Test : London 2012 (Xbox 360, PS3, Windows)

Après un Beijing 2008 plutôt honnête, Sega reprend les rênes de la licence olympique au britannique Eurocom pour les confier à son studio Australien, Sega Studios Australia. Changement de continent, et de mentalité pour le jeu officiel de la compétition.

Si autrefois les jeux qui bénéficiaient de la licence des Jeux Olympiques d'été se focalisaient sur les épreuves d'athlétisme, avec quelques incursions de la natation, ce n'est maintenant plus le cas, et des sports un peu plus exotiques se sont fait leur place au soleil : ce fut par exemple, dans Pekin 2008, le cas du Judo ou des épreuves de gymnastique. Londres 2012 poursuit cette ouverture, mais réduit le nombre d'épreuves, pour en laisser une trentaine (une quarantaine en comptant les variantes féminines), regroupées par catégories :

Piste, qui regroupe le 100m, le 200m, le 400m et le 110m haies, Terrain, avec le lancer du javelot, du poids et du disque, ainsi que le saut en hauteur, en longueur et le triple saut, Tir, avec le tir à l'arc, le skeet (tir au pigeon d'argile) et tir sportif, Natation, un gros morceau qui regroupe 50m nage libre, 100m nage libre, dos, brasse et papillon, et les épreuves de plongeon à 3 et 10m, Gymnastique, avec le saut de cheval et le trampoline, Divers, et des épreuves aussi hétéroclites que le keirin, le kayak, l'haltérophilie, l'aviron, le ping pong ou le beach volley.

Toutes ces disciplines peuvent être pratiquées seul ou à plusieurs, individuellement ou après avoir défini une setlist dans le mode " Épreuves ", jusqu'à 4 joueurs en local ou 8 en ligne. Relativement bien conçu, celui-ci permet en plus de participer à des tournois pour la " Fierté Nationale ", afin de remporter des médailles pour sa patrie et la voir figurer en bonne place au classement mondial. Plutôt performant et assez fréquenté au moment de la rédaction de cette critique, le mode online est de plus dynamique, car tous les joueurs concourent en même temps, y compris dans les épreuves au tour par tour.

Le mode de jeu principal reste cependant le mode " Jeux Olympiques ", dans lequel on participe à 10 ou 14 journées de compétition (selon le mode de difficulté choisi), pour un total de 20 ou 28 épreuves. On passe systématiquement par une phase de qualification, avant, éventuellement, de concourir en finale. Évidemment, plus la difficulté est élevée, plus il est délicat de se qualifier, l'IA devenant de plus en plus performante.

En plus des modes solo existe un mode " mini jeux ", dont le mode " Défis ", qui consiste à enchaîner une série d'épreuves thématiques, en s'efforçant de réussir des objectifs d'équipe. Les épreuves sont la plupart du temps classiques, avec quelques variations, comme celle de tir à l'arc pendant laquelle il faut réaliser le plus gros score en une minute avec un nombre illimité de flèches.

Parlons maintenant des épreuves : si vous avez joué à Pékin 2008, vous devez encore avoir de douloureux souvenirs, et probablement encore de la corne au creux de votre main suite à de vigoureux secousses de stick (ce n'est pas sale). Certaines épreuves étaient en effet éprouvantes, les autres demandant des timings assez précis dans leur exécution.

Il semble que ça n'ait pas beaucoup plu à Sega Studios Australia, qui a décidé d'en finir avec tout ça : fini l'acharnement qui fit rendre l'âme à plus d'un pad (et plus d'un joueur), bienvenue au tapotage modéré des boutons : plus aucune épreuve ne demande de malmener sa manette plus de 3 secondes, le remplissage des jauges de vitesse ou de puissance s'effectuant en général en appuyant en rythme sur une ou plusieurs touches, tout écart dans un sens ou dans l'autre étant puni. Pour les épreuves d'athlétisme, il faut par exemple maintenir la jauge de puissance dans une zone bien définie. En natation, il faut utiliser les sticks pour simuler le mouvement des bras. Selon l'épreuve, c'est soit une bonne, soit une mauvaise idée.

Pour la natation, le saut en hauteur ou la course de fond, c'est en une assez bonne, car cela correspond à la nécessité de gérer son effort ou de coordonner ses mouvements. Pour les épreuves de course rapide, de lancer ou les sauts en longueur, c'est par contre raté : d'une part, parce que ces épreuves perdent en intensité sans raison valable (un 100m dans lequel on ne bourrine pas sur la manette est d'une infinie tristesse), d'autre part cela réduit la marge de progression, car il est en très simple d'atteindre la vitesse de course maximale. Les records tombent donc assez vite, la seule variable étant alors l'angle de tir ou de saut.

Là encore, c'est le choix de la simplicité qui a été fait : le choix de l'angle de visée ou de saut s'effectue en fonction tantôt de la durée d'un input, tantôt de l'angle appliqué sur le stick gauche. Par exemple, en saut en longueur, l'angle optimal de 45° doit être atteint avec une petite impulsion du stick dans cette direction. Si cela s'avère logique pour la plupart des épreuves, et permet de conserver un déroulement en temps réel (souvenez- vous des ralentis dans Athlete Kings), cela lève un problème de taille, celui du caractère reproductible du geste. Parce que quand l'angle optimal est de 45°, ce n'est ni 44 ni 46, et sortir le même angle deux fois de suite relève du miracle. Mais bon, globalement cela ne ternit pas l'expérience de jeu, et je pense que c'est encore la meilleure façon se gérer une épreuve comme le triple saut.

Le problème est ailleurs.

Le problème, c'est que beaucoup d'épreuves sont redondantes / sans intérêt / mal fichues / trop longues (barrez la mention inutile).

Redondantes, car plusieurs épreuves se jouent strictement de la même façon : 100m et 200m, 100m nage libre et 100m dos, trampoline et plongeon (3m et 10m). Sans intérêt, comme le tir au pigeon d'argile ou le tir au pistolet, qui ne poseront aucun souci à quiconque ayant déjà joué à un shooter auparavant. Ou encore le trampoline et le plongeon, où la difficulté des figures avancées ne transparaît jamais, à tel point qu'il n'y a aucun intérêt tactique à choisir les plus simples. Le beach volley est un ersatz sans intérêt de Beach Spikers, et le ping pong ne vaut pas mieux. Et dire qu'on n'a même pas le saut à la perche...

Mal fichues, comme (encore, décidément) le trampoline et le plongeon, durant lesquels on n'a aucune indication de timing, les figures se résument à de vagues QTE. La brasse et l'aviron nécessitent de synchroniser les commandes avec les mouvements du sportif, alors que la caméra est placée au pire endroit pour ça, à savoir respectivement derrière le nageur et excessivement loin de l'aviron.

Trop longues, enfin, car elles comportent tout simplement parfois trop de tours. Trop de lancers, trop de sauts, trop de phases de tir. Dans le mode Jeux Olympiques, pourquoi pas, question de réalisme. Mais pourquoi ne pas avoir permis de le configurer dans les parties à plusieurs, afin d'éviter qu'une simple séance de tir à l'arc à quatre joueurs ne dure 20 minutes ?

Le tableau n'est pas entièrement noir : globalement, les épreuves d'athlétisme sont intéressantes (malgré l'absence de bourrinage de boutons), tout comme celles de natation, et d'autres, comme l'haltérophilie, tirent leur épingle du jeu. Mais ça fait quand même beaucoup de gras, et de disciplines que vous ne lancerez probablement pas plus d'une fois, si ce n'est pour battre vos records.

On ne peut pas dire non plus que la technique flatte la rétine. La modélisation des sportifs est passable, en particulier au niveau des visages, qu'on ne peut d'ailleurs pas vraiment personnaliser, puisqu'on ne peut que choisir le visage d'un sportif parmi une petite dizaine. L'animation est également très moyenne, peu naturelle, et on a même droit à des bugs et des tressautements. Globalement, on est en dessous de ce que peut proposer un Fifa, alors qu'ici, on n'a pas 22 modèles présents simultanément... Et encore, je passe sur l'aliasing omniprésent, surtout sur les replays de natation, et les chutes (on devrait parler de cascades, à ce niveau) de framerate pendant les épreuves à plusieurs en écran splitté. Un point positif quand même : l'ambiance sonore, et surtout les commentaires (en anglais dans la version testée) sont plutôt agréables.

Si on fait abstraction de l'aspect technique, et qu'on fait le tri dans les épreuves, Londres 2012 est un jeu multi-épreuves somme toutes correct, qui devrait permettre aux plus motivés de se tirer la bourre dans des courses au record (mais sans véritable mode entraînement...), et de s'amuser dans les soirées entre amis, même si c'est plutôt au détriment du jeu... Les choix de gameplay parfois discutables n'arrangent pas vraiment les choses, et la frénésie de Pékin ou pire, d'Athlete Kings manque vraiment. La sauce ne prend pas vraiment, et sans être totalement indigeste, Londres 2012 est un plat qui manque d'intérêt. Finalement, ça colle assez bien avec la gastronomie locale.

Verdict

5

Points forts

  • Épreuves variées
  • Mode online fonctionnel
  • De bonnes idées de gameplay...

Points faibles

  • ... mais gâchées par des choix douteux
  • La moitié des épreuves est à jeter
  • Assez moche
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Playstation 3 8.0 1
Xbox 360 7.0 1

Commentaires

Rage, 01 aoû 2012 - 3:22
Ha ouais donc la version console est inférieure (et comme toujours ) au PC niveau réalisation technique.

Globalement c'est exactement ça : c'est un jeu juste correct . Par contre le mode \"Défi\" j'ai trouvé ça excellent. Jouer en équipe pour atteindre des objectifs commun et les débloquer c'est bien pensé et à l'avenir ça mériterait d'être plus développé comme mode.

Par contre je ne sais pas si c'est moi ou la version PC mais j'ai mis du temps à faire tomber les records Olympique. Surtout en natation par exemple.
Moi les records en natation n'ont pas été les plus difficiles. Je trouve quand même la note sévère, je m'amuse franchement bien avec ce London 2012. Et puis graphiquement c'est pas moche du tout, non franchement!!!
Note un peu severe c'est vrai, car si tu aimes vraiment les JO et les jeux en multi, il vaut bien un 6 minimum
Rage, 02 aoû 2012 - 3:16
Ouaip c'est ce à quoi sert l'avis des joueurs. N'hésite pas. Personnellement aussi je pense que le jeu est au dessus de la moyenne ... Mais j'y joue sur une version techniquement parfaite avec le PC ...

Cela étant le jeu n'est pas non plus un Must Have comme le peut être un Mario et Sonic aux JO par exemple.
je m'attendais vraiment à mieux au vue des screens diffusés et de l'expérience qu'avait Sega dans le domaine... Bon en même temps je suis pas très jeu de sport, mais quand même ...
Rage, 06 aoû 2012 - 1:58
Bah je le dis et redis la vrai expérience du jeu multi sport olympique se retrouve totalement et parfaitement dans les Mario et Sonic aux JO (sauf sur 3DS à ce qu'il semblerait avec une version en retrait ??):oui: