Test : Sonic & SEGA All-Stars Racing (Playstation 3)

Sonic & SEGA All-Stars Racing est le nouveau titre de Sumo Digital basé sur les héros de Sega. On retrouve l'un des studios occidentaux favori de Sega, qui a déjà réalisé de nombreuses conversions arcade par le passé (Outrun, Virtua Tennis 3). Après un premier titre entièrement nouveau où nos personnages préférés jouaient au tennis, cette fois-ci c'est de course dont il s'agit. Sumo réitère les promesses faites à l'époque pour Sega Superstars Tennis, à savoir un contenu qui fera plaisir aux fans et un gameplay arcade accessible et riche. Le contrat est-il rempli ?

Sega Superstars Racing

S&SASR (nous utiliserons cette abréviation pour la suite du test) emprunte beaucoup aux grands classiques de jeux des course que sont Mario Kart et Crash Team Racing. L'idée est très simple : proposer des environnements colorés pour y faire courir des personnages connus dans de vrais petits bolides. On ajoute à cela des objets en grand nombre pour mettre le bazar dans le peloton, et on obtient un jeu fun, décomplexé et prétexte à des soirées bien déjantées.

Cette recette, S&SASR se l'approprie avec succès et la ressert à sa sauce. Il faut dire que les développeurs de chez Sumo Digital sont des habitués des jeux de courses, domaine qu'ils maîtrisent à la perfection. Avec leur passif important sur la série Outrun (entre autres), il ne faut donc pas s'étonner de retrouver un gameplay tout en dérapage qui rappelle fort cette grande série de Sega. Car S&SASR est un jeu nerveux et très rapide.

Les contrôles sont d'ailleurs très simples. On peut accélérer, déraper et utiliser les objets. Soit trois touches en plus des directions. L'accessibilité est définitivement de mise, mais cela ne veut pas dire que le gameplay n'est pas riche. Souvent ce sont les titres les plus faciles à jouer qui sont aussi les plus techniques. Ainsi les possibilités offertes in-game sont nombreuses : on pourra en effet faire des turbos dans de très nombreuses occasions. Tout d'abord le système de dérapage permet d'accumuler jusqu'à trois niveaux de turbo selon la longueur du dérapage. On verra la flamme qui sort du pot d'échappement passer du bleu, au jaune et enfin au rouge. Une fois la touche de dérapage relâchée, le véhicule sera bien plus rapide l'espace de quelques secondes. Des turbos, on pourra aussi en faire en l'air en effectuant des figures (avec la touche de dérapage). Là aussi le nombre de figures modifiera le niveau du turbo (jusqu'à trois). Enfin les motos pourront effectuer des figures au sol, dans les lignes droites, en tapotant haut puis bas. Elles pourront faire de petits turbos grâce à ce système.

Faire des turbos ne suffira pas à gagner les courses. Il faudra en effet prendre des trajectoires impeccables, la moindre collision entrainant une perte pure et simple du turbo accumulé jusqu'alors. De la même façon une mauvaise réception d'un saut fera perdre les turbos gagnés grâce aux figures. Il ne faut donc pas être trop gourmand et éviter de faire des figures trop tard. Des flèches larges et violettes sont disposées à même le sol, et permettent d'effectuer un turbo. C'est alors qu'on réalise petit à petit l'intelligence dont ont fait preuve les développeurs dans la construction de chacune des 24 courses proposées par le titre.

Un level-design qui impose le respect

Dans S&SASR le gameplay se porte avant tout sur la conduite. Bien conduire est nettement plus important pour gagner que de bombarder les adversaires avec divers projectiles. Et pour cause, la vitesse gagnée avec les turbos peut et doit être entretenue, ce qui amène à effectuer sans cesse des tours encore plus parfaits. Le joueur se retrouve pris dans cet engrenage qui oblige à jouer sans cesse mieux dans le but d'aller plus vite, plus longtemps. Ainsi un turbo de niveau 3 peut-être entretenu grâce à de petits turbo de niveau 1. Par exemple à la sortie d'une grande courbe, on sera tenté de faire de petits turbos tout de même pour conserver notre vitesse. Éventuellement, on atteindra un turbo au sol pour l'entretenir encore plus longtemps, et repartir sur un petit turbo de niveau 1 etc... Le joueur saisit alors que les tracés n'ont pas été faits au hasard et les exploiter parfaitement est un véritable régal.

La longueur des circuits est très bien dosée. Certains du début sont un petit peu courts, mais pas inintéressants pour autant. Le premier circuit comporte d'ailleurs deux sauts très bien cachés dès le début de la course, et qui permettent de gagner beaucoup de temps. Un tour dure entre 40 secondes et 1 minute 20 secondes selon le circuit. Un autre aspect du level-design forcera le respect : ce sont les environnements.

Sumo Digital a créé ses tracés dans six univers distincts. On trouvera du Sonic, Billy Hatcher, Jet Set Radio, Curien Mansion (House of the Dead), Samba de Amigo et enfin Monkey Ball. Dans un premier temps on pourrait penser seulement 6 environnements ? Mais il n'en est rien, chaque circuit d'un même jeu est très différent des autres. C'est ainsi qu'on se retrouve avec un niveau volcanique pour Billy Hatcher qui ferait penser à s'y méprendre à du Golden Axe. En alternant les lieux, les périodes de la journée, Sumo Digital propose au final 24 circuits variés. On n'a jamais le sentiment de faire deux fois la même course. La diversité est de rigueur, et c'est très agréable.

Certains circuits ont retenu mon attention, notamment ceux de la licence Monkey Ball avec leurs virages à angles droits et leurs environnements tous différents (une jungle, un désert et un océan avec un bateau). Le niveau dans le désert, nommé Désert du Pharaon, propose un tracé très complexe, technique et une marge de progression extraordinaire pour ceux qui veulent se perfectionner. On retrouve ce genre de feeling dans tous les circuits. Ces derniers possèdent des raccourcis, ou plutôt chemins alternatifs. Ils ne déséquilibrent pas les parties, même si lorsque l'on cherche à effectuer des chronos on finira par opter pour le meilleur passage à chaque fois. Les raccourcis ne sont d'ailleurs pas tous simples à prendre, notamment ceux de l'Arsenal Démoniaque (un circuit qui se déroule dans l'environnement de la forteresse d'Eggman) où deux sauts sont possibles mais requièrent une bonne dextérité pour être pris, puisqu'il faudra utiliser des turbos de niveau 2 que l'on doit charger plus ou moins en ligne droite. Au final Sumo Digital propose des tracés et une conduite parfaitement complémentaires, et on ne retrouve pas les problèmes que l'on pouvait par exemple voir dans les Sonic Riders. Ici le joueur est parfaitement maître de la situation, et il n'y a pas un seul passage que l'on ne puisse pas bien gérer.

Un petit trip old-school

S'il est difficile de satisfaire tous les fans de Sega (les licences sont tellement nombreuses !), Sumo Digital aura tout de même réussi à proposer un contenu plus riche que dans leur précédente production du genre (Sega Superstars Tennis). Sur PS3, on trouve donc 20 personnages tirés de divers jeux Sega. En voici la liste :

Sonic, Tails, Amy, Knuckles, Eggman, Shadow, Big de Sonic the Hedgehog
Aiai de Super Monkey Ball
Billy Hatcher
Amigo de Samba de Amigo
Ulala de Space Channel 5
Beat de Jet Set Radio
B.D. Joe de Crazy Taxi
Zobio & Zobiko de House of the Dead
Ryo de Shenmue
Akira & Jacky de Virtua Fighter
Les Chuchus de Chu Chu Rocket
Les Bonanza Bros
Alex Kidd
Opa Opa de Fantasy Zone

Hormis toute la clique venue de la série des Sonic, on a un seul personnage par licence, ce qui fait au final bien plus de jeux représentés (alors que SST nous les servaient par paires). On notera également que Nights est présent dans le titre en temps que flagman. Un ajout fait par Sumo Digital suite aux nombreuses demandes des fans. Les plus anciens pourront se réjouir de la présence des Bonanza Bros. ou de Opa Opa, tous deux sortis de jeux cultes en arcade.

Les divers personnages possèdent chacun leur propre véhicule, et donc leurs caractéristiques propres. Certains personnages qui ont des véhicules proches ont d'ailleurs les mêmes caractéristiques (c'est le cas de Ryo et Shadow, tous deux sur une moto). D'une manière générale on observera les types de véhicules suivants :

Les motos(Ryo, Alex Kidd, Shadow) : elles accélèrent vite, tournent très bien, peuvent faire des figures au sol et ont le turbo qui se charge très rapidement.

Les voitures classiques (Sonic, Bonanza Bros., B.D. Joe, Beat) : ce sont des véhicules équilibrés. On notera que Sonic possède un avantage important avec un Turbo très puissant, en faisant un personnage privilégié pour les chronos.

Les véhicules lourds (Eggman, Akira & Jacky, Zobio & Zobiko, les Chuchus) : ces véhicules ont une vitesse de pointe importante et un turbo puissant, mais ils accélèrent lentement et les turbos sont longs à charger. De plus ils tournent moins bien.

À cela s'ajoute le fait que certains véhicules volent, ce qui leur confère une inertie importante. Ils sont plus délicats à contrôler mais tout aussi intéressants que les autres. Il faut donc essayer chaque personnage pour voir ceux avec lesquels on s'en sort le mieux. De plus selon les circuits certains véhicules seront plus pratiques que d'autres pour ce qui est de faire des chronos.

Du côté des modes de jeu, on trouve le grand-prix classique, décomposé en six coupes de quatre circuits chacune. Un mode mission propose 64 petits défis, et un système de notes. Pas de grosse difficulté ici, les défis se résument à des choses simples, comme rattraper un concurrent, faire des dérapages, passer dans des portes etc... Le mode chrono est particulièrement bien fait. On accède aux temps mondiaux, et l'on peut visionner les fantômes des meilleurs joueurs pour essayer de les battre. Il y a également des fantômes faits par les développeurs, mais ils sont très simples à battre, probablement car ils ne voulaient pas proposer quelque chose de très difficile à ce niveau là.

Pour le multijoueurs, on pourra jouer en écran splitté ou en ligne. L'écran splitté propose du jeu jusqu'à quatre à la fois. À deux joueurs, le champ de vision est très large (panoramique) ce qui compense bien la réduction de taille. À trois ou quatre en revanche, il faudra faire avec un écran tout petit. Les ordinateurs sont présents, rien n'est tronqué pour le multi en écran splitté ce qui est un plus indéniable. On notera la présence de trois arènes et de quelques modes de jeux spéciaux :

Combat : on doit faire perdre leurs vies aux adversaires.
Capture le Chao : il faut attraper un gros chao et le ramener à un endroit.
Collecte : il y a sept émeraudes. Chaque seconde qui passe rapporte des points en fonction du nombre d'émeraudes que l'on possède.
Roi de la colline : il faut rester dans une zone et chassant les autres joueurs.
Élimination : une course normale mais avec le dernier joueur éliminé régulièrement.

Ces divers modes ne sont pas transcendants, d'autant plus que les arènes sont assez basiques. Cela dit ils conviennent bien aux soirées où le bordel est de rigueur. Il n'y a pas d'ordinateur pour les modes de jeu en arène.

Pour le jeu en ligne, on rejoint tout simplement une partie existante et on joue. Tout se déroule sans problème, on constate bien sûr que certains ont des soucis de lags parfois ce qui fausse un peu le jeu, mais on ne peut rien y faire. Pour créer une partie c'est là aussi très simple. On définit les paramètres voulus (présence ou non des obstacles sur la piste car il y en a beaucoup de base, présence des ordinateurs et difficulté, objets simples complets ou sans, nombre de tours). Ces paramètres sont modifiables pour le jeu en solo aussi. Choisir les objets simples permet d'enlever les All-Stars moves, qui sont des super attaque dévastatrices propres à chaque personnage. Du côté des objets, on trouvera des missiles à tête chercheuse, des turbos, des bombes, des gant de boxe qui foncent tout droit, une étoile qui retourne l'écran, un énorme missile que l'on déclenche manuellement, des mines, un bouclier, un klaxon. Certains objets viennent par trois, et on peut utiliser les trois d'un coup en maintenant la touche.

Un sans-faute ?

Avec S&SASR, Sumo Digital signe sans conteste l'un de ses meilleurs titres pour Sega, peut-être même le meilleur tout simplement. Cependant le jeu n'est pas exempt de défauts, le premier étant les baisses de framerate. On peut les observer dans certains environnements en particulier (Curien Mansion, forteresse d'Eggman), à des moments précis. Elles restent très acceptables, et sont ponctuelles. En écran splitté, la fluidité n'est pas toujours de rigueur et les parties sont assez délicates, en particulier pour les débutants qui découvrent les tracés dans ces conditions. Les débutants ont également des difficultés avec la conduite sur les tracés les plus compliqués qui requièrent un peu plus que de simples dérapages pied au plancher. Jouer un peu en solo est donc une étape indispensable pour bien s'en sortir.

L'IA sans être extraordinaire s'en sort très bien. Il faut dire qu'elle compense ses faiblesses par un système de Rattrapage (que l'on peut désactiver). Elle a en effet du mal à éviter les obstacles présents sur la route (zombies, robots etc...). Ainsi dans les circuits sans obstacles elle sera très performante tandis que dans les autres elle aura plus de mal à suivre. D'une manière générale elle est coriace et conduit très bien, et ce même en niveau Confirmé (qui équivaut au Normal). On ne s'attardera pas trop sur les contrôles aux sixaxis, qui même s'ils répondent bien, trouvent très vite leurs limites lorsque l'on essaye d'être très précis.

Enfin un dernier mot sur la bande-son, qui comprend 40 titres issus des jeux utilisés pour les tracés. On retrouve du Sonic de toutes époques (Sonic CD, Sonic Adventure, Sonic Heroes, Sonic R etc...), ainsi que les thèmes classiques de Monkey Ball, House of the Dead, Samba de Amigo etc... Elle est très réussie et les morceaux choisis collent parfaitement aux environnements. Le joueur a le choix entre plusieurs pistes au début de chaque course, ce qui permet de varier les plaisirs. Par contre en ligne, on ne peut pas choisir sa musique, dommage. On notera également la présence d'un commentateur (en français) que l'on peut désactiver. Les voix des personnages étant anglaises. On oubliera également rapidement le thème de fin...

Sumo Digital propose avec S&SASR un excellent titre pour la PS3, seul dans son domaine (pour l'instant). Le titre allie un gameplay nerveux et rapide inspiré en partie d'Outrun et des classiques du genre (Mario Kart, Crash Team Racing), et des tracés conçus avec énormément de soin. Le contenu est important, avec 20 personnages et 24 circuits qui font honneur au passé de Sega. Du côté des modes de jeu, là aussi on trouve tout ce qui est nécessaire, avec un solo convenable, du multijoueurs en écran splitté et du jeu en ligne de qualité, avec notamment la sauvegarde des fantômes des records mondiaux en contre la montre. Au final la seule ombre qui ternit un peu le tableau est la présence de légères baisses de framerate, mais qui sont loin d'être très pénalisantes pour le joueur. Ceux qui recherchent un jeu de course fun savent désormais vers quel titre se tourner sur PS3.

Suite à la mise à jour 1.01, les problèmes de framerate ont été réglés.

Verdict

9

Points forts

  • Gameplay impeccable
  • Level-design soigné
  • Beaucoup de contenu
  • Online de qualité
  • Bande-son

Points faibles

  • Quelques baisses de framerate (patchées depuis)
  • Arènes et missions par très intéressantes
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Playstation 3 8.5 4

Commentaires

merci pour le test. La note ne m'étonne pas : j'ai DL la démo et il est clair qu'il semble vraiment très bon. Mais, il attendra un peu, il n'est pas prioritaire sur la liste d'achats ;)
Rage, 03 mar 2010 - 12:53
Excellent test!! Intéressant à lire en plus.

Pour les versions 360 et surtout Wii ou DS pas besoin de se prendre la tête, la méthode GK est excellente!
Je viens de lire tous le test et bordel... Je vais devoir aller l'acheter cette semaine.Gros coup de gueule tous ces bons jeux^^
Craby, 03 mar 2010 - 2:54
09/20 c'est un peu rude je trouve. Certes le jeu a des défauts, mais il méritait au moins un 15. Je reconnais bien là le niveau d'exigence, le perfectionnisme et la subjectivité de Cireza.
bko, 03 mar 2010 - 9:03
Très bon test, clair et complet, ca change des torchons qu'on a pu lire ! Par contre je trouve la note un peu trop haute.
Craby: lol
Un peu comme bko je trouve la note importante, mais une fois la manette en main je changerai peut être d'avis, vu que finalement il a l'air particulièrement bon... Par contre je suis un peu déçu du mode multi, il semble moins sympa que celui de mario kart...
Je suis tout de même impatient de l'essayer.
Merci pour le test complet.
Craby : t'as décidément du mal on dirait. Sinon à part la note, tu as essayé de lire le test ? Tu sais le message qu'il véhicule, au delà de la note, c'est que le jeu est très bon. Peut-être réussiras-tu à comprendre ça. Ou pas...
yohko kurama, 03 mar 2010 - 4:24
En attendant, je ne fais qu'attendre mon jeu moi... Bordel il est de l'autre coté de la manche. :NRV:
chaz, 03 mar 2010 - 10:50
Entièrement d'accord avec le test, et pour ceux qui le comparent à mario kart, même s'il s'agit évidemment d'un jeu du même genre, le type de gameplay est totalement différent. Sasr est un jeu grisant, extrèmement fun et très facile à prendre en main, tandis que mario kart mise plutôt sur la convivialité avant tout (je trouve que la conduite importe moins sur les courses que les objets), avec une conduite toute aussi simple mais différente.