Test : Pit-Fighter (Mega Drive)


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PitFighter, sorti en 1990, est l'origine même des jeux de combats à base de personnages digitalisés. Bien avant la déferlante Mortal Kombat, Atari avait donc pris le pari de modéliser des "acteurs" pour les intégrer dans un jeu de combat et rendre ainsi sa production "plus réaliste".

C'est donc avec l'ambition de montrer toute la violence d'un combat de rue, que la borne d'arcade proposait de s'affronter jusqu'à 3 joueurs en coopératif contre 10 adversaires différents, le tout dans des arènes très typées comme des entrepôts, station de métro, rue désaffectée, etc...

Loin d'être une véritable réussite, notamment techniquement, PitFighter a eu au moins le mérite de lancer un nouveau type de jeu de combat. Qu'en est-il de cette version MegaDrive sortie un an plus tard, soit en 1991 ?

Règle numéro 1 du Fight Club: On ne parle pas de PitFighter, on prie PitFighter.

Alors que le titre apparaît dans un rouge fade et peu engageant, on se demande tout de suite où est passée cette intro sympa qui faisait les joies des bornes d'arcade. Ce n'est qu'après quelques secondes sans toucher au bouton start que nos trois valeureux combattants apparaissent dans des "mini films" plutôt bien foutus pour de la MegaDrive.
Bon on est loin d'un Night Trap, mais pour une première sur la 16-bit de Sega, c'est regardable. Et puis ce côté totalement kitch, oscillant entre le mauvais film de Jean Claude Vandamme et un concours de body building des années 80, est franchement marrant.

C'est donc avec un léger sourire sur les lèvres qu'on appuie enfin sur le bouton Start et que l'on accède directement au choix du personnage. Aucun menu d'options ou de VS, vous êtes obligé de faire l'unique mode de jeu disponible.

Malheureusement notre beau sourire à tôt fait de se faire la malle en voyant la tronche des trois combattants. Au choix Buzz (rien à voir avec le héros des quizz de Sony, ou celui de Toy Story) un catcheur raté, Ty le champion de kickboxing et enfin Kato (un prêtre catholique ninjutsu, non je déconne :D) un karatéka.

Comme vous vous en doutez, chaque perso aura ses particularités, Buzz étant lent mais puissant, Ty équilibré, et Kato plus rapide que puissant.

Afin d'éliminer la question qui brûle sur les lèvres de beaucoup de lecteurs passionnés par ce test culte de PitFighter ;), sachez qu'il n'y a aucun mode versus mais que vous pourrez jouer le mode histoire à deux en coopératif. Les ennemis sont aussi multipliés par deux, du moins la plupart d'entre eux. Exit donc le mode coopératif à 3 joueurs, Atari ne connaissant pas le multitap, ou explication plus justifiée: ils ont voulu se contenter du minimum syndical.

Bref, vous voilà parti pour 10 combats intenses contre des adversaires issus tout droit du dernier film pornographiques à bases de Sado masochistes. Entre la fille au fouet et combinaison en cuir, le cowboy à moustaches avec son pantalon moulant, le body builder avec les bretelles ridicules, on se croirait dans un clip de YMCA. Même le dernier boss porte un masque en cuir moulant avec pantalon en cuir ressemblant étrangement à cette scène de Pulp Fiction où on sort La Chose de sa caisse (les amateurs comprendront).

Visiblement issu d'une longue masturbation intellectuelle, ou d'un complexe quelconque à base de cuir, même la fin du jeu nous fait pencher sur cette hypothèse de travail. On y voit une call girl se jeter à vos genoux, bougeant la tête d'avant en arrière au niveau de votre entre jambe dans une position plus qu'explicite. Ou peut-être suis-je dans cette période post crise de la quarantaine où la moindre tenue moulante me fait tourner la tête....lol

Règle n°2 du fight Club: On ne joue pas à PitFighter, on vit PitFighter et on meurt PitFighter

PitFighter vous propose donc de jouer à un jeu de combat un contre un (ou deux contre deux) dans des arènes allant du tunnel malfamé, station de métro, garage, usine désaffectée, club Fucking Blue Boy (non là je m'égare...lol), ou entrepôt quelconque.

Trois boutons à disposition: A servant à donner des coups de poings, B pour les coups de pieds, et C pour sauter. En appuyant sur A et B en même temps vous attrapez l'adversaire pour le jeter au loin, B et C en même temps pour une sorte de coups puissants.

Des tas d'armes pourront être ramassées dans l'arène, celles ci n'étant pas sur un seul plan horizontal comme Street Fighter 2, mais plutôt sur un grand rectangle tels les beat them all de l'époque. Parmi les quelques armes vous trouverez des couteaux, queues de billard, barils, shurikens ou caisse en bois. Si vous explosez un baril sur la tête de votre adversaire vous trouverez même quelques fois des power up vous rendant invincible pendant quelques temps.

Les arènes sont fermées par les spectateurs qui ne se contentent pas toujours de regarder mais de vous repousser vers votre adversaire si vous vous approchez trop d'eux. De même certains membres du public (faciles à repérer car les seuls ayant un tant soit peu de couleurs au milieu de la fadeur du public), sortiront un peu des rangs pour vous frapper. Libre à vous de leur mettre une jolie patate et récupérer l'arme qu'il portait.

Vous remarquerez sur les screens une seule barre de vie à côté de votre portrait. Ici pas de rounds gagnants, il faudra mettre KO votre adversaire pour ensuite passer directement au combattant suivant. Vous disposez de 3 vies et aucun crédit. À savoir que contrairement à votre adversaire, votre énergie ne se régénère pas après chaque combat, rendant le jeu particulièrement difficile la première fois. Plus vous battez vite votre adversaire, plus vous gagnez d'argent (du score en fait), mais à aucun moment vous ne pouvez récupérer de l'énergie vitale.

Si vous faites Game Over, le jeu vous propose de modifier des paramètres inaccessibles jusqu'alors, comme le niveau de difficulté, ou votre puissance. Cela rend donc le jeu plus facile pour votre deuxième partie.

Comme vous allez vite vous en rendre compte, les coups ne sont pas très variés, et on se contente de bourriner sur le bouton la plupart du temps, ne pouvant contrer l'attaque ennemie. Petit plus, une fois un ennemi au sol, vous pouvez continuer à le savater allègrement.

Tous les 3 combattants vous devrez battre votre double, non pas par KO, mais en le faisant tomber 3 fois. Ce "bonus stage" qui n'en est pas réellement un et qui ne sert à rien, ne vous apportera que des points supplémentaires. Sans intérêt.

Règle n°3 du Fight Club: on ne regarde pas PitFighter, on est submergé par la grandeur de PitFighter:

La première chose qui frappe aux yeux lorsque l'on commence à jouer ce n'est pas la taille des sprites qui sont plus petits que ceux de la plupart des jeux de combat, ce n'est pas non plus la disparition des zooms de la version arcade, mais c'est l'ensemble de ce chef d'oeuvre visuel.

Les digitalisations sont assez horribles, à tel point qu'on a du mal à discerner si l'on combat une femme ou un homme, si notre adversaire est blanc ou noir, ou si le public est composé d'ombres chinoises bougeant un bras de temps en temps. Quand on voit Mortal Kombat sorti quelques mois après, on peut se demander comment Atari a réussi à autant massacrer son jeu.

Les décors sont sombres, les couleurs fades, sans vie et d'une laideur peu commune. Les animations des personnages font peine à voir avec une ou deux animations intermédiaires entre un bras le long du corps et un bras tendu par exemple. Nos combattants ont l'air de s'être assis sur quelque chose de peu agréable et se l'être coincé bien profondément. Bref on en revient à ce concept de jeu sadomasochiste.

Autre difficulté du jeu, la gestion des collisions. Il ne faudra pas vous offusquer de voir votre coup de poing traverser l'adversaire sans le toucher, que l'ennemi balance un baril au dessus de vous mais que celui ci vous touche quand même, que lorsque vous porterez votre adversaire vous aurez le sentiment qu'il vole à côté de vous, etc... Il y a même des disparitions de sprites avec des armes qui disparaissent des mains. Difficile de faire pire.

Si seulement les musiques apportaient un peu de fraicheur, mais là on touche le fond avec des "mélodies" indignes d'une dictée magique, des sons à mourir de rire, et l'absence totale de voix digitalisées. Autant couper le son.

Pourtant, il faut bien avouer que l'on éprouve un plaisir malsain à jouer à ce jeu, plaisir fugace ne durant que le temps de le finir soit en moins de 10 minutes. L'envie de remettre le couvert ne revient jamais et on a vite fait de le ranger sur une étagère, jusqu'à ce qu'un beau jour vous vous disiez: "pourquoi ne pas essayer ce truc, histoire d'apporter un peu de piment dans notre vie. Il faut savoir tenter de nouvelles expériences, revenir à notre côté primitif ". Pas sûr que ma femme apprécie..... :D

Verdict

2

Points forts

  • Mode deux joueurs en coop
  • des armes à utiliser
  • l'intro hyper kitch mais sympa

Points faibles

  • trois persos jouables
  • d'une laideur à toute épreuve
  • gameplay limité
  • animations épouvantables
  • bande son à pleurer
  • absence de mode 3 joueurs
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Mega Drive 3.1 10

Commentaires

Avant, j'aimais la MegaDrive. Mais depuis que je lis les tests de Slaine, j'ai appris à la détester :lol:
Merci :content:, mais faut pas croire, j'ai pas la haine contre ces jeux. Au contraire ils me rappellent de bons souvenirs lorsque j'avais des fous rire déjà à l'époque en y jouant. Et c'est souvent après une bonne daube qu'on apprécie encore plus la qualité des bons jeux :wink:
Ne vous inquiétez pas, après le prochain test de curse qui ne serait tarder sur le site, je retourne à des valeurs sûres comme Gynoug ou Alysia dragoon.
Merci à notre expert en super daubes! lol Excellent test. Etant gamin, ce jeu m'avait rebuté rien que de voir la jaquette. Je sais aujourd'hui encore pourquoi je ne l'ai jamais acheté. Merci à toi Slaine! Vraiment un maso du jeux vidéo de merde. lol
bko, 21 avr 2010 - 9:44
A l'époque, en le voyant en arcade, je révais d'avoir un jeu comme ca à la maison, je me disais que les graph était la réalité et que c'était pas possible de faire mieux :)
Eh oui il en faut des test de ce genre. Mais comment fais "slaine" pour écrire de tels merveilles. Parfois j'en rigole seul devant mon écran!!! sinon ce Pit-fighter est certes médiocre mais distrayant.
En fait c'est surtout la lecture du test qui est distrayante...Sauf pour ceux qui ont raque le jeu 500 balles a l'epoque.
pixeldream, 28 avr 2010 - 1:25
tient je l'est eu dans un vide grenier celui la et il a fini explosé dans le mur :lol:

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