Test : The Ninja (Master System)


The Ninja
The Ninja
Action
Lancé en 1986 sur la Master system, The Ninja est la conversion d'un jeu d'arcade intitulé "Sega Ninja", où il faut délivrer une princesse enfermée dans un château (tiens donc...). Que vaut-il réellement ?

Il faut sauver la princesse !

Dans le Japon de l'ère Edo, le méchant Gyokuro s'est emparé du pouvoir dans la paisible province d'Ohkami. Ce dernier fait régner la terreur et va même jusqu'à emprisonner la princesse au fin fond du château. C'en est trop pour le Chuck Norris local, Kazamaru (vous), qui décide d'aller botter les fesses de ces ninjas félons et de libérer la demoiselle en détresse. Mais avant de sauver votre promise, vous devrez traverser entièrement Ohkami, et autant vous le dire tout de suite, vous allez voir du pays !

En effet, le jeu s'étale sur treize niveaux variés : prairie, village, sanctuaire, falaise, rivière... rien ne vous sera épargné, pas même un mur de pierre qu'il faudra gravir à mains nues ! Votre progression se fera la plupart du temps verticalement (avec une vue du dessus, à la Zelda) sauf dans certains niveaux où le scrolling devient horizontal, voire même diagonal. Vous ne vous ennuierez pas, d'autant que les décors sont jolis et plutôt soignés pour l'époque ; c'est épuré mais coloré. Les développeurs se sont appliqués pour plonger le joueur dans le Japon féodal. Les musiques ne sont pas en reste et collent bien à l'ensemble, même si le thème principal est (très) entêtant. L'ambiance est réussie et c'est un des points forts du soft.

Kazamaru évoluera donc dans ce milieu nippon hostile en tuant tout ce qui se dressera sur son passage (ninjas, samurais renégats, loups...). Coté maniabilité, c'est du tout bon : aucune inertie, votre personnage répond au quart de tour, dans les huit directions. Malheureusement son arsenal est des plus limités : de simples couteaux pour occire ces nombreux assaillants et la capacité à se rendre invisible (et invincible) un court instant (en appuyant simultanément sur 1 et 2). C'est peu, d'autant plus que vos adversaires vous attaquent à plusieurs (les fourbes !) et qu'ils sont malins : ils accourent vers vous, vous agressent et repartent aussi vite qu'ils sont arrivés. On est loin des ennemis nigauds qui restent plantés au même endroit en attendant sagement la mort. Qui plus est, ils sont rapides et agiles. Paradoxalement, les boss sont plus faciles à battre : un balourd masqué adepte du boomerang dans les premiers niveaux, Gyokuro et ses pistolets dans les derniers. Leur lenteur atypique est révélatrice d'un asthme chronique, ou quelque chose du même acabit.

Face à ces hordes d'opposants hargneux, vous pourrez améliorer vos capacités en récoltant les seuls items du jeu : des rouleaux secrets. Il en existe trois sortes : les rouges qui transformeront vos petits couteaux en énormes shurikens (c'est même carrément des lames de scie circulaire industrielle) capables de trancher net tout ce qui se trouvera sur leurs trajectoires ; les bleus qui vous permettront de courir plus vite (l'EPO de l'époque, quoi) et enfin les verts (j'en parlerai plus tard).

Normalement, chers lecteurs, après avoir lu cette partie du test, vous devriez vous dire : "Ma foi, ce petit jeu a l'air fort sympathique !". Mais (car il y a toujours un "mais"), The Ninja a un défaut (ou une particularité, question de point de vue) : il est dur. Sa difficulté tient à deux choses : le "touché-coulé" et les rouleaux verts.

Fragile comme du papier de riz.

"Touché-coulé" (expression personnelle qui n'engage que moi) signifie que dès qu'un ennemi vous touche, vous mourrez. Pas le droit à l'erreur comme par exemple dans Sonic (avec les anneaux). En cas de décès prématuré, il faut recommencer sans les items (shurikens et vitesse) glanés à la sueur de votre front. Ça passe encore dans les premiers niveaux, mais arrivé au château, les assaillants sont plus nombreux et plus vifs. Ainsi, il devient quasiment impossible de finir le jeu sans les rouleaux rouges et bleus. Et justement, ces précieux items sont plutôt rares sur la fin de l'aventure. En clair, vous êtes presque condamné à finir le jeu d'une traite. Quand bien même vous arriveriez à finir les douze premiers stages sans avoir été touché une seule fois (ce qui est déjà un challenge conséquent), la bave au coin des lèvres, près à en découdre avec le boss final dans l'épilogue vidéoludique, vous tomberiez alors sur un écran simpliste disant : "Vous ne pouvez pas accéder au niveau final car vous n'avez pas les 5 rouleaux verts, recommencez !". Ah, oui, c'est là que je dois vous parler de ces fameux rouleaux verts !

Z'avez pas vu mon rouleau (de printemps) ?

Ainsi, en plus des rouleaux rouges et bleus, il existe aussi des verts (cinq en tout) que vous devrez nécessairement trouver pour accéder au passage secret menant au niveau ultime. Si le premier apparaît facilement (à la mort d'un ninja du premier level), les quatre autres sont bien planqués ; C'est-à-dire ? C'est-à-dire qu'il faut, par exemple, frapper cinq fois dans un arbre (qui ressemble trait pour trait aux dix autres arbres du niveau) pour faire apparaître le précieux sésame. Sadique, n'est-ce pas ? Autant vous dire qu'en 1988, quand vous avez six ans et pas encore internet, c'est à se pendre.

Au final, The Ninja se révèle être un bon petit jeu de 1986 : graphismes chatoyants, ambiance soignée et maniabilité parfaite. Pour ceux qui aiment les jeux de ninjas, c'est une alternative aux classiques Shinobi et Ninja Gaiden, à scrolling horizontal. Seule la difficulté pourra en rebuter certains. Mais un grand sage n'a-t-il pas dit un jour : "Le chemin qui mène à l'accomplissement est celui de la difficulté" ?

Verdict

7

Points forts

  • Ambiance Japon médiéval réussie
  • Diversité des niveaux
  • Maniabilité

Points faibles

  • (Très) difficile
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Master System 8.6 10

Commentaires

Rage, 11 sep 2009 - 2:59
Félicitation pour ce premier test très plaisant à lire!!

Mais par contre je reviens sur un point qui m'est cher : la difficulté d'un jeu et surtout si ce dernier est bien réalisé, procure un plaisir de jeu plus que conséquent! Le challenge dans la vie d'un gamer ya que ça de vrai.

Et quand on maà®trise l'art de la disparition on évite bien des difficultés dans ce petit jeu...Pour 1986 ce jeu est étonnant d'intérêt et de variété...
bko, 11 sep 2009 - 3:25
Ouais super test, je connaissais ce jeu que de jaquettes, mais j'ai bien envie de le tester maintenant.
bravo pour ce test, très bien écrit... concernant le jeu, je n'y ai encore jamais joué, mais la difficulté me rebuterait certainement aujourd'hui (plus autant de temps et de patience qu'avant).
Encore bravo pour ce très beau travail
Merci pour vos avis! Pour la difficulté Rage, tu fais bien de la souligner car je voulais apporter une précision:
quand je parle de difficulté extrême dans ce test, je fait surtout référence à la difficulté, il y a 20 ans, à dénicher les rouleaux verts, car RIEN n'indique leurs positions (cf test). maintenant avec le net, cette difficulté quelque peu "injuste" est effacée. à part ça, "the ninja" est parfaitement finissable, alors éclatez-vous avec car il vaut vraiment le détour!
Rage, 11 sep 2009 - 9:40
C'est vrai que j'ai dà» tirer sur tous les arbres et autres pour ces trouver ces satanés parchemins. Bonne idée car on refait le jeu.

C'est surtout l'énigme pour parvenir au dernier niveau qui m'a agacé et aussi le dernier niveau et sacrément "couillu"!
Merci enkhyl! moi aussi j'adore la master system, quand je referai des tests, ce sera du MS exclusivement (car je l'aime cette machine).

Rage, c'est clair que le dernier niveau est "couillu" : labyrinthe + ennemis qui réapparaissent si l'on fait demi-tour, ca change des niveaux précédents!
Moi aussi je t'encourage JRS (trop long sinon), la MS est ma console préférée et trop souvent oublié (je trouve).
pixeldream, 12 sep 2009 - 3:11
j'ai debuté sur pc engine pour passé apres sur megadrive alors j'ai pas trop connut la master system c'est donc un vrai plaisir pour moi de decouvrir sa ludoteque.
Bon test , je ne l'ai hélas jamais fini, a l'époque je le trouvais bien trop difficile... maintenant revendue je n'ai hélas plus l'occasion de le terminé,
Merci pour le test ;D