Test : Gargoyles (Mega Drive)

Gargoyles
Action

La Mega Drive est connue pour ses adaptations de licences Disney, le plus souvent en jeux de plateformes. Castle of Illusion, Aladdin, ou encore Quackshot, sont les titres qui ressortent le plus. Mais vers la fin de vie de la console, d'autres films et séries ont également eu droit à leur jeu vidéo, parfois pour le meilleur, comme Mickey Mania et parfois... et bien parfois c'est plus compliqué. Et c'est le cas de Gargoyles.

Gargoyles est une série d'animation coproduite par Walt Disney Television Animation et Buena Vista Television, diffusée entre 1994 et 1997. Les deux premières saisons ont été produites au Japon, la troisième et dernière au Canada. La série raconte les aventures de gargouilles qui se réveillent, 1000 ans après avoir été pétrifiées, à New-York, et reprennent leur rôle de protecteurs de la ville qui les accueille désormais. Largement scénarisée par des auteurs ayant travaillé sur la série animée Batman de 1992, Gargoyles en reprend également l'atmosphère gothique et la patte graphique de Bruce Timm n'est pas très loin. Après une deuxième saison qui bouclait parfaitement la série, Disney en a commandé une troisième. Avec des conditions de production et de diffusion radicalement différentes, et des auteurs originaux qui se sont désengagés du projet, la saison 3 est considérée comme non-canon, et a mis un terme à la série.

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Comme c'était la mode à l'époque, le joueur dirige Goliath qui va tenter de récupérer et de détruire l'Oeil d'Odin, un talisman maléfique qui corrompt son porteur, et qui a ensorcelé Demona. Le jeu débute par un flashback dans lequel on affronte des guerriers viking qui attaquent notre château, puis nous ramène dans le présent où on va essentiellement affronter des robots sur les toits de New-York, dans un train ou une sorte de fonderie. Les 5 stages mêlent action et plateforme, souvent en même temps, et Goliath peut utiliser ses puissantes griffes pour attaquer les ennemis mais aussi pour grimper au mur et au plafond, et peut également planer quelques instants grâce à ses ailes. Comme le veut la tradition, chaque niveau se conclut par un affrontement avec un boss.

Le moins que l'on puisse dire est que Gargoyles est un jeu frustrant. Au début, on est agréablement surpris par la palette de mouvements de Goliath, d'autant plus que son animation est excellente. Le style graphique, avec ses aplats de couleurs et ses décors très contrastés, rappellent le travail fait par Virgin sur Aladdin, et on a vraiment l'impression de jouer à dessin animé interactif. Malheureusement, la filiation avec Aladdin ne s'arrête pas là, car on retrouve les mêmes approximations dans les collisions que dans le titre de David Perry. Mais si Aladdin était un jeu très facile, ce qui permettait de passer outre ce petit souci, ce n'est pas le cas de Gargoyles.

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Les ennemis sont nombreux et agressifs, le jeu prend un malin plaisir à nous balancer tout un tas d'embûches pendant les phases de plateforme, et non seulement les hitbox sont approximatives, mais en plus Goliath est terriblement pataud. Dès le début du jeu l'escalade de deux tours, pendant laquelle on nous balance des boules de feu, avec en plus des obstacles qui nous empêchent de nous raccrocher en cas de chute, met les nerfs à rude épreuve. Et ce n'est que le début. Même en étant prudent et méthodique on se fait martyriser soit par les ennemis, soit par le décor, soit les deux, surtout car le jeu ne nous donne pas les armes pour nous défendre. Un même ennemi peut nécessiter trois ou huit coups de griffe pour être vaincu, sans qu'on comprenne pourquoi, la projection est puissante mais trop difficile à placer, et Goliath est quasiment impuissant une fois accroché au plafond.

Le jeu est simplement ridiculement difficile, même au regard des standards de l'époque, et cesse très vite d'être simplement challengeant pour être tout simplement horripilant. Pas étonnant qu'il existe tellement de cheat codes, soit pour rendre invincible, soit pour recharger la barre de vie. Le jeu est quasiment infinissable sans.

Après un premier niveau plutôt stylé, le jeu perd également progressivement en personnalité. La grotte du niveau 2 est plutôt jolie, mais les toits de la ville du niveau 3, le train et la fonderie sont terriblement génériques. Les décors sont répétitifs et sans relief, tout comme les ennemis, et trop souvent des éléments du premier plan altèrent la visibilité. Les fans de la série n'auront même pas droit à un niveau minimal de fan service, puisqu'aucun de ses personnages récurrents n'apparaît, en dehors de Demona.

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Ne vous laissez pas berner par ses les premières minutes de jeu ; s'il est attirant au premier abord, Gargoyles devient très vite terriblement frustrant. Sa difficulté exagérée et sa maniabilité passable rendent l'expérience désagréable, et ce n'est pas sa technique impressionnante au premier abord, mais qui montre vite ses limites, qui peut compenser. A moins d'être un progamer ou un masochiste, difficile de prendre du plaisir sur un titre qui a aussi peu de considération pour le bien-être du joueur, même selon les standards de l'époque.

Verdict

5

Points forts

  • Style graphique intéressant
  • Pas grand chose à reprocher techniquement
  • Palette de mouvements assez large

Points faibles

  • Manque de créativité dans les niveaux
  • Maniabilité très approximative
  • Difficulté qui confine au sadisme
  • S'inscrit à peine dans le lore de la série
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Mega Drive 7.0 1

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