Test : Sonic Frontiers (Xbox, PS4, PS5, Switch, PC)

Test réalisé sur Xbox Series X.

Il ne pouvait en être autrement. Face à la popularité croissante des open worlds, SEGA et la Sonic Team ont cédé à l'haleine sauvage, et voilà la série emblématique au hérisson bleu déclinée en monde ouvert. S'il était vrai que chaque épisode de Sonic se permettait de largement remettre en question ce qui avait été fait précédemment, évitant par la même occasion toute monotonie, dans le cas de Sonic Frontiers, cela va encore un cran plus loin. Mais cette nouvelle formule ouverte, habilement baptisée Open-Zone par les équipes marketing de SEGA, se prête-t-elle si bien à notre mascotte préférée ? 

Sonic of the Wild Automata Creed : New Genesis

Après un court niveau d'introduction (qui a dit Green Hill ?), notre hérisson bleu se retrouve propulsé sur une île mystérieuse, un terrain de jeu ouvert avec l'espoir de voir se réaliser nos rêves les plus fous. Car l'idée d'environnements connexes avec une exploration libre n'est pas nouvelle. Tous les fans de Sonic ont imaginé cela, en particulier après le premier Sonic Adventure, et chacun avait sans aucun doute sa propre vision des choses. Dans le cas de Sonic Frontiers, nous retrouvons les codes classiques et bien actuels des open worlds vastes, avec des inspirations plutôt évidentes au niveau du design visuel et sonore.

Chaque région propose son lot d'activités, comme tout bon open world qui se respecte. Il y a tout d'abord de petites épreuves : atteindre un objectif, sauter à la corde, faire des pas latéraux rapidement, résoudre des puzzles basiques etc... L'affaire d'une minute à chaque fois, montre en main. Une fois la tâche terminée, quelques petites notes de piano retentissent et un damier bleu s'affiche, tandis que la carte se révèle partiellement. Des portails permettent d'accéder à de “vrais” stages, et doivent être ouverts à l'aide d'engrenages, trouvés un peu partout et notamment lors des affrontements. Enfin, les portails permettent d'obtenir des clefs qui servent à débloquer les émeraudes du chaos, qui sont elles aussi disséminées dans la zone, et les récupérer constitue l'objectif final de chaque région visitée.

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Parmi les autres activités se trouvent des centaines (plus d'un millier ?) d'assemblages statiques de rails, bumpers, murs et autres éléments classiques servant à récupérer des Mémos. Le jeu en distribue de grandes quantités et il n'est pas nécessaire de tout récupérer : ouf ! (note : je les ai tout de même tous récupérés, et je ne recommande pas de vous imposer cela). Les Mémos sont requis pour faire progresser l'histoire : dans chaque région, on pourra trouver soit Amy, Knuckles ou Tails et il faudra leur parler régulièrement. Il est également possible d'échanger avec Sage (la dernière région lui est consacrée), que j'ai personnellement renommée Chibi-2B (prononcer chi-bi-tou-bi) tant elle me fait penser au personnage de Nier Automata, en plus d'avoir cette personnalité “robotique” qui la caractérise. Il s'agit du nouvel adversaire majeur de Sonic, de mèche avec le Docteur Eggman (qui est d'ailleurs dans une bien mauvaise situation dans cet épisode, et se révèle étonnamment touchant dans cette histoire). Ce n'est au passage pas le seul aspect qui m'a évoqué le titre de Yoko Taro, car Sonic Frontiers baigne dans une ambiance virtuelle/glitchée qui rappelle également les androïdes et leurs combats désespérés.

Les activités ne s'arrêtent pas là : le jeu comprend son lot de combats, avec des systèmes largement plus élaborés que d'habitude et de nombreux ennemis variés. Il y a tout d'abord des ennemis simples, qui sont disposés un peu partout et que l'on peut vaincre très facilement à condition d'utiliser la bonne méthode (des didacticiels sont présents, et certains combos sont dignes de Virtua Fighter 5). Des boss intermédiaires sont situés à différents endroits, et signalés par une icône sur la carte. Certains sont très gros et traversent une bonne partie des régions. Ces combats sont toujours très bien réalisés et variés, clairement le point fort du jeu. Et enfin, il y a des affrontements majeurs à la fin de chaque île, une fois les émeraudes collectées, qui sont les meilleurs jamais vus dans un jeu Sonic. Ils sont excellents avec de nombreuses phases, et mettent en avant Super Sonic pour notre plus grand plaisir. Il faudra bien penser à utiliser le contre dans les combats (LB + RB). Le jeu se termine par un boss magistral, à affronter en mode Difficile pour profiter de l'ensemble du combat. Je note avec plaisir que l'on en revient toujours à un genre de jeu simple et pourtant si parfait quand on veut chercher du challenge. Je vous laisse trouver duquel il s'agit ;)

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Notre hérisson dispose d'un panel d'attaques variées, qu'il sera possible d'utiliser automatiquement via l'une des compétences à débloquer dans l'arbre de...compétences. Car évidemment, il y a un arbre de compétences, nous sommes en 2022 tout de même ! Ces dernières se débloquent avec un autre type de monnaie obtenu en affrontant des ennemis, où en faisant des figures à condition d'avoir débloqué...une compétence précise. Il est rapide de tout débloquer d'une manière générale, donc il ne faut pas trop se soucier de cet aspect, ce qui n'est pas plus mal !

En plus des compétences, Sonic dispose de quatre caractéristiques qu'il faudra monter : Force, Défense, Vitesse et Anneaux (ces derniers font office de points de vie, d'ailleurs). Pour la Force et la Défense, il faudra ramasser encore d'autres objets (que j'ai eux aussi renommés, histoire de m'y retrouver : des cœurs de rockeur et des œufs de Pâques), obtenus un peu partout dans les régions, tandis que pour la Vitesse et les Anneaux, il faudra récupérer des Kocos, des petits personnages mignons qui se trouvent par centaines, là encore disposés à tous les endroits possibles et imaginables (et ils sont également au cœur de quelques missions bien nulles, mais qui sont heureusement courtes). Les niveaux sont ensuite donnés par deux personnages différents, et si celui pour la Force et la Défense à l'amabilité de bien vouloir monter les niveaux au maximum d'un coup, il faudra se coltiner le texte et l'animation pour chaque niveau Vitesse et Anneaux 1 par 1 (il y en a jusqu'à 99 de chaque tout de même), ce qui gave très rapidement. J'ai arrêté une fois la vitesse au niveau 50, après un quart d'heure passé à appuyer sur A, et je n'ai pas monté les anneaux.

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Chill et Hot Dogs
 

Les amateurs de détente pourront s'adonner à l'activité préférée des français le dimanche : boire des bières en mangeant des hot dogs... au bord d'un lac. Où il sera bien évidemment possible de pêcher avec notre personnage favori : Big the Cat. Mais pour cela, il faudra des pièces violettes (oui, encore d'autres objets à ramasser). L'activité de pêche est extrêmement basique, puisqu'il suffit d'appuyer une à trois fois sur A en rythme pour gagner. L'environnement dédié à l'activité est agréable et bien réalisé (en dehors des reflets dans l'eau, qui s'effacent bizarrement), avec une musique calme que j'ai beaucoup aimée. Et les poissons sont superbement modélisés. Dommage que l'activité manque de profondeur, surtout avec les origines arcade de maître SEGA. Il aurait été simple et amusant de devoir bouger le stick de droite à gauche, et ponctuer cela de deux/trois QTE, afin de pimenter l'action. Chaque poisson, ou chose pêchée, donne des points (encore une autre monnaie !) à échanger dans le magasin de Big. Mon conseil : achetez des dizaines de cœurs de rockeur augmentant l'attaque, histoire de plier les combats plus rapidement.

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Vous l'aurez compris, Sonic Frontiers est gavé à n'en plus finir d'activités (et de trucs à ramasser ! Mais où Sonic met-il tout ça ? Hummm...). On se retrouve finalement dans une situation où le tout formé par ces phases d'exploration représente plus que l'ensemble de ses parties, aspect qui a mis tout de même un certain temps à faire son bonhomme de chemin chez moi, qui suis un joueur avide de sensations, de défis et de scoring. D'une manière générale, le simple fait de se balader à grande vitesse est sympa, le temps d'une récréation, avec une physique amusante à exploiter (un bon coup de boost dans un caillou, et hop, regardez, je vole !) et un joli cycle jour/nuit. La formule fonctionne donc bien, en tout cas autant que dans des jeux comme Breath of the Wild ou Elden Ring de mon point de vue. A vrai dire, je trouve que le jeu le plus comparable en termes de world-design global est Recore, sur Xbox, pour ceux qui ont eu la chance d'y jouer.

Sonic Frontiers ne se résume pas qu'à l'exploration. Des activités plus exigeantes offrant quelques frissons, dans l'esprit des jeux précédents, se trouvent dans les fameux portails. Proposés sous le terme Cyber-Space, on retrouve une trentaine de stages classiques sur les quatre îles que propose le jeu. Ces stages utilisent quatre environnements différents, qui sont hélas tous déjà connus : Green Hill, Chemical Plant, Sky Sanctuary et Speed Highway. Le level-design varie en qualité dans ces stages, avec des niveaux très courts terminés en à peine une minute, et d'autres plus longs mais dont des portions ont été recopiées d'autres jeux de la série, quand ce n'est pas carrément le stage entier (oui je vous ai reconnus, Green Forest et Sky Rail, même déguisés en Green Hill ! ainsi que des stages de Sonic Generations etc...). Il y a également quelques niveaux raisonnablement grands (durant 2/3 minutes) qui m'ont paru nouveaux, et que j'ai bien appréciés. Cependant, il n'y a rien du niveau de ce que l'on a pu avoir dans Sonic Unleashed ou Sonic Forces, avec des courses poursuites, des changements de décor, etc... On reste sur des stages très statiques et non scénarisés. En bref, l'ensemble est correct mais pas tout à fait à la hauteur de mes attentes. Une fois le jeu terminé, il devient possible d'accéder rapidement à tous ces stages : c'est bien pratique !

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PSE Burst !
 

Sonic Frontiers offre un jeu dans le jeu pour les fans de SEGA : celui de retrouver toutes les références possibles à Phantasy Star Online. En effet, l'empreinte de cette série est on ne plus marquée dans ce titre. Tout d'abord les environnements, avec le cycle jour/nuit et la météo (dans les première et dernière îles), font clairement penser à PSO2 New Genesis. Les combats élaborés ont très certainement été en partie hérités du MMO de SEGA. Il y a même un événement régulier qui permet de faire revenir les boss, façon lune rouge de Breath of the Wild, et durant lequel des étoiles tombent du ciel et qu'il faut... ramasser, pour changer ! Apparaît alors une machine à sous, tandis que des rayons aux couleurs de l'arc-en-ciel remplissent l'écran : on se croirait en plein PSE Burst. Cela permet de récupérer rapidement un grand nombre de pièces servant à la pêche. Par chance, Sonic n'a pas les problèmes d'inventaire des chasseurs de PSO2, pas de location payante : c'est un soulagement.

Au niveau de la réalisation, le jeu propose un mode 4K@30fps et un mode 60fps sur Xbox Series X. Il faut évidemment jouer en 60fps à un jeu comme Sonic. A défaut d'être d'une grande originalité, les environnements sont suffisamment beaux de mon point de vue. Par contre, les éléments de décor apparaissent au dernier moment (rails, plateformes etc...), ce qui est au mieux un peu ridicule, et parfois problématique. En effet, quand un Mémo que l'on veut prendre est haut dans le ciel, mais que les structures qui y conduisent ne s'affichent pas, et bien on ne sait pas comment aller le chercher. J'ai eu ce souci dans le désert notamment. En dehors de ce problème de pop-in aberrant (qui mérite d'être patché), j'ai trouvé le jeu plutôt bien fini, et je ne me suis bloqué qu'une seule fois. La Sonic Team a du mérite, car les développeurs tiers prêts à s'infliger la Switch day one sur des titres multi-plateformes ambitieux ne sont pas si nombreux. De plus, Sonic Frontiers est de loin le jeu Sonic le plus vaste à avoir vu le jour. La quantité de contenu à produire pour un jeu comme celui-ci donne le sentiment que c'est quasiment mission impossible, et pourtant beaucoup d'éditeurs s'engouffrent dans cette brèche de l'open world et prennent des risques énormes. Pas étonnant que les coûts et temps de développement augmentent… En l'occurrence SEGA ont pris le temps de faire les choses proprement, et c'est très bien.

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Côté gameplay, les ajustements aux contrôles de Sonic m'ont paru satisfaisants, aussi bien dans les phases d'exploration que les stages action. Le personnage est plutôt lent mais ce n'est pas forcément plus mal. Le boost a également bien moins d'impact qu'avant et ne permet plus de défoncer les ennemis, ce qui ramène un peu de subtilité dans les déplacements. En plus de cela, les stages action sont eux-aussi franchement jolis, quand bien même les environnements sont tous recyclés.

La bande-son est exceptionnelle, comme souvent pour les jeux de la série. Les régions ont des compositions mélodiques bien adaptées qui posent l'ambiance et qui ont le mérite de ne pas (trop) prendre la tête (celle du désert m'a rappelé le thème équivalent de Sonic 2006). Les cinématiques ont des morceaux orchestraux de bonne facture, tandis que les boss ont des thèmes chantés qui envoient du pâté. Mais pour moi la grande réussite réside dans les thèmes des stage action, ils sont excellents, dans un style électro/transe avec parfois quelques paroles. Deux heures de bonheur. On retrouve la marque de fabrique de Tomoya Ohtani dans ces thèmes : il n'a pas bossé seul évidemment, mais il a chapeauté l'ensemble en temps que Lead Composer. Un boulot de titan car l'OST est je pense la plus longue jamais vue sur un jeu Sonic. Le jeu offre également plusieurs doublages, j'ai opté pour l'anglais.

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Enfin, le jeu pourrait profiter de quelques ajustements. Par exemple le fait de pouvoir placer plusieurs marqueurs sur la carte, et que ces derniers ne disparaissent qu'une fois l'objet collecté (et pas simplement car on s'en approche). Un filtre montrant uniquement ce qui n'a pas été collecté serait également bienvenu, voire carrément marquer tout (oui ça serait un peu extrême). Un autre point qui m'a gêné et que j'ai trouvé mal géré, est le fait que certaines portions forcent une vue 2D, mais si on ne prend pas le premier accélérateur ou bumper qui force cette vue, alors on ne passe jamais en mode 2D quand bien même toutes les plateformes sont facilement accessibles. En bref, il aurait peut-être mieux valu que les phases d'exploration soit 100% en 3D, comme dans Sonic Adventure ou Sonic 2006 ? Une question facile à poser, mais à laquelle il est difficile de répondre… Autre chose : le jeu ne sauvegarde que de temps en temps, alors attention avant de tenter des trucs risqués, car on a vite fait de devoir se retaper 10 minutes de jeu après une chute malencontreuse.

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Après environ 25 heures de jeu, le temps de tout faire à 100%, il me paraît évident que Sonic Frontiers est un titre réussi qui arrive au bon moment pour la mascotte de SEGA. Avec les succès récents des films, offrir un bac-à-sable fonctionnel et bien fini, en phase avec les attentes du public actuel, est un choix pertinent. L'exploration est agréable, même si les centaines d'activités qu'elle propose sont courtes et inévitablement répétitives. Les stages classiques sont en demi-teinte, avec du recyclage d'environnements et même des portions d'anciens jeux, voire des niveaux entiers. Ils n'en demeurent pas moins nombreux et agréables à parcourir, et ce sont surtout les anciens joueurs qui seront déçus par cet aspect. La vraie bonne surprise vient de la partie combat, et surtout des boss, qui sont magistraux et superbement implémentés, avec des phases impressionnantes et parfois surprenantes. L'ensemble propose une réalisation tout à fait à la hauteur, avec de beaux visuels, une excellente bande-son et une fluidité au poil sur Xbox. En résumé, si vous aimez Sonic et/ou les jeux ouverts et posés, vous prendrez beaucoup de plaisir sur Sonic Frontiers.

Verdict

7

Points forts

  • Les combats épiques contre les boss !
  • L'exploration agréable
  • La bande-son
  • C'est beau
  • Finition d'un bon niveau, en particulier pour un open world

Points faibles

  • Inévitablement répétitif
  • Le pop-in des enfers
  • Les stages Cyber-Space un peu décevants
  • En dehors des boss, tout est très statique !
  • La pêche est un peu trop basique

Commentaires

Complètement d'accord avec toi, heureux de voir que la musique et les boss (et même sous-boss) sont dans ta liste des points forts, c'est clairement une totale réussite.

Ce Sonic est un vrai bon jeu🥰
La note est un peu excessive, nintendo-mag aurait mis 5/10.

La note de 6/10 est un peu plus correct.

Un open world, des open world, evidement que cette affirmation reprise du pole communication sega ne veut rien dire.

Les stages de knukkles dans sonic adventure 2 sont autant des open world et d'ailleur certainement le principe repris dans ce jeu.

Sonic frontiers est une sorte d'ovni qui se vend plutot bien avec des graphismes vide et tout autant des idées de remplissage.