Test : Borderline (SG-1000)

Si j’évoque Borderline, il est fort probable que vous restiez pour la plupart sans réaction (ceux qui connaissent par contre ont sûrement les yeux qui brillent).
Pourtant, ce jeu n'est pas n'importe quel jeu puisqu'il s'agit ni plus ni moins que du tout premier soft de la première console (et ordinateur) de salon SEGA, il porte en tout cas la première référence avec son G-1001.
On tient ici la première pierre de l'édifice du SEGA constructeur de console, point de départ d'une des plus belles épopées de l'Histoire du jeu vidéo.

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Une première cartouche bien chargée ?

Né fin 1981 en arcade sur un système Sega VIC Dual, Borderline n'est donc pas seulement un des premiers jeux de la SG-1000, mais il fait aussi parti de la première vague d'adaptations du domaine de prédilection de SEGA qu'est l'arcade.

D'ailleurs, on peut être surpris en comparant les deux versions : c'est dans l'ensemble plutôt proche, et si la mouture arcade affiche entre autres plus d'ennemis, le résultat global est particulièrement similaire !
De plus, il conserve les quatre sections par niveau (je détaille plus bas) et donne une sensation de variété que peu de softs SG-1000 peuvent se vanter d'avoir.

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Réussi, et TANK à faire, CHARmant

Notre mission est simple mais périlleuse : au volant de notre jeep rouge pétant qui se fout bien de toute notion de camouflage parce que c'est pour les gonzesses, on va aller péter la gueule aux méchants comme des hommes (Note de Virtua : Shenron va apprécier) sans aucune retenue.

Notre véhicule est équipé de lance-roquettes aux munitions infinies. En faisant preuve d'adresse on se doit de percer les lignes de défense adverses en abattant des avions de chasse, des auto-mitrailleuses et de surpuissants chars d'assaut.

Enfin, il ne s'agit pas que de les abattre mais surtout d’éviter leurs tirs qui nous réduisent en tas de ferraille au premier impact.
L'affaire n'est pas très ardue sur les deux premiers niveaux mais rassurez-vous, ils vont rapidement augmenter le régime moteur de leurs blindés, ne vous laissant plus trop le temps d'accomplir votre tâche les mains dans les poches.
 

J'adore les plans qui se déroulent sans accroc

Notre schéma tactique est simple : quatre sections composent chaque niveau qui s’enchaînent en devenant tout simplement de plus en plus durs.

La première section est en fait un shoot'em up relativement simpliste. Notre jeep avance en permanence à la verticale, les avions de chasse avec option kamikaze s’écrasent sur nous sans hésitation.
On conclut par la destruction de forteresses (comme les avions, ça n'y ressemble pas mais c'est le livret japonais qui le dit), synonyme de fin de section. Les trois premières se terminent toutes de cette manière.

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À partir de la seconde, le contrôle du véhicule nous revient totalement, plus de scrolling automatique (plus de scrolling du tout en fait).
On démarre dans la verdure dans laquelle on se fraye un chemin ; ce dernier a une importance non négligeable, puisque le rendre un peu tortueux peut ralentir nos poursuivants (eux-mêmes peuvent parfois traverser les broussailles mais se contentent le plus souvent d'emprunter notre passage).

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L'avant-dernière se déroule d'une manière plus classique avec juste des murs pour se cacher et jouer au chat et à la souris, il est beaucoup facile de se retrouver en danger, on n’a pas trop de temps de se tourner les pouces.
D'ailleurs, si prendre son temps c'est bien, il faut quand même garder un œil sur sa jauge de carburant en bas. Je dis ça mais bon, elle se vide doucement et n'est pas vraiment source de stress, il est possible d'en récupérer un peu en détruisant les missiles rouges ici et là.

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L'ultime section reprend le principe de la deuxième avec sa verdure. On doit procéder un peu de la même manière avec cette fois-ci, pas de forteresse mais le quartier général comme objectif !
Ce dernier est protégé de près par deux chars et possède ses propres canons. Il faut bien calculer son coup et ne pas trembler !

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Une première offensive réussie

Techniquement parlant on n’a rien d'impressionnant il est vrai, mais il faut tenir compte du fait que c'est rapide, fluide et lisible avec un gameplay parfaitement maîtrisé, et pour un premier soft il est difficile d'en demander plus.

L'unique musique qui nous accompagne en permanence est elle aussi sans reproche. Après plusieurs heures dessus, pas une fois je n'ai eu envie de couper le son. Les bruitages sont du même tonneau.
Mais l’élément qui fait son plus gros point fort est probablement, et tout simplement, le plaisir qu'on éprouve à y jouer et rejouer en espérant enfin franchir tant de niveaux, ou atteindre enfin tel score.


Simple et efficace, voilà comment je peux le résumer.
Borderline a la bonne idée d'exploiter la machine sans trop en faire, ce qui donne au final un jeu très bien maîtrisé de bout en bout. De plus, pour une cartouche de première génération, elle offre une variété qu'au final peu de ses successeurs pourront se vanter d'avoir.

Pas vraiment tape à l’œil certes, mais clairement une des valeurs sures de la 8 bits !
Pour le détail, cette cartouche existe en deux versions dans son édition japonaise : la première toute noire avec juste le titre, et la seconde avec la chouette illustration de la boite.

Et ce soft (comme bon nombre de cette machine) est même sorti en France pour le SC-3000 distribué par Yeno.

Test réalisé sur émulateur

Verdict

8

Points forts

  • Tout simplement fun
  • L'ensemble est parfaitement maîtrisé
  • De la variété avec les quatre sections

Points faibles

  • Rien de spécial
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
SG 1000 5.0 1

Commentaires

myau, 23 nov 2021 - 11:17
En lisant ton article, je pense à une SG-1000 Mini qui compilerait les meilleurs titres de la console.

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