Test : Ryuuteki Gosennen : Dragons of China (Saturn)

L’année 2024 est placée sous le signe du Dragon, et ça tombe bien, mon premier test de l’année a pour thème central cette créature légendaire.

Sur le papier l'aventure s’annonce palpitante en nous faisant traverser la Chine à la recherche de dragons sous l’égide de quelques pointures derrières les illustrations et le scénario.
Dit comme ça, tout semble réuni afin d'offrir une belle aventure, mais malheureusement...

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Dragon pas content

2099 en Chine, durant des travaux souterrains pour la préparation des Jeux Olympiques prévus l’année suivante, des vestiges d’un temps ancien sont découverts.
Une pelle mécanique va malencontreusement décoller un sceau sur un pot (et non pas l'inverse), libérant par la même occasion un dragon maléfique qui disparaît aussitôt dans le ciel.
Au même moment à Tokyo se déroule une conférence mondiale sur les vestiges anciens justement.
Ken, le héros de l'histoire, va s'y rendre pour remettre sa thèse « Évolution et destruction des dragons » au professeur Hongo qui se fera un plaisir de l'envoyer promener (et il a bien raison !).

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C'est à ce moment que le ciel de la capitale va s'assombrir et laisser apparaître le vilain dragon détruisant tout sur son passage.
Le lendemain, les ravages s’étendront même dans le reste du monde.
Ken, spécialiste en bête cracheuse de feu, va décider de partir en Chine afin de sauver le monde car lui sait que là-bas se trouvent de gentils dragons au nombre de huit qui, une fois réunis, permettront de vaincre le maléfique et inarrêtable animal du mal.

Bon ok, sur le papier ça ne semble pas trop trop mal, ça donne presque un peu d'espoir n'est-ce pas ?
De plus, deux character designers de renom sont aux commandes, avec pour les protagonistes Katsuya Terada que vous connaissez forcement vu que c'est lui le character designers de Virtua Fighter 2 (interview du monsieur ici), ainsi que Yasushi Nirasawa (Enemy Zero, Deep Fear etc.) pour les monstres.
Aux musiques, c'est Nobuhiro Tsuru (il a bossé sur des animés) et au scénario Masato Kato (Chrono Trigger/Cross, Baten Kaitos etc.), ce dernier est un gros morceau on est d'accord.

Pourquoi je vous les cite ? En fait c'est ce que met en avant la boite du jeu, bien plus que le système, l'histoire ou autre chose, ils semblent être clairement le gros argument de vente du soft.
D'accord, c'est bien vous allez me dire, mais avoir du monde ne signifie pas forcément avoir un bon résultat, examinons cela de plus près.

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Une aventure avec un tout petit a (et encore)

Dragons of China est un jeu d'aventure textuel on ne peut plus basique voire minimaliste.
Tout passe par l’écrit, donc sans aucun doublage, seulement quelques bruitages et un fond musical.
Notre voyage va nous faire traverser la Chine pour trouver les dragons avec plus ou moins toujours le même déroulement.
On arrive dans une ville, on rencontre le doyen pour lui demander l'emplacement du dragon local (c'est chez lui qu'on peut sauvegarder), il nous demande un service avant de nous aider, on va ensuite sur les lieux de la créature qui demande de prouver notre force afin qu'elle accepte d’être des nôtres.
En (très) gros c'est ça du début jusqu'à la fin avec heureusement, quelques vilains et autres intervenants récurrents pour pimenter un peu (vraiment un peu) l'aventure.
D'ailleurs au fil des rencontres on aura quelques coéquipiers qui viendront et partiront etc.

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La progression se fait avec très peu d'intervention de notre part, la principale est juste de choisir le lieu, pas de choix de dialogues ou même une quelconque liberté, le jeu déroule son histoire sans vraiment se préoccuper de nous, il faut aborder ça un peu comme un roman illustré.
Le seul moment dont on pouvait espérer qu'il nous donne un semblant de pouvoir était les combats, mais pas de bol, on ne sert à rien.
Tout se passe avec des descriptions, parfois on peut certes choisir un personnage pour une action, mais en cas d'erreur pas de Game Over, au pire on recommence.

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Mais au final, bien qu'il faille quelques heures (moins de dix je pense) pour le finir, le scénario n'a rien de fou (et c'est gentil de le dire comme ça, je ne parle pas des incohérences comme le fait de n'avoir jamais l'impression d’être dans un monde ravagé ni même d’être en 2099 par exemple), les musiques bien que bonnes sont très peu nombreuses et la principale tourne en boucle.
Sans oublier une réalisation qui donne une impression de fainéantise rarement vue.

Alors visuellement c'est « compliqué »

Les personnages et monstres/dragons ont certes eu de talentueuses personnes derrière mais ce n'est pourtant pas convaincant.
Alors je laisse à chacun le soin de juger l'artistique (les goûts tout ça tout ça comme on dit) mais le rendu n'est pas très beau, tout simplement.

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De plus, on a le minimum syndical, chaque dragon n'a qu'une seule illustration par exemple ! Même l'ultime méchant n'a pas eu de traitement de faveur. Idem pour les autres personnages, sauf ceux de notre équipe qui ont une illustration supplémentaire vue de... dos (ok, Ken en a un peu plus, les développeurs se sont lâchés :p).
Qu'un protagoniste rigole, pleure ou meure, c'est toujours le même dessin qui le représente, bonjour la cohérence.
Et tout ça sans aucune petite animation, faut pas non plus exagérer hein.

Par contre pour les décors, personne de renom derrière.
D'ailleurs je ne pense pas me tromper en disant qu'il doit s'agir de photos retouchées pour donner un effet peinture impressionniste (enfin quelque chose dans le genre) et c'est assez inégal.
L'ensemble n'est pas abominable, mais on a vu tellement mieux sur la 32 bits qu'on a du mal à excuser de n'avoir que ça alors que les développeurs n'avaient clairement pas grand-chose à faire.

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Pour finir de confirmer la fainéantise assez incroyable de cette galette, aucune option, bonus ou que sais-je encore (je ne l'ai pas dit plus haut mais bien entendu, pas de bifurcation cela va de soi).

 

Ok ce n'est pas un style dont je suis fan donc je suis peut-être sévère avec ce genre, mais franchement, on a l'impression que le budget n'a servi qu'à payer les artistes grandement mis en avant sur la boite au détriment de tout le reste.
Il n'y a rien de vraiment notable que ce soit visuellement, musicalement ou scénaristiquement parlant qui pourrait lui permettre de donner au jeu un quelconque intérêt particulier.
Bref, Dragons of China ne méritait clairement pas tout le temps que je lui ai consacré mais au moins cet article permettra peut-être à d'autres de passer à côté.
Je ne lui mets pas la note minimale parce que bon, ce n'est pas infâme non plus, juste inintéressant.

Compréhension du japonais : pratique pour ne pas tourner parfois en rond, obligatoire pour apprécier (façon de dire...).

●Cartouche mémoire supportée
●17 blocs par slot de sauvegarde (jusqu'à trois)

Verdict

2

Points forts

  • Il n'est pas sorti du Japon vous avez de la chance

Points faibles

  • Réalisation, histoire, intérêt global, la liste est trop longue...

Commentaires

Déjà, merci pour la découverte. Moi qui adore la saturn, je suis fan des tests des jeux totalement inconnus de la machine.
Pour le reste, c'est un peu la catastrophe. Dommage avec de si grands noms à la manoeuvre. J'ai même regardé ta vidéo Youtube et y a rien à sauver (surtout pour quelqu'un qui ne parle pas japonais). C'est assez moche et le fait d'avoir toujours la tête de notre perso statique au même endroit, c'est une blague...
Bref, une découverte génial mais pour collectionneur.
C'est tout le problème lors du passage aux consoles 32 bits. Il devenait "possible" de scanner des illustrations ou des textures, mais bon voilà le résultat dégueulasse au possible. Le pixel-art c'était bien mieux, et on l'a abandonné comme technique courante pour la 2D à partir de cette époque...