Test : Mado Monogatari : Fia and the Wondrous Academy (PS4, PS5, Switch)

Née sur MSX en 1990, la série de RPG Mado Monogatari, dont les jeux Puyo Puyo sont des spin-offs, est longtemps restée exclusive au territoire japonais. Il faudra attendre 2013 pour qu'un épisode sorte enfin en occident. Mado Monogatari : Fia and the Wondrous Academy, est donc le deuxième volet à avoir cet honneur.

C'est un grand jour pour Fia, qui entame sa scolarité dans une prestigieuse école de magie, accompagnée de son fidèle compagnon, Carbuncle. Malheureusement pour elle, dès le premier jour, une altercation avec certains de ses camarades la conduisent dans la classe des "éléments perturbateurs", qui est tenue à l’œil par l'ensemble du corps professoral. Néanmoins tous les élèves vont se serrer les coudes pour obtenir leur diplôme et, tant qu'à faire, résoudre certains mystères qui flottent autour de l'école.

La structure du jeu est assez simple. Le temps de jeu est partagé entre l'école, et les donjons. En plus d'être le lieu de la plupart des - nombreuses - discussions qui font progresser l'intrigue et le développement des personnages, l'école donne accès à une cour dans laquelle on peut jardiner, pêcher, préparer des plats, jouer à des mini-jeux et sélectionner des quêtes annexes, à une réserve où faire des achats et fusionner des objets, une bibliothèque qui donne parfois quelques cadeaux, et la salle de classe, où nous sont assignées les missions de la quête principale, et celles qui débloquent des compétences dans notre grimoire.

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Les missions principales nécessitent d'explorer différents donjons, situés autour de l'école. Ceux-ci sont composés de plusieurs étages, dont la disposition est générée aléatoirement, mais qui sont très courts : on peut les traverser en ligne droite en moins d'une minute. Mais évidemment, ce n'est pas si simple, car ils sont infestés de monstres. Les combats se déroulent en temps réel, et sont un peu confus au début. Fia dispose de deux types d'attaques : un coup au corps à corps, et ses compétences magiques. Il n'est possible de lancer une attaque magique que lorsque portrait se situe tout à gauche d'une jauge situés en haut à droite de l'écran, et qui matérialise l'ordre dans lequel le joueur et les ennemis pourront agir. Il est possible d'attaquer au corps à corps à tout moment, mais cela fige notre progression sur la jauge, et retarde donc le moment où on pourra utiliser une compétence. Or, celles-ci sont bien plus efficaces et versatiles que nos coups, puisqu'elles peuvent infliger des altérations aux ennemis. 

Fia et chacun de ses compagnons ont une affinité avec élément en particulier : Wiil, l'apprenti-héros, et spécialisé en attaques de feu, Leena, l'intello, en magie de l'eau, Totto, le jeune sorcier mystérieux, en magie végétale, et Eska, la Draconnienne, magie de Lumière. De manière assez classique, les ennemis ont aussi des affinités élémentaires, et il faut viser leur faiblesse pour leur infliger davantage de dégâts. Chaque compétence coûte un certain nombre de PM, mais elles laissent derrière elles un orbe élémentaire, qui sont récupérés après quelques secondes, et dont les combinaisons permettent de lancer des Extramagies, très puissantes, qui touchent tous les ennemis présents, et ne coûtent pas de PM. On peut même fusionner des orbres pour obtenir des magies plus complexes et plus puissantes.

Les combats sont au début un peu chaotiques, puisqu'on doit avoir un œil à la fois sur nos ennemis, sur la jauge d'action, sur les orbes élémentaires, tout en lançant nos magies (heureusement, on peut assigner des raccourcis pour 4 d'entre elles) et en utilisant des objets de temps en temps. Nos alliés, eux, sont autonomes, et on peut uniquement leur assigner un comportement global, par exemple plutôt porté sur l'attaque, ou plutôt sur le support. 

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La visée auto simplifie la vie mais retire un peu de liberté.


Malheureusement, s'ils savent bien viser les faiblesses élémentaires des ennemis, ils ne savent pas du tout doser la puissance des attaques, et ont tendance à claquer des magies très puissantes et donc très coûteuses en PM contre des ennemis très faibles. Ils sont aussi complètement infichus de se déplacer tant qu'ils sont incapable de lancer une compétence, ce qui en fait des cibles faciles. Ils sont suffisamment réactifs pour se soigner lors de combats classiques, mais vous terminerez la plupart des boss tout seul, les items de résurrection étant rares, et impossibles à fusionner.

Ce n'est pas le seul problème des donjons : c'est en les parcourant qu'on obtient les matériaux de craft des potions, armes et armures, et pour les obtenir il faut détruire des caisses, cristaux et autres barils. Mais chaque action coûte de l'endurance, tout comme le fait de passer d'un étage à l'autre. Pour en regagner, il faut consommer des plats au curry, que vous aurez cuisiné au préalable. On ne manque en général pas d'ingrédients si on a bien pensé à faire pousser des légumes dans la cour de l'école et à acheter les basiques (riz, sauce), mais avant chaque expédition on doit passer un certain temps à cuisiner, pour ensuite boulotter un curry tous les 3 ou 4 étages. Les petits bonus octroyés par certaines recettes ne compensent pas le caractère fastidieux de la démarche, et franchement, on se serait bien passés de ce système. 

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La tristitude, un peu.

On se serait aussi bien passé de notre sac à la capacité limitée, qu'on peut certes élargir au fil de l'aventure, mais jamais suffisamment pour ne pas devoir toujours avoir sur soi une boîte magique qui permet d'envoyer des objets vers le coffre de l'école (mais pas d'en récupérer) dans les donjons. Surtout que notre équipement compte dans le quota octroyé, et peut prendre jusqu'à une trentaine de slots. Et malgré ça, il faut quand même déséquiper nos armes, armures et accessoires pour pouvoir les fusionner et augmenter leur niveau. On ne peut pas non plus quitter un donjon en cours d'exploration et revenir plus tard au même étage, sauf juste avant un boss.

La boucle de gameplay est donc des plus simples : à l'école, on jardine, cuisine, pêche, on range et on fusionne des objets, et on fait des quêtes annexes (souvent de simples quêtes Fedex, parfois de simples dialogues). Puis, quand on est prêt, on fait ses devoirs et on part explorer les donjons. On ne va pas se le cacher, l'exploration des donjons, si elle n'est pas désagréable en soi, est affreusement répétitive, non seulement parce que les donjons sont peu nombreux, mais aussi parce qu'il se ressemblent tous. Le bestiaire n'est pas très varié non plus, et le fait que la plupart des quêtes annexes nécessitent de retourner explorer les premiers étages alors qu'on est largement OP n'est pas très motivant. Heureusement que les combats sont non seulement largement évitables, mais aussi très courts, et finalement on traverse rapidement les donjons déjà connus.

Fia and the Wondrous Academy est aussi un jeu dont l'aspect narratif est très développé : l'histoire prend une part très importante, et les dialogues sont très nombreux, et intégralement doublés en japonais. Chaque chapitre permet de développer l'histoire d'un des camarades de classe de Fia, et de lever un peu le voile sur les mystères qui entourent l'école. Ne vous attendez à rien de très complexe, mais les personnages sont bien caractérisés, ont une bonne dynamique de groupe, et surtout, l'humour est omniprésent, souvent assez décalé, et certains dialogues sont franchement drôles. Tout l'arc autour d'Eska, la draconienne, est assez remarquable sur ce point d'ailleurs. Il faut d'ailleurs noter que les sous-titres français sont d'excellente facture, et contribuent largement au plaisir que l'on prend en suivant toutes ces saynètes. 

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C'est pas une IA qui pourrait nous offrir ça !


Techniquement le jeu ne casse pas trois pattes à un canard. On est sur de la PS3 HD, ni plus ni moins, et on n'a pas grand chose à se mettre sous la dent en dehors d'un chara-design sympathique et des chouettes illustrations qui ponctuent le scénario. Les donjons sont ternes et vides, tout comme les arènes de combat, et il ne faut pas trop se rapprocher de son écran sous peine de constater l'aspect grossier des modèles 3D. En revanche les musiques passent plutôt bien, même si elles finissent par être répétitives. Le thème de l'école au clavecin risque de vous hanter jusqu'à la fin de vos jours.

Attention cependant : ce test a été réalisé sur la version PS4 du jeu, qui RAME SA RACE dans les donjons. On perd quelques FPS à chaque nouvel étage, au point, au bout d'un moment, de compter les secondes par frame plutôt que les frames par seconde. J'ai pensé blâmer ma PS4 Slim vieillissante, mais la situation revient à la normale de temps en temps, sur un étage un peu plus vide que les autres. Je n'ai pas vu de mention de ce type de problème dans les tests des autres versions, donc sauf patch day one, nous vous déconseillons fortement d'opter pour cette version du jeu.

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Bravo les lesbiennes !

Malgré les errements de nos compagnons, le jeu est extrêmement simple dans le mode de difficulté par défaut. Seuls les boss peuvent poser quelques problèmes, et encore, seulement si on fait un peu n'importe quoi. C'est dommage car la série a plutôt la réputation d'opposer un bon challenge. Comptez une trentaine d'heures pour terminer le jeu, à ne pas avaler d'un coup sous peine de faire une indigestion.

Mado Monogatari : Fia and the Wondrous Academy est un titre sympathique, qui brille par la qualité de ses dialogues et un système de combat intelligent et dynamique. Il est malheureusement plombé par une trop grande répétitivité, l'aspect fastidieux de sa boucle de gameplay, et son absence de challenge. A faire lors d'une période creuse, ou à emmener en vacances pour jouer sans prise de tête. Mais pas sur PS4.

Verdict

6

Points forts

  • Chouette chara-design
  • Système de combat dynamique
  • Souvent drôle
  • Excellente localisation française

Points faibles

  • Extrêmement répétitif
  • Beaucoup de manipulations fastidieuses
  • Techniquement sommaire
  • IA un peu limitée lors des combats
  • Challenge inexistant
  • Quasi injouable par moments sur PS4

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