Test : Shining Wisdom (Saturn)

Sega compte parmi ses jeux phares, une série mythique : Les Shining. Sous cette licence se cache en fait toute une série de jeux complètement différents, mais toujours orientés RPG / Aventure.

On y trouve des jeux d'aventures/donjon comme Shining in the Darkness (MegaDrive) et Shining in the Holy Ark (Saturn). Des jeux d'aventure/tactique (Shining Force adapté sur quasiment toutes les consoles Sega ou Nintendo), ou encore le jeu d'aventure qui nous intéresse aujourd'hui: Shining Wisdom.

Nous avons donc à faire ici à un Zelda Like, premier essai du style pour cette saga et titres sortis au début de vie de la Saturn. Tout le monde pouvait donc légitimement s'attendre à un hit en puissance (connaissant le résultat des autres Shining et la puissance de la Saturn), mais malheureusement il n'en est rien. Pire que cela, Shining wisdom est loin d'être un bon jeu.

Petit explicatif d'un ratage presque complet.

Mars le héros d'un jeu Saturn... Quelle imagination! :

Le jeu se déroule donc dans un univers similaire à ses aînés, à savoir un monde heroïc fantasy. Si aucun lien particulier n'est à noter entre les scénarios de ces différents jeux (à part la rencontre avec certains personnages de Shining Force), le design des protagonistes et ennemis est clairement distinctif de la série à tel point qu'on se demande si on est bien dans un Shining.

Si Shining Force offrait des rebondissements dans l'histoire, de petites intrigues familiales, ici ne vous attendez pas à quelque chose d'extraordinaire.

Vous, Mars (un nom bien étrange) se voit affecter au service du roi en digne héritier de votre père (un grand guerrier). Un soir, tous les gardes se retrouvent endormis par un sort. Seul vous, restez éveillé (grâce à un objet magique) et ce petit exploit vous projette à la garde personnelle de la princesse. Malheureusement cette dernière est enlevée, et ce sera votre devoir d'aller la secourir du vil Pazort (un elfe noir).

C'est donc pour vous l'opportunité de prouver votre valeur et faire honneur à la lignée dont vous descendez.

Le Zelda du pauvre :

Shining Wisdom se joue donc comme Zelda ou Soleil. La vue est de haut et de 3 / 4. Contrairement aux autres titres les graphismes sont un mélange de 2D et de 3D. Les décors sont en 2D mais les personnages ont été modélisés en 3D avant d'être incorporés dans cet environnement 2D. Cela fait au final un ensemble peu cohérent et franchement désagréable. Quand on voit les productions 2D présentes sur Saturn, on ne peut que s'offusquer d'un tel gâchis.

Votre personnage manie donc l'épée comme ses homologues cités plus haut. Pas d'autres armes en perspective, juste quelques magies supplémentaires. Vos points de vie ne sont pas représentés par des coeurs mais par des boules de verre avec une flamme à l'intérieur. Au départ de petite taille, ces boules grossissent pour remplir à la fin du jeu toute la ligne haute de l'écran (exactement à la manière des coeurs dans Zelda). À vous donc d'explorer tous les recoins de l'univers de Shining Wisdom pour trouver tous ces orbes.

Le déroulement du jeu se fait donc le plus simplement possible. Vous explorez les villes (en fait il n'y a qu'une seule grande ville, et d'autres petites sans intérêt), sauvegardez dans les églises (comme Shining Force), explorez les donjons, battez les boss, récupérez des objets indispensables pour la progression, et ainsi de suite jusqu'à délivrance de la princesse.

Là où le jeu apporte un peu plus de profondeur c'est qu'il n'est pas linéaire. Entendez par là que vous pouvez commencer un donjon avant un autre du moment que vous avez les objets adéquats. Vous êtes donc en perpétuel recommencement de ces niveaux pour accéder à toutes les salles des donjons et trouver les coffres ou boss. Si le scénario est ennuyeux au possible, on ne peut pas reprocher au jeu de suivre une ligne bien définie (fallait bien que je trouve des choses bien à dire sur le jeu ).

Concernant l'interface du jeu, les habitués de Shining Force ne seront pas perdus. Les menus sont quasiment similaires et les objets identiques (herbe pour l'énergie, ailes pour se téléporter, etc.). Même les phases de dialogue sont basées sur le même principe, à savoir des encarts animés avec les portraits des personnages importants. Pas de voix digitalisée.

Parlons donc des donjons et des ennemis (les villages ne représentant que peu d'intérêt en soi vu la profondeur de l'histoire). Dans les labyrinthes vous serez confrontés à de nombreuses énigmes, phases de plateforme, ou casses tête sympathiques. Les boss sont par contre de petite taille et franchement laids. Ils ne sont ni durs à battre, ni effrayants ou charismatiques.

Côté magie, vous aurez accès à des orbes basés sur les élémentaires (eau, feu, glace, etc.). Ces pouvoirs peuvent être utilisés seuls ou bien combinés à un objet ou une arme. Conjuguez votre épée et votre orbe de feu, et vous aurez une magie de feu particulière. Mettez l'orbe de pierre et vos bottes, et vous pourrez briser des pierres. (ouf, un deuxième bon point pour ce jeu).

Enfin, il faudra compter une trentaine d'heures pour venir à bout du jeu en cherchant à récupérer tous les orbes (chose non indispensable pour finir le jeu).

C'est Jack Nicholson qui va être content :

Accroc de la hache dans Shining, Jack Nicholson aurait dù faire un tour dans les studios responsables de la réalisation technique de ce jeu. Graphiquement le jeu est indigne d'une Saturn. Les environnements 2D sont ternes, cubiques et n'ont aucun charme. La MegaDrive a su montrer mieux dans le domaine (Soleil, Landstalker par exemple). Les personnages en simili 3D paraissent disproportionnés avec les décors. Leur incrustation est maladroite, et les ennemis n'ont vraiment aucun charisme (certains sont même difficilement identifiables).

Même si les Shining Force n'ont jamais été les jeux les plus beaux qu'on ait vu sur console SEGA, au moins ils avaient du style, du charisme.

Ne cherchez pas non plus des séquences en dessin animé, ou image de synthèse, rien de tout cela. Le jeu est le plus basique possible. Seul le démarrage du jeu offre une petite intro assez laide d'ailleurs, vous l'oublierez vite.

Si au moins la bande son était à la hauteur, malheureusement c'est loin d'être le cas. Les sons sont médiocres, les musiques banales au possible. Là encore la Saturn nous a prouvé qu'elle pouvait mieux faire.

Si les graphismes ne font pas tout dans un jeu, il faut au moins que le reste suive. Là le constat est plutôt amer. En véritable fan de la saga Shining, j'attendais ce jeu comme le messie. La déception n'en fut que plus grande. Sans dire que le jeu est totalement mauvais, il n'est pas franchement très amusant, et sa piètre réalisation générale et son manque de profondeur de scénario ne réussissent pas à le sauver du naufrage.

Si vous aimez les jeux d'aventure, jetez vous plutôt sur des titres comme Legend Of Thor, Magic Knight, Shining in the Holy Ark, Shining Force III ou Albert Odissey sur Saturn.

Nota: je n'ai pas joué à la version européenne, je ne sais donc pas si les textes sont en français mais il ne me semble pas qu'ils aient été traduits. À vérifier.

Verdict

4

Points forts

  • La recherche de tous les coeurs
  • Un jeu à la prise en main rapide
  • Un jeu non linéaire
  • L'utilisation des orbes de magie

Points faibles

  • La réalisation graphique indigne d'une Saturn
  • Les boss laids, faciles à battre et sans intérêt
  • Le scénario décevant pour un Shining (aucune corrélation avec les autres épisodes)
  • Les musiques
  • On ne s'amuse pas
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Saturn 4.0 4

Commentaires

Merci Slaine pour ce test.
J'essayerais de me le trouver un de ces jours.
Malgré ce qu'on en dis, je veux le faire quand même.
SLAINE, 19 aoû 2008 - 10:55
c'est vrai que le jeu est franchement assez moche, mais bon si au moins l'aventure était palpitante... Dommage pour un titre que les fans des Shining attendaient à l'époque. Néanmoins ça reste un avis perso, il peut plaire à d'autres, pour moi la concurrence sur saturn en rpg est rude et il ne fait pas le poids (magic knight, blue seed, albert odyssey, gulliver boy, tengai makyo, shining force, etc....)
Le premier contact avec Shining Wisdom est difficile mais après, on se laisse facilement emporter par l'histoire et les personnages attachants.
yohko kurama, 20 aoû 2008 - 7:52
Comme d'hab sur Saturn pas de traduction ... l'échec de cette console en tout cas en France était obligatoire avec une telle politique merdique.