Test : Master of Darkness (Master System)

La figure mythologique du Vampire, qui a été popularisée avec le roman Dracula de Bram Stocker en 1897, fait partie d'une longue liste de créatures légendaires qui sont rentrées dans l'imaginaire collectif à travers les livres, les films, les magazines et bien plus tard, dans le jeu vidéo.

Nous-mêmes, en tant que joueurs, quand on nous sort les mots « Vampires » ou « Dracula », nous pensons automatiquement à la série des Castlevania de Konami, avec son légendaire Dracula, prince des ténèbres, face à la famille de chasseurs de vampires, les Belmont. Mais la figure du Vampire ne s'arrête pas à cela : il existe d'autres adaptations vidéoludiques qui reprennent le monstre mythique mais avec des interprétations différentes, que ce soit pour Dracula ou Nosferatu.


La société SIMS est responsable de plusieurs jeux Master System avec, entre autres Alien Storm en 1991, Buggy Run en 1994 ou bien Masters Of Combat en 1993 (et sur Game Gear en 1994) pour ne citer que ces trois exemples.

En 1992, elle développe, sur les deux consoles 8-bits, un jeu de plateforme d'horreur à un joueur nommé Master Of Darkness. Le titre est disponible au niveau mondial sur Game Gear tandis que la version Master System existe en Europe (et au Brésil à travers la société Tec Toy).
Suivant les régions pour la Game Gear, le titre change : au Japon, c'est « In The Wake Of Vampire », aux US, c'est « Vampire : Master Of Darkness » tandis que pour l'Europe, c'est « Master Of Darkness ».

Le jeu ressort en 2012-2013 (suivant les régions) sur la console virtuelle 3DS de chez Nintendo avec la version Game Gear.

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Succombez à l'Obscurité


Que nous raconte l'histoire du jeu ? L'action se passe en Angleterre, à Londres, en 1893 et une série de meurtres sont perpétrés par un tueur en série du nom de Jack L'Eventreur. Ils sont commis les nuits de pleine lune et les victimes sont vidées de leurs sangs.
Un jeune psychologue, spécialiste des sciences occultes, du nom de Ferdinand Social, décide de mener l'enquête après que sa planche de Oui-Ja lui ait indiqué de commencer vers les rives de la Tamise. A partir de ce moment-là, le jeune homme va découvrir qu'il y a bien plus qu'un simple tueur en série et que Dracula est impliqué.

L'intro se fait à travers un texte et une image fixe jusqu'à l'écran-titre. Aucune option n'est disponible, la seule chose que l'on peut voir est le score obtenu lors d’une partie précédente. Une fois le jeu lancé, un nouveau texte défile avec les raisons qui amènent notre personnage à se retrouver sur les rives de la Tamise.

Comme dit plus haut, c'est un jeu de plateforme qui ressemble beaucoup au premier Castlevania de Konami, sorti en 1986 sur Famicom Disk System. La comparaison se fait rapidement à travers le gameplay : le docteur Social peut se déplacer à gauche à droite, sauter, s'accroupir, attaquer en face de lui que ce soit sur terre ou lors d'un saut, monter et descendre les escaliers.

Le bouton 1 de la manette sert à utiliser l'arme principale mais aussi secondaire en maintenant la direction haut. Le saut est possible avec le bouton 2. Notre personnage est facile à diriger et répond correctement.

Il est possible d'avoir deux types d'armes : une principale (poignard, lance, rapière ou hache) et une secondaire (pistolet, bombes, boomerangs et projectiles pointus). La principale est permanente tandis que la secondaire possède des munitions limitées (il est possible d'accumuler ces dernières) : elles restent toutes deux dans l'inventaire jusqu'à ce qu'elles soient remplacées par d’autres armes.

Le poignard est la plus faible niveau dégâts et portée, tandis que la hache est la plus puissante de toutes mais avec une portée faible. La lance et la rapière ont une portée plus longue mais la rapière est moins puissante que la lance.
Le projectile pointu est l'arme secondaire la plus puissante mais aussi la plus rare, contrairement aux boomerangs, pistolets et bombes.

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Le Sang, c'est la Vie.


Des masques blancs en lévitation, dispersés tout au long de la partie, sont la principale source d’armes et d’objets. En dehors des armes, on peut avoir un gros diamant qui élimine tous les ennemis présents à l'écran, une potion de santé qui restaure 4 points de vie, des globes de différentes couleurs (uniquement pour le score) ou une poupée vaudou qui représente une vie. Des murs peuvent être détruits pour découvrir des objets cachés ou des raccourcis.

Visuellement, le jeu est beau. Les décors ainsi que les personnages sont bien modélisés et on peut facilement distinguer les arrière-plans comme les entrepôts, tonneaux, maisons, vitraux ou des tableaux. Le bestiaire est varié avec des guerriers squelettes, brigands, zombies, poltergeists, chauves-souris, statues de cire et bien d'autres, en plus des Boss.

Mention particulière pour les chauves-souris car bien qu'elles soient très présentes dans le jeu, elles possèdent plusieurs patterns ce qui rend leurs déplacements imprévisibles. Certaines ont la possibilité de littéralement vous coller aux basques, ce qui peut s'avérer problématique notamment à quelques endroits.

Ferdinand Social est bien modélisé, au point de distinguer le col et la manchette de sa chemise.

Les ennemis tués réapparaissent une fois que vous quittez la zone, ou bien lorsqu'elle n’apparaît plus sur l'écran de jeu et que vous revenez en arrière.

Le jeu se compose de cinq niveaux : les rives de la Tamise, la maison des poupées de cire, le cimetière, le laboratoire et le château de Dracula.

Les quatre premiers niveaux sont divisés en trois stages et à la fin du dernier stage, un combat de Boss se présente. La structure du dernier niveau diffère. Tous les niveaux possèdent une limite de temps de 400 secondes et si le délai est dépassé, c'est la perte d'une vie. Une fois le boss vaincu, une scène cinématique se lance.

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Le Vampire est un étranger


Le jeu n'est pas trop difficile dans l'ensemble ; les continues sont illimités sauf si on abandonne la partie. Aucun mot de passe ni de points de contrôle ne sont présents dans le jeu : les stages ne sont pas bien longs mais perdez une vie et vous recommencez depuis le début. En contrepartie, tous les items sont à nouveau disponibles durant la traversée.

Certains masques blancs peuvent vous proposer un équipement faible avant des endroits infestés d'ennemis ou un boss donc restez prudents. Dans le cas où une arme que vous ne voulez pas se présente, il suffit d'attendre quelques secondes et l'icône disparaît. Il faut à peu près une heure pour terminer l'aventure.

La bande-son se compose d'une quinzaine de musiques. Elles sont agréables à écouter, aucune voix n'est présente et certains bruitages ont cette particularité de rajouter de l'angoisse à certains moments durant la partie.

Difficile de lui trouver un défaut : à part recommencer une partie pour faire le meilleur score, on ne va pas y revenir de suite. C'est le genre de titres qui se fait de temps en temps, juste pour le plaisir mais sans plus de challenge que ça.
 

Concernant la version portable de SEGA :


La version Game Gear est globalement identique à la version Master System. Il n'y a aucune différence qui peut justifier l'achat de cette version comme un nouveau niveau ou boss. A cause de la taille de l'écran, l'espace de jeu est réduit, les raccourcis ont disparu, la barre de vie du boss également, et il faut appuyer sur Start pour voir l'inventaire, le score ainsi que le nombre de vies que l'on possède.
 

Master Of Darkness est un bon investissement pour la Master System. Même si la comparaison avec Castlevania est obligatoire, son ambiance lui permet de se démarquer du titre de Konami avec le Londres de l'époque victorienne, Jack l’éventreur et certains lieux comme la maison de poupées de cire par exemple. Une référence à un personnage du roman de Stocker est faite à la fin. Le titre remplit son objectif : avoir un plaisir de jeu à travers une durée de vie correcte, une variété des décors et un personnage qui répond bien.

A conseiller pour les amateurs de plateformes et de chasse aux vampires sur consoles 8-bits.

Verdict

8

Points forts

  • Son ambiance
  • Sa maniabilité
  • Durée de vie
  • Sa bande-son

Points faibles

  • L'imprévisibilité des chauves-souris
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Master System 7.8 5

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