Revue de Presse : Génération SEGA vol.1

Disponible depuis le 12 août 2021, Génération SEGA: Volume 1 des éditions Omaké Books de Régis Monterrin n'avait toujours pas sa petite critique sur notre site, et autant le dire tout de suite, c’était inacceptable !

Et c'est d'autant plus vrai que c'est celui-là même qui crie au scandale le responsable de ce papier en retard.
Oui bon alors pour me défendre, il a dans un premier temps fallu au livre qu'il arrive au Japon et qu'ensuite je trouve « mon » moment pour le lire.
Parce que oui, je l'attendais énormément cet ouvrage, et il était hors de question que j'en rush la lecture pour faire un papier le plus vite possible coûte que coûte, non, désolé, j'ai voulu le faire à mon rythme c'est tout.
Mais trêve de prétexte dont vous n'avez rien à faire, des histoires bien plus intéressantes nous attendent de toutes façons.


Régis Monterrin, je pense que vous devez tous le connaître grâce à ses articles sur internet et dans la presse papier, ainsi que pour ses livres comme Les Plus Grands Héros du Jeu Vidéo (Omaké Books), l'Histoire de Rare (Pix'n Love), l'Histoire de Donkey Kong (Pix'n Love) ou, nous concernant encore plus, l'Histoire de Sonic (Pix'n Love) en tant que co-auteur.

Je n'ose imaginer une réponse négative de votre part mais si c'est le cas, vous avez sûrement déjà croisé un certain Manga sur notre forum non ? Bon et bien c'est lui ! (Vous pouvez même trouver des articles signés de sa main chez nous ! :pub: ).
Fan de jeu vidéo ascendant SEGA fan, ce ne sont pas moins de 10 années de travail qu'il concrétise avec ce livre couvrant la genèse de la marque jusqu'à la Mega Drive.
Et les consoles suivantes ? C'est prévu pour le second volume qu'on peut espérer voir arriver avec un peu de chance fin 2022 mais ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui.


Dans la présentation de l'ouvrage sur le site officiel, on peut lire qu'il couvre une période allant de 1934 à 1991, mais en fait, Régis fait même commencer l'histoire encore plus en amont !

- Chapitre 1 : La genèse de SEGA

En effet, avant de parler du SEGA que nous connaissons, l'auteur nous remet dans le contexte de l’époque, et du chemin que va emprunter un certain Irving Bromberg dans les années 20, qui mènera à la naissance de « SEGA ».
Chemin sans surprise assez tortueux et absolument passionnant.
Je ne vais rien vous révéler, mais sachez que ce chapitre nous fait faire un voyage dans le temps absolument incroyable de précisions, de détails et d'anecdotes inédites (remarque qui s'applique pour tous les chapitres).

- Chapitre 2 : À la conquête du monde

On continue sur cette lancée pour aborder les années 70 avec ses machines électromécaniques et la rude concurrence de l’époque (ça ne change pas vraiment en fait).
Outre le fait d'en apprendre plus sur ces machines et sur la situation globale, on assiste au changement de SEGA et de ses nouvelles ambitions, comme celle de se lancer dans le high-tech.
Vous connaissez la SEGA Vision ? Non ? Et bien je vous laisse découvrir par vous-mêmes.
C'est aussi dans ce chapitre qu'est abordé l’ère SEGA/Gremlin ainsi que les arrivées d'Hayao Nakayama et Hideki Sato, ainsi que les premières 8 bits.

- Chapitre 3 : Le lancement de la Master System

La période 8 bits de SEGA, bien que passionnante, est souvent délaissée au profit de sa petite sœur 16 bits.
Mais pas ici : on se plonge dans l'histoire de la Master System, dans un premier temps au Japon, mais rapidement, le chapitre va se concentrer sur l'Occident et surtout, la France et la Belgique.
Cette période est plutôt nébuleuse et si, avant la lecture de ce livre, j'avais dû donner des détails, je n'aurais absolument rien pu répondre.

C'est l'occasion de rétablir certaines vérités notamment concernant Master Games et la distribution de la console.
Tout cela est d'ailleurs solidement étayé grâce aux interviews de certains acteurs clés de l’époque.
On savait que le cas de la Master System était complexe et effectivement, c’était un imbroglio sans nom.


- Chapitre 4 : La stratégie de la Mega Drive

Mega Drive et Game Gear au programme.
Comme pour les 8 bits de salon, on commence au Japon pour ensuite passer à l'Occident.
De nombreuses interviews nous détaillent notamment la sortie de la machine dans l'Hexagone ainsi que le fonctionnement global entre le Japon et l'Europe.
Une grosse partie se consacre aussi au marketing français qui depuis, est devenu culte.

-Le train SEGA de 1993

Je ne sais pas vous, mais c'est un de mes grands regrets (comme l'auteur).
Ce fameux train avait beau traverser la France, point de gare à proximité de chez moi pour y aller, je ne le connaissais qu'au travers des magazines...
Et bien ici on a le témoignage d'un participant qui s’était qualifié pour la finale à Paris, et c'est vraiment très sympa à lire.

On aurait juste souhaité plus de photos pour illustrer cet événement, mais je suppose que l'auteur n'en avait pas plus à disposition ou d'exploitables.
C'est bien le seul petit point négatif de ces 176 pages de toute façon (bon allez, je peux aussi dire qu'il a quelques fautes d’orthographe histoire de chipoter).


Il faut ajouter à cela une petite sélection de jeux en fin de chaque chapitre, d'ailleurs, concernant là première qui parle de machines électromécaniques, je me permets de vous laisser le test d'une machine du genre quasiment inconnue via ce lien.

Malgré une densité d'informations énormes, l'auteur a su trouver l’équilibre afin de rendre tout cela parfaitement digeste, facile et agréable à lire.
La mise en page qui ne fait pas dans l’esbroufe inutile est très bien équilibrée et joue aussi son rôle dans la fluidité de la lecture.

Bien entendu, tout est parfaitement sourcé (SEGA-Mag est dedans hein :cool:) et le cumul de 10 ans de travail explique le niveau qualitatif de l'ouvrage comme il est rarement possible d'en avoir.
Alors oui, je suis fan, j'ai appris énormément de choses accentuant encore plus mon amour pour SEGA et je n'ai qu'une hâte, que le second volume arrive au plus vite !

Si vous souhaitez parfaire votre connaissance sur la marque, ce livre est juste totalement obligatoire !
Concernant Régis, je n'ai qu'une chose à dire, « Ce gars, c'est plus fort que toi ».

L'avis de Shenron

Generation SEGA a plusieurs qualités rares : à ma connaissance, il s'agit du premier ouvrage qui prenne la peine d'expliquer, de façon claire et documentée, l'histoire mouvementée du SEGA des origines. On savait que la firme avait fait l'objet de multiples rachats, fusions, créations de filiales, rachats de fusions de filiales, filiales procédant à leur propre rachat... bref, c'était confus. Heureusement, la chronologie établie par Régis Monterrin explique les raisons de ces mouvements, en remontant jusqu'aux années 20, dans un récit passionnant. C'est à mon avis la meilleure partie du livre.

Son autre grande qualité, c'est de proposer, et cette fois-ci je suis à peu près sûre que c'est la première fois, l'histoire de la sortie des différentes consoles, de la Master System à la Game Gear, sur le sol européen, et plus particulièrement français. Car si on connait désormais dans le détail l'épopée de la Genesis, les conditions de distribution des consoles 8-bits, et de la Mega Drive en France, étaient largement inconnues du grand public.

C'est avec grand plaisir qu'on découvre les différents rebondissements de l'arrivée officielle de SEGA en France, avec ses acteurs plus ou moins organisés, ses enjeux logistiques, et les conséquences pour le public des choix opérés par tous les intervenants. Ajoutez à cela une iconographie riche sans être envahissante, et vous avez un ouvrage très agréable à parcourir.

Peut-être l'accent a-t-il été un peu trop mis justement sur le confort de lecture, au détriment de la rigueur bibliographique : si les sources sont bel et bien citées (et quelles sources ! ahem), on aurait apprécié la présence de notes de bas de page, pour pouvoir identifier précisément l'origine de telle ou telle information. En l'état, et sans remettre en cause le travail de documentation de Régis, on a du mal à distinguer ce qui relève de la citation pure, de la part de storytelling inhérente à ce type d'ouvrage.

On déplore également un certain nombre de coquilles et fautes d'orthographe, qui sont décidément systématiques dans les livres dédiés au jeu vidéo, toutes maisons d'édition confondues. Pas de quoi gâcher la lecture, loin de là (j'en ai relevé peut-être une vingtaine au total), mais c'est quand même dommage.
Cela dit, Generation SEGA, en plus d'être très agréable à parcourir grâce à son style fluide et sa mise en page soignée, est une mine d'informations inédites, et une véritable capsule temporelle dans les années 80 et 90. J'ai hâte de lire la suite, qui s'annonce tout aussi mouvementée, pour d'autres raisons !

Génération SEGA vol.1

  • Auteur : Régis Monterrin (son blog)

  • Éditeur : Omaké Books

  • 176 pages couleurs

  • Disponible en 2 versions :
    • Standard avec couverture souple.
    • Collector tirage limité exclusif au site de l’éditeur avec couverture cartonnée et jaquette or/argent ainsi qu'un marque-page exclusif.
  • Couverture souple (édition standard) cartonnée (édition collector)

  • Format : 16,2 x 22,9 cm

  • Acheter sur le site de l'éditeur (édition standard, 19,90 € TTC)

  • Acheter sur le site de l'éditeur (édition collector, 24,90 € TTC)

L'avis de Enkhyl:

Il y a parfois des sons, des images, des odeurs, qui vous rappellent votre enfance, votre adolescence, votre jeunesse, celle des années 80/90.

Ces madeleines de Proust, c’est parfois « Smell Like Teen Spirit » qui passe sur une obscure bande FM, c’est parfois l’odeur de l’essence aux abords d’une station-service qui remémore les grandes vacances d’antan et c’est parfois les images d’un vieux magazine que l’on feuillète, un vieux Joypad, Console +, ou Mega Force retrouvé au fond d’un carton.

On se souvient alors de sa vieille console noire, frappée du logo SEGA, suivit parfois des mots Power Base et souvent du fabuleux 16-Bit en lettre d’or.

Mon histoire d’amour avec l’ex firme de Haneda a commencée sur un malentendu.
En effet, je devais avoir 7 ou 8 ans et mon anniversaire approchait, mes plus proches amis avaient déjà leur console de jeu, la NES en l’occurrence, époustouflé par ce que je voyais s’animer à l’écran j’avais demandé pour comme cadeau une console de jeu, et je l’attendais avec impatience.

A cette époque on ne jouait pas à la Play ou à la Xbox, mais à la Nintendo ou à la SEGA, et ne sachant laquelle des deux choisir, ma maman me pris la seconde.

Quelle déception ce fut lorsque j’entrepris de déchirer le papier cadeau recouvrant le magnifique pack SEGA Master-System Plus, équipé de son Light Phaser et de ses jeux intégrés, quelle erreur de jugement aussi.

Ce fut le début de ma passion pour SEGA, pour ses jeux, ses machines et son esprit qui ne ressemblait à aucun autre au sein de ce qu’était alors le marché des jeux-Vidéo.

Je ne décrirais pas plus ici mon parcours de joueur, il suffit d'aller sur le Topic des présentations pour ça. Simplement, SEGA, ses consoles et ses jeux sont intimement liés à mon parcours personnel, m’accompagnant de l’école primaire, au Lycée en passant par le collège jusqu’à aujourd’hui.

J’ai été pour l’anecdote abonné du SEGA Club, de Mega-Force ou plus récemment et même si ça commence à dater, modérateur et rédacteur sur SEGA-Mag.com.

C’est ici que j’ai eu la chance de côtoyer au sein de la Team du site qui s’appelait Objectif-SEGA dès 2004 Régis Monterrin, auteur du livre aux éditions Omaké Books qui m’emmène à rédiger ces quelques lignes.

Toutefois c’est en lisant le magazine GameFan que je l’ai découvert, tout comme Florent Gorges, j’étais d’ailleurs, mais ils ne s’en souviendront probablement pas un contributeur actif des forums du magazine.

J’ai donc depuis toujours suivi ces deux personnages à travers leurs différentes productions, magazines, livres ou autres.

Jusqu’à ce livre que je tiens dans les mains et que je feuillète depuis quelques jours déjà.

Et à l’image de « Smell Like Teen Spirit », des vapeurs d’essence estivales, ou bien d’un vieux Mega Force, son contenu me fait revivre, me souvenir, me remémorer mon enfance, mon adolescence, ma jeunesse et à ce titre, je ne pourrais jamais remercier comme il se doit le travail de Regis et Florent, de révélations en souvenirs, d’enquêtes en témoignages, ce livre est celui d’une génération, de ma génération, la génération SEGA.
chaz, 21 sep 2021 - 11:40
Et bien quelles belles paroles mon cher Enkhyl, je m'y suis un peu retrouvé.
Merci à Manga ainsi qu'à l'équipe de SEGA-mag, cependant on ne vous remerciera jamais assez.
Je crois qu'on se retrouve tous un peu dans ce témoignage! Bon sang, qu'est-ce qu'elle me manque cette époque bénie : innocence, spontanéité, curiosité... Maintenant tout est formaté et froidement calculé (époque de m...e).

Sinon en lisant cette article, j'ai appris que chez SEGA, c'est le bordel total depuis la création de la boîte ! Moi qui pensais que ça n'avait commencé qu'à l'époque "mega cd/Saturn"... C'est un vrai miracle que la société soit toujours debout.