Test : Tembo the Badass Elephant (Xbox One, PS4, Windows)

Test réalisé sur la version PC.

Surtout connu pour la série des Pokémon, Game Freak est de fait associé à Nintendo. C'est oublier un peu vite qu'ils ont déjà travaillé de concert avec Sega à l'époque de la Megadrive, avec le très bon Pulseman. 20 ans plus tard, ils reviennent donc avec un nouveau titre action/plateforme : Tembo the Badass Elephant.

C'est la guerre. Des hordes de méchants cagoulés en violet mettent la ville à feu et à sang, détruisant les bâtiments, prenant les habitants en otage. Le général Moustache ne peut qu'assister avec effroi au carnage, il est trop vieux pour ces conneries. Il appelle alors à l'aide son vieux compagnon d'armes, celui qui l'a épaulé lors de nombreuses missions dans sa prime jeunesse.

Son éléphant.

Le temps de se mettre en tenue, Tembo se rend donc au QG, et assiste à son premier briefing. Sa mission est simple : libérer tous les otages et éliminer tous les soldats ennemis, jusqu'au dernier. Tembo bénéficie de plusieurs atouts : en chargeant, il peut presque tout détruire sur son passage. A pleine vitesse, il gagne en élan pour sauter plus haut et plus loin. Il peut se mettre en boule pour rebondir entre les obstacles, battre des papattes pour rester suspendu en l'air quelques instants, et réaliser des uppercuts et des tacles glissés. Grâce à une réserve d'eau, il peut également arroser de sa trompe les obstacles enflammés, éteindre les lance-flammes des ennemis et faire pousser des plantes.

Le carburant de Tembo ? Le beurre de cacahuète. Comme tous les pachydermes, Tembo est friand de cet arachide, et il faut en ramasser le plus possible dans un niveau. 300 cahouettes donnent une vie supplémentaire, ce qui n'est pas du luxe : on démarre le jeu avec 5 vies, et si on tombe à zéro, on recommence au début du niveau en cas d'échec, et non pas à un checkpoint.

Heureusement, pas de souris dans les rangs ennemis.

Ramasser toutes les cacahuètes, libérer tous les otages, exploser tous les méchants, le tout dans un temps le plus bas possible : voici les objectifs de chaque niveau, sanctionné par un score et un classement mondial. Pour vous inciter gentiment à bien nettoyer les niveaux, à trois reprises il sera demandé d'avoir démoli un certain nombre de sbires pour progresser. Pas de panique cependant : la barre est assez basse, et à moins d'avoir foncé comme un gros bourrin à travers les niveaux, il ne vous sera probablement pas nécessaire d'en recommencer plus d'un pour avoir le droit de passer. Cependant, la chasse aux otages et aux ennemis est assez motivante car il faudra explorer les niveaux et aller en dehors des sentiers battus. Surtout, pour avoir tous les ennemis, il faudra trouver tous les otages puisque les cages qui les retiennent comptent pour 10 méchants.

En effet, Tembo est plus subtil que son protagoniste et ses deux premiers niveaux peuvent le laisser penser. Certes, on passe un certain temps à foncer à travers des murs et des ennemis, mais seulement sur de courtes distances. Très rapidement, il faudra faire preuve d'adresse et de patience pour franchir les différents tableaux qui composent les stages. Les ennemis basiques et inoffensifs faisant office de chair à canon sont présents durant tout le jeu, mais ils bénéficient vite de renforts. Artilleurs, chars d'assaut, hélicoptères et drones viennent vite leur donner un coup de main, et il faut apprendre à esquiver les lasers,missiles et autres boules de feu sous lesquels on est parfois assailli, pour ne pas voir notre barre de vie fondre comme neige au soleil. On doit donc vite remiser au placard nos envies de foncer sans réfléchir pour embrasser ce qu'est vraiment Tembo : un jeu de plateforme pure et dure.

La difficulté est plutôt progressive et relativement modérée - une fois qu'on a appris à progresser à pas de velours et à bien observer le placement des ennemis - à l'exception de quelques passages très chauds, notamment dans le dernier niveau qui est particulièrement infâme. Bizarrement, les boss sont assez simples à battre, alors qu'il peut arriver qu'on se retrouve au sein d'un niveau à affronter un ennemi au pattern d'attaques inconnu. Si les vies étaient illimitées, ce ne serait pas un problème, mais affronter un boss intermédiaire inédit avec une vie au compteur est une très mauvaise surprise. Heureusement les checkpoints sont plutôt bien placés, bien qu'avec parcimonie. D'aucuns les qualifieraient de "checkpoints de nazis" ; je n'irai pas jusque là, même s'ils se font parfois un peu prier. Globalement on n'échappe pas à quelques moments de grosse frustration, mais jamais rien d'insurmontable avec un minimum de sang froid.

En fait, on est plus souvent irrité par le comportement de Tembo que par le placement des ennemis, qui ne font que leur boulot, après tout. Tembo est vif, mais ses mouvement souffrent d'un petit temps de latence au démarrage - certainement le temps de bouger sa graisse, qui peut parfois coûter cher dans les moments les plus intenses. Mais ce qui m'a le plus énervé est un choix de gameplay étrange : en appuyant vers le bas en sautant, on donne un coup de postérieur sur le sol. Par conséquent, on ne peut préparer un tacle, ni même un accroupissement, alors qu'on est encore en l'air, sous peine de mettre un coup de fesses et de se retrouver en position de faiblesse à l'atterrissage. Pourquoi ne pas avoir imposé d'appuyer sur X en même temps que vers le bas, ou même bêtement sur un autre bouton ? Après tout, le jeu n'en utilise que 3.

Quelques problèmes de finition

Le style graphique de Tembo ne sort pas du lot. La 2D vectorielle n'est pas désagréable, mais la direction artistique est passe-partout, et les animations sommaires rappellent un peu trop les jeux mobiles dont le marché est inondé. Tembo est le seul à vraiment avoir du caractère et à avoir bénéficié d'un réel soin dans ses animations. Dommage que Game Freak n'ait pas fait le choix du pixel, cela aurait donné plus de cachet à son titre. Malgré tout, on ne peut que saluer le choix d'avoir fait un jeu très coloré : le niveau dans les montages ou le parc d'attraction sont vraiment agréables de ce côté-là, et au moins le design général est cohérent.

Par contre gros point noir du côté de la fluidité : le jeu saccade à chaque objet explosé - c'est à dire à peu près tout le temps, ce qui est excessivement désagréable. C'est d'autant plus étonnant que même durant ces passages, Steam affiche fièrement 60 FPS. Choix délibéré des développeurs pour donner du punch au jeu, ou problème technique ? Dans tous les cas, c'est vraiment agaçant.

Espérons qu'un patch corrige ce défaut, car Tembo, malgré quelques errements, est un bon petit jeu, qui se prête bien l'exploration comme au time attack. Les complétionnistes et scoreurs devraient prendre du plaisir à chercher le 100% sur tous les niveaux, tant le jeu semble bien se prêter au speedrun. Bien qu'il ne soit pas follement original dans son game design, qui rappelle énormément Donkey Kong Country, il est suffisamment bien conçu pour maintenir l'envie d'y retourner, même une fois terminé (comptez pour ça une petite demie-douzaine d'heures).

Tembo the Badass Elephant est un bon petit jeu de plateforme, qui mélange assez harmonieusement tradition et modernité. Il manque un peu trop de personnalité et de polish pour espérer atteindre le hall of fame du genre, mais il reste néanmoins accrocheur et sympathique, si on le prend par le bon bout. Amis bourrins, restez à l'écart : ce n'est pas parce qu'on dirige un pachyderme qu'il ne faut pas faire preuve de délicatesse.

Verdict

7

Points forts

  • Bon level design
  • Challenge présent mais pas trop frustrant
  • Bonne durée de vie
  • Sympa comme tout

Points faibles

  • Les saccades permanentes vraiment pénibles
  • Quelques passages un peu injustes
  • Direction artistique complètement quelconque
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Windows 7.0 1
Playstation 4 6.0 1

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