Simulation

Preview réalisée par Ruvon
J'ai quelques souvenirs de F1 Manager, sorti en 2000. Un des rares jeux EA qui n'a pas connu de nouvelle version tous les ans, contrairement aux FIFA et autres NHL. J'ai en tête un jeu un peu compliqué, qui incluait les véritables écuries et pilotes de l'époque. Il existait aussi Grand Prix Manager 2 et sa base de données est toujours mise à jour par des passionnés chaque saison.
Motorsport Manager, du studio Playsport Games renoue avec le genre et nous invite dans les paddocks pour humer l'air chaud des pneus usés et l'odeur enivrante du carburant brûlé. On va jeter un œil à ce qu'il a sous la pédale avec cette petite preview d'une version alpha.
Tout n'est pas encore implémenté, l'écran principal ne propose que deux options sur trois, certains textes ne sont pas traduits en français, mais c'est le jeu des versions non-définitives. On va plutôt aller voir du côté de la piste plutôt que de regarder les échafaudages et les mecs qui coulent du béton pour terminer les menus.

Passage obligé, le tutorial va nous montrer un peu comment ça se passe. L'écran de présentation des pilotes nous apprend que la compétition est mixte. Oui, pourquoi pas, je n'ai rien contre ; c'est surprenant et novateur. Puis on est accueilli par un vieux briscard avec un béret et une moustache. Salut Roger. Roger va donc essayer de nous expliquer comment on peut agir sur la course de ses pilotes, modifier les réglages, réagir aux conditions météo... Bon, pas mal de petits bugs et de phrases à moitié traduites plus tard, l'essentiel est vu mais la course était scriptée : il faut maintenant tester tout ça en conditions réelles.
Deux options s'offrent à moi : championnat et course unique. Partons sur une petite course pour la découverte. On a le choix entre six circuits sur les dix-huit visibles : Doha, Milan, Yokohama, Munich et Pékin. Détail intéressant : il existe plusieurs versions de certains circuits, ce qui permet de choisir un tracé plus rapide ou avec plus de chicanes par exemple.
Ensuite on opte pour une catégorie. Ce sont les équivalents des F1 - GP2 - GP3 réels avec d'autres appellations. Cela pourrait s'apparenter à un niveau de difficulté mais sans certitudes. L'écran de sélection d'écurie va nous confirmer qu'on jouera avec des marques fictives. On reconnaît facilement l'inspiration de cette écurie italienne et ses prévisibles voitures rouges mais c'est quand même un peu moins immersif.
Apparemment il n'est pas possible de customiser une écurie ou d'en créer une de toutes pièces dans cette version. Tant pis, j'opte pour Steinmann Motorsport. Tant qu'à tester, autant prendre le top du top. Je choisis ensuite si je passe par l'étape des essais, des qualifs ou directement par la course. Je prends le menu royal avec suppléments, on est là pour apprendre.

Les essais permettent de faire participer le troisième pilote de l'écurie, de tester différentes configurations de voiture et d'obtenir de la " connaissance " du circuit. On envoie les véhicules faire vroom vroom, on ramène tout ça au stand et on obtient un feedback sur trois points : l'équilibre entre virages et lignes droites, entre accélération et vitesse de pointe, et entre sous-virage et survirage. Chaque circuit a une configuration plus efficace que les autres et les vingt minutes d'essais serviront à s'en approcher le plus possible.
On obtient ensuite des bonus liés à la connaissance accumulée que l'on attribue à tel ou tel pilote, mais ça sent encore la peinture fraîche. A voir comment le tout sera implémenté mais cette phase d'essais est vraiment intéressante à jouer. On passe ensuite aux qualifs puis à la course proprement dite.
L'interface est la même, toujours un peu buguée avec des caractères qui se chevauchent, mais on ne va pas se laisser intimider par du texte illisible. Mes pilotes, considérés comme les meilleurs du plateau, s'élancent en 11è et 18è position, grâce à de belles qualifs de ma part. Mais à peine deux tours plus tard, ils ont déjà remonté quelques places chacun.
Je n'ai pourtant pas pris de risques inconsidérés lors du choix de stratégie de course : on peut demander au chauffeur d'être plus ou moins agressif avec les pneus ou de ne pas lésiner sur la consommation d'essence. C'est d'ailleurs notre seul moyen d'interagir avec eux. Les autres pilotes semblent bloqués sur la stratégie " neutre " et la remontée au classement de mes deux voitures est régulière.

Tout s'est joué à la gestion des arrêts au stand. Quand l'averse s'invita à la fête, j'ai attendu le dernier moment pour chausser les pneus pluie mais j'ai mal évalué l'intensité de la pluie, tous les autres pays ont fait le pari des pneus intermédiaires. Pourtant c'est bien à ce moment que la course a basculé et que mes pilotes se sont retrouvés 1er et 2ème. A la fin de l'averse, petit arrêt pour repasser en pneus soft et roulez jeunesse.
Bon, je n'ai pas remis assez d'essence et dans le dernier tour, mes pilotes m'informent qu'ils n'ont plus d'essence. Je me suis senti un peu bête sur le coup. Ça ne les empêche pas de terminer la course tout de même mais je perds la deuxième place dans le dernier virage. Mes deux voitures sur le podium, ça s'est plutôt bien passé. Je suis déçu, pas de podium avec le champagne et il manque les jolies demoiselles dans les stands, je m'attendais à ce que ce petit détail fasse partie du décor. Au nom du réalisme, bien évidemment.
Ce premier tour d'horizon me permet de faire quelques constats : c'est joli à regarder mais gourmand, il n'y a quasiment pas de sons (à part le bruit des moteurs qui ressemblent à des tondeuses à gazon) et le tout me donne l'impression que le jeu s'oriente plus vers un public casual que vers les fans de simulation poilue. Avec ses bonus à débloquer, ses stratégies de course avec à peine deux éléments à manipuler et le ton du tutorial (en mode : cliquer sur des boutons pour les nuls), il est agréable à découvrir mais cette version montre assez vite l'étendue de ses possibilités.
Attendons de voir le niveau de finition générale lorsque le jeu sera terminé. Quels seront les événements qui interviendront entre les courses, les relations avec les sponsors, l'amélioration ou le recrutement de pilotes, l'enchaînement des saisons... Ce qui fait réellement le cœur d'un jeu de management. Pour l'heure, je suis curieux et je me suis pris au jeu pendant ma partie mais je reste prudent : ce n'est pas l'état technique de cette version alpha qui m'inquiète mais bien le niveau de profondeur de la simulation dont j'attends le plus.