Test : Phantasy Star Universe (Xbox 360, Windows)

Nous étions en 2001. Souvenez-vous : les habitués de Sega que nous sommes avaient acheté le magazine officiel Dreamcast, et nous découvrions ce qui constituait un véritable trésor de l'online sur Dreamcast : Phantasy Star Online. Chaque héros, chaque aventure, étaient uniques, et chacun allait se créer de magnifiques souvenirs face à un redoutable Dragon, ou connaître une amère défaite contre un gigantesque serpent appelé De-Rol-Le, rencontré dans les canalisations de la planète Ragol. Phantasy Star Online marqua toute une époque grâce à un gameplay orienté action jamais vu dans un autre MMORPG, une communauté formidable et des fonctionnalités originales et bien conçues, en passant par la création du personnage et les multiples possibilités de communication online. Et si Phantasy Star Universe arrive à point nommé sur nos consoles, qu'elles soient next-gen ou pas, cela reste un peu la promesse du plaisir d'antan restitué intact, et transcendé.

Les prémices d'une nouvelle histoire

Il y a quelques semaines, je faisais partie des "Hunters" ayant eu l'honneur de découvrir en avant-première mondiale Phantasy Star Universe sur Xbox 360. Au cours d'une preview assez longue, je vous avais fait partager mes impressions, et mon optimisme pour l'imminente version finale car la partie online que j'avais découverte était tout simplement béton. Si je reviendrai en détail sur la partie online, car il y a énormément de choses à en dire, je tiens tout d'abord à me consacrer à l'offline, qui se décompose en deux modes différents : le mode Histoire entièrement scénarisé, et le mode Bonus, digne successeur de l'offline classique que nous connaissons tous des Phantasy Star Online précédents.

épisode 1 : Phantasy Star Offline

La partie offline de Phantasy Star Universe nous met dans la peau d'Ethan Waber, un jeune chasseur. Face à la menace des SEEDS, des créatures extra-terrestre qui ont commencé à envahir le système solaire, le joueur se retrouve plongé au coeur du conflit. Ethan doit dans un premier temps réussir à délivrer sa soeur, capturée durant les évènements. Les évènements s'enchaînent, et les chapitres (au nombre de 12) défilent à un rythme soutenu, tout en permettant au joueur de s'initier lentement aux nombreux aspects du jeu. Les mises en scènes sont très convaincantes, au même titre que les doublages, particulièrement réussis. Le jeu adopte une progression linéaire parsemée de cut-scènes, et l'ensemble est plutôt agréable.

On apprécie tout d'abord de retrouver l'univers de Phantasy Star, une fois de plus restitué avec une grande maîtrise. Le système solaire de Gurhal accueille en son sein trois planètes : Parum la planète des Casts, Neudaiz la planète des Newmans et Moatoob la planète des Beasts. à ces trois planètes s'ajoute la Colonie des Guardians, peuplée essentiellement d'Humains. Cela fait un total de quatre villes principales, chacune étant caractéristique de la race qui l'habite. Ainsi on retrouvera sur Parum une ville très futuriste comme on en a déjà vu dans les autres Phantasy Star, Moatoob adopte des décors désertiques avec de grandes cheminées crachant des flammes et enfin Neudaiz est un hymne au poétique avec sa symbiose parfaite entre ville futuriste et traditionnelle nippone. Les environnements que l'on est amené à traverser ont subi le même traitement, et se déclinent selon plusieurs variantes fort agréables à l'oeil, mon coup de coeur restant le temple entièrement gelé sur Neudaiz.

Un gameplay remis à neuf

Pour être direct, la Sonic Team a très clairement décidé de rebâtir le système de jeu à la racine. On a le sentiment de se retrouver face à un jeu proposant les mêmes mécanismes que les anciens Phantasy Star Online, mais entièrement remis au goût du jour. Cela se ressent par la grande fluidité des déplacements et des attaques. Tout se réalise avec une aisance, une souplesse, qui renvoie directement les autres MMORPG au rang de jeu de plates-formes en 2D. Phantasy Star Universe propose effectivement un gameplay typique d'un bon jeu d'action, mais cela il le propose online. On est donc très très loin des standards que l'on connaît, sur PC entre autres, où "Je déplace mon personnage", "Je clique sur l'ennemi" et "Je lui envoie mes sorts avec mes raccourcis clavier".

Tout est géré de manière totalement dynamique. Mettez un coup, sans pour autant locker de cible, et si ce dernier touche l'ennemi, alors il subira les dégâts. On se retrouve donc à se jeter au coeur des monstres, distribuant les coups de tous les côtés. Un gameplay de contact extrêmement précis et redoutable d'efficacité : cela ne fait aucun doute, on a là du grand Phantasy Star Online. Cette gestion des collisions peut sembler "accessoire" et pourtant, très peu de MMORPG en propose tout simplement à cause des problèmes de latence inhérents à l'internet. C'est d'ailleurs cet élément qui fait que certains lags en mode online nous donnent l'impression que les autres joueurs tapent dans le vide.

Le jeu propose désormais un nombre de nouveautés vraiment colossal. Je pense tout d'abord au nouveau système de maniement des armes. Le personnage peut désormais équiper une arme dans chaque main, ou opter pour une arme à deux mains, ou encore une paire d'armes à une main. Les combinaisons sont multiples, on notera les combos "dague + pistolet" ou encore "sabre + pistolet" toutes les deux d'une grande efficacité. Un nouveau menu rapide a fait son apparition et on peut y stocker nos différentes armes, afin d'en changer dans le feu de l'action. Dans ce même menu on pourra également mettre des objets de soins, afin que l'utilisation soit rapide et efficace. L'ensemble est nettement meilleur que les menus rapides des précédents PSO.

Le jeu s'est également enrichit d'un système de super attaques franchement sympathique. On peut désormais apprendre des super attaques que l'on associe à nos armes. Chaque type d'arme possède ses propres super attaques qu'il faudra acheter, apprendre et enfin associer à l'arme. Chaque utilisation d'une super attaque réduira les points PP de l'arme. Il s'agit d'une barre d'endurance pour les armes, elle remonte progressivement (on peut également la recharger dans des points dédiés à cela). Les armes de distance utilisent des PP pour chaque tir et profitent maintenant d'une vue subjective (que l'on est pas obligé d'utiliser cependant). Un lock-on est disponible de même que des déplacement latéraux très pratiques. Enfin, les Force associeront leurs Techniques à leurs armes à la façon des super attaques, à la différence près que les armes des Force peuvent accueillir plusieurs Techniques à la fois. Les super-attaques se déclinent selon plusieurs niveaux au fil de leur utilisation.

Désormais il est possible de s'orienter dans un des trois styles de jeu : Hunter, Ranger ou Force. Ces choix ne sont plus effectués à la création. Il s'agit maintenant de classes dont on peut changer en allant à un guichet dans la ville. La classe influe sur les armes que l'on peut équiper. De l'expérience sera accumulée pour la classe choisie après chaque mission, et on pourra ainsi monter de niveau avec le temps. Les missions utilisent un système de notation dépendant du temps mis et du nombre de personnages morts durant la mission. De cette note découle une récompense en Mesetas (la monnaie de Phantasy Star) et en expérience de classe, et parfois quelques objets données par vos coéquipiers.

Le personnage dispose également de sa propre chambre qu'il pourra décorer à volonté grâce à des objets de décoration. Il sera également possible d'aller dans des magasins pour acheter des décorations ou de nouveaux vêtements. Le joueur possède aussi un petit robot dans sa chambre qui fait office de Mag. Ce petit robot peut être nourri, et cela lui permettra d'évoluer dans diverses compétences. Le robot (que l'on peut d'ailleurs nommer en mode online, ce dernier s'appelant Pete en mode Histoire) permettra également de synthétiser des objets. Pour cela, il faudra tout d'abord trouver des cartes de synthèse, qu'il faudra donner au robot. Une fois la carte insérée, il sera possible à condition d'avoir les ingrédients nécessaires de synthétiser un objet. Cette opération peut être instantanée tout comme elle peut prendre plus d'une heure, tout dépendra de l'objet synthétisé (en mode Histoire, cette opération est systématiquement instantanée). Il est également possible de stocker des objets dans un coffre afin de procéder à des échanges avec d'autres personnages en mode online. Enfin, et c'est d'ailleurs ce qui surprend le plus, le robot pourra évoluer vers une forme humaine, et rejoindre le joueur pendant les missions (il devient un personnage à part entière qui est contrôlé par la console) !

Le mode Histoire se laisse parcourir tranquillement, et gagne en richesse au fil des chapitres. Des missions secondaires deviennent disponibles au fil de la progression, ainsi que divers personnages. Certaines scènes du jeu sont assez drôles, notamment celles qui font intervenir le gang de voyous qui ne cessent de se ridiculiser. Le scénario comporte également son lot de surprises. Les bots quant à eux ne brillent pas par leur efficacité : lents, tardant sans cesse à rejoindre le héros, et mourant fréquemment, ils font davantage office de boulets que de réel soutien, même si parfois dans un éclair de génie ces derniers réussissent à vous soigner avec un Resta . Enfin le mode Histoire, en plus de proposer nombre de cut-scènes, est complété par des scènes cinématiques très réussies.

Le mode Bonus

Ce mode fait en réalité office de mode offline. On peut y créer son personnage et y jouer comme on le ferait en mode online, enfin presque. Pour débloquer ce mode, il est nécessaire d'avancer jusqu'au chapitre 5 dans le mode Histoire. Une particularité est que des personnages contrôlés par la console pourront venir vous accompagner au cours de vos pérégrinations solitaires. Cependant ils ne sont guère plus intelligents qu'en mode Histoire.

Le système de création de personnage est devenu un outil très puissant et inégalé. On commence tout d'abord par choisir la race de son personnage parmi les quatre disponibles. On pourra jouer un Humain, un Newman (les créatures créées par la Bio-Technologie , Nei ou Rika étant les plus célèbres), un Cast (qui sont les androïdes) et enfin les Beast (la nouvelle race introduite dans cette épisode) qui sont des hommes-bêtes rappelant quelque peu les Motaviens pure souche des tous premiers Phantasy Star.

On est ensuite amené à choisir le sexe du personnage, puis les menus de personnalisation apparaissent, et là, c'est bluffant. Le degré de détail atteint des sommets. On peut choisir son visage parmi un nombre important de visages différents (de tous les âges, tous les types) et ensuite le modifier dynamiquement grâce à une petite grille pour ainsi opter pour un air grave, sérieux ou encore proche d'un manga avec de grands yeux. La couleur des yeux est également modifiable, tout comme le type de pupilles. Le teint de la peau, la taille, la corpulence jusqu'aux vêtements du personnage, tout peut être personnalisé. Les races possèdent aussi leur particularités, comme les Cast qui une fois le niveau suffisant atteint pourront invoquer temporairement des armes gigantesques, ou encore les Beast qui pourront se transformer en des monstres enragés.

Le mode Bonus n'est pas tout à fait un mode online en offline. Le joueur ne peut effectuer que les missions libres qui existent dans le mode Story. La croissance en expérience est également plus rapide, tout comme dans le mode Histoire. La Sonic Team a voulu favoriser le côté agréable du mode au détriment du côté Hardcore en laissant ces petites améliorations disponibles en mode Story. Ce qui choque un peu en mode offline (que ça soit le mode Story ou Bonus), c'est que la recherche des objets rares est quasiment inexistante. On se cantonne à acheter les objets dans les magasins (ces derniers proposent d'ailleurs des objets de rang S avec le maximum d'étoiles pour des sommes exorbitantes à la fin du jeu) ou parfois à les synthétiser nous même. Jamais les ennemis ne m'ont droppé un item ultra rare. On a même l'impression que le contenu des caisses dans les zones d'exploration est très clairement fixé. Pire encore, les missions ne durent que 10 à 15 minutes, et on se retrouve donc à les enchainer. En bref : ça n'est pas brilliant. L'intérêt est très limité et on est loin des raids de quatre heures dans Ultimate Ruins alors que l'on avait pas le niveau. Franchement dommage.

épisode 2 : Plongeon dans la matrice...

Je vous ai longuement présenté la partie offline et les particularités du gameplay. Du côté de l'online, les nouvelles fonctionnalités sont multiples, et l'ensemble du jeu est hautement sécurisé. Tout démarre par la création d'un personnage, à l'instar du mode Bonus. Je ne vais pas revenir sur les nombreux paramètres de la création. En revanche, on constate que les personnages ne peuvent être transférés du mode Bonus à l'Online. évidemment il s'agit là d'un choix de sécurité pour éviter les nombreux problèmes qui avaient existé par le passé dans le premier PSO, désormais les personnages sont stockés sur des serveurs, comme dans tout MMORPG qui respecte.

Introduction aux nouveautés

Le jeu online a beaucoup gagné en fonctionnalités. Si le principe reste celui des précédents PSO, à savoir rencontrer des joueurs en ville puis partir en mission, c'est tout un ensemble d'interactions qui ont été rajoutées au jeu, et qui le rendent vraiment très agréable à prendre en main. La première, et l'une des plus importantes, est sans conteste la gestion intuitive des groupes. En s'approchant d'un autre joueur, un curseur le met en surbrillance, il devient alors possible en appuyant sur A d'ouvrir une fenêtre d'interactions. On peut entre-autres proposer un échange d'objet (sur lequel je reviendrai), envoyer sa carte personnelle (la fameuse Guild Card des précédents PSO) ou encore inviter le joueur à rejoindre le groupe.

Le joueur recevra donc l'invitation et pourra l'accepter ou la refuser. La personne ayant créé le groupe en devient le leader, ce dernier possède divers droits. Il peut entre autre choisir des règles de partage des objets, ou encore kicker un joueur pénible. C'est une très bonne chose d'avoir rajouté ce genre d'actions, car elles offrent un minimum de pouvoir aux joueurs afin que ces derniers puissent se débarrasser des troubles fêtes. Une autre fonctionnalité majeure sur Xbox 360 est bien sûr la communication avec le casque-micro. Cette dernière n'est possible que dans un groupe. Il suffit de brancher le casque, et tout marche comme sur des roulettes. La qualité globale du son est bonne, même si par moment on a un peu de mal à se comprendre. Articuler comme il faut est donc de rigueur mais globalement on a le sentiment que la communication avec le casque-micro pourrait être un peu meilleure.

Les Guild Card offrent désormais quelques actions sympathiques, dont la plus importante : inviter le joueur à rejoindre un groupe, où qu'il soit. C'est diablement efficace, car une fois le groupe créé, on peut savoir en temps réel où se trouve chaque membre du groupe. De plus, les Guild Card permettent de savoir si le joueur est en ligne ou pas. Donner sa Guild Card à ses collègues de jeu est donc indispensable, tout comme ça l'était sur PSO. Phantasy Star Universe regorge de fonctionnalités qui le rendent très aisé à prendre en main, et qui permettent de ne pas perdre de temps sur ces détails parfois pénibles dans les autres MMORPG. Et il s'agit là d'une réelle performance sachant que tout le jeu se joue à la manette, le clavier étant devenu obsolète grâce au casque-micro.

Du côté de la communication

Phantasy Star Universe propose donc un système de communication avec le casque-micro de la Xbox 360. Cependant il reste possible d'utiliser un clavier virtuel en appuyant sur la touche Back. Ce clavier est exactement le même que dans PSO. Désormais, les touches F1 à F12 permettent de stocker des raccourcis, et sont accessibles très rapidement par une simple pression sur la flèche gauche de la croix directionnelle. Il est bien évidemment possible de personnaliser ces raccourcis, bien que de base ces derniers soient déjà réglés avec des messages toujours utiles.

Le jeu a perdu son système de phrases pré-construites qui se traduisaient automatiquement dans la langue des autres joueurs. Une perte un peu dommageable tout de même car elle offrait un certain confort de jeu (création de phrase rapide même à la manette, phrases compréhensibles à défaut d'être parfaites, possibilité de parler facilement avec des joueurs japonais). Le jeu a également perdu ses petites bulles qui faisaient office d'émotions. En revanche, il incorpore un nouvel élément qui vient pallier à cette absence puisque désormais, lorsque l'on dit quelque chose en utilisant le clavier, il est possible d'attribuer une expression au message, et le visage de notre personnage apparaît sur le côté de l'écran affublé de l'émotion en question. Cela permet non seulement d'exprimer une émotion, mais cela peut aussi laisser libre cours à des remarques bien ironiques, voir comiques.

Sécurisé à l'extrême

La Sonic Team n'a clairement pas voulu répéter les erreurs du passé. Plus de duplication d'objet, plus d'édition d'objet, plus d'édition de sauvegarde. Si la première norme prise est de stocker les personnages des joueurs sur des serveurs, deux autres mécanismes sont maintenant hautement sécurisés. Le premier concerne l'échange d'objet, et le second l'amélioration d'objet. Pour l'échange d'objet, il faut s'approcher du joueur et lui proposer un échange d'objet. Un serveur dédié est alors contacté et prend les choses en mains. Après quelques secondes, les fenêtres d'échange apparaissent. Une fois les objets de l'échange sélectionnés, le serveur procède à l'échange. On ressent clairement l'aspect sécurisé de la chose dans le jeu. Pour l'amélioration d'objet, il en est de même. Un serveur est contacté afin de procéder à l'amélioration et de déterminer les probabilités de réussite et d'échec de l'amélioration.

Une autre philosophie du jeu online

Lors d'une partie online, le joueur débute dans sa chambre avec la possibilité de suivre un didacticiel lui apprenant les bases du gameplay. Ce qui aura sûrement déjà été fait en mode offline. Une fois ce didacticiel passé, il est possible de rejoindre la première ville, dans la colonie. Le jeu adopte un système de missions. On peut donc créer une équipe et choisir une mission, ou bien rechercher une mission déjà lancée et la rejoindre. Enfin on a la possibilité de partir pour l'une des trois planètes du système solaire de Gurhal.

Les missions se déclinent selon différents paliers de difficultés croissants. On pourra donc faire et refaire chaque mission en fonction de son niveau. Certaines missions proposent un boss à leur terme. Le jeu online est donc exclusivement constitué de missions, tout comme l'offline d'ailleurs. On note cependant l'apparition de ce que j'appelle des "Havres de paix". Ce sont de petites zones intermédiaires entre deux missions. à partir de ces zones que l'on peut atteindre en terminant une mission, on a accès à de nouvelles missions. Quitter ces zones nous imposera d'y retourner pour pouvoir accéder à nouveau à ces missions. Le jeu nous incite donc à enchaîner les missions par paquets de deux ou trois. Dans l'ensemble, une fois qu'un groupe a été trouvé, cela se fait sans problème. On profite même de cet instant de répit pour faire plus ample connaissance avec les autres personnes du groupe, juste histoire de faire les présentations entre deux massacres de monstres.

Là où les Phantasy Star Online ont toujours été différents des autres MMORPG, c'est dans leur façon de voir le jeu online. Ici, il n'est pas question de se donner à 100% sans arrêt, au point d'avoir la tête qui enfle. PSU, tout comme les précédents PSO, propose un jeu online en deux phases. La première phase consiste à se retrouver dans les villes (autrefois dans les lobby) et à prendre le temps de faire ses petites emplettes, mais surtout, retrouver des gens, parler, le tout grâce aux fonctionnalités qui rendent tout cela simple et reposant. Pas question de se prendre la tête sans arrêt. C'est aussi pour ça que la communauté des PSO est parmi les meilleures jamais vu dans un jeu. S'asseoir et prendre le temps de papoter, avec n'importe qui. Se retrouver entre amis, faire une pause. Le jeu online, c'est également ça. Bien sûr on rencontre toujours des joueurs pressés ou un tantinet non-chaland, mais dans l'ensemble tout le monde partage cette philosophie du jeu.

Et parallèlement à ces phases paisibles en ville, le joueur se livre, une fois un groupe trouvé ou formé, à des missions là où il va pouvoir tout donner. Jouer entre collègues. Affronter un boss épique. Réussir tous ensemble une mission. C'est bien là le commun de tous les MMORPG. Et pourtant, dans Phantasy Star, ces actions ont une saveur que l'on ne s'explique pas. Est-ce à cause du gameplay orienté action du jeu ? Est-ce grâce au dynamisme du jeu ? PSU propose un gameplay de contact, comme dans un véritable jeu offline, où chacun peut réellement démontrer son talent au jeu. Dans Phantasy Star, l'équipement ne fait pas tout. Il y a une réelle possibilité de devenir fort grâce au côté technique du jeu, et ce côté on ne le retrouve dans aucun autre MMORPG. On en vient très rapidement à distinguer les bons joueurs des moins bons, et il y a toujours une possibilité de progresser.

Des défauts qui restent les mêmes

Du côté de la réalisation, cette version 360 n'est pas fameuse comparée à ce qu'il se fait sur le même support. On apprécie réellement de parcourir l'univers de Phantasy Star, qui est plus artistique que jamais, tant au niveau des lieux traversés (villes, donjons) que du bestiaire. Cependant le jeu n'est pas à la hauteur de la 360, et on a très clairement le sentiment que la réalisation du jeu, initialement développé pour la Playstation 2, a été tirée vers le bas. On profitera tout de même d'un jeu en haute résolution sur 360, à défaut d'être une claque technique. Du côté des musiques, les compositions sont de qualité et on découvre avec plaisir des thèmes parfaitement adaptés à l'univers. Le jeu possède également des scènes cinématiques de très bonne facture, accompagnées de musiques franchement réussies dont le thème principal du jeu "Save this World".

Phantasy Star Universe adopte clairement les mêmes mécanismes de jeu que les PSO. Il en récupère ainsi les avantages, mais également les inconvénients. Aussi, s'il m'est facile de dire avec certitude que PSU plaira aux fans et autres amateurs de PSO, je suis également convaincu que ceux qui n'ont pas aimé les PSO n'adhéreront pas à PSU. Le gameplay se veut répétitif au possible, ce qui est loin d'être un inconvénient aux yeux des joueurs qui accrochent au jeu. Il n'en demeure pas moins que cela sera rebutant pour les autres, les amenant à abandonner rapidement le jeu.

Du côté du contenu, on retiendra un gros effort de la Sonic Team pour proposer un monde beaucoup plus vaste que dans PSO (qui se limitait à une ville et 4 donjons dans le premier épisode) même si le jeu abuse dans certains sens, en particulier pour les lieux et ennemis qui sont réutilisés mais avec des variantes (couleurs, textures). En terme de contenu, PSU n'arrive carrément pas à la cheville des MMORPG actuels qui tournent sur PC. Mais d'un autre côté, cela n'a jamais été l'objectif des Phantasy Star, qui s'illustrent dans un genre tout à fait différent comme vous l'avez compris, aussi les joueurs qui s'attendent par exemple à un jeu proche de World of Warcraft ferait mieux de passer leur chemin, car les deux jeux n'ont vraiment rien en commun. Et d'ailleurs les comparer point par point serait absurde. Le jeu requiert également un abonnement de 9,99€ par mois, et ça n'est pas rien. Cependant il n'est pas nécessaire d'avoir un abonnement Gold pour pouvoir en profiter sur Xbox 360. Le jeu online manque également de diversité, avec des missions assez répétitives et peu variées. Cependant, on attendra d'en découvrir de nouvelles au fil des mises à jour.

Il est des séries comme Phantasy Star qui savent entretenir un savoir faire et un haut niveau de qualité au fil des années. Après avoir grandement contribué à créer le genre du RPG avec ses épisodes Master-System et Megadrive, Phantasy Star a subi un revirement total en l'an 2000 pour devenir le fondateur du RPG online sur console, tout en faisant une fois encore l'unanimité. La Sonic Team s'est même permis un troisième épisode stupéfiant, radicalement différent, et pourtant redoutable d'efficacité. Lorsque l'on découvre Phantasy Star Universe, on a le sentiment que la Sonic Team a repris l'idée de départ pour en faire un jeu entièrement nouveau. Il ressort de l'expérience une fraîcheur vraiment très agréable. Le jeu est fun, et on apprécie vraiment de le parcourir. Les nombreuses fonctionnalités qui ont été rajoutées assurent une expérience de jeu online de bonne facture, même si on regrettera l'abonnement trop cher et l'action toujours aussi répétitive. Du côté de l'offline, le jeu s'en tire plutôt bien avec une aventure scénarisée qui constitue une excellente mise en bouche, mais déçoit clairement avec son mode Bonus sans profondeur. Cependant, il est évident que c'est dans le mode online que Phantasy Star Universe prend toute sa saveur. Créer son personnage, le voir évoluer au fil des heures de jeu, rencontrer d'autres joueurs pour vivre une aventure épique ; Phantasy Star Universe restitue de manière intacte le plaisir de jeu que nous avaient procuré les épisodes Online par le passé, et c'est bien là l'essentiel.

Verdict

8

Points forts

  • Gameplay
  • Qualité de l'online
  • Système de jeu
  • Un univers sublime

Points faibles

  • Action répétitive
  • Réalisation tirée vers le bas
  • Absence de challenge en offline
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Xbox 360 5.7 3
Windows 8.0 1

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