Test : The House of the Dead 2 Remake (Switch, PC, PS, Xbox)
Après un remake du premier épisode de The House the Dead de qualité diverse selon les supports, Megapixel Studio récidive avec le deuxième épisode. Une tâche plus ardue, puisque contrairement au premier volet qui avait été adapté sur Saturn un peu n'importe comment, The House of the Dead 2 a eu droit à un excellent portage sur Dreamcast. Qu'il va donc falloir faire oublier. Hum hum.
Test réalisé sur Switch 2.
Après un splash screen qui nous informe que le jeu tourne sur Unity, et une intro bien pixelisée, un tour dans les options s'impose, notamment pour voir les modes de contrôle : deux joycons, un joycon, et au gyroscope, avec la possibilité de maintenir une touche pour l'activer ou le désactiver. On peut activer le rechargement automatique, mais pas remapper les touches ; ceux qui avaient du jouer au pad sur Dreamcast se rappellent certainement pourtant avoir mappé le tir sur A et le rechargement sur X, pour effectuer les deux actions en un seul appui. Ici, on tire avec B ou ZR, et on recharge avec A ou ZL. Dans ces conditions, la tentation est grande d'utiliser l'auto-reload.
Le jeu donne le choix entre un mode Arcade, dans lequel les crédits sont infinis (mais il faut quand même en remettre au bout d'un moment, c'est étrange), et un mode Original : celui-ci permet de débloquer à la fois des armes et des options pour faciliter la progression, comme des crédits supplémentaires, voire infinis, ou un chargeur qui contient plus de balles. Si les armes et l'augmentation du chargeur sont conservés d'une partie à l'autre, les bonus de crédits ou de dégâts sont des consommables. De toutes façons, on ne peut choisir d'activer que deux bonus au lancement d'une partie. En revanche, pour l'instant je n'ai pas débloqué de meilleure arme que le pistolet de base, et le leaderboard est commun à toutes les armes, ce qui n'est pas très malin.
The House of the Dead 2... Demake
Vient le moment de lancer le jeu pour de bon et... OK, c'est en HD, mais on ne peut pas dire que le jeu soit plus beau que sur Dreamcast ou en arcade. Les modèles sont plus fins, certes, mais les couleurs, le contraste, et une bonne partie des détails des textures des décors sont aux abonnés absents. Le jeu baigne dans une sorte de smog verdâtre ou marronnasse, et est perclu de bugs plus ou moins graves : ça va du modèle 3D d'un ennemi qu'on voit par transparence dans l'eau, à des clashs de polygones, en passant par leur disparition aléatoire lors de cutscenes. Le sang qui gicle lorsqu'on tire sur les ennemis ressemble au faux sang en CGI des productions DTV fauchées, mais est marron et presque invisible lorsqu'il est sur le sol. Et les ennemis disparaissent dans une nuée d'étincelles à leur mort. Révoltant.
Le comparatif avec la version Dreamcast (même pas la version arcade !) fait mal : le jeu Dreamcast est plus beau, avec des décors plus fouillés, de vraies textures pour l'eau, et même les impacts de balle ont plus de patate, à la fois visuellement et au niveau sonore. Heureusement, on peut jouer avec les musiques originales, même si les morceaux inédits ne sont pas horribles. Il fallait bien ça pour espérer retrouver une partie de l'atmosphère du jeu, mais c'est loin d'être suffisant. Je vous invite à comparer les screens de ce test aux mêmes passages sur Dreamcast, c'est édifiant.
Mais pour quoi faire ?
La maniabilité à la manette n'est jamais idéale pour un gunshooter, et c'est également le cas ici. Malgré les vrais efforts consentis, pour le coup, avec plusieurs options pour ajuster la vitesse du curseur, et son accélération, on ne retrouve évidemment jamais le confort et le plaisir du jeu au lightgun. Jouer au pad rend alternativement le titre plus simple (lors qu'on doit viser un point fixe, comme souvent contre les boss), et plus difficile (lorsqu'il faut être réactif). En tous cas, ça ne le rend pas bien passionnant.
Le gyroscope est, contrairement au premier épisode, une alternative envisageable. Les déplacements sont vifs et précis, la difficulté était de trouver une bonne position pour être à la fois stable et mobile, en l'absence de pistolet, ce que j'ai pas réussi à faire personnellement. Le jeu devient un peu plus intéressant de cette façon, même si on n'atteint évidemment jamais le plaisir et la rythmique du jeu au flingue. L'auto-reload est d'ailleurs d'autant plus conseillé avec ce mode de contrôle.
Les efforts faits sur les contrôles ne se retrouvent pas dans l'habillage, qui est globalement bien laid, avec en plus de la traduction automatique scandaleuse durant les écrans de chargement, qui donnent des conseils du genre "si tu ne peux pas vaincre des créatures, tente d'utiliser ton arme !", avant de "appuyez sur Tirez À lorsque vous êtes prêts". Heureusement les dialogues ingame ne sont pas affectés.
Restent évidemment les qualités du jeu de base : son excellent rythme, le monster design, son ambiance crapoteuse à mi-chemin entre l'horreur pulp et le nanar, et son système d'embranchements qui contribue à sa durée de vie, qui en ont fait à l'époque un incontournable du genre. C'est clairement ce qui sauve ce remake de la correctionnelle.
Ce serait un peu rude de qualifier The House of the Dead 2 Remake de "ni fait ni à faire", car il comporte quand même quelques bonnes idées, et surtout les développeurs ont tenté de rendre la jouabilité satisfaisante sur console. En revanche, il est complètement inacceptable de se retrouver avec un "remake" plus laid artistiquement, mais surtout inférieur techniquement à l'original, en dehors de sa résolution. Si vous avez encore une Dreamcast ou même une Wii, ressortez-là, car ce remake ne vous apportera pas le même plaisir que le jeu original.
Verdict
Points forts
- Le jeu original reste un classique
- Toutes les options de maniabilité fonctionnent
- Le mode Original apporte un chouia de variété
- Première ressortie depuis 15 ans quand même
- Les musiques classiques disponibles
Points faibles
- Pas de jeu au lightgun sur console, évidemment
- Techniquement indigent, artistiquement triste et fade
- Degré de finition plus que limite



