Test : Bleach GC! (GameCube)


Bleach GC!
Les jeux à l'image de Naruto commençaient à se multiplier à la vitesse grand V au Japon. Y voyant probablement une occasion de profiter d'une licence à succès, Sega s'est imposé afin de récupérer l'exclusivité des jeux Bleach sur consoles Nintendo. Mais qu'en est-il de ce premier épisode sur Gamecube ? Sommes-nous en face d'un jeu béni par la bonne fée des jeux-vidéo ou au contraire, s'agit-il d'une pure arnaque cherchant à dépouiller encore un peu plus les fans et autres adeptes de notre cher Shinigami remplaçant aux cheveux décolorés ? Treasure n'étant pas derrière la réalisation, les avis pessimistes allaient bon train, mais fort heureusement, Sega a pris le temps de réaliser un titre au contenu de qualité et y a apposé son sceau, le fameux, le célèbre, le " made in Sega ".

Kurosaki Ichigo, Shinigami remplaçant

Bleach nous conte l'histoire extraordinaire d'un jeune homme ayant le pouvoir de voir certaines créatures maléfiques arpentant le monde pour y dévorer les âmes égarées. Un beau jour ce dernier rencontrera un Shinigami du nom de Kuchiki Rukia. La jeune femme lui explique que son rôle dans le monde " normal " est de combattre ces créatures maléfiques que sont les Hollows. Suite à un affrontement ayant mal tourné, et Ichigo désirant par dessus tout protéger ses proches, ce dernier deviendra un Shinigami remplaçant, ses pouvoir lui étant transmis par Rukia.

L'histoire ira bon train jusqu'à amener Ichigo est tous ses collègues aux pouvoirs exacerbés jusqu'au confins de la Soul Society, lieu mystique où se retrouvent toutes les âmes après la mort de leur " enveloppe charnelle ". Rukia sera condamnée pour avoir transmis ses pouvoirs à un humain, et la quête d'Ichigo sera bien évidemment de la sauver. Il rencontrera en chemin les capitaines des divisions qui protègent la Soul Society, et l'on assistera à autant de combats spectaculaires.

Du début jusqu'à la fin Soul Society

Cet épisode Gamecube nous met en présence des personnages rencontrés depuis le début de l'anime (ou du manga) jusqu'à la fin du grand chapitre de la Soul Society. Bien évidemment un grand nombre de personnages répondent présents, ce qui est d'ailleurs assez remarquable puisqu'on en compte 27 alors qu'il s'agit là d'un premier jeu. Sega a en effet voulu assurer la quantité, mais au détriment d'une certaine qualité. J'y reviendrais plus tard.

En ce qui concerne les modes de jeux, on se retrouve en présence de modes classiques : un mode training permet d'assimiler les bases du gameplay, un mode versus (contre un ami ou la console), un mode survival, un mode arcade et un mode histoire. Ce dernier se présente sous la forme de trois scénarios différents, au début du jeu seulement celui d'Ichigo est disponible. Il est d'ailleurs très fidèle à l'anime, ce qui est un peu moins le cas du scénario de Byakuya, et encore moins du scénario de Renji. Je ne spoilerai pas mais sachez que les développeurs se sont laissés aller à des histoires alternatives assez sympathiques.

Le mode solo est donc parfaitement mis en scène. Il reprend les titres principaux du manga avec les affrontements et rencontres clefs. Tout cela se déroule grâce à l'utilisation d'images fixes de qualité ainsi que des voix et autres textes dans des bulles. Autre chose très appréciable : on retrouve les thèmes musicaux de l'anime, ce qui est vraiment un très gros avantage pour l'immersion. Sega a de toute façon énormément soigné le contenu pour que les fans soient satisfaits.

Un profond respect du fan

Si le mode histoire a été particulièrement soigné (qualité des artworks, musiques) il en est de même des personnages qui ont subi un traitement de faveur ! On reconnaît très clairement les personnages de l'anime et pour un premier essai, on peut dire que Sega a fait fort. Rukia, Ichigo, Ishida... tout le monde a été modélisé avec un souci du détail stupéfiant. On regrettera les décors un peu vides cependant.

Du côté des musiques, on retrouve très clairement la patte des jeux Sega : un hard-rock assez costaud qui passe plutôt bien pour peu que l'on adhère à ce type de musique. On retiendra également un thème mémorable : " Death Reunion at Dusk ". Cette musique est un réel tour de force avec son introduction calme qui se transforme en un morceau incroyablement rythmé et prenant. Très sincèrement il s'agit là d'un des meilleurs morceaux dans le genre qu'ait composé Sega !

Dans la catégorie " contenu qui respecte le fan ", on retiendra également l'introduction de grande qualité, plus longue que la moyenne et accompagnée d'une chanson écrite pour l'occasion et interprétée par une artiste japonaise. Même chose à propos de l'écran titre : tandis que n'importe quel développeur nous aurait mis un écran avec les personnages de l'anime sur un fond musical rock et rythmé, bref un truc bateau, Sega nous montre là un lieu emblématique de la série avec un air magnifique joué au piano. Tant d'éléments qui me conforte très clairement dans mon impression d'être face à un jeu qui transpire l'esprit de Sega.

" Pouah, c'est raide ! "

Telle est la réaction des joueurs la première fois : si le contenu semble soigné, l'exécution du tout laisse perplexe quelques instants. Les personnages sont raides et leurs animations sont très saccadées. L'ensemble possède un certain style, mais la plupart des joueurs s'attendaient à quelque chose qui soit proche de Naruto sur la même machine. Et ce dernier a beau en être à sa quatrième apparition, on ne peut pas lui retirer la grande qualité de son animation et surtout son extrême fluidité. Bleach GC lui propose des combats rapides, nerveux, et malheureusement l'ensemble apparaît bien raide à l'écran, et rien n'y fera, c'est le jeu qui est comme ça.

Une fois cet élément pris en compte, certains auront très probablement abandonné le jeu pour retourner jouer à Naruto, mais heureusement les persévérants tels que moi (quel fan de Sega ne l'est pas ?) prendront le temps d'étudier la chose et découvriront les richesses du gameplay. Car si Naruto propose un gameplay accessible, il ne peut pas rivaliser avec la technicité de Bleach.

Une technicité insoupçonnée

Avant d'aller plus loin dans la technique, un petit tour des commandes s'impose. Le personnage dispose tout d'abord d'une garde et de deux attaques de base (une rapide et une puissante). À cela s'ajoute une première subtilité : le Slow. Cette commande permet d'entourer le personnage d'une aura qui, si elle touche l'adversaire, ralentira considérablement ce dernier, nous permettant de faire de bons gros enchaînements, ou même de placer un Bankai. Une dernière touche sert à déclencher le Bankai (ou une super attaque lorsque le personnage ne possède pas de Bankai). Nous avons de plus la possibilité d'effectuer des déplacements instantanés.

Les personnages disposent également de deux attaques spéciales effectuées avec R+A ou R+X. À celles-ci se rajoutent d'autres attaques en fonction des personnages. Il est également possible de se concentrer pour faire monter une barre de pouvoir, cette dernière étant consommée en partie pour les attaques spéciales, les déplacements instantanés, Slow et autres Bankai. Les personnages possèdent également des combos, certains étant indiqués dans le jeu.

Le système de combo est en réalité assez complexe puisqu'après quelques heures de jeux, on distingue très clairement que chaque personnage possède des petites séries de coups et ces dernières peuvent subir des variantes, ce qui aboutit à des combos assez peu prévisibles. Le système ne fonctionne donc pas trop mal et ajoute à la technicité des combats.

Mais au delà du système de combos bien conçu, c'est véritablement chaque personnage qui est unique et possède ses particularités. Si pour certains personnage cela saute aux yeux (Ishida et son combat de distance à l'arc), il y en a d'autres pour lesquels seule une recherche approfondie fait ressurgir les possibilités offertes. Ainsi Toushiro est le seul personnage à pouvoir démarrer un combo à partir d'une attaque téléportée, Sado peut enchaîner à l'infini grâce au système d'esquive dont il dispose, Inoue possède un coup spécial supplémentaire et inflige des dégâts très importants, le coup téléporté de Gin envoie l'adversaire en l'air s'il est placé lors d'un Slow, Byakuya effectue des déplacements instantanés dans ses combos (on peut ainsi surprendre l'adversaire en lui donnant l'impression que l'on frappe dans le vide), Rukia et Byakuya peuvent paralyser leurs ennemis grâce aux techniques Hadou, Soifon peut tuer en deux coups avec son dard, Syunsiu et Ukitake peuvent subir des combos qui normalement ne passent pas sur les autres personnages etc... La liste est longue et toutes ces subtilités témoignent de la grande technicité du titre. Au final on est presque face à un jeu de combat de Capcom.

Un bilan plutôt positif

Si le jeu n'entrera pas dans les anales de la baston 3D il reste très clairement une adaptation de manga de qualité. Bleach GC a peut être divisé les foules, mais en ce qui me concerne et l'ayant réellement épuisé jusqu'à la moelle, je pense savoir ce qu'il vaut et avec des amis qui ont un bon niveau, les combats deviennent incroyablement spectaculaires grâces aux déplacements instantanés etc... Tous les personnages importants répondent présents et le contenu en général a été soigné.

On retiendra tout de même pas mal de défauts, notamment cette raideur caractéristique du titre, mais aussi certains personnages pas du tout intéressants à jouer. D'ailleurs on remarque que beaucoup d'entre eux pourraient être associés par paires (Hinamori et Rukia, Ikaku et Kaien Shiba, Soifon et Yoruichi, Mayuri et Tousen etc...). Il y a très clairement des personnages qui font doublon, d'autres qui sont déséquilibrés, mais dans le lot il en reste un bon paquet qui ont été très soignés et pour peu que l'on ne s'occupe pas trop des quelques autres, on tient là un bon jeu de combat.

Le bilan est un peu mitigé pour ce premier épisode de Bleach fait par Sega. Le jeu a été soigné dans son contenu afin de réellement satisfaire les fans, que ça soit du côté graphique (artworks et modélisation) ou musical (thèmes originaux et nouveaux). L'ensemble souffre malheureusement d'une exécution un peu décevante par la raideur des personnages et leurs animations hachées. Il n'en demeure pas moins que Sega sauve le coup grâce à un gameplay de qualité et ne sombre pas dans l'adaptation basique pour joueur lambda utilisant deux boutons. Un titre clairement perfectible, mais un premier essai remarquable.

Verdict

6

Points forts

  • Technicité
  • Qualité du contenu
  • Beaucoup de personnages

Points faibles

  • Personnages rigides
  • Animation
  • Des déséquilibres entre personnages
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
GameCube 7.0 3

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