôles et difficulté, comme à l'accoutumée. On conserve le schéma de commandes habituel, avec les 6 boutons d'attaque. On pourra d'ailleurs apprécier pour la première fois le confort évident de la manette Saturn pour ces jeux là.

Le roster de personnages est sympathique pour une première apparition de cette nouvelle série. On compte une dizaine de personnages ainsi que trois autres cachés. La liste est la suivante : Ryu, Ken, Chun-Li, Charlie, Guy, Birdie, Sodom, Adon, Sagat, Rose et les trois cachés : Bison, Dan et Akuma. On remarque bien évidemment l'absence de grands noms de Street Fighter II comme Guile ou Zangief. Ces personnages là seront amenés par la suite, dans le second ou troisième épisode.

Street Fighter réinventé

Avec le passage à la vitesse supérieure, c'est l'ensemble du jeu qui se veut être transcendé. Tout y a gagné en qualité. Je vais passer en revue chacun de ces aspects. Tout d'abord sur le plan graphique, les personnages profitent de sprites entièrement nouveaux d'une grande finesse, et l'animation a également évolué de son côté. On se retrouve donc avec des personnages fluides, fins et des couleurs plus variées qu'auparavant, ce qui est bien normal. Les décors de fond ont eux aussi progressé, même si cette première mouture n'est vraiment pas fameuse à ce niveau avec seulement quelques stages différents, toujours très vides et plutôt ternes, et quelques changements de palette.

Le gameplay en revanche a été propulsé dans une nouvelle ère, et restera à peu de choses près le même durant les années à venir. Les possibilités en combats ont énormément évolué, en particulier du côté des combos que l'on peut réaliser. En plus de posséder des coups de base, et quelques variantes selon les personnages, ainsi que les désormais classiques coups spéciaux, il sera désormais possible d'emmagasiner du pouvoir dans une barre à trois niveaux afin d'effectuer des super attaques qui se déclinent elles aussi en trois niveaux de puissance. Ce mécanisme de super attaque avait été introduit dans Super Street Fighter II mais il se limitait à une seule barre et une seule attaque par personnage.

Ainsi le joueur pourra tenter le tout pour le tout dans une attaque dévastatrice de niveau 3 ou bien jouer prudemment en dépensant ses niveaux un par un. Les super attaques s'exécutent avec deux quarts de cercles consécutifs dans la plupart des cas tandis que le nombre de boutons pressés indique le niveau désiré. L'avantage d'utiliser ces niveaux un par un est qu'il restera de l'énergie au personnage pour utiliser son Zero Counter par exemple. Il s'agit d'une nouvelle contre-attaque utilisant un niveau. Elle doit se déclencher à la réception d'un impact en garde en réalisant un quart de cercle arrière descendant avec le bouton adéquat selon le personnage. Il en résultera une contre-attaque annulant l'attaque de l'adversaire en le faisant voler au loin.

Enfin du côté de la bande son, on notera la possibilité de passer les thèmes originaux ou bien les nouveaux composés spécialement pour le jeu. Cette dernière est de qualité et certains thèmes sont de toute façon cultes (je pense en particulier au thème d'Akuma).

Le renouveau des personnages

Ce qui est vraiment plaisant avec ce nouveau Street Fighter, c'est le sentiment de redécouvrir chaque personnage. En effet, bien souvent ces derniers ont beaucoup changé et des particularités sont apparues les rendant encore plus intéressants. Ainsi Ryu pourra embraser l'adversaire de son hadoken s'il l'effectue au corps à corps, Ken quant à lui dispose de son dragon punch de feu lorsqu'il est effectué avec le coup de poing le plus puissant. Chun-Li a carrément changé de look et son style de jeu semble plus offensif. Charlie fait un peu le remplaçant de Guile et possède désormais une classe légendaire. Et découvrir que Guy fait parti du roster (personnage de Final Fight) fut un grand moment de plaisir. Son style de jeu acrobatique, aussi bien pour lui que pour l'adversaire, est un véritable régal, et se compose uniquement de coups au corps à corps. De plus ce Street Fighter a permis de mettre sur le devant de la scène des personnages absolument méconnus des joueurs qui bien souvent ont découvert Street Fighter avec le second épisode. Je pense notamment à Adon, Birdie, Gen dans SFA2 etc...

Le background a lui aussi évolué et les petites histoires des différents protagonistes sont réalisées avec plus de soin. Ainsi les scènes de fins sont mieux réalisées et avant le combat final, on assiste systématiquement à une conversation entre les deux ennemis jurés. Un petit plus toujours appréciable.

Des bonus sympas

Street Fighter Alpha, c'est aussi l'apparition d'un personnage atypique : je parle de Dan. Peu importe ce qu'il deviendra par la suite, il est dans Street Fighter Alpha premier du nom un personnage redoutable, et ses sprites n'ont pas encore été modifiés pour lui donner son air ahuri que nous connaissons bien. Ses combos sont redoutables, en particulier son super combo de niveau 3 qui atteint tout de même les 12 hits, soit seulement trois de moins que le Shungokuzatsu d'Akuma (le fameux combos à 15 hits que certains ici semblent vénérer par dessus tout).

Autre bonus franchement mythique : le Dramatic Mode. A l'aide d'une petite manipulation, il est possible de débloquer un mode totalement jouissif où deux joueurs contrôlant Ryu et Ken se feront un plaisir de laminer le pauvre Bison, à deux contre un. Nul doute que ce petit mode bonus aura été la graine qui aura abouti à l'arbre Marvel Vs Capcom 2. Tout de même, prendre Bison en sandwich pour lui mettre à tour de rôle, selon un rythme régulier, une claque, pour terminer de manière synchro sur une super attaque, c'était jouissif à l'époque.

Street Fighter Alpha est l'ambassadeur de la vraie baston 2D made in Capcom, ce jeu représente beaucoup à mes yeux même s'il est loin d'être sans défaut. Je lui reprocherai principalement ses décors de fonds totalement vides et inanimés, à l'exception du stage de la foule. Mais à l'époque, découvrir ces nouveaux sprites énormes et parfaitement animés, cette ribambelle de super attaques magnifiques, ce renouveau dans le gameplay accompagné de tous ces effets spéciaux etc... c'était tout simplement un bonheur intense pour tout joueur qui se respecte. Le jeu fait le strict minimum concernant les modes de jeux, et propose quelques bonus sympathiques. Le roster est cependant de qualité et le jeu possède une aura particulière avec ses tons de couleurs un peu ternes, chose qui changera dans les épisodes à suivre, qui ne cesseront de gagner en qualité. Mais pouvoir jouer à Street Fighter Alpha chez soi, sur sa Saturn, en 1996, c'était énorme.

Verdict

7

Points forts

  • Roster de qualité
  • Gros progrés graphiques
  • Street Fighter réinventé

Points faibles

  • Décors moyens
  • Un peu limite côté modes de jeu
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Saturn 7.2 5

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