Test : Mario & Sonic at the Olympic Games Tokyo 2020 (Switch)

Après avoir snobé les JO de Pyeongchang en 2018, le cross-over institutionnel qu'est devenu Mario & Sonic revient à l'occasion des olympiades de 2020, qui auront en plus lieu à Tokyo. Un événement préparé depuis longtemps par le pays hôte, et qui provoque déjà un réel engouement là-bas. SEGA n'a donc pas intérêt à trop se rater avec ce nouvel opus.

Comme souvent avec les jeux de la franchise, on est accueilli par une intro très réussie, et des écrans de menus accueillants, qui permettent de sélectionner les différents modes de jeu. On note l'absence d'un mode arcade, en solo ou à plusieurs, qui permettrait d'enchaîner plusieurs épreuves avec le choix de la difficulté.

Le mode Histoire met en vedette d'un côté Mario et Sonic, qui sont projetés dans un jeu électronique vintage avec Eggman et Bowser, et de l'autre Tails et Luigi, qui vont essayer de les en sortir. L'intrigue est un prétexte pour se frotter à la plupart des épreuves présentes dans le jeu, à la fois en 2D (dans le jeu rétro) et en 3D (dans le monde réel). Dans les deux cas, on se déplace de site en site sur une carte de Tokyo, et on papote avec différents protagonistes des univers des deux franchises, la plupart du temps avant de les défier. Ces déplacements sont également l'occasion de récolter des anecdotes sur l'Histoire des Jeux Olympiques ou sur les sites des JO de Tokyo.

Avec ses nombreux dialogues pas très intéressants et peu rythmés, son humour naïf, et son aspect éducatif revendiqué, le mode Histoire est très clairement adressé à un jeune public, assisté le cas échéant par un parent ou un grand frère ou grande soeur. Pour un adulte, il semble interminable, bien qu'il ne faille qu'une poignée d'heures pour en faire le tour. Le niveau des adversaires est relativement faible, et seules quelques épreuves un peu pointues risquent de poser problème à un joueur averti. Malheureusement, il est indispensable de compléter le mode Histoire pour débloquer tous les personnages ainsi que les mini-jeux annexes ; ces derniers ne sont pas tous palpitants, mais sont souvent des clins dil sympa à d'anciens jeux, comme le mélange de Chase HQ et des stages bonus de Sonic 2, ou le shoot horizontal à bord du Tornado.

Le plus important dans un jeu multi-épreuves, ce sont... les épreuves, bravo, je vois que ça suit un minimum. En comptant les épreuves 3D, 2D, et les épreuves rêve, elles sont au nombre de 34, et plutôt que de les lister, voici un tableau avec un récapitulatif des modes de contrôle disponibles.

T'as raté le karaté

Comme vous pouvez le constater, il y a l'embarras du choix, et à l'exception des épreuves 2D qui ne peuvent se jouer qu'avec des boutons, la plupart sont jouables avec un ou deux joycons. Les contrôles sont similaires d'une épreuve à l'autre : par exemple, pour courir, il faut agiter les joycons en alternance (ou le joycon tout seul), en lever vers le haut en appuyant sur une gâchette pour sauter, l'incliner pour choisir un angle de lancer, etc. De façon générale le choix des mouvements (ou des touches, lorsqu'on choisit de jouer aux boutons) est assez pertinent.

Cependant, on n'échappe pas à quelques imprécisions. Lors de l'épreuve du 110m haies, j'ai déjà vu mon perso sauter tout seul sans que je lui demande rien, et parfois le mouvement de €œtilt€ pour sauter ou déclencher un spécial est un peu imprécis. Je m'étonne aussi un peu de certains choix : je suis peut-être trop habituée aux Track'n Fields et autres Athlete Kings, mais je trouve qu'il est plus grisant (et technique !) de courir en tapotant deux boutons en alternance qu'en en bourrinant un seul. Certains timings sont également assez obscurs : après plusieurs dizaines de courses, je ne maîtrise toujours pas le départ canon, et j'ai un mal de chien à bien régler mes sauts au skate et au surf.

Justement, parlons un peu des différentes épreuves : comme dans tous les jeux du genre, il y a à boire et à manger, et forcément toujours du déchet. Dans Mario & Sonic 2020, les vilains petits canards sont sans conteste la boxe, le karaté, l'escrime, et le judo 2D : trop bourrins et imprécis, on a vraiment du mal à comprendre pourquoi un coup porte et l'autre non. Le badminton, le ping-pong et le volley 2D manquent également de subtilité.

Parmi les épreuves difficiles à rater, les courses (100m, 110m haies, 400m haies, relais 4x100m, natation) font le job. Les épreuves de saut (saut en longueur 2D, triple saut 3D) sont archi-simples au pad, mais le triple saut est un peu pénible au(x) joycon(s).

Les nouveautés sont en général de bonnes surprises : l'escalade est amusante quelque soit le mode de contrôle, et offre un challenge intéressant. Le skate et le surf sont bien plus complexes que ce à quoi on aurait pu s'attendre, et offrent une belle marge de progression. Le skate en particulier est vraiment réussi, et j'ai passé avec plaisir plusieurs heures (oui !) à tenter de trouver le parcours parfait pour battre mon record. Il donne envie de revoir des jeux du genre, pourquoi pas dans l'univers de Sonic.

Le tir à l'arc, l'escalade, le lancer du javelot et le lancer du disque sont peut-être les épreuves les plus €œorganiques€, dans lesquelles on reproduit les gestes réels au plus proches, et sont du coup assez marrantes. L'équitation n'est pas facile à maîtriser, et demande plusieurs essais pour bien gérer sa course. Côté jeux 2D, le kayak demande un vrai sens du rythme (et de maîtriser cette saleté de joystick de joycon), et le marathon est bien ardu.

Côté sports collectifs, si le football est vraiment mou du genou, le rugby à 7 est dynamique, bien conçu, et offre à la fois de bonnes sensations et des matchs à rebondissement. Restent les épreuves artistiques (plongeon, saut de cheval, gymnastique) qui sont trop mécaniques pour être intéressantes. La gymnastique au sol tire cependant un peu son épingle du jeu en proposant une petite marge de progression.

Bref, si quelques épreuves sont à jeter, la majorité est suffisamment bien conçue pour s'amuser un minimum, voire posent un véritable challenge. On peut cependant regretter l'absence d'épreuves supplémentaires qui auraient permis de vraiment exploiter les joycons, comme le golf, le lancer de marteau, ou encore le softball. Le saut en hauteur, ou le saut à la perche, hantise des joueurs d'Athlete Kings, me manquent aussi un peu.

Les épreuves rêve sont très inégales : si comme moi vous n'avez jamais pu vous faire à la visée au gyroscope de Splatoon, le tir va vous donner de l'urticaire. Dans le cas contraire, il pourra vous intéresser. Le karaté rêve est trop mou et imprécis pour être intéressant. En revanche, la course rêve, remake à peine déguisé de Sonic Free Riders, est vraiment très sympa, et l'IA est d'un bon niveau. Encore une fois, cela donne envie de revoir cette série sur la génération actuelle (ou la suivante), plutôt que de continuer à sortir des Sonic Racing qui n'ont plus grand chose à proposer.

Une difficulté en retrait

Le choix du personnage est primordial, car leurs compétences influent sur leurs performances : certains sont plutôt rapides, d'autres plus précis ou plus puissants, ou tout simplement équilibrés. Le choix n'est pas du tout anodin, et par exemple, un personnage avec de bonnes accélérations sera bien plus efficace qu'un personnage équilibré à l'épreuve de surf. Pour les épreuves de lancer, à vous de choisir votre perso en fonction de votre capacité à bourrer la manette, ou votre précision dans l'ajustement de votre angle de tir.

La difficulté des épreuves dépend également du mode de contrôle, mais dans leur grande majorité, elles sont plus simples en jouant avec des contrôles classiques. Ce n'est pas forcément le cas pour les épreuves de lancer ou de saut, ou même pour le tir à l'arc et la natation, mais c'est évident pour la plupart des autres. A ce titre, il est vraiment regrettable que les classements et les records ne soient pas propres au mode de contrôle, ça enlève pas mal d'intérêt à la course à la performance.

Autre regret, déjà évoqué plus haut : l'impossibilité de se créer une playlist d'épreuves qu'on pourrait enchaîner, avec en option la possibilité d'être éliminé si on n'atteint pas un objectif donné. Cela aurait donné un sens aux niveaux de difficulté, qui en l'état n'ont aucun intérêt.

Parlons-en, de la difficulté : les épreuves ne sont pas très techniques, et à l'exception d'une poignée qui me résistent encore (coucou l'équitation, le marathon et le surf), j'ai réussi à battre tous les records du monde en une quinzaine d'heures de jeu, ce qui est peu. La cause : il est facile de maximiser la vitesse de course, ou la prise d'élan, que ce soit aux boutons (notamment parce qu'on n'a pas besoin d'alterner les touches) ou aux joycons. On n'a donc pas besoin de beaucoup s'exercer pour sauter plus loin, ou pour mieux lancer son javelot. En solo, on a donc relativement vite fait le tour du jeu, et il faut se tourner vers le multi pour prolonger la durée de vie.

Un multi réussi

Plusieurs choix de mode de jeu s'offrent à vous : le multi local en écran partagé, le jeu en réseau sans fil, chacun jouant sur sa propre console (mais il faut que tout le monde ait le jeu), ou le mode online (que nous n'avons pas pu tester).

Si vous décidez de jouer en multi local à plus que 2 joueurs, sachez que les épreuves 2D vous seront interdites. Ce choix résulte probablement de la volonté de garder un esprit €œrétro€, mais il est complètement idiot, car rien n'empêche de jouer à 4 sur le même écran au 100m, au kayak, ou encore moins au volley !

Une fois cette déception digérée, il reste quand même 24 épreuves. Le mode de contrôle est le même pour tous les joueurs, ce qui assure une forme d'équité, et toutes les épreuves individuelles ou en duo se déroulent en écran splitté. C'est une très bonne idée pour dynamiser celles qui se jouent normalement en alternance, comme les lancers ou les sauts, mais c'est plus discutable pour d'autres, comme certaines courses qui auraient pu s'en passer. Cela ajoute de la confusion, surtout pour les joueurs débutants, et ça retire un peu de tension, en échange d'une meilleure lisibilité qui permet de mieux gérer l'usage des super pouvoirs.

Sans grosse surprise, les épreuves qui marchent le mieux en soirée sont les plus bourrines, et celles qui reproduisent le mieux les mouvements : le tir à l'arc et le relais 4x100m cartonnent, tandis que celles qui nécessitent d'enchaîner les touches perdent totalement les joueurs casual. Mais globalement le jeu marche bien en local, à condition de prendre le temps de lire les instructions, qui n'apparaissent pas automatiquement avant une épreuve si on les a déjà vues en solo. Dommage.

Techniquement le jeu est propre, malgré un léger aliasing en mode TV, mais les graphismes sont inégaux : les extérieurs sont vraiment chouettes, aussi bien durant les épreuves que dans les différents quartiers de Tokyo traversés dans le mode Story, mais les intérieurs sont vides et fades. Le style 2D des épreuves rétro est réussi, tout comme le filtre CRT (optionnel) proposé. Sans surprise, les animations sont réussies, et ont du caractère. Les musiques, supervisées par Jun Senoue, sont très réussies, mais malheureusement répétitives : j'ai beau beaucoup aimer le thème principal du mode Story, au bout de quelques heures j'en avais vraiment ras-le-bol. Les dialogues ne sont pas doublés, mais les épreuves 2D sont commentées par une voix super kitsch assez rigolote.

Cette nouvelle itération de Mario & Sonic aux Jeux Olympiques apporte quelques nouveautés bienvenues, sans pour autant révolutionner sa formule. Avec son mode histoire clairement destiné aux plus jeunes, et ses records assez faciles à battre, il a pour objectif d'être un jeu divertissant et fédérateur, à défaut de proposer du challenge aux hardcore gamers. Ils auraient cependant tort de totalement bouder le titre, dont beaucoup d'épreuves sont réussies, et qui réussit très bien à mettre l'ambiance en soirée.

Verdict

7

Points forts

  • De nouvelles épreuves plutôt réussies
  • Le mode 2D sympa
  • De nombreuses anecdotes à découvrir
  • Techniquement très correct

Points faibles

  • Comme toujours, intérêt des épreuves inégal.
  • Pas de jeu à 4 sur les épreuves 2D
  • Pas de classement selon le mode de contrôle
  • Pas de mode Arcade avec une vraie difficulté
  • Marge de progression assez faible
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Commentaires

Rage, 06 nov 2019 - 3:47
Merci pour ce test :good::good::good: Je suis fan de la licence en tout cas et les ziks rétro du jeu en 2D est superbe. Juste une question : le jeu est réalisé à 100% par Sega ou Saurus ou un autre tiers à développer le jeu ??
Apparemment il y aurait un autre studio tiers non crédité, qui aurait fait faillite récemment :/ Je n'ai plus le nom en tête.