Test : Aqua-World Umibi Monogatari (Saturn)

Votre passion ? Ce sont les poissons ? Vous voulez en savoir plus ? Les admirer en mouvement, voire en prendre le contrôle ?

J'aimerais beaucoup vous répondre « j'ai ce qu'il vous faut » toutefois, ça serait vous survendre le produit, tel des œufs de lompes au prix du caviar (en vrai, je préfère de loin les œufs de lompes, donc je ne suis pas certain que cet exemple soit le bon...).
Enfin bref, ici, on va effectivement admirer des poissons et les contrôler (un peu), mais je ne pense pas que cela puisse vous contenter.

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Sorti dans un premier temps sur 3DO en octobre 1995, Aqua-World s'est vu adapter sur Saturn l’année suivante et restera exclusif au Japon dans ses deux versions (je pensais d'ailleurs avoir la version 3DO dans mes tiroirs pour en faire une petite comparaison, mais finalement non).
C'est un soft plus ou moins multimédia avec un semblant de jeu qui nous attend.

Dix-neuf poissons de différentes mers et océans du monde répondent présents (alors pas complètement, il y a le dauphin qui est un mammifère marin et pas un poisson, mais dire 19 poissons me semblait mieux que 19 bestioles avec des nageoires).
Pour la précision, toutes les vidéos et images sont faites sur ordinateur, aucun poisson réel n'a ici été filmé dans son intimité à son insu.

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Trois modes bien distincts sont disponibles pour découvrir cette faune :

●Data Fish
●Mermaid
●Electric Blue

Data Fish présente chaque bestiole avec des nageoires (non mais voilà, poissons, c'est mieux en fait, il est pénible le dauphin à ne pas vouloir faire comme les autres) avec une fiche de ses caractéristiques, cinq images et une vidéo du spécimen sur 360°.
C'est propre, mais minimaliste et d'un intérêt plutôt limité.

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Et je vais tout de suite en parler, car c'est peut-être dans ce mode que c'est le plus mal pensé : l'ergonomie.
Il n’y a aucune indication à l’écran sur la fonction des touches (c'est surtout ça le souci) et forcément, ils ont ressenti le besoin de faire un peu « original ».
Avec A on lance le slideshow, avec B la vidéo 360° et avec C, on retourne en arrière.
Sur la page de sélection des poissons, il faut utiliser R pour afficher la page suivante, merci le livret de me l'avoir fait comprendre.

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Et sur le Main Menu, C lance le générique de fin, et ce même C nous fait sortir instantanément de n'importe quel mode, même celui dans lequel on joue (Mermaid).
Avoir la fonction des touches affichée aurait rendu cela tellement plus agréable moins pénible...


Mermaid quant à lui est le mode dans lequel on peut prendre le contrôle de n'importe quel animal parmi les 19 qui sont divisés en trois groupes (A, B et C), je suppose que ça doit séparer les poissons avec une certaine logique comme leur situation géographique peut-être, mais vu que le jeu ne le dit pas je ne vois pas pourquoi je devrais me compliquer la vie à vouloir comprendre un tel détail.

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On sélectionne celui qu'on souhaite contrôler ainsi que les figurants nous accompagnant, le décor et plouf, c'est parti.
Avec les groupes A et B (attention, j'explique tout le déroulement), la première phase consiste à manger cinq boulettes de nourriture qui apparaissent un peu partout dans un environnement à scrolling horizontal.
Une fois repu, une sirène (parce que pourquoi pas) apparaît et nous guide dans une nouvelle zone.
Cette fois, on est en vue de dessus et nos déplacements sont à 360° à la recherche d'une sorte de portail sous la forme d'une lumière verte.

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Alors attention à la (petite) crise de nerfs, il n’y a beau avoir aucun challenge, il y a un peu partout des murs invisibles sans AUCUNE raison (alors dans ma tête, il y a cinq lignes d'insultes là) et c'est absolument le summum du n’importe quoi niveau game design.

Dans la vidéo ci-dessous (vers 6:40), je me retrouve avec un mur invisible carrément dès le début de la partie.


Bref, on passe malgré tout à la phase 3 qui ressemble beaucoup à la première sauf qu'ici, on avance automatiquement et on doit éviter de rentrer en contact avec les autres poissons.
Si on touche un poisson, on retourne à la phase 2 et si on termine le niveau... On retourne aussi à la phase 2, ce n'est pas un mot qu'on met dans un test, mais permettez-moi de dire « lol ».

J'ai insisté un peu en terminant, je crois, cinq fois la phase 3 en me disant qu'il fallait peut-être répéter l’opération, mais c’est toujours pareil, ça n'a aucun sens et internet n'a pas su m'apporter une réponse, peut-être faut-il faire ça 10 fois ? 15 fois ? Un million de fois ? Je n'en sais fichtrement rien et je ne veux même plus en entendre parler.

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Et lorsqu'on sélectionne le groupe C (oui, on est toujours là-dessus), cette fois on doit manger 15 appâts et dans ce cas, on termine sur une vidéo et c'est... fini.
Ne me demandez pas la logique de la conception du truc, j'ai déjà passé beaucoup trop de temps là-dessus.

Electric Blue lui est beaucoup plus basique puisqu’ici, on a une vidéo d'une minute par poisson.
On a à disposition un lecteur permettant de programmer comme on le souhaite l'ordre des vidéos avec une fonction Repeat si vous souhaitez vous passer en boucle les 19 minutes disponibles.

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C'est toutefois du plein écran et d'une qualité très correcte niveau réalisation pour l’époque (avec la compression de la Saturn par contre) mais là encore, pourquoi faire au final ?

Si on aime les poissons et qu'on souhaite en savoir plus, ce ne sont sûrement pas des vidéos en CG d'une minute ne montrant rien de spécial qui pourraient motiver l'achat, on regarde une fois en se disant « ah ok » et voilà, on n'y retourne pas.


Pour finir, il y a aussi des options qui permettent de jouer un tout petit peu avec l’écran démo, mais ici aussi, c'est totalement anecdotique.
Je n'ai pas parlé de la bande son qui est tout à fait convenable sans plus.
 

Ok, il y a de bonnes intentions, les vidéos sont plutôt propres, les poissons bien réalisés, et en plus, c'est diversifié avec les trois modes.
Mais franchement, je n'arrive pas trop à cerner l’intérêt, alors que pourtant j'aime bien les poissons (et les dauphins).
En moins d'une heure (les trois vidéos montrent l’intégralité), on a tout vu et tout fait sans avoir pris de plaisir.

Pire, on a la sensation d'avoir jeté son temps par la fenêtre et rajouté 10 points de stress à ses statistiques grâce aux murs invisibles.
Alors, je le sauve quand même de la note minimale puisqu'il faut lui reconnaître un vrai travail fait dans la réalisation des CG, mais je ne trouve pas de quoi le repêcher au-delà de ça.

Compréhension du japonais : Inutile pour progresser et apprécier (enfin apprécier...)

Verdict

2

Points forts

  • Hum, bon les CG sont pas mal

Points faibles

  • La phase 2 du mode Mermaid
  • Un intérêt aux abonnés absents
  • Mais pourquoi en fait ?

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