Test : Sol-Deace (Mega Drive)


Sol-Deace
Sol-Deace
Shoot'em up

Pour ceux qui ont suivi un peu les tests que j'ai déjà rédigés, vous savez que Wolf Team est une équipe de développement que j'affectionne particulièrement. Ils ont produit pas mal de jeux sur Mega Drive et Mega-CD, et j'ai toujours apprécié leur volonté de faire des jeux différents en s'appliquant sur la mise en scène, le scénario et en offrant des compositions musicales réussies. Malgré quelques jeux moyens voir loupés comme Earnest Evans, ils ont conservé une patte artistique caractéristique qui les identifie pleinement et donc sortent un peu du lot de la pléthore de développeurs qui existaient durant l'âge d'or des jeux vidéo.

C'est donc encore aujourd'hui une œuvre de Wolf Team que je vous présente : Sol-Deace. Sorti uniquement aux USA en Janvier 1992, il est l'adaptation fidèle de l'opus Mega-CD sorti un mois plus tôt en décembre 1991 et connu sous le nom de Sol-Feace, qui lui a eu le droit à une sortie internationale. Vous allez certainement me demander pourquoi le titre a changé dans l'opération, je n'en ai aucune idée mais ce type de modification étaient malheureusement courant entre les titres japonais et américain. C'est d'autant plus étrange que la jaquette du jeu cartouche Sol-Deace est exactement la même que son homologue Mega-CD japonais Sol-Feace, seule une lettre varie. Allez comprendre... Au moins pour une fois, les US auront le bon goût d'opter pour la jaquette japonaise et pas celle européenne de Sol-Feace, absolument affreuse quant à elle.

Pour en revenir au jeu, Sol-Feace est à l'origine un jeu crée pour la Sharp X68000 en 1990, un ordinateur exclusif au Japon dont la puissance se rapprochait des bornes d'arcade de l'époque et qui servait souvent de support pour des adaptations arcade. Il voit donc le jour un an plus tard dans les débuts de l'ère du Mega-CD, pour ensuite sortir en version cartouche aux States.

Je vous donne un inDeace, ça se passe dans le futur

L'histoire débute dans un futur lointain, en 3325. Les humains réussissent à créer une intelligence artificielle censée régler les conflits entre les différents peuples et instaurer enfin la paix. Si tout avait bien commencé, cette IA nommée GCS-WT (pas très glamour comme nom) finit par comprendre que pour générer la paix il faut détruire l'espère humaine dans son ensemble. Cet ordinateur va faire régner la peur et le chaos pendant des siècles, faisant de la Terre sa maison mère et expulsant l'espèce humaine aux confins de la galaxie. Dans cette guerre ouverte contre les machines, le Docteur Edwin Deace (donc Dr Feace dans la version CD), créateur de vaisseaux de combat supposés capable de venir à bout des machines, meurt en tentant d'attaquer la planète mère de GCS-WT. Avant de mourir il parvient tout de même à lancer un virus dans le réseau interne des machines, laissant l'opportunité aux humains de lancer une dernière attaque. Ils ont 300 heures avant que l'IA reboote son système et redevienne opérationnelle. Vous incarnez donc un des derniers survivants en mesure de piloter le vaisseau de combat Sol-Deace, vous lançant à l'assaut de l'armée robotique.

Ce scénario nous rappelant forcément Terminator en version shoot'em up spatial est desservi par une intro dans laquelle un très long texte défile pour nous situer l'action. Contrairement à l'opus Mega-CD, vous n'aurez aucun dessin animé pour accompagner cette mise en bouche, ni voix off, uniquement un pavé à lire. Le texte est légèrement différent de la version CD et rentre beaucoup moins dans le détail du conflit. Pour ceux comprenant l'anglais je trouve le texte même un peu simplet et assez étrange avec par exemple : " le Docteur Deace est mort et c'est à ses descendants de venir à bout de ce fléau, mais après tout, quelque fois la vie n'a pas de sens et le combat doit prévaloir. Machines contre machines (...) dans le choc de l'huile et dans le sang ". Pourquoi cette version cartouche ne reprend pas le texte original de la version CD, alors que celui-ci est en anglais, encore un mystère des conversions qui n'a aucune explication tangible mais que je m'amuse toujours autant à relever.

Par contre, petite exclusivité de cette adaptation cartouche, la fin du jeu qui elle sera un peu animée va vous proposer un ending totalement différent de la version CD. Une façon de se différencier et d'apporter un autre regard sur le dénouement de ce jeu, dont je ne vous dirais rien bien entendu. Je ne ferai que relever certaines choses amusantes, vous me connaissez j'aime repérer les détails loufoques. Dans le texte de fin, le scénario indique que " la guerre prend fin le 11 février 3325 à 10h12 et il faudra ensuite 5h à l'armée terrienne pour finir d'exterminer l'armée robot soit entre 11h33 et 17h31 ". Au moins c'est hyper précis et indispensable à la compréhension de l'histoire...

Après avoir appuyé sur le bouton Start vous pourrez accéder aux options dans lesquelles vous pourrez paramétrer la difficulté, écouter les musiques du jeu et plus intéressant, choisir la vitesse d'action de votre appareil. En effet, dans Sol Deace vous ne ramasserez pas d'option pour augmenter votre vitesse, elle est à définir avant de jouer dans les options.

Un shoot qui ne se passe au Sol

Sol-Deace est donc un shoot'em up à scrolling horizontal. Vous allez en fait tout au long de l'aventure partir de votre planète d'adoption pour remonter petit à petit le système solaire, détruire des bases de défense, aller sur le Soleil, la Lune et enfin revenir sur Terre où la méchante IA vous attend dans sa base fortifiée. Chaque niveau est entrecoupé d'une petite scène animée dans laquelle vous voyez votre vaisseau filer vers sa prochaine destination avec un petit texte pour vous situer les lieux. Sympa, ça permet de créer un vrai lien entre chaque monde traversé et rendre crédible notre ascension vers la Terre.

Le gameplay est extrêmement simple (sans doute trop). Un bouton pour tirer, et euh, c'est tout ...Vous ramassez rapidement 2 bras métalliques qui s'accrochent au-dessus et en-dessous de votre vaisseau, multipliant ainsi vos tirs. La seule vraie originalité vient de l'utilisation de ces canons indépendants. En effet, si vous arrêtez de tirer et reculez (en pressant vers l'arrière bien sûr) vos bras s'écartent jusqu'à un maximum de 45 degrés chacun. Cela vous permet d'avoir des tirs allant en haut et en bas, donc une plus grande amplitude dans vos tirs mais forcément moins de puissance. Si vous arrêtez à nouveau de tirer et avancez, vos canons se resserrent vers le centre, vous donnant ainsi une grosse puissance de feu vers l'avant.

Vous serez donc continuellement obligé de jouer avec cette variation des canons, les ennemis venant de toutes part. Dans le catalogue des armes dispos, malheureusement il n'y a pas grande chose à voir. A part votre tir d'origine, vous pourrez choper des lasers ou des missiles (ces derniers ayant une trajectoire légèrement différente et un peu plus de puissance, mais rien de bien folichon). C'est peut-être un des plus gros défauts du jeu, ce manque de variété dans l'armement. Ça aurait mérité un peu plus de folie.

Quoiqu'il en soit, vos ennemis seront nombreux et surtout très variés. Un excellent point vu qu'à chaque niveau vous rencontrerez vraiment des adversaires différents. Ils vont du petit vaisseau aux grosses structures. De même les gros vaisseaux (ou moyens) sont toujours pleins d'animations changeantes. Ce n'est pas qu'un vulgaire gros sprite qui monte et descend sur l'écran. Il va évoluer au fil du combat, sortir des canons de son armure, ouvrir des panneaux armés, etc.... Je trouve que cela apporte beaucoup de vie à l'ensemble.

Les 7 niveaux que vous allez traverser alternent entre base futuriste, planète en feu, espace infini, ou champs d'astéroïdes. Ils sont variés, c'est le principal. Ils se finissent toujours par un boss énorme et bien foutu. Certains remarqueront sur quelques boss et quelques ennemis des bras articulés à la manière de Ernest Eavens et ils auront raison. On sent bien que les développeurs ont voulu réutiliser cette technique, pourtant complètement loupée, de leur jeu de plateforme. Ici la maîtrise est meilleure et se prête mieux à des machines, de plus ils n'ont pas exagéré ce type d'utilisation. Toutefois, une mention spéciale est à attribuer au dernier boss totalement massacré. On y voit ce qui semble être un robot articulé au niveau des jambes et des bras à la Earnest Evans. Les développeurs se sont lâchés sur ce dernier boss. Les mouvements des bras sont affreux, complètement impossibles et non crédibles, mais le pire, c'est qu'on a l'impression que lui-même ne comprend pas ce qu'il fait. Ses bras s'entortillent devant lui mais pas assez loin pour nous toucher et vu qu'il ne tire pas, on le tue sans aucune difficulté en ayant presque pitié de lui. A mourir de rire.

Niveau difficulté, le jeu est largement accessible à tous les joueurs et se finit sans grande difficulté. Vous disposez de 4 vies, à chaque mort vous enchaînez immédiatement sur la vie suivante. Par contre à la perte d'un crédit vous recommencez au début du niveau. Ceux-ci sont infinis donc pas de stress pour finir le jeu.

Pas Deace mais 8

Les plus observateurs auront remarqué que sur la jaquette du jeu vous avez un magnifique " 8 Meg Power ". Ça donne tout de suite le ton sur une cartouche qui est censée être plus performante que la moyenne. Mais qu'en est-il vraiment ?

Techniquement le jeu tient largement la route. On est certes loin d'un Thunderforce IV mais il est dans la très bonne moyenne des shoots de la console. Les graphismes sont assez fins et non grossiers, il n'y a jamais de ralentissement et ce malgré le nombre d'ennemis ou de tirs, et certains niveaux sont vraiment beaux, comme sur le soleil artificiel où des vagues de laves bougent en distorsion. Du bon boulot.

On reprochera surtout au jeu quelques disparitions de sprites, notamment sur les boss qui sont forcément plus gros que la moyenne. Après il est certain que le jeu aurait pu être encore meilleur quand on voit certains décors de fond assez moches (niveau 2) ou le vaisseau amiral (niveau 4) pas forcément super bien fait.

On regrette aussi la suppression du dessin animé de présentation par rapport à la version CD. Certes cela aurait été compliqué, mais ils auraient pu le faire en type Comics avec quelques petites animations. Valis III y arrivait très bien avant lui, et Wolf Team l'avait déjà fait pour d'autres jeux, comme Arcus Odyssey par exemple.

En tout cas, on ne peut que saluer le fait d'avoir un jeu strictement identique à la version CD d'un point de vue esthétique. La bande son ne jouit pas de l'orchestration plus travaillée qu'un support CD permet, mais elle reste extrêmement fidèle à l'original et offre quelques musiques sympa. Même les bruitages passent plutôt bien.

En clair, Sol Deace souffle un peu le chaud et le froid tant certains décors auraient mérité plus de soins ou de folie ainsi que certains boss, mais quelques stages valent le coup d'œil et l'ensemble reste franchement dans une très bonne moyenne.

Si vous avez déjà terminé dans tous les sens les meilleurs shoots de la Mega Drive que sont les Thunder Force, Gaiares, Gynoug et autres titres cultes de la machine, Sol-Deace mérite votre attention. Loin d'être mauvais, sans être excellent, on passe un bon petit moment sur ce shoot qui aurait mérité un peu de folie, mais qui dispose de quelques arguments en sa faveur et une ambiance qui tient largement la route. Si par contre vous avez la chance d'avoir un Mega-CD, préférez cet opus pour bénéficier d'une vraie intro et d'une bande son remaniée.

Verdict

6

Points forts

  • Quelques effets réussis de distorsion
  • Graphiquement oscillant entre moyen et sympa
  • Identique visuellement à la version CD
  • Une fin exclusive
  • Une bonne ambiance
  • Une belle jaquette

Points faibles

  • Dessins animés en moins
  • Armement simpliste
  • Crédits infinis, réduit forcément la difficulté
  • Un dernier boss moche et sans intérêt
  • Manque d'un brin de folie
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Mega Drive 6.0 2

Commentaires

Sympa le test,et d'accord avec je l'ai complet sur Md,il est pas mal,mais effectivement ca manque d'un brin de folie !
Rage, 22 nov 2018 - 12:25
Merci pour ce test. Dans mon cas perso je connaissais que la version MCD. Un jeu que j'apprécie mais qui n'est pas dans le top il est vrai
je trouve la version MD meilleure en ce qui me concerne. les musiques y sont plus pêchues et surtout avec les sonorités Wolfteam, ce que le CD perd. Ok on y perd l'intro, mais qui les regarde a chaque fois?