Test : Resident Evil (Saturn)


Resident Evil
Spasmes épileptiques, cris venant d'un autre monde, sursauts incontrôlables, voilà quelques une des émotions que tout joueur de Resident Evil a rencontré, lors des premières heures passées sur le jeu culte d'un certain Shinji Mikami. Ce soft, de nos jours, n'a pas pris une ride, et voici rien que pour vos beaux yeux (qui seront bientôt cachés par vos Ray Ban une fois sur les pentes enneigés) le test de la version 32 bits de Sega !

Mine de rien, en septembre 1997, la sortie de Resident Evil sur Saturn fut pleinement appréciée par les possesseurs de la console. Bien que sorti deux ans après la version Playstation, il restait très gore et s'avérait l'un des meilleurs jeux d'action/aventure sur la résistante console de Sega. Resident Evil peut être qualifié d'oeuvre révolutionnaire, dans la mesure où il fut le précurseur de ces jeux à frissons qu'on affectionne tout particulièrement les soirs de pleine lune, le casque visé sur ses oreilles : les Survival Horror ! Suffit plus que votre mère rentre dans votre piaule en beuglant qu'il faut ranger vos fringues pour qu'une crise cardiaque ne vienne vous étreindre. Bon, je vous l'accorde, votre mère n'a certainement pas une gueule de zombie édenté, mais dans un cas pareil ça ne pardonne pas.

Zombifier... un verbe qui n'existe pas

S'il n'existe pas, on aurait pu l'inventer. Le CD est inséré dans la console. Sur ce dernier, j'ai d'ailleurs pu apercevoir 15 entouré d'un cercle rouge, preuve que certaines scènes ne sont pas à mettre entre toutes les mains. Le logo de la console se charge, et le jeu débute. Une très courte intro démarre, on y voit un homme courir, un grondement sourd et menaçant se fait entendre, suivi d'un hurlement bestial mis proprement (sic) en valeur par du sang qui gicle. Charmant avant-goût !

Le kitsch existe, je l'ai rencontré !

Après m'être rapidement intéressé aux infimes options disponibles, je lance une nouvelle partie. "July 1998, Racoon Forrest" s'affiche, le ton est donné ! Par contre, moi qui m'attendais à tomber sur une cinématique en images de synthèse, me voilà en train de miroiter un jeu d'acteur aussi pourri que drôle. Imaginez une équipe de comédiens pris sur le vif pour tourner une p'tite scénette d'horreur ! C'est un peu ça, à mon avis, qui s'est passé avec Resident Evil premier du nom ! Les scènes, tournées en noir et blanc, frisent le ridicule, et les acteurs en feraient retourner Hitchcock dans sa tombe ! Bref, après cinq minutes de film environ, le jeu passe enfin en 3D et l'aventure peut débuter.

Les images fixes...

Resident Evil est un jeu utilisant des images fixes en 3D dans lesquelles se meuvent les personnages. Au début du jeu, on vous demande de choisir entre Jill Valentine et Chris Redfield ! Si vous prenez la charmante demoiselle, la difficulté sera moins poussée, mais le soft se pliera en quelques heures. Dans le cas contraire, apprêtez-vous à transpirer, à avoir des sueurs froides. Vous devrez garder vos précieuses munitions et faire face à bien plus de vilains pas beaux ! Soyez sur vos gardes !

Chaque angle de vue dans Resident Evil a été étudié pour que vous vous sentiez mal à l'aise, comme si quelqu'un était sans arrêt en train de vous épier. En ce sens, la maniabilité demande un petit temps d'adaptation mais on s'y fait vite. Le titre de Capcom est une succession d'énigmes et d'annihilation de zombies. Il faut faire attention aux moindres faits et gestes, et bien réfléchir aux énigmes qu'on vous pose. Souvent, il s'agit de retrouver un objet faisant office de clé, et ainsi de suite.

Au cours du jeu, de nombreuses scènes cinématiques viendront ponctuer les moments forts, jouant un peu plus à l'aspect survie. L'ambiance se fera plus stressante, et ce sera à vous de ne plus griser devant chaque porte s'entrouvrant. Car l'une des particularités de Resident Evil, ce sont ces fameuses scènes où l'on voit de simples portes, s'ouvrant avec lenteur accompagné d'un bruitage strident. Si un soucis se fait sentir, appelez le S.O.S "Peace Maker"! Une chose est sure, ce jeu est gore et têtes décapitées seront légion !

Blaster du monstre, c'est mon dada !

Ce qui est intéressant dans Resident Evil est l'évolution de votre arsenal. Au fur et à mesure de votre progression, Jill (ou Chris) va se voir muni de nouvelles armes. Il faut savoir d'ailleurs, qu'en cas de manque de munitions, un couteau de survie est disponible, mais difficile de se défendre avec pareil outil ! Le Beretta est celui que vous utilisez la plupart du temps, mais le fusil à pompes ou encore le lance grenade viendront s'ajouter à votre attirail ! De quoi blaster de longues heures, en prenant garde à vos munitions.

Dans Resident Evil, tout est question de survie ! Vous ne ferez pas souvent le poids face à une horde de zombies tous plus assoiffés les uns que les autres. Parfois, mieux vaudra vous faufiler et éviter le corps à corps, qui tournera quoiqu'il arrive obligatoirement en votre défaveur, si vous n'avez qu'un seul couteau pour vous défendre.

To be "anglish" ou not to be "anglish"?

Resident Evil en version Saturn est, vous l'aurez compris, intégralement en anglais. Le pire dans tout ça, c'est que si l'anglais est relativement aisé à comprendre (en fonction du contexte notamment), c'est qu'aucun sous-titre durant les conversations n'est affiché. C'est un peu craignos, mais n'est-ce pas là une manière de toucher à une tranche de joueurs suffisamment mature, en droit de toucher au jeu, je vous le demande. Quoiqu'il en soit, Resident Evil est un jeu faisable, même si vous ne comprenez pas tout. C'est dommage certes, mais c'est ainsi, on n'a pas le choix !

Je ne savais pas que la putréfaction était si belle à voir...

Ouaip bon, j'avoue, j'exagère un peu là, mais il faut reconnaître que cette version Saturn de Resident Evil fait honneur aux capacités de la 32 bits de Sega. C'est vraiment du bel ouvrage, malgré une finesse un tantinet inférieure à la version Playstation. Les effets de lumière et de fumée sont bien réalisés, et les couleurs bien choisies. Certains plans fixes sont d'ailleurs absolument magnifiques. Du tout bon. On note de ci, de là, de rares enchevêtrements de polygones mais rien de bien grave. Au niveau de l'animation, les protagonistes sont bien animés, quoiqu'un peu raides (un défaut inhérent à la série) et les ennemis ne sont pas en reste, avec des attitudes réalistes. Côté maniabilité, comme je l'ai noté plus haut, Resident Evil demandera un petit temps d'adaptation? la faute à ces angles fixes auxquels il faudra s'habituer. L'interface est impeccable, et la visée assez irréprochable.

Au niveau sonore, les bruitages sont une réussite complète, avec des voix correctes et surtout des sons bien stressants, ah le grognement du zombi, ça doit être sympa d'en avoir un pour animal de compagnie. Ces derniers sont épaulés par des musiques discrètes mais toujours en parfaite symbiose avec l'action se déroulant devant vos yeux. Moonlight Sonata (j'me comprend), musique maestro !

La réussite de l'horreur !

Inutile de tergiverser plus longuement, Resident Evil version Saturn est une réussite complète. Les possesseurs de la fameuse 32 bits de Sega ont pu (ou vont pouvoir) découvrir un titre sorti deux ans auparavant sur Playstation, mais gardant toutes ses qualités qui font de lui un soft d'exception ! Efficace, bien réalisé, novateur et surtout dans les "normes" de notre temps. L'horreur pixellisé pourra peut être bientôt rejoindre l'horreur réelle? (et pas besoin de films pour ça, suffit de regarder les infos !)

Verdict

8

Points forts

  • Un jeu monumemtal
  • Ambiance sans pareil
  • Scénario palpitant

Points faibles

  • Portage sans fioritures de la version PS
  • Anglais intégral...
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Saturn 8.4 18

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