Test : The Legend of Galahad (Mega Drive)
Action
Dans l'histoire du jeu vidéo, on connaît les studios à travers leurs titres les plus populaires et encore d'actualité. Le média évolue rapidement et avec le temps, des licences et studios se sont imposés. Mais avant d'en arriver là où nous en sommes, il est aussi intéressant de voir le niveau de culture de son public par rapport à l'histoire des studios : demandez quel est le premier titre d’une société et, mis à part les connaisseurs les plus hardcore, beaucoup sont incapables de répondre correctement.
Le test qui va suivre est l'occasion de s'intéresser à l'origine d'un studio de développement, toujours en activité depuis 35 ans, j'ai nommé : Traveller's Tales.
Rien qu'en disant ce nom, beaucoup pensent aux jeux vidéo Lego avec ses adaptations de nombreuses licences comme les Star Wars, Indiana Jones, Harry Potter, DC Comics, Marvel et bien d'autres.
Ce studio britannique, fondé en 1989, sort son tout premier jeu d'action et de plateforme, Leander, sur Amiga. Il est édité par le studio Psygnosis, qui a aussi participé au développement, en 1990.
Des adaptations sont développées sur Atari ST et sur Mega Drive à travers la société américaine Electronic Arts pour cette dernière en 1992 avec pour nom : The Legend Of Galahad.
L'édition par Electronic Arts permet à Traveller's Tale de sortir leur premier jeu sur une console SEGA et d'acter le début de leur collaboration avec la société japonaise. Elle est à l'origine de plusieurs jeux sur Mega Drive avec Mickey Mania, Pugsy, Toy Story, Bram's Stocker Dracula, Sonic 3D Flickie's Island (aussi sur Saturn), et du fameux Sonic R (sur Saturn et PC).

Chrétien de Troyes
Pour revenir à Galahad, que nous raconte l'histoire ? Hé bien, difficile à dire si vous n'avez pas le manuel car on n’a pas d'informations dans le jeu, mis à part que nous sommes un chevalier, qu'on doit sauver une princesse et vaincre le méchant.
Le manuel pose le contexte qui se situe dans la légende du roi Arthur et de sa table ronde avec le chevalier Galahad, fils (illégitime) de Lancelot. Un sorcier maléfique du nom de Miragorn Cimmerian a volé différents objets du roi, et kidnappé la princesse Léandra de Psygnosie pour pousser ce dernier à quitter son trône et à le rejoindre dans son repaire à Tower Tarr, situé à l'Est, dans le pays de Kasako.
C'est vous, en tant que chevalier Galahad, qui êtes chargé de récupérer les affaires du roi et de ramener la princesse vivante.
Lorsqu'on lance le jeu (qui est en anglais), une introduction se déclenche avec un homme armé d'une lance contre un dragon, avant d'en sortir victorieux et de se présenter face à nous. Une fois appuyé sur Start, on peut soit lancer une partie ou bien accéder aux options.
Dans les options, il y a les contrôles du personnage, le nombre de vies, la possibilité d’entrer un mot de passe, le nombre de continues (3 maximum), les trois niveaux de difficulté ainsi que le sound-test. La différence entre les difficultés se fait par rapport au nombre de vies (7 en facile, 5 en normal et 3 en difficile), au nombre de points de vies en début de partie (1 point en difficile) et la résistance des ennemis.
Une fois la partie démarrée, nous avons une personne qui nous informe sur le niveau en question, avec une représentation visuelle de l'objet à récupérer ainsi que sa localisation, avant d'arriver sur le terrain.
Notre chevalier peut se déplacer, se baisser, sauter, donner un coup d'épée - que ce soit en mouvement ou pas, mais aussi lorsqu'il est accroupi. Il est important de préciser que la portée de son attaque n'atteint pas que devant lui mais aussi derrière, ce qui veut dire qu'il n'y a pas forcément besoin de se retourner pour cette action. Les commandes sont simples car seuls deux boutons de la manette sont utilisés et le personnage réagit parfaitement.
On peut voir dans la partie supérieure de l’écran le nombre de vies, l'argent récolté, le score, le nombre de bombes en notre possession ainsi que notre santé, matérialisée par des boules grises au-dessus des bombes. En bas, une barre de puissance sert pour l'utilisation spéciale de certaines armes.

Pur, Noble et Désintéressé
Le but est de parcourir le niveau à la recherche de l'objet demandé, tout en éliminant - ou en évitant - les ennemis, sachant que ces derniers réapparaissent quoi qu'il arrive (sauf ceux qui laissent un item). Une fois l'objet récupéré, il faut trouver le portail caché quelque part dans le niveau pour accéder à la zone suivante.
Durant l'exploration, vous pouvez tomber sur des coffres qui vous laissent de l'argent à travers des pièces ou des bijoux, des bombes de runes, des fioles de santé, des pièges qui vous tuent en un seul coup avec une tête de mort dessus, ou bien l'objet recherché.
Des armureries sont présentes. C'est uniquement là que l'on peut dépenser l'argent pour acheter des armures, des armes ou bien des bombes de runes. Les armures (au nombre de cinq) servent à augmenter votre nombre de points de vie lorsque vous revenez après avoir perdu une vie, et notre personnage peut avoir jusqu'à six points maximum.
Les six armes disponibles varient en puissance et dégâts infligés : vous commencez avec une épée qui inflige un seul point de dégâts. Plus les épées sont chères et puissantes, plus les dégâts sont élevés avec quatre points de dégâts maximum pour chaque coup.
Les bombes de runes font office de munitions pour l'utilisation spéciale d'une seule épée, celle du Lion. Pour l'activer, il faut maintenir le bouton d'attaque pour charger la barre de puissance et une fois remplie, la capacité s'active. Les épées de Force et de Tempêtes ont aussi une capacité spéciale que l'on peut utiliser sans avoir besoin de bombes de runes.
Le jeu est très beau visuellement : cela se voit dès l'introduction de la charge du chevalier contre le dragon et les détails sur le physique de notre personnage en cours de partie. On distingue les détails du plastron de notre armure, et la fluidité des animations lorsque nous sommes en mouvement que ce soit par rapport aux bras, aux jambes, la queue de cheval sur le casque ou encore la cape. On n’a aucun ralentissement, le niveau de détails est important dans l'armurerie avec les armures et armes en arrière-plan par exemple. Les ennemis ne sont pas en reste car ils sont variés et bien détaillés. Un color swap s'applique pour la plupart d'entre eux, suivant les zones.
Au-delà du simple garde avec son hallebarde qui est l'ennemi le plus courant du jeu, nous avons des oiseaux géants, des dragons, des chiens, des villageois avec leurs tonneaux, des serpents et des mouches géantes, des plantes toxiques, des statues et bien d'autres, en plus des pièges des décors suivant les endroits (qui peuvent vous tuer en un coup, comme certains boss).
Certains ennemis ne sont présent qu'à un seul emplacement ou un seul niveau durant toute la partie.

Le Saint-Graal
Le jeu est composé de trois mondes qui se divisent en sept zones chacun (21 au total). Une fois un monde terminé, un mot de passe est obtenu.
En facile, le jeu s'arrête dès la fin du 7e niveau, il faut jouer minimum en normal pour profiter pleinement de l'expérience de jeu.
Les lieux traversés sont variés : on retrouve des plaines, montagnes, grottes, cascades, forêts, temples, jungles, villages et le château du sorcier. Chaque niveau possède sa propre structure et un level design unique. Il y a même une référence aux jeux Lemmings et Fatal Rewind, édités par Psygnosis, dans le troisième monde. L'arrière-plan possède un effet parallaxe ; bien qu'il reste identique durant la majeure partie du jeu, il change vers la toute fin du jeu.
Galahad se termine en une heure et demie environs si on prend son temps à explorer chaque niveau et découvrir les quelques zones secrètes éparpillées dans tout le jeu.
La bande-son est réalisée par la défunte société Krisalis Software et propose une quinzaine de musiques et des bruitages, mais aucune voix. Chaque monde possède sa propre musique. Elles sont agréables à écouter et ma préférence va à celle du deuxième monde.
Difficile de lui trouver un défaut mis à part qu'il manque un niveau par rapport à l'Amiga et qu'en dehors du score, on n’a pas forcément envie d'y revenir de suite.
Les différences entre Leander et Galahad:
Globalement le jeu reste le même en termes de gameplay et de structure. La mythologie arthurienne n'est pas référencée, la bande-son diffère pour certaines pistes, le personnage s'appelle Leander, son design change au niveau de sa chevelure et de sa couleur à l'intro. Il ne possède pas de cape, l'indication de sa santé se fait à travers les couleurs de son armure qui varient suivant les dégâts.
Le design des gardes diffère en termes de vêtements et de couleurs suivant les zones. Il possède un niveau et un boss spécifique qui ressemble à une reine Alien juste avant le boss final du nom de Thanatos, absent de la version Mega Drive.
The Legend Of Galahad, au final, est un jeu agréable à jouer. Sur le papier, on peut penser que l'objectif qui consiste à trouver un objet et le portail pour la zone suivante peut paraître répétitif, mais la structure unique de chaque niveau permet de ne pas s'ennuyer et de découvrir les nouveaux défis qui nous sont imposés au fil de notre avancée. Traveller's Tales, avec Psygnosis, a posé les bases de son savoir-faire avec Galahad.
C'est un titre que je recommande d'avoir dans sa ludothèque.
Verdict
Points forts
- Très beau visuellement
- Variété des niveaux
- Bande-son
- Agréable à jouer
Points faibles
- Manque un niveau par rapport à l'Amiga