Test : Disney's Aladdin (Mega Drive)


Disney's Aladdin

On la scrute, on la contemple. Sans en avoir l'air, cette cartouche est un concentré de plaisir, de beauté et de jouabilité. Et c'est ainsi que, non sans un petit pincement nostalgique, on se laisse de nouveau happer dans ce monde féerique et utopique par ce doux prince, répondant au désormais fameux nom de Aladdin.

La légende est en route

Le génie est un petit farceur, et il nous le prouve d'entrée en atomisant un volatile d'une balle bien placée. Le ton est donné, celui de l'humour Disney, de l'amusement désintéressé et profond. Alors oui, Aladdin est de nouveau remonté vis-à-vis du diabolique Jafar, et se lance à sa poursuite, dont le but majeur est d'aller libérer la sublime Jasmine. C'est donc dans une intrigue désormais connue et reconnue que vous allez évoluer, ce qui ravira les fans.
Mais ici, avant d'atteindre ce duel épique tant attendu, il vous sera proposé toute une série d'épreuves. Et non des moindres, disposées sous forme d'un jeu de plate-forme tout sauf classique. En effet, et nous le développerons en longueur plus tard, Aladdin, le jeu, nous propose un contenu propre à lui-même ; c'est une synthèse entre l'innovation et l'utilisation de valeurs sûres, ce qui lui confère un charme époustouflant.Plus en détails, attachons-nous à décrire les tenants et aboutissants de ce soft. Tout d'abord, l'intrigue vous balade dans des lieux communs, mais dessinés d'une manière atypique. Désert, caves et ruines n'auront donc plus aucun secret pour vous. Chaque niveau vous place également devant une équation simple : ramasser un certain type d'objet, et aller écraser le boss final. Dans votre périple, il sera intéressant, et vital, de ramasser pommes, cœurs de régénération, check-points, émeraudes, vies et autres items très précieux.
Voici donc un panorama général sur le concept du soft, à priori commun, certes, mais ce n'est qu'un à priori.

Unique, drôle, charmant, que demander de plus ?

Oui, car si Disney a supervisé la conception du titre, cela se ressent nettement manette en main. Attendez-vous donc à un jeu drôle, sans prétentions, léger et frais dans la plus pure tradition Disney.
Panneau " stop " dans le désert, ennemis en caleçon, Abu qui se prend de la vaisselle, scène de la perte de vie, tout y passe et c'est un véritable régal pour les zygomatiques. De plus, les gnomes chargés de vous barrer la route affichent une variété intéressante, chacun possédant un point faible, et attaquant d'une manière prévisible, conditionnant votre manière de l'attaquer. Sur ce point, les possibilités qui s'offrent à vous sont assez claires : lancer de pommes, coup de sabre. Limité mais efficace, il s'agit ici de bien se placer, ce qui est une clé dans un jeu de plate-formes, pour tirer au mieux parti de ces compétences.
Autre point, sur le plan de la conception des niveaux, j'aimerais tirer un grand coup de chapeau au level-designer. Passages secrets, linéarité maîtrisée, changements de plans, vous allez écumer les niveaux de fond en comble. Toutes les ficelles sont réutilisées à bon escient. Sur ce point, c'est un vrai travail d'orfèvre, à apprécier à sa juste valeur, tant il conditionne la qualité d'un jeu.

Des attributs implacables

Il est indéniable que la qualité et le plaisir éprouvé dans un jeu de plate-forme se retirent essentiellement au niveau de sa jouabilité. Et ici, quel pied ! Aladdin est d'une précision diabolique, réglé comme une horloge, vous allez ou vous voulez, c'est fluide. Le saut répond d'une manière incroyable, en bref, on déguste chaque passage de plate-forme.Sur le plan technique, et ce n'est pas une surprise, Aladdin représente aussi une baffe astronomique. Graphiquement époustouflant, le jeu ne subit aucun temps mort, tout coule, et la modélisation générale est à tomber. Chaque niveau est marqué d'une empreinte véritablement particulière, affinée, peaufinée.
Chaque perso est modélisé avec soin, que dis-je, amour, que ce soit le lutin de base, ou Aladdin. Des idées à foison, des possibilités abyssales, les créateurs se sont donnés les moyens de leur talent. La patte est cartoonesque, ciselée. Un délice visuel, à la hauteur de la 16 bits de Sega, à n'en pas douter.
Mais attendez, les lauriers ne sont pas tous dévoilés ! Je ne vous ai pas encore parlé de l'animation, et là ... Un travail tout simplement énorme. Le méchant se brûle : il se tord de douleur et grimace. Quant à Aladdin, il est d'une souplesse à faire rêver, se mouvoit d'une manière élégante. Le moindre détail ici, est perceptible, aucunes cassures dans les animations, sur ce point, c'est sûr, Aladdin a un temps d'avance sur sa génération. En substance, chaque mouvement est décomposé à la perfection. Et ce dernier mot, on l'a souvent aux lèvres lorsque l'on a le bonheur de jouer à Aladdin.

Musique maestro !

Pour compléter ce tableau idyllique, quoi de mieux qu'une bonne bande-son ? Et bien ici, désolé mais elle n'est pas bonne, non, elle est juste excellente, pour ne pas dire plus. Aladdin propose ce genre de musique qui marque une génération de joueur, que l'on chantonne des années après sans se souvenir d'où cela peut provenir. Chaque thème est en parfaite adéquation avec l'aventure et le type de niveau proposé. Parfois mélancolique, parfois enjoué, les musiques ont subi un travail de maître, d'une qualité improbable sur une 16 bits. On rit, on pleure, cette musique brasse des sensations, et c'est dans cette structure qu'elle puise son essence. Les différents tons s'enchaînent sans ruptures, tout en souplesse et surtout, sans choquer. Ainsi, c'est un univers enchanteur qui viendra littéralement vous avaler, pour vous recracher à la fin de l'aventure, comme une feuille morte, déboussolée. Attention, Aladdin est une pépite, un trésor, une ode à la grande qualité, et au niveau sonore, cela ne fait que se confirmer.
Alors oui, la fibre nostalgique joue, certes, mais au-delà , Aladdin est un grand jeu, sur tous les plans, et ce même si l'heure des remontrances, infimes, a sonnée.

Prince, tu es à la hauteur de ton mythe

S'il faut avoir des reproches vis-à-vis de Aladdin, ils ne sont pas nombreux. Evidemment, la difficulté, sérieuse, l'écarte des enfants, pour lequel le jeu est destiné, enfin, même s'il faut concéder qu‘en mode practice, c'est tout à fait envisageable pour n'importe qui, pour le peu que la concentration soit au rendez-vous. C'est d'autant plus intéressant que lorsqu'on échoue, on ne peut s'en vouloir qu'à soi-même et non pas à une maniabilité mal réglée. Alors, lorsqu'on passe en difficile, Aladdin devient un vrai challenge, apte à satisfaire les plus accrocs. Ses détracteurs lui reprocheront aussi sa durée de vie, qui somme toute est conséquente, surtout pour un jeu de cette catégorie en n'oubliant pas la fameuse replay-value, plutôt élevée. Au rang des points négatifs, rien n'est donc véritablement recevable, ou du moins, trop abject pour rebuter.

Alors oui, Aladdin a la fibre de ces jeux incroyables, il a l'étoffe du rêve qu'il propose. Il en devient presque une critique acerbe envers les jeux de plate-forme 3D, stéréotypés, tous calibrés dans le même moule. Ce soft cumule les qualités, cultive son originalité, tout au long de l'aventure, dense et rythmée, qu'il propose.
Alors, amis joueurs, laissez-vous happer et caresser par ce doux frisson, démesuré, mais tellement addictif ; vous en reviendrez... bouleversés...

Verdict

10

Points forts

  • Tout

Points faibles

  • Trop facile peut-être
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Mega Drive 9.2 32

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