Test : Jet Set Radio (XBLA, PSN, Windows)

Après Sonic Adventure, Space Channel Five Part.2 ou encore Crazy Taxi, Sega inaugure sa gamme Sega Heritage avec le remake HD de Jet Set Radio. S'agit-il à nouveau d'un portage à minima, ou bien a t-on fait des progrès ?

Pour ceux qui n'auraient jamais joué à l'opus original Dreamcast et qui auraient la flemme de lire notre test, petit rappel : Jet Set Radio nous permet d'incarner une bande de rollerskaters, les GG, qui passent le plus clair de leur temps à joliment taguer les murs de Tokyo-To, vision (à peine) fantasmée de Tokyo. Leur quotidien est fait de peinture, d'affrontements avec les gangs rivaux de grinds et de courses poursuites avec la police, jusqu'au jour où de mystérieux hommes en noir font leur apparition et commencent à poser une sérieuse menace...

L'objectif des niveaux est le même à chaque fois : taguer les objectifs dans le temps imparti, sachant qu'il peut s'agir de bêtes murs, mais aussi, parfois, de rivaux qu'il faudra poursuivre. Si au début on ne dirige qu'un seul personnage, Beat, on en débloquera rapidement d'autres, qui se distinguent par leur technique de grinds, de graffitis ou leur barre de vie.

Jet Set Radio est en effet un mélange de jeu de plate-forme, de course et de skating, mais c'est surtout un jeu de scoring : si terminer un stage est déjà assez satisfaisant en soi, le jeu étant relativement difficile, le véritable objectif est d'obtenir le rang Jet, en atteignant un certain score, et pour cela il faudra élaborer le parcours parfait, et trouver les meilleurs spots de grind.

Évidemment tout cela se retrouve dans cette mouture HD, qui ramène tous les modes de jeu de la version Dreamcast : Story, bien sûr, mais aussi les modes Jet Graffiti, Jet Technique et Jet Crush, ainsi que la quête des Graffiti Souls. On peut également toujours créer ses propres graffitis dans un éditeur un peu léger, mais malheureusement le jeu ne profite pas des fonctions online des consoles HD pour permettre de partager ses œuvres. Certes, on a maintenant accès à de nouveaux visuels, mais c'est une maigre consolation.

Au rayon des contenus supplémentaires on notera la présence sympathique d'un petit documentaire sur la genèse du jeu, ainsi qu'une bande sonore étoffée, puisque comprenant la totalité des morceaux des versions japonaise et occidentale, à l'exception notable de deux morceaux (Yappie Feet et Many Styles) pour des raisons de droit.

Le jeu est maintenant en 16/9 et a subi un lifting des plus réussis : même si le jeu a de toutes façons bien vieilli (merci le cell shading), c'est un plaisir de le retrouver en HD, et seuls quelques textures baveuses en gros plan rappellent l'âge du jeu. Ceci étant, c'est son style, plus que sa technique, qui continue d'impressionner aujourd'hui : on a rarement vu depuis jeu aussi funky et coloré, aussi bien graphiquement que musicalement.

Le seul ajout au niveau du gameplay réside dans l'ajout du contrôle de la caméra au stick droit. Cette amélioration coule de source aujourd'hui, et est particulièrement utile lorsque la caméra se met à faire n'importe quoi, ce qui arrive lorsqu'on se retrouve dans un espace confiné, mais pas seulement : si on peut penser que la caméra est globalement bien orientée, on se rend compte en relançant le jeu original que c'est certes le cas, mais qu'un ajustement manuel est quand même régulièrement nécessaire. On pourra quand même un peu pester contre la maniabilité pas commode au premier abord, surtout à faible vitesse. Mais bon, c'est un coup à prendre, et de toute façon, si on joue lentement, c'est qu'on joue mal !

On remarque aussi que les nombreux ralentissements et la plupart des apparitions subites d'objets (oui, bombes de peinture qui poppent à deux mètres, c'est à vous que je pense) ont disparu. En contrepartie on trouve maintenant quelques légers freezes : je n'en ai personnellement pas rencontré en mode Story, seulement en mode Jet Graffiti, mais ce n'est pas le cas de tout le monde. Pas de quoi fouetter un chat à mon avis, on y gagne toujours au change.

Notons aussi que les succès et trophées sont plutôt bien trouvés et incitent à retourner le jeu dans tous les sens, ce qui risque d'occasionner quelques lancers de manette, la difficulté pouvant s'avérer parfois frustrante, à fortiori pour les joueurs actuels peu habitués à en baver. D'ailleurs l'absence d'options "Recommencer" dans le menu Pause est particulièrement agaçante, en obligeant à retourner au garage (et se retaper les loadings) pour recommencer une épreuve.

Après une précédente salve de conversions Dreamcast plus que décevante, Sega corrige donc le tir avec Jet Set Radio, qui reçoit un traitement digne de son rang, bien que toujours perfectible. À moins d'avoir gardé une télévision cathodique ou de posséder une VGA Box, je ne vois pas franchement de raison technique pour ne pas profiter des améliorations apportées par ce remake HD - quitte à relancer l'original de temps en temps pour profiter des morceaux absents du remake !

Verdict

9

Points forts

  • Quasiment toutes les musiques
  • Petits bonus bienvenus
  • Amélioration technique sensible
  • Du Blue Sky à s'en faire péter la rétine !

Points faibles

  • Pas toutes les musiques
  • Pas de partage en ligne des graffitis
  • Quelques freezes un peu gênants
  • Toujours pas d'option "Retry !"
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Xbox Live Arcade 8.5 2

Archives commentaires

Blue Risk, 12 oct 2012 - 4:25
Très bon test Shenron, 9/10 :love:

C'est tout à fait ce que je pense du jeu, et c'est déjà un incontournable du XLA en effet :content2::good: