Test : The House Of The Dead (Saturn)

Je vais vous parler au travers de ce test, d'un titre à l'origine d'une des séries des plus prolifiques en matière de jeu de tir: j'ai nommé The House of the Dead! Après avoir jugulé l'univers des malfrats et autres trafiquants dans Virtua Cop 1 et 2, Sega décide d'adapter la licence "The House of the Dead" de la borne arcade éponyme vers la Saturn. Nous sommes en 1998 soit 2 ans après la sortie de la version arcade, le jeu fait partie de la dernière fournée des softs européens destinés à la 32 bits de Sega: est-ce que cette adaptation est à la hauteur de la version arcade? Est-il le digne successeur des deux célèbres "rail-shooter" de la série Virtua Cop? Parviendrez vous à sauver votre petite amie? Les zombies sont-ils gentils? Poivre ou sel? Avec ou sans patates?... toutes les réponses dans ce test!

"The scenario of serie B"

On n'a rien trouvé de plus efficace que le scénario classique du grand méchant menaçant l'humanité par ses expériences! Eh oui pas le temps de tergiverser ici, on veut de l'action tout de suite, tirer sur tout ce qui bouge, on ne veut pas réfléchir. Pour faire simple, vous incarnez Thomas Rogan (ou "G" si vous jouez à deux joueurs), agent spécial, et êtes envoyé dans un laboratoire clandestin voir ce qu'il se trame, suite à un appel de détresse d'une équipe d'agents précédemment assignés pour enquêter sur des disparitions. Et comme le hasard s'acharne sur votre sort (c'est pas de chance quand même!) votre petite amie Sophie est employée dans ce laboratoire. Ni une, ni deux vous voilà au volant de votre Jaguar (Mark II pour être précis: la classe!) et arrivez en un dérapage dantesque devant le manoir du Docteur Currien, théâtre des disparitions. Sorti du véhicule vous dégainez votre arme à la vue d'un mort-vivant s'attaquant à un chercheur du laboratoire. Malheureusement pour ce dernier le zombie est plus rapide que vous et le blesse. Une fois ce premier monstre éliminé, la victime dans un dernier souffle vous implore de sauver tous les survivants de ce désastre. Voilà le décor est planté, à vous maintenant de faire parler la poudre car ceux qui se présentent à vous n'auront aucun scrupule!

"The arcade at home"

Je pense que la plupart d'entre vous connaissent le principe d'un "rail shooter" mais pour ceux qui ne connaissent pas le système voici un bref descriptif: vous incarnez à la première personne un héros (ici l'agent Rogan en l'occurrence) et vivez par procuration tout ce qu'il voit. Vous interagissez par l'intermédiaire des tirs de votre gun (ou de votre manette) au cours des scènes qui se présentent à vous. À aucun moment vous ne maîtrisez les déplacements qui sont préprogrammés, cependant plusieurs chemins sont possibles et vous pouvez influencer votre trajet indirectement en fonction des divers évènements dans lesquels vous intervenez (sauver une personne qui vous préconisera alors un chemin plus propice, prendre en chasse un monstre que vous avez loupé...). Débarrassé de toute gestion des déplacements, vous pouvez porter toute votre concentration sur deux critères qui s'avèrent vitaux à maîtriser: premièrement le tir; si vous ne voulez pas terminer sous les morsures de zombies pas très sympathiques il va falloir viser rapidement et juste avec votre gun (ou indirectement via un curseur que vous déplacez avec le pavé de direction de votre manette); il est intéressant de noter la présence d'une localisation des dégâts, ainsi en fonction des endroits où vous porterez vos coups les créatures mourront plus ou moins rapidement, mais surtout cet aspect permet des délires bien gores: quoi de plus marrant que d'envoyer voler une tête de zombie? Ou de le décharner complètement? Attention cependant ces créatures sont vicieuses et même si vous leur explosez les bras, elles ne se feront pas prier pour vous croquer!
Deuxième aspect à maîtriser: la recharge; eh oui! car même si vous avez un nombre illimité de balles il n'en est pas de même du barillet de votre arme qui une fois vide vous le fera savoir par un "RELOAD!" fatidique avant de vous prendre une hache entre les deux yeux! Il est donc bon de mettre à profit chaque petit moment pour recharger votre gun en tirant hors de l'écran (comme sur la borne arcade!) ou en pressant la touche prévue à cet effet si vous jouez à la manette. Un troisième point peut entrer en compte dans votre futur succès ou défaite dans ce jeu: le chemin que vous empruntez! Apprenez à repérer les évènements cruciaux qui vous permettront de bifurquer vers un autre parcours plus facile car si "tous les chemins mènent à Rome" ils ne sont pas tous égaux en longueur et en difficulté! Enfin n'oubliez ce pourquoi vous êtes là! Si votre phrase choc est du style: "On n'est là pour tout péter!", vous ne ferez pas de vieux os. Vous êtes là aussi pour sauver le maximum d'innocents: ces personnages, très mauvais acteurs, tout de blanc vêtus qui vous implorent. Car si sauver ces personnes vous permettra de prendre un chemin différent ou de gagner une vie, la bavure policière ne pardonne pas et revient à se tirer une balle dans le pied avec la perte d'une vie. À noter aussi que vous pouvez débusquer des bonus au cours du jeu: vous savez les caisses et autres vases en arrière plan, en plus d'agrémenter la décoration, renferment des items, tirez donc dessus si vous en avez le temps!

"The monsters of the horror"

Devant vous va se dresser une galerie de gugusses assez étoffée, bien décidés à vous arracher quelques lambeaux de peau et plus si affinité! Le docteur Currien a donné naissance à de nombreuses créatures, cela va du classique mort vivant, au singe zombie surexcité tout en passant par des grenouilles carnivores, chauves souris, chiens de garde et autres sangsues... La première chose que vous remarquerez c'est la couleur verte: Oui, toutes ces créatures ont le sang vert! la censure a dù passer par là! Cependant avec les astuces vous pourrez choisir la couleur du sang. Prenez garde! car certaines de ces créatures pourront vous atteindre de loin en vous balançant ce qu'elles ont entre les mains (armes blanches, tonneaux...) mais vous pouvez heureusement contrer ces lancers en tirant sur les projectiles, ménagez donc vos réflexes. D'ailleurs vous pourrez vous ménager durant l'une des pauses de chargement qui surviendront lors de votre parcours, certes ça permet de souffler mais surtout, ça casse le rythme ce qui est tout de même dommage!

"The textures of the Dead"

Attention, comme dirait certain "ça pique les yeux!". Déjà qu'en 1998, il faisait mal aux yeux, aujourd'hui avec le temps il est même devenu un peu corrosif! Tout ça pour dire que le jeu n'a pas bien vieilli visuellement, vu que déjà il n'avait pas été gâté par dame nature (en l'occurrence Sega) à l'époque. Pourquoi donc un jeu qui avait tout pour lui se voit-il affublé d'une telle réalisation? Faisons un petit flash-back: nous sommes en 1998, la Saturn est au plus mal en Europe, il faut donc se dépêcher de sortir le jeu, si bien que ce dernier, lorsqu'il est commercialisé, n'est terminé qu'à environ 70% avec forcément un (gros) manque de travail sur les textures, un résultat final brut de décoffrage et une absence de finesse flagrante. J'imagine la déception des personnes qui a l'époque avait placé tout leur espoir dans cette adaptation après avoir joué à la version arcade. C'est d'autant plus dommage lorsqu'on voit ce qu'un Virtua Cop premier du nom avait donné à la sortie de la console, on était en droit d'espérer une réalisation grandiose pour un jeu de cette génération. Certes ce n'est pas beau mais tout de même assez propre si l'on compare THOTD à Crypt Killer sur la même console qui pourrait vraiment répondre à la définition de "bouillon de pixel". En dehors du rendu visuel, on pourrait aussi reprocher les voix qui ont doublé les personnages notamment celles des innocents qui font très "cucul la praline": avec des "Oh! No!" et des "Thank you!" mémorables, manquant totalement de crédibilité, qui j'en suis sûr vous a fait ou vous fera inéluctablement sourire la première fois que vous les entendrez. Sinon malgré une certaine imprécision du gun, se faisant ressentir principalement face aux boss, le jeu est parfait, de l'action à en revendre, 4 niveaux dosés d'une bonne difficulté paramétrable (n'espérez pas le terminer du premier coup), 3 modes agrémentent le jeu: un mode arcade, un mode Saturn (dans lequel vous pourrez choisir entre différents personnages possédant chacun leurs propres caractéristiques: nombre de vies, de balles par recharge, intensité des dégâts, temps de recharge...) identique au mode arcade avec la possibilité de passer par des chemins indisponibles en mode arcade et une fin différente en fonction des personnages. On note aussi la présence d'un "Boss mode" dans lequel vous pourrez vous mesurer aux boss du jeu et pour ceux qui ont deux guns un mode deux joueurs.

"The House of the Dead"

En conclusion, je ne cache pas ma déception face à cette réalisation précipitée et bâclée, au moins ils auraient pu se rattraper sur la version destinée au Japon en la sortant plus tard là haut. Quoi qu'il en soit ce jeu ne manquera pas de vous divertir et on prend du plaisir à exploser les zombies! Si après la série des Virtua Cop vous désirez ressortir votre gun, Ce jeu est fait pour vous! Car bien meilleur que d'autres titres de tir sur la console 32 bits de Sega!

Verdict

7

Points forts

  • Le jeu avec le Gun
  • De l'action
  • Les dégâts localisés
  • La difficulté
  • Le replay value
  • Le mode deux joueurs
  • Plusieurs chemins possibles

Points faibles

  • Le jeu à la manette
  • Les textures et rendu visuel horribles
  • Les innocents cucul la praline
  • Le manque de précision du gun par moments
  • Les temps de chargements en plein milieu du jeu
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Saturn 7.3 14

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