Test : Phantasy Star Portable (PSP)

La série des Phantasy Star continue son bonhomme de chemin. Après Phantasy Star Universe et son extension, voilà que la série fait une escale sur PSP afin de surfer sur la vague Monster Hunter (série de Capcom qui emprunte beaucoup à Phantasy Star Online). Sega vient donc récupérer ce qui lui appartient, du moins en partie, avec Phantasy Star Portable. Situé entre Phantasy Star Universe et Ambition of Illuminus, cet épisode PSP a fort à faire pour restituer une expérience digne de l'original.

Un univers dans la poche

Avec Phantasy Star Portable, la volonté de Sega est de proposer sur un seul disque un contenu faisant la jointure, aussi bien scénaristiquement qu'en termes d'environnements, entre Phantasy Star Universe et son extension. On retrouve donc sans grande surprise tous les éléments ayant fait la renommée de l'opus original.

Phantasy Star Portable se présente comme un hack'n slash où le principe est de créer son personnage de toutes pièces puis de parcourir des niveaux découpés en blocs, avec à la fin un boss dans la plupart des cas. Tout au long du jeu, le personnage montera en niveau et trouvera des pièces d'équipement plus ou moins rares. Le coeur du jeu sera donc constitué de cette montée en expérience et de la collecte des objets.

Les joueurs ayant déjà un vécu sur PSU ne seront pas surpris par le contenu. Le jeu permet de créer son personnage en choisissant une race parmi quatre proposées : les humains équilibrés, les newman orientés magie, les cast orientés combat à distance et les beast orientés corps à corps. À cela se rajoute le choix d'une classe, et il sera possible d'en changer ensuite, certaines classes spéciales nécessitant d'avoir gagné des niveaux dans plusieurs autres classes. Le choix a été réduit par rapport à PSU.

Les environnements que le joueur parcourra sont en réalité une sélection de ceux de PSU et son extension. Chacune des trois planètes propose son ambiance unique. On retrouve en grande partie les lieux de PSU (la plaine de Parum, les RELICS, le désert de Moatoob, les montagnes de Neudaiz etc...) Pas de surprise de ce côté là. On notera la présence de quelques niveaux tirés de l'extension : la forêt de Rappy, la ville en ruines sur Parum ou encore le donjon futuriste verdâtre toujours sur Parum. Pas de nouvel environnement. Du côté des boss ceux de PSU répondent présents, tandis qu'on se contentera de De Rol Le et de l'Alterazgohg de AOI. Autant dire que ceux qui espéraient affronter Mother Brain vont être déçus.

La mise à niveau pour la PSP

Bien évidemment faire un portage de PSU sur PSP ne pouvait pas se faire sans un minimum de ménage, aussi bien en termes de contenu qu'en termes de technique. Si je pense avoir fait le tour concernant le contenu (sachant que ce que propose le titre est tout a fait honnête et que l'UMD est surement gavé à bloc), du côté de la technique on peut également se réjouir des choix effectués par les développeurs.

Le jeu étant désormais orienté vers le solo et le multi-joueurs en local, les lieux tels que les villes et autres points de rassemblement ont été remplacés par des écrans fixes. On y gagne énormément en temps de chargement (quasiment inexistants lors des déplacements) et l'écran de la PSP étant très approprié pour la 2D le rendu reste agréable. Cela permet aux parties de s'enchaîner plus rapidement.

Le jeu propose une aventure scénarisée qui introduit deux nouveaux personnages répondant aux doux prénoms de Vivienne et Helga. La première est une CAST (donc une androïde) ultra niaise qui passera sa vie à découvrir le monde, la vie, l'amour etc... dans le style de Rika de Phantasy Star IV, mais en beaucoup plus lourd. L'autre personnage tient aussi un rôle dans l'histoire, mais je ne dirai rien pour éviter le spoil. La progression se fait selon des chapitres (huit au total) et permet également de faire des missions secondaires quand on le désire. Le tout peut se boucler en une quinzaine d'heures.

Toutes les scènes de discussion ont été ici faites avec des écrans fixes en 2D où l'on voit les personnages selon diverses expressions, tandis que le texte s'affiche dans des bulles. L'ensemble a donc un côté bande-dessinée pas désagréable, les voix en plus. Un effort a été fait de ce côté et on apprécie qu'absolument tous les textes soient également parlés. Attention cependant car le jeu est intégralement en anglais (une première pour Phantasy Star depuis les opus MegaDrive !).

Du côté de la réalisation, la PSP est incroyablement bien exploitée. La 3D est très agréable à l'oeil et s'impose comme l'une des plus belles de la console, aux côtés de God of War ou encore Crisis Core. On notera cependant de gros ralentissements lorsque l'écran est trop chargé. La bande-son est la même mais avec une qualité très très réduite, à tel point que les morceaux sont nettement moins beaux, ce qui est vraiment regrettable, surtout pour la PSP qui est tout à fait capable de faire mieux que ça.

Phantasy Star potable

Si PSU propose un mode en ligne avec une croissance en expérience, une quête des objets rares et une difficulté globalement tous équilibrés pour favoriser de longues sessions de jeu, il n'en est rien de Phantasy Star Portable qui été totalement réajusté à ce niveau là. Exit par conséquent les dizaines d'heures de jeu qui nous séparent de notre prochain level, ou les raids interminables dans un même lieu pour dropper un objet ultra rare, ici tout va vite. Très vite.

Avec un rythme de prise de niveaux allant jusqu'à 5 niveaux par heure de jeu, autant dire que l'on progresse à une vitesse tellement élevée que l'on a du mal à bien ressentir la progression du personnage. Tandis que celle-ci était sensible et permettait de bien étudier les diverses possibilités d'équipement et armes dans PSU, on croule littéralement sous des montagnes d'objets dans Phantasy Star Portable si bien que l'on ne sait plus où donner de la tête !

À cela s'ajoute une difficulté relativement basse, bien qu'acceptable dans les derniers niveaux (chaque zone possédant quatre niveaux de difficulté de C, B, A et S). On notera que certaines missions ne sont accessibles qu'en mode multi-joueurs, mais il est possible de jouer seul à condition de mettre le switch WLAN sur on.

On notera la disparition de nombreux éléments de gameplay, notamment la synthèse d'armes, la décoration de la chambre ou encore l'évolution de notre partenaire robot. De même l'amélioration des armes se fait désormais sans risque d'échec. Autant de modifications qui cherchent à simplifier le jeu afin de le rendre plus accessible et de permettre des sessions de jeu plus rentre-dedans.

Avec tous ces éléments tranchés dans le vif, Phantasy Star Portable a des airs de beat'em all futuriste bourrin. Sa difficulté relativement faible amènera le joueur à bien souvent foncer dans le tas en martelant les touches de coups, tandis que la collecte d'objets s'avère au final peu intéressante tant ces derniers sont laissés facilement par les monstres. L'absence du mode online (et de traduction française) risque d'être un gros frein en occident, et les joueurs ayant déjà Phantasy Star Universe ne trouveront dans Phantasy Star Portable que des environnements recyclés et un gameplay forcément moins intéressant. Malgré tout, le titre reste une réussite pour son support et permettra aux aventuriers solitaires ou organisés (avec des amis qui ont aussi le jeu) de passer de très bons moments à purifier des monstres par centaines.

Verdict

7

Points forts

  • Contenu riche
  • Réalisation solide
  • Gameplay fun et efficace
  • Phantasy Star Universe dans la poche

Points faibles

  • Assez facile
  • Pas de online
  • En anglais
  • Beaucoup moins addictif
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Playstation Portable 7.5 2

Archives commentaires

On sent l'esprit critique justifié dans le dernier paragraphe, pour celui qui connait bien PSO/U.
Rage, 27 avr 2009 - 12:14
Un test objectif et bien détaillé. Et voilà une excellente version de PSO que possède la PSP.