Test : Havoc (Mega Drive)

Havoc
Plateforme

Difficile de se faire une place dans la jungle des jeux de plateforme de la Mega Drive, au milieu des Sonic, des jeux Disney et des tentatives plus ou moins heureuses d'adapter des BD franco-belges ou des titres venus des micros. Data East en a fait les frais, avec un Havoc qui n'a pas vraiment marqué de son empreinte la ludothèque de la console de SEGA.

Embraquez les cordages !

En même temps, ils ne se sont pas facilités la tâche en donnant pas moins de trois titres à leur jeu : Havoc en Europe, High Seas Havoc aux USA, et Captain Lang au Japon. Et le titre du jeu n'est pas la seule chose qui différencie les différentes versions, puisque le premier stage, Cape Sealph (une référence au film Cape Fear ?) est absent de la version européenne. Peut-être pour éviter un rapprochement trop évident avec Sonic, dont notre phoque (oui, c'est un phoque) partage un certain atout pour la vitesse, et une attaque sautée en boule. Et ce premier stage, qui rappelle vaguement Green Hill, peut faire penser que Havoc n'est qu'un ersatz de Bubsy. Mais c'est plus compliqué que ça.

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Une longue et très chouette introduction nous raconte l'objectif du jeu : Havoc part à la poursuite de l'infâme Bernardo, un pirate qui a kidnappé son meilleur ami, Tide, ainsi que Scarlett, une jeune femme qui lui avait demandé de protéger la carte qui mène à une émeraude dotée d'immenses pouvoirs. Nous allons donc devoir traverser 8 niveaux, et affronter les sbires de Bernardo, pour que tout rentre dans l'ordre.

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Shiver my timbers !

Havoc a beau être un phoque, il est parfaitement à l'aise sur la terre ferme, et peut courir (en ayant pris un peu d'élan), sauter, et faire des roulades. Pour mettre les ennemis hors d'état de nuire, pas de sabre, mais uniquement un saut à la Mario, et une attaque sautée qui ressemble un peu à la spin attack de Sonic, mais uniquement en phase descendante, ce qui le rend vulnérable pendant la première partie d'un saut. L'objectif de chaque stage est simplement d'arriver à la sortie, en ramassant si possible des diamants, qui vous octroient une vie supplémentaire une fois arrivé à 100. 

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Le stage en scrolling forcé est superbe, mais on n'a pas le temps de 

Les stages sont globalement assez linéaires, bien que certains proposent un ou deux chemins en jouant sur la verticalité du level design. On utilise parfois des ressorts pour nous propulser, mais bien qu'il existe quelques passages cachés, le jeu ne repose pas vraiment sur l'exploration, mais sur votre dextérité, avec des éléments de décors de plus en plus piégeux, et des ennemis de plus en plus retors et mal placés au fil de votre progression. Ce n'est pas toujours fait à bon escient, comme dans le niveau 5, avec ses plateformes rotatives et mouvantes, qu'on peut assez souvent esquiver juste en sautant loin un peu au pif. 

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Non mais regardez-moi cette bande de bachi-bouzouks !

Bon sang je vais avaler ma gaffe !

D'ailleurs "sauter un peu au pif" est une constante dans le jeu, puisqu'on doit trop souvent faire un saut de la foi sans savoir où on va atterrir, ce qui est extrêmement frustrant. La difficulté est progressive, avec des premiers stages assez tranquilles, et une deuxième moitié du jeu parfois assez infernale. Ne vous fiez pas à votre première impression, après son (superbe) stage à scrolling forcé, le jeu vous balancera tout ce qu'il peut pour vous faire vous arracher les cheveux, y compris des boss aux patterns clairs, mais qui vous laissent zéro chance de les apprendre. Attendez-vous à mourir en boucle en tentant d'esquiver des boulettes qui vous feront penser que les développeurs auraient plutôt du développer un danmaku.

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Malgré une très bonne maniabilité (malgré certaines animations parfois trop longues), on peste beaucoup dans Havoc, et c'est dommage, parce qu'artistiquement, le jeu envoie du pâté.. ou plutôt de la terrine de la mer. Les sprites sont superbes, gros, colorés, détaillés, les décors sont inégaux mais certains sont vraiment superbes, avec de très beaux effets de déformation, et les boss sont incroyables. On regrettera quand même que le thème de la piraterie ne soit vraiment exploité qu'un stage sur deux. Les musiques sont également superbes, et c'est dommage qu'elle soient polluées par des bruitages stridents, indignes de la console. Mais aussi beaux que soient certains décors, les stages sont trop nombreux, trop longs, et surtout très redondants dans leur level design. Le titre aurait gagné à être plus ramassé et à mieux exploiter les idées de gameplay qu'il propose parfois.

Malgré un début prometteur, Havoc se trouve être un jeu assez inégal, qui finira certainement pas vous taper sur les nerfs. Mais il offre quand même pas mal de bons moments, et loin d'être un vulgaire "clone de Sonic", il démontre si bien le savoir-faire des équipes de Data East, qu'il mérite clairement d'être essayé. Si vous un êtes un PGM, toutes mes critiques sur la difficulté glisseront sur vous comme l'eau sur la fourrure d'un phoque, donc vous pouvez y aller. Pour les autres... bon courage. Ahoy !

Comment jouer à Havoc aujourd'hui

Havoc n'a jamais fait l'objet d'une ressortie en standalone ou dans une compilation, donc pour y jouer de façon légale, il faut se diriger vers le marché de l'occasion.

Malgré sa sortie relativement tardive et surtout confidentielle, le jeu est sorti en Europe dans plusieurs éditions : une dont la boîte est en plusieurs langues, une version allemande, une française, une espagnole, et une britannique qui reprend l'horrible jaquette australienne. La version UK est introuvable, les autres se négocient autour de 150€, pour un exemplaire complet, tout comme la version US. Si c'est la version japonaise qui vous intéresse, comptez un billet de 45 000¥ - je vous laisse faire la conversion, c'est révoltant. Et bon courage pour trouver la version australienne.

Verdict

7

Points forts

  • Très très beau
  • Musiques superbes
  • Pas de souci de maniabilité
  • On en a pour son argent
  • Capacités hardware de la MD bien exploitées

Points faibles

  • Décors inégaux
  • Level design approximatif
  • Niveaux trop longs et répétitifs
  • Difficulté exagérée à partir de la moitié du jeu
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Mega Drive 8.0 2

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