Test : Valkyria Revolution (Xbox One, PS4, PS Vita)

 

 

Sega nous propose de retourner dans l'Europe fictive du monde de Valkyria avec ce nouvel épisode intitulé Azure Revolution. La disparition de Chronicles dans le titre indique bien qu'il s'agit d'un spin-off. On peut dire que cette série aura connu une évolution plutôt mouvementée jusque là. Ce spin-off est-il à la hauteur du premier épisode que les fans adorent ? Cet article a pour but de répondre à cette question, mais avant de poursuivre avec la lecture, assurez-vous d'être tolérant au changement...

 

 

Les traitres se vengeront !

Valkyria Azure nous raconte l'histoire d'un groupe de cinq personnes qui ont plus ou moins manipulé un pays entier afin de provoquer un conflit mondial, et ce dans le but d'accomplir des objectifs bien personnels. Ces éléments de l'histoire sont communiqués relativement tôt, donc il n'y a pas de spoil, je vous rassure. Il est marrant de noter que l'histoire est véritablement racontée par un professeur à son élève. Ainsi, les évènements sont relatés, tandis que l'Histoire elle-même n'a pas forcément retenu tous les détails (contrairement au professeur, qui elle, est la descendante d'une famille proche de la famille royale).

Bien que l'on n'échappe pas au quota de niaiseries habituel, l'histoire et les personnages restent globalement un point positif de l'expérience, avec des personnalités assez différentes et des backgrounds plutôt travaillés. Amleth, le personnage principal, est par ailleurs assez réussi et change des éternels gentils justiciers qui sont les héros de 90% des RPG japonais. Le conflit politico-militaire qui habite cette Europe fictive (renommée Europa pour l'occasion) est lui aussi plutôt captivant, et fait intervenir pas mal de pays dans ses évolutions, et bien sûr, l'inévitable Valkyrie (alliée de l'Empire, le principal ennemi).

La narration est extrêmement touffue, avec des scènes qui durent longtemps, sont très fréquentes et statiques. On se rapproche beaucoup des jeux Falcom du genre de Trails of Cold Steel d'une manière générale, ce qui n'est pas forcément le genre de choses auxquelles on pouvait s'attendre de la part de Sega pour cette série. Les moyens donnés aux développeurs paraissent limités sur ce titre. Les personnes qui n'ont aucune patience ou n'apprécient pas les histoires verbeuses risquent de démissionner assez vite. On passe peut-être la moitié du jeu à regarder des scènes se dérouler : vous êtes prévenus. Personnellement, j'ai beaucoup aimé la narration principale et ses développements, malgré ses indiscutables longueurs. Les à-côtés sont, quant à eux, moins intéressants.

 

 

Quid du gameplay, capitaine Amleth ?

Si l'histoire ne dénote pas trop avec les épisodes précédents, du côté du gameplay c'est un peu l'Azure Revolution. Exit les batailles stratégiques avec leur aspect (un peu) tour par tour, ce spin-off fait dans le bourrin. Pour résumer, on se retrouve à parcourir des maps (urbaines ou dans la nature) avec une équipe de quatre personnages, le but étant de dézinguer tout ce qui passe. D'une manière générale, il s'agira de défoncer des soldats sans IA digne de ce nom. Il y a également des ennemis plus forts (des soldats dans des robots) et les occasionnels boss. Certains sont vraiment très gros, et il sera possible d'attaquer leur point faible directement, ou d'autres parties des engins, selon les stratégies visées. Par exemple, il peut être intéressant de vite détruire un canon afin d'annuler une attaque.

L'action se fait en temps réel, mais à tout moment on peut utiliser des sorts ou des objets, ce qui arrête le temps. Il est donc aisé de foncer au milieu des ennemis, et de balancer les gros sorts et autres grenades pour tous les défoncer d'un seul coup. De plus, les ennemis disposent d'un attribut que je nomme le "moral", et peuvent être dépassés, voir totalement effrayés, les rendant plus vulnérables. Une partie de la stratégie consistera donc à se faufiler au milieu d'un groupe d'ennemis et de faire un coup d'éclat intimidant les troupes (par exemple, en se focalisant sur le commandant, ou en balançant une grenade qui va tuer d'un coup plusieurs soldats). Il y a donc une petite partie stratégique de présente, malgré l'aspect bourrin de l'ensemble. Ce sont dans ces moments, où l'on est vraiment submergés par les ennemis, que le jeu arrive à être le plus amusant (car il y a alors des petits pics de difficulté, puisqu'une mauvaise approche peut rapidement amener à perdre ses personnages, qu'il faudra alors aller relever un par un).

Avec son côté purement orienté action, le jeu prend aussi une tournure de Dynasty Warriors puisqu'il faudra conquérir des bases ennemis au fil des missions, un élément repris des anciens épisodes.

Bien sûr, il y a un large panel de personnages à disposition (une bonne douzaine). On peut paramétrer leurs sorts, et les faire évoluer via des graphes de compétences rappelant fortement le sphérier de Final Fantasy X. Rien de bien original là encore, mais ça fait le boulot en restant raisonnablement simple et compréhensible. Il y a également des armes secondaires à faire évoluer (grenades, fusils, lance-roquettes etc...) qui ont des usages limités par bataille, mais sont très puissants. Faire évoluer un groupe de 4 personnages précis est recommandé, car les évolutions sont assez coûteuses et la difficulté monte sensiblement au fil du jeu.

 

 

Ne rentre pas trop tard, tu risques de te faire tuer

Si chacun des 10 chapitres du jeu propose des batailles obligatoires, il y a également la possibilité de faire des Free Missions, avec des objectifs vaguement différents (malheureusement, cela se résume toujours à aller défoncer tous les ennemis de la carte). La petite particularité de ces missions est qu'elles sont chronométrées, non pas par un timer, mais par la possible apparition de la redoutable Valkyrie de l'Empire, dans son superbe déguisement de Mort.

Son apparition se fait toujours à la nuit tombée (les batailles commençant au crépuscule, il faut donc faire vite). La première chose indiquant son apparition est un chant (en russe ?) qui fait bien monter la pression. Excellent !

Une fois présente sur le champ de bataille, il faudra coûte que coûte terminer la mission, car une fois arrivée près de l'équipe, la Valkyrie fera un carnage à coup sûr. Au niveau de l'ambiance, c'est indiscutablement un point fort du jeu.

Les Free Missions servent également à animer une guerre de territoire plus passive que les missions de l'histoire, et il faudra toujours garder un oeil sur la progression de la "jauge de guerre" dans les diverses régions, sous peine de perdre le contrôle de l'une d'elles. Le conseiller rappelle en général l'urgence d'aller dans certaines régions quand la situation devient critique. Un concept vraiment sympathique, mais que j'aurai aimé voir encore plus poussé.

En dehors des combats, on peut parcourir une rue pleine de boutiques, et de personnes avec lesquelles discuter. D'autres lieux sont aussi présents, comme l'usine de Basil ou le bar. Le jeu se limite à une poignée de petits environnements dans lesquels les scènes se déroulent. Ce qui dans le principe n'est pas très différent des précédents jeux. L'ensemble fait le travail, en restant artistiquement plutôt varié et réussi.

Enfin du côté de la réalisation, le jeu est très statique, mais artistiquement plutôt sympathique. L'ensemble reste propre et fluide en permanence (ce qui n'est pas non plus un exploit). Les gros plans sur les personnages dévoilent des modélisations vraiment agréables, notamment pendant les missions. Mention spéciale à Tilda, ma petite préférée. La bande-son de Mitsuda est dans le plus pur style classique, et fait vraiment très bien le travail. Certains thèmes sont très marquants. L'ensemble ne dénote en tout cas pas du tout avec ce qu'avait fait Sakimoto sur le premier jeu, un très bon point.

 

 

Voix : anglais ou japonais, textes en anglais. J'ai trouvé les voix plutôt moyennes, aussi bien en japonais qu'en anglais. L'écriture est en revanche d'un bon niveau qualitatif, heureusement vu la quantité de texte à lire !

Avant toute chose, saluons l'effort de Sega de faire vivre la série Valkyria, bon gré mal gré. Valkyria Azure Revolution est un spin-off qui a des points communs avec les précédents jeux (présentation, type d'intrigue, univers) mais qui tranche radicalement sur le plan du gameplay. En s'orientant vers un jeu 100% action, Sega et Media Vision proposent un jeu à mi-chemin entre du hack'n slash et du Dynasty Warriors. La formule tend à être répétitive, mais elle propose tout de même de bons moments. La narration est quant à elle très touffue ce qui amène à des cinématiques longues et nombreuses, un élément qui ne plaira pas à tout le monde. L'histoire de fond, ainsi que les personnages, restent cependant intéressants à suivre. Espérons que Sega réunisse à nouveau les moyens et les talents qui sauront faire vivre cette série dans l'avenir.

Verdict

6

Points forts

  • Histoire et personnages globalement intéressants
  • Artistiquement réussi
  • Interface soignée
  • Bande-son de qualité
  • De bons moments dans les phases d'action

Points faibles

  • Phases de jeu répétitives
  • IA inexistante
  • Narration un peu longuette
  • C'est très statique tout ça !
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Playstation 4 4.0 1

Commentaires

La démo au TGS m'avait une mauvaise impression, mais dans son ensemble le jeu semble donc potable.
Même si cela reste une déception pour beaucoup, on évite le naufrage, c'est déjà ça.
Cool le test en tout cas:good:
Chausson: dis toi même que que lorsque tu veux partager ce test sur facebook, tu a cette même image qui apparait pour illustrer le post.:lol3:
Rage, 09 juil 2017 - 3:21
Franchement très bon test!! Bien détaillé et plaisant à lire avec une note justifiée:good: Bravo !!:good: