Test : SEGA Ages : Puyo Puyo (Switch)

Puyo Puyo est le puzzle game de SEGA sorti au japon en 1991 sur MSX et Famicom Disk System, ainsi qu'en arcade en 1992. Cette version pose les principes de la série de jeux Puyo Puyo qui évolueront dès l'épisode suivant pour devenir et rester encore aujourd'hui, les règles officielles de tournois.

Le jeu vous propose de mettre une raclée au "Dark Prince" (parce que "Satan" aux U.S., ça ne passe pas) si auparavant vous parvenez à rouler sur ses sbires. Ils sont aux nombres de 15, les trois premiers (et seulement eux) ne sont disponibles qu'en "mode facile".

Leur design est très varié (c'est un peu la règle du genre) passant de l'humain à la chimère et les dialogues, plus absurdes que drôles, se lisent agréablement. N'attendez pas non plus un voyage dans des fresques épiques et romanesques, c'est trois décors de fond/arènes de jeu et basta.

Le jeu qui met en avant les handicaps trop longtemps ignorés.

La difficulté augmente au fil des rencontres en imposant plus de couleurs disponibles et une vitesse de chute plus rapide. Les tactiques de jeu sont propres aux personnages ; certains joueront sans combos, d'autres iront très vite sans "réfléchir" ou à l'inverse, prépareront des gros combos.

Les "continue" sont infinis, seul compte votre score... arcade oblige.

La difficulté réside surtout dans les contraintes liées à l'ancienneté du titre : les Puyos se collent facilement et le jeu n'indique pas la trajectoire de chute.

Mais le changement le plus spectaculaire vient de l'inexistance du contre (mécanique qui apparaît dans le 2) : on ne renvoie pas les dégâts, chaque attaque est prise en compte. Donc si un petit combo vous arrive dans la tronche, vous êtes obligé de vider efficacement votre écran pour faire la place aux "ojama Puyos" qui vont tomber.

Ce que je m'apprête à lui envoyer n'empêchera pas de me prendre ce qu'il m'envoie.

Le CPU n'est pas invincible pour autant...

La preuve !

Si vous placez un 5 hits, ça va le tuer net ! Privilégiez plutôt des petits 2 ou 3 hits combos montés rapidement pour pourrir le jeu adverse, c'est plus long mais moins risqué.

Le contenu

Il est sobre. Pas d'introduction autre qu'une efficace démo des mécaniques du jeu.

p>2 modes de jeu : solo ou VS. Attention, le mode VS démarre de suite, pas d'option ni de réglages à faire.

3 modes de difficultés pour le solo. En facile vous n'aurez que 3 personnages, en normal vous affronterez 16 adversaires (sans ceux du mode facile) et en difficile, vous attaquez directement le 4ème match.

Un mode "online" sommaire : parties au pif avec rematches à volonté ou lobby privé/public. Si vous êtes timide, pas de panique c'est désert.

quelques options proposées par l'émulateur n'influent que sur les commandes, la difficulté globale du jeu et la langue. Il y a bien quelques fonds d'écran interchangeables et divers filtres mais c'est pas ça qui motive un joueur pour empiler des globules. Rien à débloquer (de ce que j'ai pu voir), du jeu pur... et dur (sinon c'est pas drôle).

Mais alors pourquoi diable y jouer en 2019 ?

Pour les mêmes raisons qu'un joueur de Tetris 99 s'entraînerait sur les versions NES/Gameboy. La radicalité du gameplay fait que l'on apprend à jouer vite dans un espace de jeu réduit : si l'on se retrouve en position difficile à mi-hauteur de l'écran, le jeu ne pardonne aucune hésitation.

Dans les versions plus modernes, le joueur est assisté par des options (la plupart désactivables) qui permettent de voir dans quelle colonne tombent nos Puyos ou de les déplacer malgré un contact avec des obstacles. Quand on revient aux sources, rien de tout ça : le miss-drop est fréquent et si ça touche, c'est une ou deux rotations pour se rattraper... pas plus. Il y a une option qui permet de faire scintiller des triplets de Puyo mais elle est inutile en dehors des daltoniens.

Sur Puyo Puyo Champions je ne paniquerais pas... mais sur cette version, je suis déjà mort.

Pour le dire autrement : apprendre sur cette version de Puyo, c'est se lancer dans une piste noire sans bâtons avec les lattes de son canapé en guise de ski. Du coup, si on sait faire la godille en lattes Ikea, une bonne paire de Rossignol vous rendra alors invincible.

Si ça ne coûte rien à SEGA de ressortir ses antiquités, pourquoi pas. Si ça permet à M2 de se faire les dents sur l'environnement de la Switch en attendant une adaptation de (soyons fous) Crazy Taxi, tant mieux !
Il y a plein d'autres jeux qu'on peut acheter pour soutenir SEGA, alors si vous avez déjà un PuyoTetris/Champion, vous pouvez vous abstenir. Ce jeu est pour les acharné·e·s de la série.

Verdict

6

Points forts

  • Un jeu bon enfant qui se joue simplement.
  • Répulsif à "millenials".

Points faibles

  • Destiné à une niche subatomique.
  • La tristesse de ce monde fait que ma mère préfèrera toujours "Candy Crush".

Commentaires

Tu te demandes pourquoi sortir ça après Puyo Tetris et Puyo Champion. Déjà Puyo Champion après Puyo Tetris c'était pas très intéressant, là c'est encore pire.
JiPe, 04 sep 2019 - 6:35
Surtout qu'ils auraient pu faire dans le Puyotris/Champion un mode "des origines" en utilisant les règles du premier puyo.
Dans le Champion, ils ont mis les règles du Fever par exemple.
DSE76, 04 sep 2019 - 10:37
Ça aurait été plus malin de mettre Tsu mais pour ça, fallait engager des traducteurs ...
DSE76, 04 sep 2019 - 10:40
D'ailleurs, ça confirme que la version anglaise de Puyo Puyo premier du nom n'est définitivement pas un Bootleg.