Test : Mystery Dungeon: Shiren the Wanderer (Nintendo DS)

Sorti en 1995 sur Super Nes, Sega édite aujourd'hui le titre Mystery Dungeon : Shiren the Wanderer sur DS. C'est à Chunsoft que l'on doit ce grand classique du roguelike, un genre très peu représenté puisque maintenant les moyens permettent de faire des jeux plus élaborés. Est ce que c'était un choix judicieux de la part de Sega de ressortir des cartons Shiren the Wanderer 13 ans plus tard ? Réponse dans les lignes qui suivent...

Roguelike

Avant toute chose, une présentation de ce que sont les roguelike s'impose. On les appelle ainsi en référence au jeu PC Rogue, premier du genre. Il s'agissait d'un jeu d'aventure solo où les donjons, les ennemis et autres objets étaient générés aléatoirement. À l'époque, point d'interface graphique, tout se jouait dans une console, avec des caractères pour représenter les contours des salles et autres éléments.

La particularité supplémentaire des roguelike est qu'une fois le personnage mort, on doit recommencer le jeu à zéro. On perd tous nos niveaux, tous nos objets. Bien évidemment, il n'est pas possible de sauvegarder, mais simplement d'interrompre la partie pour la reprendre plus tard, ce qui amènera bien sûr à effacer la sauvegarde pour ne pas que l'on puisse tricher.

100% Nippon

On se retrouve donc dans la peau de Shiren, un aventurier qui recherche le "Golden Condor" (au passage je précise que le titre est intégralement en anglais, et que pas mal de personnages parlent en vieil anglais, ce qui donne un certain charme au titre). Tout démarre par une fort belle présentation avec des images soignées, et un didacticiel qui nous apprend les bases du jeu. Suite à cela le personnage arrive à Canyon Hamlet, point de départ de l'aventure. Dans ce village on pourra parler encore et encore pour apprendre des informations et autres astuces sur le jeu, un entrepôt permet de laisser des objets de côté (au cas où l'on meurt), il y a une taverne où l'on pourra récupérer une grosse boulette de riz (car il faut gérer sa faim). Enfin un donjon secondaire est disponible dans lequel une cinquantaine de puzzles attendent le joueur, afin de lui montrer un peu toutes les idées farfelues qu'ont eu les développeurs.

Le jeu en lui-même est vu de dessus, tout en 2D. À vrai dire les graphismes n'ont pas bougé d'un poil, il s'agit exactement de la version SNES mais à laquelle on a rajouté un enrobage plus actuel, notamment avec des artworks et l'écran du haut qui montre notre position dans le jeu.

Le jeu étant un roguelike, il fonctionne sur un principe de tour par tour. Chaque action représente un tour (faire un pas, attaquer, utiliser un objet). Ainsi si l'on reste immobile, les adversaires ne bougent pas. On peut se déplacer aussi bien en ligne droite qu'en diagonale, et pour être sûr de ne pas se tromper, en maintenant R on ne peut se déplacer qu'en diagonale. Le bouton B permet de se déplacer plus vite, A permet d'attaquer. On accède à l'inventaire avec X. L'objectif du jeu est donc de traverser chaque étage sans mourir. Tous les quatre étages environ on accède à un village qui sert de checkpoint.

HyperHardcore Gaming

Inutile d'aller le chercher bien loin, même si le jeu n'est pas particulièrement difficile à priori, il arrive toujours un moment où l'on va mourir. Cela peut venir de plein de choses différentes. Parfois on tombe d'un coup sur deux monstres sans avoir de quoi riposter efficacement, parfois on a simplement pas de chance car nos coups ratent, d'autres fois on meurt de faim car des ennemis nous affament etc... Shiren the Wanderer est un jeu qui se veut être orienté hardcore et qui l'assume pleinement. Par conséquent il est évident que le titre n'est pas à mettre entre toutes les mains.

Au début de l'aventure on part les mains vides, avec une simple boulette de riz prise dans la taverne. Ensuite on peut trouver une arme, mais parfois on en trouve pas. Tout est aléatoire. Heureusement on peut se battre à mains nues. On rencontre aussi des PNJ dans les donjons qui donnent des conseils, nous demandent de l'aide ou parfois nous jouent des mauvais tours. Ainsi une petite fille rendue aveugle demandera qu'on la soigne, à condition d'avoir une "Herb of Sight" que l'on pourra lui donner, car rien ne dit qu'on aura obtenu l'objet quand on la rencontrera, si seulement on la rencontre bien sûr.

À chaque nouvelle partie, les PNJ des villages font leur petite vie. Ainsi un restaurant ouvre dans le troisième village et j'ai même escorté une cuisinière rencontrée dans le premier niveau du jeu jusque là. On ne sait pas réellement l'utilité de ce que l'on fait, notamment avec un personnage qui se prend pour notre frère et qui finit par nous accompagner en combat. Seulement il a tout le temps faim, et comme les boulettes de riz sont rares (enfin cela dépend des parties) on a tendance à l'oublier dans un coin.

Quelques bonnes idées

Dans un sens on pourra dire que le jeu propose sans cesse des parties nouvelles relativement différentes, même si à force cela devient fastidieux de recommencer. Fort heureusement les développeurs ont eu quelques idées sympas pour varier un peu le jeu. Ainsi il m'est arrivé une fois de tomber dans une salle remplie à ras bord de monstres. À ce moment la musique a changé en quelque chose de bien oppressant, et bien évidemment le premier pas que j'avais fait dans cette salle était sur un piège qui avait divisé ma vitesse d'action par deux. Autant le dire, j'étais franchement mal.

Fort heureusement j'avais trouvé dans un des niveaux précédents un étrange parchemin appelé "Scroll of Need" et dont les informations disaient que si je m'en servais quand j'en avais pas vraiment besoin il ne se passerait rien, mais qu'en revanche si j'étais en danger il se passerait quelque chose de bien. Je l'ai donc utilisé et ma vitesse qui était divisée par deux est redevenue normale avant d'être multipliée par deux. Suite à cela j'ai utilisé un parchemin qui fait des dégâts de vent dans toute la pièce et j'ai tué quasiment tous les montres, gagnant une quantité d'expérience assez hallucinante. Et c'est sans parler des trésors qui se trouvaient partout par terre. Tout cela ne m'aura pas empêché de mourir plus tard dans l'aventure.

D'autres idées sont intéressantes. Par exemple il existe une baguette qui permet d'échanger sa position avec un ennemi. Une fois je suis arrivé dans une pièce avec un monstre et quatre trésors entourés d'eau. Pas moyen de passer. Il fallait donc utiliser cette baguette, tout en veillant à avoir deux utilisations pour ne pas être coincé après.

Il y a aussi des pièges dont certains envoient autre part dans l'étage. Je me suis retrouvé une fois dans une salle entièrement fermée avec de l'argent partout et un autre piège renvoyant ailleurs dans l'étage. On peut également voler les marchands mais suite à cela on est poursuivi par des shérifs et des chiens tellement puissants que c'est la mort assurée.

Une réalisation old-school

Au final le jeu n'est ni plus ni moins que la copie conforme de l'original, avec ses fenêtres plus belles et quelques artworks par-ci par-là. À cela se rajoute des fonctionnalités online comme aller sauver un collègue ou demander à être sauvé, ce que je n'ai malheureusement jamais pu tester car il semblerait n'y avoir pas grand monde qui veut bien sauver d'autres joueurs.

L'ambiance du jeu est totalement nippone, on se retrouve dans une période médiévale avec des thèmes musicaux très réussis. Tantôt il s'agit de mélodies qui gagnent en intensité au fil des étages, tantôt on a le droit à des bruits d'ambiance comme de l'eau qui coule ou le vent qui traverse les feuilles des arbres.

Au fil de l'aventure, c'est réellement le joueur qui gagne en expérience. On apprend de nos erreurs et la progression se fait lentement, avec à chaque nouvelle partie un petit morceau supplémentaire du donjon atteint. Bien sûr devoir refaire tout le jeu est fastidieux, d'autant plus que parfois on meurt avant d'avoir atteint à nouveau l'endroit où l'on était. Mais cela fait partie des règles imposées par Shiren the Wanderer, et c'est au joueur de les accepter, car une fois ce palier franchi, le jeu devient une grande source de satisfaction. Et pour une fois qu'un jeu réussi à me résister autant (c'est le premier jeu que je ne finis pas à 100% avant de rédiger le test) c'est au moins signe qu'il propose une bonne durée de vie et un challenge de taille.

Avec son parti-pris ultra hardcore, Mystery Dungeon : Shiren the Wanderer sur DS va faire fuir du monde. La difficulté et la répétitivité de l'action rebuteront certainement, mais son côté stratégique et le sentiment d'apprendre réellement de ses erreurs est un moteur qui pousse à jouer encore et encore pour découvrir ne serait-ce qu'un étage de plus de ce roguelike incroyablement riche. Le titre n'a peut être pas beaucoup évolué, mais on comprend pourquoi après quelques heures. Tout avait déjà été pensé avec soin et rien n'est laissé au hasard, sauf le jeu qui lui au final, ne tient peut être que du hasard. Un concept diabolique, mais terriblement efficace.

Verdict

7

Points forts

  • Aventure intéressante
  • Sentiment de progression
  • Très stratégique par moments
  • Ambiance

Points faibles

  • Réalisation un peu datée
  • Fastidieux de tout recommencer

Commentaires

Si vous aimez le genre sur DS, je vous recommande vivement ce titre, j'en suis devenu accroc. Il ne sort plus de ma console !
Sly, 26 mar 2008 - 7:35
C'est pas du tout mon genre de jeu, mais le côté ultra radical du jeu m'attire. Ton test m'a donné envie de me pencher sur son cas.
J'ai hésiter à me le prendre hier, pis comme j'avais pas envie de jouer j'me suis pris le dvd de 'planète terreur' qui est au passage excellent. Plus inspiré que 'boulevard de la mort' je trouve.

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