Test : Hexen (Saturn)


Hexen
Hexen
Action
Bien avant l'arrivée de Demon's Souls et Darks Souls, d'autres jeux ont fait vibré les joueurs avides de Dark-Fantasy. Il y eu notamment l'excellent Lodoss sur Dreamcast, et encore avant, en 1995, il y a eu Hexen sur PC. Les portages sur les consoles du moment suivirent, et c'est en 1997 que le jeu débarque sur nos Saturn grâce à Raven Software, chargé de la conversion.

Le moteur de Doom dopé

Tout le monde se souvient du cultissime Doom sorti sur PC en 93, et fruit du cerveau génial de John Carmack. Le genre du FPS connaîtra alors un véritable boom, que nous connaissons (subissons ?) encore de nos jours. Le moteur de Doom a été largement réutilisé, et c'est le cas pour Hexen qui se l'est approprié, avec des ajouts, autorisant ainsi de nombreuses innovations du côté du level-design et des actions du personnage. Il sera par exemple possible de regarder en haut/bas et de sauter. Il est bon de noter par ailleurs qu'à cette époque, les FPS n'étaient pas des successions de couloirs scriptés.

Sur Saturn, Hexen s'apparente donc à un FPS visuellement assez proche de Doom, mais en beaucoup plus fluide (la version Saturn ayant été bâclée). Le jeu ne reste pas un modèle de fluidité, car de nombreux autres FPS plus impressionnants feront mieux que lui par la suite (Exhumed, Quake ou Duke Nukem). Cependant le titre reste parfaitement jouable, avec quelques baisses occasionnellement dans les grands environnements. Nous allons rapidement voir que ce n'est pas la technique qui fait d'Hexen un grand jeu...

First Person Adventure

Hexen est un FPS, mais le terme semble inapproprié. Il s'agit surtout d'un jeu d'aventure à la première personne avec un rendu visuel dans le même esprit que celui de Doom. Le joueur y parcourra en solitaire des environnements médiévaux avec une ambiance très sombre. Le jeu n'est d'ailleurs pas découpé en niveaux, mais en vastes régions décomposées en 5 ou 6 maps connexes dans lesquelles il faudra faire de nombreux aller-retours afin de progresser, chaque région nécessitant une à plusieurs heures pour être traversée, le jeu comptant 5 régions.

Le jeu est donc davantage porté sur l'exploration et la résolution d'énigmes que sur le massacre d'ennemis (même si il faudra inévitablement tuer tout ce beau monde). Chacune des régions débutera dans une map servant de hub central, et d'où l'on pourra accéder aux autres maps. Il faudra bien sûr déverrouiller les accès par de multiples moyens, parfois en activant un certain nombre d'interrupteurs, ou bien en trouvant des clefs, en explorant certains endroits etc... Les déclencheurs sont nombreux, le joueur disposant d'ailleurs d'un inventaire sommaire.

Cet inventaire permettra de stocker deux types de potions (une servant à l'attaque, l'autre de soin), des objets divers qui repoussent les ennemis, permettent de se téléporter, transformer les ennemis en cochons, éclairer les environs, voir carrément de voler ! Mais ce dernier objet est très rare, en revanche il reste activé jusqu'à la fin de la région.

Le choix des armes

Au début de l'aventure, le joueur pourra choisir son personnage parmi trois : le magicien, le clerc et le guerrier. Chacun a des compétences qui lui sont propres. Ainsi le guerrier est le plus rapide, il saute plus loin et son style de jeu est basé sur le corps à corps. Le magicien est tout l'opposé, il se déplace lentement mais attaque à distance. Il lui faudra au début beaucoup plus de temps pour réussir à vaincre les ennemis, mais à terme, c'est le personnage le plus puissant. Enfin le clerc est un personnage équilibré, très agréable à jouer également. Il n'y a donc rien à jeter, chacun des trois personnages propose une approche différente du jeu et incitera à recommencer l'aventure.

Pour survivre dans ces terres hostiles, le personnage disposera de quatre armes différentes. Bien sûr, chacun des trois personnages disposera de ses armes propres. Ainsi le guerrier se battra au poing, puis avec une hache magique, un marteau qu'il pourra lancer, son arme ultime étant une épée magique lançant des projectiles.

Le clerc se bat à la masse d'arme, il disposera ensuite d'une baguette tirant des projectiles et aspirant des points de vie. Sa troisième arme est un sortilège de feu. La dernière invoque des esprits qui détruisent les ennemis dans les environs.

Le mage quant à lui commence avec une baguette qui attaque à distance (la seule arme de distance qui n'utilise pas de mana), puis il disposera d'un sortilège de glace, de foudre et enfin d'une baguette provoquant d'énormes explosions.

À chaque fois, la seconde arme utilisera du mana bleu, la troisième du mana vert et la dernière les deux types de mana à la fois. Il faudra donc gérer son mana, sachant que ce dernier se trouve dans les niveaux (et ne remonte pas tout seul). Un objet rare permettra de remonter à fond les deux jauges de mana.

Quatre armes, cela peut paraître peu, et pourtant c'est tout ce qu'il faudra pour terminer le titre. Car les développeurs ont conçu Hexen avec intelligence. Ainsi il n'y aura aucune arme qui sera inutile, il faudra dans chaque situation opter pour la bonne arme, afin de vaincre l'ennemi, d'économiser son mana etc... Vous utiliserez par exemple la première arme jusqu'à la fin du jeu de manière très régulière.

Le bestiaire, sans être hyper fourni, contient des monstres aux comportements variés qui nécessiteront des approches différentes. Ainsi les ennemis qui se planquent derrière leur bouclier au moindre coup nécessiteront d'être prudents sous peine de voir un de nos projectiles nous revenir dans les dents. D'autres se déplaceront rapidement en volant, il faudra apprendre à lire leurs trajectoires etc... Quelques rares combats contre des boss ponctueront l'aventure.

Immersion : 10/10

Qu'est ce qui rend Hexen si particulier ? Les jeux d'aventure à la première personne ne courraient pas vraiment les rues à l'époque, il est vrai. Mais c'est aussi et surtout à cause de son ambiance incroyable. La première chose qui nous immerge totalement dans le jeu, c'est sa fantastique bande-son en format Red Book audio. De pures pistes en qualité CD pour le plaisir des oreilles, et quand on voit le travail incroyable qui a été fait il y a de quoi être content. On a vraiment le sentiment d'être plongé au milieu de ces environnements médiévaux, que ça soit au travers de morceaux très mélodiques, ou d'autres plus calmes qui cherchent simplement à mettre en place des sentiments de solitude/oppression.

Le second élément, et pas des moindres, c'est l'architecture hallucinante des lieux traversés. C'est bien simple, on est face à la même complexité/crédibilité que les récents Demon's/Dark Souls. Les lieux sont impressionnants, que ça soit le Castle of Grief, un château incroyablement imposant, les diverses chapelles que l'on traverse etc... Le tout réalisé pourtant avec un moteur 3D assez limité : impressionnant ! Ainsi la région correspondant à Castle of Grief nous emmènera jusqu'à un avant-poste abandonné, pour revenir dans les profondeurs du château, jusqu'à des espèces d'égouts etc... Toutes ces maps sont bien sûr connectées de façon intelligente, renforçant le sentiment de traverser un monde cohérent. Et il y a de nombreux secrets à débloquer, mais il ne s'agira pas d'essayer d'activer des murs au hasard façon Doom, ici les secrets seront débloqués au terme d'une exploration poussée, et pas par des mécanismes impossibles à déceler.

L'aventure proposée par Hexen est vraiment épique, et permettra de jouer de nombreuses heures. Le jeu utilise un système de mot de passe, ou bien il est possible de sauvegarder sur la carte mémoire (mais ça prend par loin de 4000 blocs !). Le système de mot de passe est assez contraignant puisqu'il ne permet de sauvegarder que la région dans laquelle on est (obligeant donc à traverser une région entièrement pour avancer, soit parfois 3 heures de jeu...). On peut également choisir le niveau de difficulté parmi 5 (qui sont d'ailleurs bien conçus). La mort est toute fois assez punitive dans Hexen puisqu'il faudra recommencer au début de la map en cours, un point commun de plus avec les récents jeux Souls.

Hexen est un jeu unique en son genre sur Saturn et rejoint sans problème la liste des FPS incontournables de la console (pour moi c'est le meilleur, vous l'aurez compris), même s'il s'éloigne du genre avec sa dimension aventure très développée. Commencer à jouer à Hexen, c'est plonger dans un monde hostile avec une atmosphère Dark incroyablement maîtrisée et immersive. Il devient impossible d'arrêter la partie tant l'univers nous absorbe et l'on a véritablement la sensation d'être dans la peau du héros (voir les mains du personnage lors des incantations de sorts, c'était énorme à l'époque). Dans ces conditions, même les petits soucis techniques ne nous ramènent pas à la réalité. Hexen est une aventure à vivre à tout prix pour qui possède une Saturn.

Verdict

9

Points forts

  • Immersion
  • Level-Design
  • Bande-son
  • Réjouabilité
  • Un jeu maîtrisé de bout en bout

Points faibles

  • Pas hyper fluide
  • Sauvegarde peu pratique
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Saturn 9.0 2

Commentaires

Rage, 05 déc 2012 - 11:33
Jamais testé à la version Saturn donc merci pour ce test ... Je ne connais que l'épisode sur PC et je confirme c'est une merveille!! :good::good:
bko, 06 déc 2012 - 1:44
Certainement un bon mais qui malheureusement fait parti de ceux qui techniquement vieillissent le plus mal.
Rage, 07 déc 2012 - 12:31
Idem ça vieillit très bien. On passe par une séance de décrassage obligatoire pour s'habituer aux prouesses de la 3D de l'époque et ça roule parfaitement.
Le gameplay est démentiel dans Hexen et Doom et cela ça ne vieillira JAMAIS. ID Software before Bethesda failed. :berk:
pixeldream, 09 déc 2012 - 3:22
J'avais bien aimer a l'époque je pense que techniquement il a pris un coup de vieux quand même il faut pas déconner :wink: après le plaisir de jeu reste intact :oui:
Rage, 09 déc 2012 - 9:33
Le simple fait de la pixellisation ne suffit pas à dire qu'un jeu ait pris un gros coup de vieux. Vous jouez pas assez sur 32 Bits pour dire çà tout simplement.

Quand un jeu comme ça (Doom, Hexen et Quake) a tant marqué c'est que quelque part il a eu des qualités, dont technique qui faisaient que c'était des jeux hors norme.