Test : Sakura Wars (Playstation 4)


Sakura Wars
Sakura Wars
Aventure

Sakura Taisen. Beaucoup de joueurs occidentaux connaissent de nom cette série sans pour autant y avoir joué, ou devrais-je dire, avoir pu y jouer (depuis quelques temps une fantrad en anglais du 1 est toutefois disponible).
Alors oui, la licence a eu le droit à une version officielle anglaise avec le 5 sur PS2 et Wii (cette dernière fut distribuée en Europe) mais, même s'il était loin d'être mauvais, ce n'est pas l'épisode le plus marquant (je ne m'en souviens que vaguement d'ailleurs).
En fait, ce sont les 3 premiers Sakura Taisen qui doivent être pris en référence, les 1 et 2 sur Saturn ainsi que le fabuleux 3 réussissant avec réussite le passage à la 3D sur notre 128 bits spiralée.
Si on doit décrire simplement cette série, c'est de l'aventure, des amourettes et des combats contre une horde de vilains.
Si la recette de base reste identique pour ce " shin/nouveau " Sakura Taisen, les ingrédients eux, ont un peu changé. Reste à voir si nos chefs développeurs ont été capables de nous préparer une galette tout aussi exquise qu'attendue.
Je précise que ce test est réalisé depuis la version japonaise, ce qui explique les probables différences dans la traduction de certains termes par rapport à la future version française. Nous ferons une mise à jour lors de la sortie PAL qui se nommera simplement Sakura Wars.

La troupe des fleurs fanées

Plus d'une décennie après les événements des jeux précédents, le Hanagumi ou si vous préférez, la troupe des fleurs, n'est plus que l'ombre d'elle-même (je ne parle pratiquement que d'éléments du chapitre 1, mais si vous voulez vraiment vous protéger des spoils à tout prix, passez au second paragraphe direct).
Non seulement ses spectacles n'attirent plus foule mais pire encore, une partie de ceux daignant encore faire le déplacement le font uniquement pour se moquer des prestations se terminant souvent pas une catastrophe provoquant l'hilarité générale.
Inutile de dire que le prestige que dégageait le théâtre n'est plus qu'une histoire ancienne.
D'ailleurs, cette descente aux enfers n'est pas sans conséquences, il n'y a plus d'argent dans les caisses, la troupe est au bord du gouffre.
C'est dans ces conditions que Seijûrô Kamiyama (nous) va prendre le poste de capitaine au sein de l'équipe afin de tenter de redresser la barre au plus vite.

Mais parce qu'être dans une situation critique ne doit pas suffire à ses malheurs, notre équipe va devoir participer à la troisième grande rencontre internationale des troupes de combat avec pour obligation de gagner, sinon... dissolution ! Bah ouais quoi, on ne va pas faire semblant d'être au fond du trou !
D'ailleurs, non seulement les représentations théâtrales sont nulles, mais l'inefficacité sur le champ de bataille est telle que pour défendre la capitale japonaise des quelques attaques de monstres, il faut compter sur la troupe de combat de Shanghai... La honte totale.
Et parce qu'il faut bien un méchant dans l'histoire, c'est un nouveau venu qui va venir nous pourrir la vie, le pas très net Oboro. Il ne sera bien entendu pas le seul, mais j'ai ressenti un goût de trop peu dans ce domaine, un peu plus de gros vilain aurait été le bienvenu.
Le scénario souffre parfois de petits détails pouvant faire grincer des dents, comme par exemple lors des combats face aux autres équipes. Nous sommes censés participer à un tournoi avec des adversaires du monde entier -attention petit spoil au-delà du premier chapitre-, mais on ne voit que celles de Shanghai, Londres et Berlin, et on comprend rapidement qu'on n'aura à faire qu'à elles puisque de toutes façons, on ne connaît jamais les adversaires quelles affrontent....
Vous imaginez regarder une coupe du monde de foot en ne connaissant que vos adversaires directs sans jamais savoir contre qui ils ont joué ? (bon moi c'est le fait de regarder une coupe du monde de foot que je ne peux pas imaginer :trollgratuit:).
Et comble de l'absurdité, les combats sont du 3 vs 3, pourtant les troupes adverses n'ont que 2 représentants chacune... Les personnages apparaissent par 2, alors que les robots par 3, ça fait un peu tâche.

Bref, le scénario principal a des hauts (surtout la fin) et des bas mais se laisse suivre sans problème, il ne faut juste pas trop en attendre. Sans oublier une interrogation énorme qui ne trouve pas vraiment de réponse, et provoque une grosse frustration.
Les petites histoires se focalisant sur chaque personnage sont vraiment très sympas et remontent le niveau.

Changement de look

La série avait jusqu'alors le talentueux Kosuke Fujishima au character design ; niveau jeux vidéo, il s'occupe aussi des Tales Of, et ses mangas les plus connus sont You're Under Arrest et le magnifique Ah! My Goddess. Mais cette fois, c'est un autre grand nom qui a la responsabilité de ce boulot avec Tite Kubo, à qui on doit le manga Bleach.
Puisqu'il s'agit d'un élément artistique, il n'est pas étonnant d'avoir ceux qui aiment et ceux qui détestent ce changement. Si de mon point de vue, j'aurai vraiment aimé une continuité dans ce domaine, force est de constater que l'ensemble tient bien la route.
La nouvelle Sakura est toute mignonne, Azami la petite Ninja et Claris l'amoureuse des livres possèdent un charme particulier, je suis fan.
Hatsuho la fille au fort caractère de service est elle aussi réussie malgré une poitrine un peu trop généreuse, mais ce n'est rien face aux protubérances mammaires absolument ridicules d'Anastasia la beauté froide Russe faisant vraiment tâche avec le reste.
Quant aux autres personnages, dont ceux des troupes de Shanghai, Londres et Berlin, il n'y a rien à critiquer en particulier, ils sont pas mal du tout.
Bref, un style différent mais hormis la fausse note d'Anastasia, l'ensemble est particulièrement soigné.

La partie aventure reste l'élément principal du jeu tout comme dans les épisodes précédents.
On se déplace presque toujours librement dans le théâtre (assez grand) ainsi que dans quelques endroits de la ville (plutôt petits). Nos objectifs sont indiqués via des points d'exclamation sur la carte, consultable rapidement via notre smartron (l'ancêtre du smartphone du coup).
Durant les dialogues (pas intégralement doublés), il nous est souvent proposé de choisir une réponse dans un temps très court via le système baptisé LIPS. Mais bien qu'ayant le choix, l'idéal est de prendre la meilleure réponse possible afin de gagner le plus de points auprès de notre interlocuteur du moment. Plus nos liens sont forts, et plus l'efficacité sur le champ de bataille sera grande.

Dans certains cas, nos choix peuvent aussi avoir une conséquence directe sur la petite scène y faisant suite, bien que cela n'ait pas d'incidence sur le scénario principal.
Régulièrement, une petite icône en forme de pétale de cerisier apparaît sur la carte : cette dernière nous indique un moment nous permettant de renforcer nos liens avec le personnage en question. C'est lors de ces passages que le jeu passe parfois en mode drague. Dans un premier temps, on discute avec la fille sous forme d'un point'n click en interagissant avec par exemple les éléments du décor afin de faire progresser le dialogue. Et lorsque ses sentiments à notre égard atteignent leur zénith, elle s'approche de nous afin de nous en faire plus ou moins part, mais n'imaginez rien d'immoral hein, c'est super gentillet, pas plus. La fille dont on fera en sorte d'être le plus proche en fin de partie décidera de la cinématique finale.

 

Petit point noir, les mini-jeux des prédécesseurs ont presque tous disparu. à la place, on peut trouver de petits événements nous demandant par exemple de chercher des choses ou encore de prendre une commande dans un restaurant dans un temps limité.
Seul le jeu de carte hanafuda appelé ici Koikoi Wars est de nouveau présent dans cet opus.
Je dois vous avouer que je ne m'étais jamais investi dans ce jeu, mais pour ce test j'ai fait ce petit effort (et j'ai bien fait puisque maintenant je sais y jouer).
Il se compose de 48 cartes. Les 12 mois de l'année sont représentés avec chacun 4 cartes.
Il faut réussir à faire des groupes de cartes bien précis valant le plus de points de possible (je fais simple hein).
On affronte sans surprise les autres personnages et l'argent cumulé au fil des parties peut servir à débloquer certains adversaires spécifiques et aussi à acheter les thèmes musicaux des personnages pour les utiliser dans les stages comme on le souhaite.
Il est non seulement accessible en plein jeu via notre smartron mais aussi directement depuis l'écran titre et propose 2 niveaux de difficulté.

Les collectionneurs en herbe peuvent aussi s'amuser à trouver des bromides (photos des personnages), certaines apparaissent régulièrement un peu partout alors que d'autres s'obtiennent à l'accueil (mais pas uniquement).
Cette partie aventure est une belle réussite avec sa réalisation particulièrement propre et soignée bien que pas forcément impressionnante. Il y a parfois des petits détails amusants, comme les affiches des représentations qui changent au fil du temps.
On prend plaisir à contrôler Seijûrô dans ce monde, et cette ambiance est certes est un peu différente des anciens épisodes, mais reste très respectueuse de ses aînés, le fait d'avoir des développeurs des jeux d'origines ne doit pas y être étranger.
Bref, du beau boulot avec une durée de vie respectable d'environ 30h pour un run classique.

Un choix pas très tactique

Je ne sais pas comment se passent les brainstormings chez les développeurs, mais pour ce Sakura Taisen ça a dû prendre cette forme : " bon les gars, le style Tactical RPG c'est vachement bien et ça plaît aux joueurs de la première heure et ça devrait être le cas aussi pour les nouveaux venus, on change pour faire un truc bourrin à la place ? ".
Je pense que vous avez tous compris que ce Sakura Taisen perdait une partie de ses beaux pétales de par ce choix, par lequel les développeurs se sont complètement fourvoyés.
On oublie les combats en tactical au tour par tour, cette fois-ci, on pilote son robot au milieu des vagues d'ennemis. Alors dans l'idée, pourquoi pas, contrôler un mécha est un truc des plus grisants mais voilà , c'est juste... bourrin et le peu de finesse qu'il propose se dissout totalement dans la confusion générale.

Une attaque de base avec rond, une puissante avec triangle et la possibilité de faire des enchaînements, carré pour la super attaque une fois notre jauge pleine et croix pour sauter. R2 pour le boost et R1 pour le dash/esquive ; ce dernier, utilisé au bon moment, fait passer l'image au ralenti afin de ruiner la tronche de nos opposants quasiment immobiles. D'ailleurs, plus nos ennemis sont véloces et plus il est facile de l'enclencher, rendant le jeu proportionnellement plus simple.
Tout comme avant, une attaque en équipe est faisable en appuyant sur le pavé tactile. On ne peut la sortir qu'une fois maximum par niveau en fonction de notre lien avec la partenaire du moment, et du coup c'est assez fun de découvrir la séquence animée (totalement kitch) qui va avec.

Les combats ne se font qu'en équipe de 2 (voire 3 durant le tournoi), nous et une des filles (celle au centre du chapitre), on peut switcher de personnages avec L1 presque n'importe quand.
Il y a 2 styles de combats, celui au corps à corps comme par exemple Seijûrô et Sakura avec leurs katanas, et celui à distance telle Claris et ses boules d'énergie.
Je n'ai pas parlé de lock, et c'est normal, il n'y en a pas ! Alors autant pour les ennemis au sol, ce n'est pas un gros souci, mais pour ceux volant c'est du gros n'importe quoi, on prend le pli mais ce n'est vraiment pas judicieux comme choix.
Les combats sont très bordéliques, et on n'a aucune raison de faire des efforts puisque même en tapant dans le tas sans se poser de question on peut obtenir sans souci un rank S. Le bon point est qu'ils sont au final faciles, ce qui nous épargne de péter un câble.
Mais si vous n'en avez pas assez, vous pourrez aller dans le simulateur au garage afin de refaire les combats déjà vécus avec, par contre, la possibilité de choisir votre partenaire.
Je peux sembler sévère, mais le constat est sans appel, toute cette partie, auparavant si captivante, a perdu tout son charme.
à€¡a reste complètement jouable et certains pourraient même trouver ça plaisant de faire le bourrin (je ne déteste pas), mais la finesse du tactical risque de manquer à beaucoup, surtout ceux qui l'on connue.
Pour parler d'éléments positifs, il faut souligner la superbe modélisation des méchas avec des effets de gerbes d'étincelles ou encore le flou de chaleur. Et les conversations au cours des combats rendant l'ensemble particulièrement vivant.
Mais le constat ne change pas, les combats sont... nuls.

Kouhei Tanaka sans fausse note

Une des meilleures nouvelles accompagnant l'annonce de la renaissance de la série est très certainement la fait d'avoir le compositeur d'origine aux manettes.
Je me souviens encore de l'émotion de Kouhei Tanaka lors du SEGA Fes 2019 lorsqu'il nous parlait de la joie qu'il avait éprouvé lorsqu'il lui fut proposé de travailler de nouveau sur la musique de Sakura Taisen.
Je pouvais ressentir sa joie communicative et d'ailleurs, cette partie est peut-être la plus grande réussite du jeu. C'est beau et respectueux de l'oeuvre d'origine, tout en y apportant de nouvelles choses. Chaque personnage a sa petite mélodie pour accompagner ses interventions, celle de Claris est juste magnifique par exemple.
Il ne faut pas oublier les thèmes chantés, eux aussi excellents comme celui d'Élise (Berlin) qui est juste incroyable et interprété par la star Nana Mizuki, je vous le mets ci-dessous pour vous convaincre :

Alors ok, il est critiquable sur certains points, mais moi je l'aime bien ce Sakura Taisen !
Son look général est vraiment classe, les personnages sont dans l'ensemble réussis avec une mention spéciale pour la petite Azami, la Ninja de service. Il n'était pas simple de prendre la relève de Kosuke Fujishima et son style enchanteur au chara design, mais Tite Kubo a su le faire avec une belle réussite, même si cela est bien évidemment une question de goût.
Les sublimes séquences en dessin animés mettent son coup de crayon encore plus en valeur d'ailleurs.
La bande son est probablement la plus grande réussite du jeu, le travail du compositeur original, Kohei Tanaka, est juste magnifique.
Mais tout ce beau tableau est gâché par un système de combat sans intérêt ni challenge, anéantissant une partie du charme de la série, et ne comptez par sur un quelconque paramétrage de la difficulté puisqu'il n'y en a pas.
J'ai eu beaucoup d'hésitation quant à la note à lui attribuer, j'aurais pu opter pour une note sanction justifiable, mais au final, après 2 runs, je garde un excellent souvenir de tout le reste faisant pencher la balance du côté de la clémence.
Bref, je le conseille uniquement pour sa partie aventure qui elle, ne trahit pas ses aînés et reste de toute façon l'élément principal du jeu.

 

 

Un point sur la version occidentale par Haneda

Sakura Wars sort en Occident le 28 avril 2020 après sa sortie japonaise du 12 décembre 2019. Le jeu est proposé avec les voix japonaises originales et des sous-titres anglais, allemands, français et espagnols. L'absence de voix anglaises est certainement un frein pour son succès en Amérique ou au Royaume-Uni mais ce n'est pas un problème pour les vrais fans de jeux japonais et d'anime. La présence de sous-titres français est une excellente nouvelle pour qu'il puisse trouver son public chez nous. Sakura Taisen V était, lui, sorti en anglais via NIS America.

La localisation anglaise a été prise en charge par Inbound Games, qui a déjà œuvré sur Yakuza 0. La localisation dans les autres langues a été réalisée par Keywords Studios. Il n'y a pas grand chose à redire. Il n'y a pas de grosses coquilles et le jeu reste fidèle à l'opus original. Les menus et les didacticiels sont très soignés ou encore le mini-jeu du Koi Koi Wars. On retrouve le soin de la localisation comme pour Persona 5 Royal ou Judgment.

Sakura Wars a droit aussi à une mise à jour 1.01 en Occident, elle est apparue le week-end avant le lancement. Cette dernière est déjà disponible au Japon depuis quelques semaines. Elle offre un lock-on au combat, la possibilité de sauvegarder / charger lors de la partie aventure, de nouveaux schémas de contrôle, un journal de discussions, la possibilité de zapper les cutscenes dès la première partie et un nouveau mecha pour Sakura Amamiya. Toutes ces petites améliorations sont très appréciables mais ne changent pas l'appréciation globale sur le jeu, soyons clairs. Les combats restent notamment toujours insipides, oubliables malgré l'ajout d'un lock-on.

Enfin, un dernier mot sur les DLC. J'ai pu tester tous les ajouts de la Digital Deluxe Edition avec les packs Legacy of Love, Charming Accessories et Swimsuit. Il s'agit juste de costumes, d'accessoires ou de musiques. Le pack Legacy of Love comprend des costumes et musiques de Sakura Taisen 1, 2, 3 et 5. C'est du fan-service bien gras et on peut facilement s'en passer.

Verdict

7

Points forts

  • La partie aventure réussie
  • Des musiques superbes
  • Une belle réalisation
  • Certains personnages très attachants

Points faibles

  • La partie combat aux fraises
  • Un scenario principal qui laisse un peu sur sa faim
  • Ça manque de vilain charismatique

Archives commentaires

Perso le jeu m'attire vraiment et j'ai bien envie de le faire, mais pas sur console Sony, j'ai des principes quand même.
Un peu marre de cette mode de "moderniser" les tactical RPG historique (Sakura, Shining force, valkyria) en action RPG générique (shining resonance refrain, valkyria revolution) même si cette fois le côté aventure sauve la mise apparemment. idem pour les FF qui bascule dans le action rpg (tour par tour devenu obsolète ?). Fire emblem nous montre que les tactical ne sont pas has been en 2020. un tactical aurait été souhaitable pour celui là à moins qu'ils se resservent pour un shining force 4 ?
Rage, 17 nov 2019 - 8:17
Merci beaucoup pour ce test !!! Mal ou bien noté ce jeu me fait vraiment envie en tout cas. Day one quoi :good::good:
Fire Emblem est probablement le pire exemple pour montrer que le genre n'est pas has been cela dit.

Et des Tactical classiques avec damier y en a des tonnes, il suffit de chercher un peu.
Pour fire emblem, c est une question de goût je pense. il a été très bien noté sur tous les tests des journaleux JV (entre 8 et 9/10, 18/20, etc..) et il est le plus vendu en nombre , c est pour cela que je l ai utilisé en exemple Pour montrer que le style tactical se vend encore en 2020 et il peut être bien noté.