Test : Metal Slug (Saturn)


Metal Slug
C'est d'un grand jeu dont il est question aujourd'hui. L'adaptation Saturn du premier volet d'une série à succès qui vit le jour pour la première fois en 1996 sur le système d'arcade NEO GEO MVS de SNK. Il s'agit du plus fameux beat'em all à l'arme automatique et à l'explosif, que dis-je?... Du plus célèbre Kill'em all. Messieurs (dames) laissez moi vous présentez sans plus attendre la version Saturn de Metal Slug : Super Vehicle 001.

"C'est pas ma guerre!"

Nous sommes au début du XXIème siècle, le monde est le théâtre d'une guerre opposant l'armée régulière gouvernementale à celle de la Rébellion dont l'objectif est de faire basculer le gouvernement mondial vers une autorité militaire. Les hauts gradés de l'armée régulière ayant sous estimé la menace, en 2026 cette dernière est au bord de l'anéantissement. Les rebelles surpassaient les forces gouvernementales aussi bien en effectif humain que sur le plan matériel. Il fallait se rendre à l'évidence, l'armée régulière ne pouvait faire face aux rebelles. Face à ce constat il fut mis en place, dans le plus grand secret, un vaste programme de développement de super véhicules militaires; leur nom de code: METAL SLUG. Ces tanks révolutionnaires entrèrent rapidement en production et furent stockés au sein de différents sites tenus secrets, en vue d'une attaque massive qui mettrait fin une fois pour toutes à cette guerre. Mais c'était sans compter sur le fait que la Rébellion découvrit, deux ans après la mise en place de ce programme, plusieurs de ces cachettes confisquant un nombre significatif de METAL SLUG. Avec cette confiscation, non seulement la victoire était devenue illusoire mais surtout les tanks aux mains de l'ennemi, la fin de l'Armée régulière n'était plus qu'une question de temps. Le gouvernement et les dirigeants de l'armée régulière prirent alors la fuite et c'est à ce moment que Marco Rossi, lieutenant de ses fonctions, rassembla le peu de troupe qu'il restait afin de lancer la contre-attaque de la dernière chance. C'est la naissance du groupe Peregrin Falcon, son objectif: récupérer tous les METAL SLUG subtilisés par l'ennemi, ou à défaut les détruire et mettre tout en Âœuvre pour faire capituler l'opposition et son leader l'affreux général Morden.

"Ca va péter mon colonel!"

Vous incarnez donc le(s) dernier(s) rempart(s) à cette dictature au travers du personnage du lieutenant Marco Rossi ou de son acolyte Tarma Roving si vous êtes le deuxième joueur et allez en personne(s) intervenir sur le terrain. Seul contre le reste du monde, à la manière d'un Rambo, vous êtes parachutés en territoire hostile et partez en mission au travers de six stages où il vous faudra... tout péter! Vous l'aurez compris c'est d'un shoot dont il est question: un kill'em all 2D au scrolling horizontal dans la plus pure tradition arcade avec une action soutenue, une bonne difficulté le tout servi par une réalisation impressionnante. À peine les premiers pas effectués dans cet univers et les premiers soldats abattus, un certain charme transparait de ce jeu : la minutie et le détail de l'animation des personnages, la qualités des backgrounds en sont bien les responsables, car ici tout a été effectué à la main, est animé à la manière d'un dessin animé! Et malgré la notoriété 2D de notre chère 32-bit, cette richesse graphique va nécessiter une cartouche RAM supplémentaire de 1Mo. Un autre point qui rendit la série si fameuse est son humour: les situations cocasses et autres détails comiques sont nombreux pour notre plus grand régal et ceci dès l'écran de chargement où un singe accoutré en soldat s'amuse à jongler avec des grenades fumantes. Les mimiques et les animations des bidasses ennemies ne manqueront pas de vous faire sourire. Le dessin est tel que l'on a l'impression de parcourir une bande dessinée dont la palette couleurs permet de dépeindre réalisme et chaos évitant les teintes vives et le cartoonesque d'autres productions. Ce savant et savoureux mélange additionné à une bonne dose d'explosion va être si réussi et efficace que 6 autres opus vont être produits sur les mêmes bases conférant une véritable identité aux METAL SLUG.
On pourra cependant reconnaître, en In the Hunt (sorti en 1995 sur Saturn) un demi frère que Metal Slug ne pourra pas renier au niveau du style, des couleurs et de l'animation; et ce n'est pas un hasard car ce shoot vous mettant aux commandes d'un sous marin développé par Irem fut élaboré par des personnes qui se retrouveront plus tard chez SNK pour plancher sur METAL SLUG.

À peine le temps de verser une petite larme sur tant de beauté que vous êtes assailli de toutes parts. Deux choix se présente à vous: d'un côté une arme automatique et de l'autre des grenades. Vous débuterez avec un simple pistolet aux munitions illimitées (qui révèlera vite ses limites), un couteau lors des corps à corps, et 10 grenades. Cependant au cours des stages vous serez amené à délivrer des anciens compagnons d'armes ligotés et retenus prisonniers. Ces derniers sont facilement reconnaissables de part leur barbe, leurs cheveux longs et leur vieilles sapes. En plus de la fierté de leur venir en aide ces derniers vous seront reconnaissants et "payeront" leur pantalon pour en sortir un bonus: le plus souvent vous serez récompensé par une nouvelle arme automatique mais dont les munitions seront limités en nombre. On distinguera l'"Heavy machine gun" (mitraillette) efficace face à une menace surnuméraire, le "Flame shot" (lance flamme) pour griller à point les téméraires qui se présenteront à vous, le "Rocket launcher" (lance roquette) n'ayant pas son pareil pour exploser tous les engins ennemis et autres bâtiments et enfin le "Shotgun" qui soufflera littéralement n'importe quel rebelle dans un cri atroce. Ces otages pourront aussi vous fournir une recharge de 10 grenades ou alors des bonus de point au travers de médailles. Enfin au cours de chaque stage vous pourrez récupérer un METAL SLUG et le conduire en tentant de le conserver jusqu'à la fin de la mission. Ce tank présente une arme automatique équivalente à l'"Heavy machine Gun" mais dont les munitions seront illimités ainsi que la possibilité de tirer des obus dans la limite du nombre de grenades dont vous disposez. L'appareil se révèle extrêmement maniable, il saute, s'abaisse et résistera à une attaque équivalente à trois obus ou trois grenades, après quoi il vous faudra vous extirper rapidement avant que l'engin n'explose. Des simples bidasses muni d'un couteau pourront aussi nuire au METAL SLUG: il se jette et s'agrippe avec force à la carcasse du véhicule et il est difficile de s'en dépêtrer: il en résultera une destruction irrémédiable du tank si vous ne vous dégagez pas rapidement. Cependant il est possible de recharger la vie du SLUG par l'intermédiaire de gros jerricanes d'essence qui permettront de redonner un point de vie (sur les trois dont il dispose). Les stages se terminent toujours par des boss gigantesques, il se peut en fonction des stages que vous en rencontriez à mi-chemin de la mission. Si certains sont d'une facilité à détruire, d'autres peuvent se révéler très coriaces de par leur solidité mais surtout de par leurs nombreux tirs qui la plupart du temps sont bien vicieux.

Au rapport!

Tout péter c'est bien! Mais scorer c'est mieux! Comme tout bon jeu arcade qui se respecte un système de score a été mis en place ainsi qu'un classement afin d'immortaliser ses exploits. Bien évidemment vous marquez des points sur tous ce que vous aurez tué ou détruit. Mais les joyeux barbus que vous allez délivrez sont aussi un point essentiel pour se démarquer: en effet à chaque fois que vous libérez un otage vous l'emmenez symboliquement avec vous. Ceci est visible par le petit bonhomme qui apparaît en bas à droite de l'écran. Le but est d'en libérer le plus possible sans se faire tuer une seule fois au cours de la mission sinon le nombre de libération tombe à zéro. En revanche si vous parvenez à atteindre la fin de la mission et à détruire le boss sans perdre une seule fois alors le nom et le grade des prisonniers libérés apparaîtront dans un bilan de fin de mission et vous rapporteront 1000 points par personne. Il en est de même pour le SLUG si vous l'emmenez jusqu'à la fin d'une mission vous serez récompensez par 10000 points. Enfin à noter aussi pour les fanas de dessins et autres artworks il est proposé une galerie d'art très bien fournie et de grande qualité.

La guerre du feu

Malgré toutes ces qualités indéniables, le jeu souffre de quelques imperfections: ainsi des ralentissements dans le scrolling et l'animation font leur apparition dans le jeu notamment lorsque ça explose partout ou lorsque qu'il faut animer beaucoup de choses. Mais je vous rassure rien de bien méchant. Quelques problèmes de son peuvent être constatés à certains endroits, mais même si c'est agaçant ce n'est pas méchant non plus. Ensuite on peut aussi déplorer l'impossibilité de stabiliser et de tirer en diagonale, c'est un peu dommage car ça serait utile dans bien de situations. La seule occasion où l'on peut le faire c'est lorsque l'on dispose de la mitraillette et que l'on passe d'un tir à l'horizontal à un tir à la vertical, que quelques balles pourront filer en diagonale. Enfin certains joueurs très (très) aguerris trouveront peut être le jeu court, mais le fun du soft fait que replay value est bien présent et que l'on retourne volontiers au combat. Il vous faudra aussi de la patience car la difficulté à certains endroits est plutôt élevée et il y a de quoi s'arracher les cheveux et de s'énerver après certains ennemis (je pense notamment aux soldats muni de leur cran d'arrêt qui bondissent sur vous).
Heureusement la difficulté peut être paramétrée dans les options selon quatre niveaux différents de facile, moyen à difficile en passant par arcade: cette modification de la difficulté n'aura aucune conséquence sur les effectifs ou sur les véhicules rencontrés, seul la solidité des engins et bâtiments sera affectée. Il vous est possible aussi de définir le nombre de vie que comportera chacun des 5 continues dont vous disposerez.

Plus qu'une "limace de métal" c'est un jeu en or qui se cache derrière ce titre. Les mordus d'action se doivent d'avoir ce titre qui est un indispensable de la ludothèque japonaise de la Saturn. Les 6 volets qui ont suivi, bâties sur des bases identiques sont la preuve même de l'engouement qu'à su susciter ce jeu. Même si aujourd'hui il vous est possible d'acquérir tous les épisodes sur une seule galette le plaisir d'une manette Saturn entre les mains ou mieux d'un stick est incomparable et vous pourrez dire: "Moi j'y étais!"

Verdict

9

Points forts

  • Réalisation
  • Ambiance sonore pêchue
  • Action soutenue
  • Difficulté Old School
  • 2 joueurs simultanés
  • La galerie Artwork

Points faibles

  • Quelques ralentissements
  • Jamais converti en PAL
  • Problèmes de son à quelques endroits
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Saturn 9.1 8

Commentaires

bko, 25 mar 2010 - 5:56
Même si ca ne vaut pas l'original neogeo, ce metal saturn est une vraie perle ludique indispensable a son catalogue. Comme dit dans le test, il possède un air de famille avec in the hunt. Sinon pour moi mon metal slug préféré.
saturn power !!! Bon, personnellement je n'ai jamais joué à la version saturn, mais vu le prix du jeu neogeo aujourd'hui, ce serait clairement un bon achat.
En tout cas, merci pour ce test complet
bko, 25 mar 2010 - 10:40
Je ne savais pas qu'il existait sur saturn, donc j'ai toujours testé la version arcade.
Rien a redire sur l'aspect graphique de la version Sat, mais tout le reste au secours!!! Je voulais l'acheter a l'epoque et apres avoir teste la chose une soirée....retour boutique. ( version PAL dispo)
yohko kurama, 26 mar 2010 - 11:06
A ouais super test en effet. Ce jeu a été ma drogue pendant près de 3 mois non stop. D'ailleurs ça fait un moment que je ne me le suis pas fait (tout comme mes saturn prennent la poussière faut dire...).
Excellent test! Je connais déjà toute la série depuis perpète mais ça fait plaisir à lire. Et surtout de se dire que cette bombe est sortie il y a déjà presque 15ans. Franchement, la Saturn (JAP) déchirait à l'époque (et encore aujourd'hui). ^^