Test : Master of Weapon (Mega Drive)


Master of Weapon
Master of Weapon
Shoot'em up

Taito Corporation était une firme particulièrement active au Japon avec principalement des jeux arcade. Bon nombre de leur titres a été adapté sur console et la Mega Drive n'était évidemment pas en reste. Malheureusement on ne peut pas dire que leur travail de conversion fut à la hauteur des espérances et Taito a fourni la Mega Drive un bon paquet de jeux loupés comme Growl, Saint Sword, Slap Shot et celui qui nous intéresse tout particulièrement aujourd'hui, Master Of Weapon. Si quelques jeux ont sauvé l'honneur de la firme sur Mega Drive, on peut déjà briser le suspens, Master Of Weapon est certainement le pire shoot que la console ait porté, ou en tous cas, se trouve dans le top 3.

Issue de la borne éponyme datant du début 1989, cette conversion sort exclusivement au Japon sur Mega Drive deux ans plus tard en 1991. La jaquette comme vous pourrez le constater sur les photos est assez moche et ne donne déjà pas envie d'investir. Ça promet ...

Combat contre l'abominable créature Nintendo

Le scénario vous place dans un futur proche. Le monde en guerre utilise la bombe nucléaire et les radiations s'étendent sur la planète. Des mutants et autres créatures affreuses voient le jour, donnant un ennemi commun à l'humanité. Au dessus de la chaîne alimentaire se dresse la vile créature " N " de Nintendo, ou bien des " Nuls ", ou peut être des " Nanars ", en fait je n'en sais rien.

Les seules bribes de scénario arrivent à la fin après avoir battu le dernier boss. Le jeu indique que vous avez enfin réussi à détruire la créature " N " et que le monde est enfin libéré. Le combat va permettre à la Terre de retrouver sa " couleur verte ". Non, je n'invente rien, c'est bien marqué que la Terre va retrouver sa couleur verte, ça explique peut être pourquoi le jeu est ultra moche, finalement ils ont une excuse il manque des couleurs à la terre...

Le texte se termine par " le jeune garçon (donc on n'incarne pas une fille, y aurait il du sexisme???) décolle à nouveau l'espoir plein le cœur ". Euh ok, pourquoi il décolle à nouveau vu qu'il a battu tous les monstres ? Et pourquoi a-t-il de l'espoir alors qu'il a déjà gagné ? Ah que j'aime ces endings faits à la va-vite avec son scénario digne d'un bon vieux film de série Z. A noter que cette fin est exclusive à la Mega Drive, quelle chance ...

Me vient alors une autre question. Master of Weapon Mega Drive étant la conversion de la borne d'arcade, pourquoi avoir supprimé la petite intro (je vous rassure, c'était juste une image d'une sorte de démon ailé qui n'a aucun rapport avec le jeu, et un texte qui défile) dans laquelle on expliquait un minimum dans quel monde on se trouve et ce qui s'est passé sur Terre pour en arriver là ? Taito n'avait visiblement pas envie de s'embêter, après tout, qui s'intéresse au scénario d'un shoot them up ???? Ils n'ont pas réussi à mettre le texte d'intro, mais ils ont créé un texte de fin, faudra m'expliquer la cohérence.

Une fois la cartouche enclenchée, le titre apparaît sur fond noir et dès cet instant on comprend que ça va piquer les yeux. Les couleurs sont mal choisies et c'est d'une tristesse ... Les options vous permettront de changer le niveau de difficulté, le nombre de vies, le nombre de crédits, l'assignation des boutons, un soundtest et la possibilité de choisir un tir automatique (très pratique). Pas de mode deux joueurs mais bon, la borne ne le proposait pas non plus, fallait pas trop en demander.

Obey your Master, Master, Master of puppet (...) (Metallica)

Avec Master of Weapon, on est très loin des rifs endiablés des meilleurs groupes de métal. Dès que le jeu démarre, nos oreilles sont littéralement agressées par une alarme stridente couvrant à la fois la musique (pas un mal) et les autres bruitages (pas un mal non plus). Entre cette sirène et le jeu qui flashe en rouge par intermittence, c'est un truc à faire une crise d'épilepsie.

Notre vaisseau sort visiblement de sa base sur fond d'alerte totale et se retrouve rapidement au dessus d'une ville. L'alarme finit par s'arrêter (ouf...) et les bruitages prennent le relais. On comprend qu'on ne gagne pas forcément au change. Les musiques sont rapidement étouffées par le flot de sons émanant à la fois des tirs et de leurs impacts sur les ennemis. Cela reste strident, inconfortable, au point que j'ai du vraiment baisser au minimum le son de la TV. Ce constat est vrai tout au long de l'aventure ; XDR a peut être trouvé son maître en la matière, au moins dans ce dernier shoot on pouvait entendre un peu la musique, aussi mauvaise soit elle.

Graphiquement le jeu fait dans le minimalisme le plus complet. La borne d'arcade n'était pas non plus un modèle du genre mais elle affichait déjà plus de couleurs et de détails dans les décors.

Comme je vous l'ai indiqué, le jeu débute dans votre base, un simple couloir gris. On enchaîne sur une ville où tout est plat, détruit, sans aucune vie. Dans la borne il y avait pas mal d'immeubles encore sur pied qu'on pouvait détruire et qu'on voyait s'effondrer en direct. C'était pas merveilleux mais ça donnait un peu de consistance. Sur Mega Drive, vous allez en voir 2, peut-être 3 grand max, c'est le désert...

Le deuxième niveau vous plonge sur une autoroute faite en 2 couleurs : gris et blanc. La Master System aurait eu honte. On enchaîne sur le 3ème niveau au dessus d'une montagne, du moins je pense, avec une sorte de vaisseau mère que vous survolez et dont vous devez détruire les canons et autres défenses. Ce dernier est cubique, moche, mais relève quand même le niveau général (c'était pas difficile). Arrive enfin le dernier niveau (oui oui, vous avez bien lu) pour lequel les développeurs ne devaient plus avoir d'idées et ont mélangé les décors des 3 niveaux précédents. D'un coup vous serez au dessus de la ville du 1er niveau, pour passer au dessus de la route du 2ème niveau, vous verrez un peu d'eau avant de vous retrouver dans le couloir d'une base réplique exacte du début du jeu.

Rien qu'en voyant les photos du jeu, vous comprendrez vite que le titre souffre de couleurs fades et qui se comptent sur les doigts d'une main. Comble de tout, vos tirs d'une couleur bleu/violet sont tellement gros et laids qu'ils cachent les tirs des ennemis. Quand on voit de quoi la Mega Drive était capable, c'est triste. On se demande où était la difficulté d'adapter visuellement la borne d'arcade.

Une bande son loupée, des graphismes indignes, que reste-t-il à la technique du jeu ? L'animation. Eh bien effectivement, à part quelques ralentissements, on ne peut pas lui reprocher sa fluidité. Fallait bien trouver un aspect positif.

Master of Weapon, ça veut bien dire " maître des armes " non ???

Avec tout ça, on n'a même pas encore parlé du jeu à proprement dit. Nous sommes donc en présence d'un shoot vertical type Xevious. Tout comme dans ce dernier, votre vaisseau a deux tirs, le premier pour tirer sur les ennemis aériens, et le second représenté par une cible verte pour tirer sur les ennemis au sol. A cela il faut ajouter un " tir spécial " qui est représenté par une jauge verte à droite et qui se recharge en récupérant les pastilles nécessaires.

Puisque nous sommes dans l'armement allons au bout de notre analyse. Master of Weapon, de par son titre, promet normalement un jeu qui va foisonner d'armes, du moins c'est comme ça que je le voyais. Déjà votre tir " aérien " est unique. Vous ne pourrez pas le changer, juste l'upgrader. Ce sont des sortes de grosses boules bleus/violettes. En prenant des pastilles correspondantes vous multipliez votre projection pour atteindre un tir x5. Ça s'arrête là pour le tir principal. Concernant les tirs au sol, aucune évolution possible.

Il nous reste donc les " tirs spéciaux ". C'est là que ça se complique. Dans le jeu vous allez pouvoir ramasser des pastilles pour upgrader ce tir. Certaines comme "L" (laser) feront un tir puissant au sol (donc pour ennemis au sol), inutile quand on sait que les ennemis au sol ne sont pas résistants et que tous les boss sont aériens. Vous aurez le "P" pour Piercing (non je ne l'invente pas non plus) qui fait une grosse boule de puissance, le "W" pour Wave qui fait des tirs aériens en forme de boomerang, le "H Bombing" pour une grosse bombe atomique (bon, vu l'effet, on va dire une petite bombinette atomique), et le "F" pour euh ... bah en fait je ne sais pas. J'ai pas compris à quoi cela servait celui là parce que je n'ai pas vu de différences à l'écran. Tous ces tirs spéciaux ne servent vraiment pas à grand chose tant leur effet sur le terrain est minime voir inexistant.

Encore une fois, le jeu ne brille clairement pas par son inventivité en la matière, on pourrait même dire qu'on est dans le minimalisme le plus total.

Le jeu est assez difficile pour plusieurs raisons. La première est la difficulté à identifier les tirs ennemis parmi ces couleurs fadasses et nos tirs qui occupent une partie importante de l'écran. La seconde vient de certains ennemis qui sont tellement rapides qu'on a à peine le temps de les voir sur l'écran. Ils arrivent, tirent et disparaissent aussitôt. Ils sont quasiment impossibles à éviter. Heureusement que nos tirs prennent quasiment tout l'écran lorsqu'ils sont à leur plein régime, sinon je ne vois pas comment faire. Les boss ne sont pas très difficiles mais très très longs. On a l'impression de passer des heures à attendre qu'ils veulent bien mourir. Sauf le dernier, bizarrement, on le tue en 15 secondes montre en main. Pas très cohérent. Enfin, si vous ramassez les options "S" pour Speed, votre vaisseau accélère naturellement mais semble ne pas avoir de limite de vitesse, cela devient donc vite injouable si vous en prenez trop. Problème, difficile d'éviter ces pastilles dans le flot d'ennemis et de tirs.

Poursuivons sur le gameplay. Comme vous l'avez peut être remarqué, le jeu se passe sur les 2/3 de l'écran, 1/3 étant consacré aux infos du jeu : vie, score, acte, armement spécial, etc. Cela s'explique par le fait que la borne d'arcade se jouait sur les fameux écrans totalement verticaux. Forcément sur une télé ce n'est pas possible, les développeurs ont donc coupé l'écran afin de garder les proportions d'origine.

Cela me fait rebondir sur un détail visible sur la partie des données du jeu : les Actes. Dans le jeu il n'y a aucune coupure entre les niveaux. Dès que vous battez un boss, le jeu continue naturellement, vous traversez une nappe de nuages et déboulez sur le niveau suivant. Pourtant, si on peut compter logiquement 4 niveaux avec 4 boss, en arrivant à la fin du jeu vous remarquerez que vous avez atteint l'acte n°9. J'ai donc refait le jeu en essayant de déterminer où se situent ces fins d'actes, peut être après un mini-boss que je n'aurais pas identifié comme tel, mais non... On peut passer de l'acte 5 à 6 sans motif, ou du 7 au 8. Le numéro change dans les options, sans savoir pourquoi.

Après quelques recherches j'ai pu constater que la version arcade affichait un titre au milieu de l'écran à chaque nouvel acte. Par exemple le jeu débute dans notre base avec un " Acte 1 : l'évasion ". Dès que nous sortons pour arriver en ville apparaît " Acte 2 : la bataille ", etc... On comprend donc que Taito en faisant afficher ainsi un titre, expliquait en 2 mots la situation qui nous attendait. Alors pourquoi la version Mega Drive est-elle totalement dénuée de ces informations et ces titres dans le jeu ????

Pour finir sur ce jeu, un paragraphe pour ce qui est pour moi important dans un jeu, sa cohérence. C'est sûr que pour un shoot je serais peut être plus tolérant en la matière mais beaucoup de titres ont prouvé qu'on pouvait rester cohérent dans l'univers proposé au travers des ennemis, boss, niveaux, etc... Des jeux comme Gynoug, M.U.S.H.A., Phelios, Insector X par exemple, sont des jeux de la même époque et proposent un monde équilibré dans son déroulement.

Ici, Master Of Weapon fait dans le n'importe quoi, à la manière d'un XDR. Prenons le pitch du jeu. Rappelons nous que nous sommes sur Terre et que des créatures sont apparues suite aux radiations d'une guerre nucléaire. Pourquoi avoir alors des ennemis " robotiques " que ce soit aériens ou terrestres ? Pourquoi dans le niveau 3 nous affrontons un énorme vaisseau mère type fusée de la NASA ? Pourquoi tous les boss sont des têtes de statue de pierre ? Ces dernières finissent par se détruire à force de tirer dessus pour laisser apparaître tantôt un cerveau alien, ou une grosse tête de mort, ou bien une sorte de bouillie alien avec 4 yeux. Ce coup des statues de pierre n'a vraiment aucun sens. Et enfin pourquoi le scénario nous parle d'avoir récupéré la couleur verte de la Terre ? On se demande où les développeurs ont voulu en venir et on comprend qu'ils ne sont clairement pas posés ce type de question. Seul le dernier boss peut paraître " crédible " dans ce monde, même s'il ressemble plus à la reine des Aliens qu'à une créature mutante.

Vous l'aurez compris, il n'y a rien à sauver dans ce jeu. 4 petits niveaux tout aussi laids les uns que les autres, une bande son atroce, un gameplay daté et sans génie, un univers qui n'a aucune cohérence et qui part dans tous les sens, un armement inutile, et la suppression incompréhensible de certains éléments de la borne d'arcade. Taito a voulu faire de l'argent facile en surfant sur le succès des shoot them up sur Mega Drive et en arguant qu'il s'agissait d'une conversion de l'arcade. Un jeu à éviter sauf pour les collectionneurs bien-sûr.

Verdict

1

Points forts

  • Tir automatique sélectionnable dans les options
  • Exclusif au Japon

Points faibles

  • Le son
  • Les graphismes
  • Très court
  • Armement inexistant
  • Peu lisible
  • Une adaptation arcade complètement loupée
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Mega Drive 1.5 2

Commentaires

Ouch la note est très sévère,je l'ai depuis presque 1 an, bon franchement,il est très moyen c'est clair,j'ai du y jouer 3 ou 4 fois grand maxi !
je lui aurait donné un 3 ou 4 comme note !!
myau, 11 mar 2019 - 7:53
Merci pour ton test. J'avoue que ce jeu, même à sa sortie (je me souviens du test dans Joystick en 1991) ne m'a jamais donné envie. Pour ce qui est du "vert" de la Terre, à mon avis, c'est une mauvaise traduction dans le sens où la "planète bleue" (la Terre) en japonais se dit "midori no hoshi" (la planète verte). C'est peut-être pour ça... Par contre, je trouvais Saint Sword pas mal (mais il a du fort vieillir).
Ah pas bête pour la traduction, merci pour l'info ;). Ca colle, ils ont du traduire le japonais littéralement ce qui forcément n'a plus de sens ... Je dormirais moins bête ce soir... lol

Pour Saint Sword, j'y ai rejoué il y a pas longtemps et j'ai eu beaucoup de mal. J'étais déjà pas fan à l'époque, mais là c'est dur... J'en ferais peut être un test plus tard
Rage, 11 mar 2019 - 9:04
C'est rare un jeu Taito aussi mauvais mais bon ça arrive !!! Merci pour le test je le lis tout de suite !!!:good::good: