Test : The Cursed Knight (Mega Drive)

Ah l'amour…ce fort sentiment d'affection et d'attachement. L'amour auquel pratiquement tout le monde peut avoir droit et qui peut se manifester sous différentes formes. L'amour qui reste difficile à comprendre dans certaines situations et facilement explicable dans d'autres.
Pourquoi je parle de cela ? Tout simplement parce que je vais vous faire part d'un nouveau titre Mega Drive et dont on ressent bien l’amour qu’on mis ses développeurs, j'ai nommé The Cursed Knight.

Avant de continuer un peu plus dans la présentation du jeu, il est nécessaire de revenir dans le passé pour comprendre le projet et tout le chemin parcouru jusqu'à maintenant.

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PAR LE PASSE, CONNAIT-ON L’AVENIR.
 

L'équipe derrière The Cursed Knight (TCK) est composée de cinq personnes que sont Arnaut Demarais, Guilhem Mercier, Fawzi Zaidi, Bob Hombourger et Christian Gaudin. Tout démarre en 2020 lors du premier confinement suite à la pandémie de Covid-19, lorsque Demarais et Mercier font un petit jeu satirique du nom de Asteraoult Wars où on incarne le professeur Didier Raoult avec pour objectif d'éliminer le Covid sur différents niveaux.

Après ce petit jeu, l'idée de vouloir faire un jeu vidéo un peu plus ambitieux commence à germer. Grâce la maîtrise du logiciel SGDK (créé par Stéphane Dallongeville qui a participé au projet Paprium et qui permettra la création de plusieurs titres Mega Drive comme Tanzer, Xeno Crisis ou bien Demons Of Asteborg), le duo sollicite l'aide de Fawzi pour ses talents graphiques, après que ce dernier ait mis en pause son projet Mega Drive nommé The Cursed Cube.

Fawzi fait appel à Gaudin pour participer et à partir de là, le projet va prendre forme durant l'été 2020. La dernière personne à rejoindre l'équipe est Hombourger qui agit en tant que bêta-testeur.

Au fil du temps, le groupe, sous le nom de GGS Studio Creation, se déplace sur de nombreux salons de jeu vidéo en France pour permettre au public de tester leurs démos et d’obtenir des retours. Ces retours étant positifs, ils sont encouragés à continuer leur projet. Des mises à jours avec de nouvelles démos sortent, l'engouement est toujours présent jusqu'au 14 Avril 2022 où ils lancent une campagne Kickstarter après avoir annoncé que le jeu est terminé.

Cette campagne Kickstarter consiste à financer la production du jeu Mega Drive qui est édité par Broke Studio (studio de jeu vidéo indépendant situé à Clermont-Ferrand). La somme demandée, 45 000 euros, est atteinte en moins de 7 heures et lors de la fin de la campagne le 15 mai 2022, la somme obtenue est de 129 967 euros avec un total de 2146 contributeurs.
Sur les sept paliers proposés (avec à la clé une version Steam, des goodies, un CD des musiques du jeu, un mode bonus par exemple), le tout dernier (à 130 000 euros) a failli être atteint, à une trentaine d'euros près, pour obtenir une version Switch de TCK.

N'ayant pu participer à la campagne pour des raisons financières à l'époque, je me suis rattrapé en achetant un exemplaire physique récemment depuis le site de l'éditeur (des détails concernant la compatibilité des consoles sont mentionnées à la toute fin de ce test).
Maintenant, nous allons nous attarder sur le jeu et son histoire.

PAS MAL, NON ? C'EST FRANCAIS.


L'histoire de The Cursed Knight est la suivante :

« Année 3122. Après la chute de notre civilisation, la Terre est devenue la principauté de Dallongeville, gouvernée par le roi Alberich.

Les anciennes technologies sont désormais des mythes, les IA sont devenues des dieux et les anciens guerriers sont devenus des légendes. Avec 5 millions d'habitants, Dallongeville est le dernier bastion de l'humanité. Sa poignée de soldats génétiquement modifiés est continuellement en guerre contre des envahisseurs de toute la galaxie.

Incarnez Kalder le chevalier protecteur, un humain génétiquement modifié et amélioré qui vénère l'IA Skull, maintenant appelé le dieu Skull. Suite à un affrontement qui s'est mal terminé, il va tenter de faire revivre sa dulcinée, la princesse de Dallongeville, au péril de sa vie dans un voyage aux confins de la galaxie. »

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Si vous êtes observateur, vous avez deviné que le nom de la principauté n'est pas choisi au hasard. Pour revenir à l'Histoire, vous l'avez compris : on a quelques notions de chevalerie avec un objectif pour une raison romantique (haaa, l'amour...) mais c'est tout car l'univers futuriste occupe la plus grosse part du jeu.

Le titre se veut être un mélange de différents genres de jeu avec de la plateforme et du shoot them up.

Une fois le titre visible et après avoir appuyé sur Start, on arrive sur la sélection de la manette. Cette partie nous permet de choisir entre trois types de manettes : celle de base avec les 3 boutons, celle à 6 boutons avec la touche Mode, et la dernière à 6 boutons mais sans le Mode. Une fois la manette choisie, on nous propose une phase d'entraînement, histoire de bien comprendre les différentes possibilités de jeu.

Dans la phase de plate-forme, Kalder peut se déplacer à gauche et à droite, tirer tout en se déplaçant, comme il peut changer de type de munitions (des boules d'énergies ou bien des shurikens à tête chercheuse, ça vous sera très utile pour la suite), faire une glissade, frapper au contact de l'ennemi comme il peut jouer sur la gravité en allant au plafond ou en revenant au sol : ces deux dernières compétences se gagnent au fil de la partie.

Dans la phase de shoot, il peut se déplacer dans toutes les directions, appuyer sur un bouton pour tirer à gauche, un autre pour tirer à droite et utiliser une arme bonus en maintenant le bouton de changement d'arme enfoncé pendant quelques secondes. Vous entendez alors comme si quelque chose se charge et une fois que le bouton est relâché, une grosse boule avec une tête de mort apparaît pour détruire tout ce qui se trouve devant elle.
Attention toutefois car l'attaque de la tête de mort, qui marche aussi lors de la plate-forme, est limitée en terme de munitions.

Une fois l’entraînement terminé, on choisit son niveau de difficulté ou bien on met un mot de passe. TCK possède une difficulté de base qui se veut difficile parce qu'il se définit aussi comme un Die And Retry mais il n'est pas insurmontable ce qui est important de le préciser.

La différence entre les niveaux de difficulté réside dans le nombre de vies et de continues que le joueur possède : en Normal, c'est vies illimitées et mots de passe à chaque stage terminé, le niveau Old School c'est 3 vies et 2 Continues, alors que le mode Insane, c'est 1 vie et aucun Continue.

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EN HAUT, EN BAS, A GAUCHE, A DROITE


Le jeu en lui-même est bien réalisé visuellement, avec des sprites de personnages plutôt petits tandis que ceux des boss font dans le gigantisme par rapport à l'écran.
On remarque une certaine maîtrise d'un point de vue visuel qui me fait penser au jeu The Adventures of Batman and Robin, sorti en 1995 sur la même console. Tous ceux qui y ont joué verront des similitudes, aussi bien lors du déplacement d'immeubles en arrière-plan, un niveau dans un ver géant de l'espace avec une fluidité de mouvement du terrain aussi bien en arrière qu’au premier plan, quand ce n'est pas le système de vie des boss, aussi tiré du jeu Batman et Robin.

Les environnements sont variés : une ville, l'intérieur d'un ver géant de l'espace, un temple égyptien, un vaisseau ennemi, une forteresse et bien d'autres, le tout se passant dans un système solaire bien défini.
Le bestiaire est varié avec ses pirates de l'espace, cyborgs, moines shaolins aliens ou chauve-souris géantes par exemple. Là où des terrains vont privilégier des ennemis soit de type organique ou mécanique, d'autres vont pouvoir mélanger ces deux catégories.
Il ne faut pas oublier que nous sommes dans un univers futuriste où comme dit avant, la technologie et la génétique se mélangent, sont très évoluées, que les IA sont des entités supérieures et que notre propre personnage est aussi génétiquement modifié.
Ils ont voulu aussi se faire plaisir sur certains détails, comme un boss qui tape en direction de notre écran et qu'il brise en laissant une fissure derrière (heureusement ça disparaît très rapidement pour ne pas gêner la vision du joueur).

Notre chevalier est facile à diriger, en plus de pouvoir utiliser la barre de charge pour lancer une attaque puissante, on peut choisir le type de munition employé, et en augmenter le niveau qu'une fois. Une troisième arme, facultative, est également cachée dans le jeu.

Il y a un point important à préciser dans le gameplay, c'est l'utilisation de la gravité. Cette compétence qui s'obtient très rapidement (mais qu’on peut essayer lors de l’entraînement au tout début), permet à notre personnage de pouvoir se déplacer aussi bien sur le sol qu'au plafond.
Comment faire dans ce cas-là ? C'est très simple, il suffit d'appuyer sur haut pour monter (et toujours utiliser haut pour se baisser dans ce cas-là) ou bien sur bas pour revenir au sol.

Quelques niveaux, dans ses phases de plate-forme, sont pensés pour permettre aux joueurs de choisir entre plusieurs itinéraires, avec gravité ou pas, pour une même destination. Le reste du jeu nécessite de devoir jongler sur la gravité, en plus du double-saut comme, par exemple, traverser de long passages en sautant aussi bien sur une plate-forme se situant tout en haut de l'écran (en ayant la tête en bas) avant d'atteindre une autre plate-forme tout en bas de l'écran via la gravité et vice-versa.

Dans tous les cas, la manipulation de la gravité sera un élément primordial pour la progression de TCK.

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The Cursed Knight, en plus de la plate-forme et du shoot, vous propose quelques petites séquences plus originales comme celle où vous dirigez une moto (un entraînement est aussi disponible) avec un passage à la Hang-On version Master System.
D’autres clins d’œil sont aussi présents, comme un camarade vidéaste francophone du nom de Gemu Oni, inspiré du Ninja Masqué de Shinobi sur Arcade. Un autre est tiré du deuxième boss de Metal Slug 2/X, Aeshi Nero, machine d'excavation géante : avec un slugnoid, il y a un affrontement équivalent que dans le titre de SNK, mais sans la grosse nervosité de l'original.

NOTRE DIEU A D'AUTRES PLANS


Au niveau sonore, nous avons une quinzaine de musiques qui donnent du peps tout en ayant des passages plus calmes ou plus mélancoliques. D'une manière générale, elles sont agréables à écouter.
Pour les bruitages, on se contente de ceux des tirs et d’une voix qui dit « Kill Them All » mais sans plus. Les musiques se chargent de prendre la place.

Le jeu se compose de six stages avec une dizaine de niveaux au total, et chaque fois que vous en terminez un, un écran vous indique le nombre de vies que vous avez perdues ainsi que le temps de jeu (et un mot de passe si vous jouez en Normal). Une fois le jeu terminé, suivant le temps effectué, on vous dit si vous êtres lent ou rapide. Dans le cas où vous êtes lent, le jeu vous propose d'essayer de finir en moins de 90 minutes (un défi pour les speedrunners à noter). Une fois réussi, vous avez accès au mode bonus qui a été un des paliers Kickstarter atteints.

Lorsqu'on joue normalement, le jeu se termine autour de 50-55 minutes mais attention, il y a plusieurs fins. Il y a la mauvaise fin et une…moins mauvaise mais canonique. Pour avoir cette fin canonique, il faut finir le jeu en moins de 90 minutes.
Vous pouvez aussi récupérer trois gemmes dispersées pour obtenir une super-armure, qui non seulement vous donne une allure de mec badass, mais aussi un triple-saut.
Kalder possède trois cœurs en début de partie mais là aussi, il est possible d'en obtenir deux autres, mais bien cachés. Le fait d'avoir autant de cœurs que possible facilite l'expérience de jeu, tout comme le triple-saut ou la troisième arme bonus.

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Mais une question reste en suspens : le jeu peut-il se jouer à deux ? Pas du tout, il ne reste qu'en solo de par son histoire et vu que dans certains affrontements, un tiers de l'écran est pris par l'ennemi ce qui réduit le champ de mouvement. Sa difficulté, se voulant proche d'un Die And Retry, peut décourager un joueur occasionnel qui n'a pas l'habitude de cette façon de jouer alors qu'un amateur de difficulté, lui, va trouver son compte, et encore plus si c'est un speedrunner.

Sur le site de l'éditeur, il est fait part de la compatibilité au niveau des consoles : il a été testé sur une authentique Megadrive/Genesis de base, il marche aussi sur l'Analogue Mega Sg. Il ne passe pas sur les versions japonaises avec comme cartes modèles VA0 et VA1 sauf si vous avez un adaptateur 32X, tout comme il n'y a aucune garantie de fonctionnement sur des clones de la console.

Que dire de The Cursed Knight ? Pour une première production venant de GGS Studios Création, on nous sort un jeu avec deux genres qui se marient bien dans un univers tourné vers l'espace. Le gameplay est équilibré, la bande-son est plaisante, la console est maîtrisée pour nous proposer une nouvelle expérience visuelle, les petites expériences occasionnelles sont toujours sympas. Au vu du succès de sa campagne kickstarter, une suite est confirmée.
C'est un titre que je recommande. Personnellement je regrette juste de n'avoir pas pu participer à l'époque mais lorsque la campagne pour la suite sera lancée, nul doute que j'investirai dans ce projet.

Verdict

8

Points forts

  • _La beauté visuelle de certains lieux
  • _Le mélange de deux types de jeux.
  • _Sa durée de vie
  • _Variété du gameplay
  • _Ses références cachées.
  • _L'utilisation de la gravité.
  • _Les sprites de certains Boss

Points faibles

  • _Sa difficulté.
  • _Pas fait pour tout le monde.

Commentaires

 

Archives commentaires

Merci pour ce test Mega Drive dans ce qui est déjà la fin de la deuxième décennie du 21eme siècle !
Merci pour cette découverte. Toujours aussi génial de voir encore des jeux sortir si longtemps après leur "fin de vie".