Test : DJ Boy (Arcade)

DJ Boy est un titre peu connu. Sorti uniquement au Japon en arcade, il a bénéficié d’une adaptation la même année sur Mega Drive. Même sur ce support 16 bits, il reste un jeu méconnu qu’on ne retrouvera sur aucune compilation ou best of de la machine de Sega. C’est bien dommage.

Pour en revenir à cet opus arcade, il est sorti début 1990 soit quelques mois après Final Fight, et dans le même créneau de temps que Moonwalker ou Golden Axe. Autant dire que la concurrence était rude si on ajoute les Double Dragon et autres beat them all qui sont restés gravés dans l’histoire.

Enfin, sachez que Kaneko a développé un autre titre du même genre en 1992 : B.Rap Boys, qui reprend le concept du beat them all à scrolling en mouvement, où notre personnage est cette fois ci sur un vélo. Entre le titre et le moyen de locomotion, on pourrait presque y voir une suite spirituelle de DJ Boy.

Que vaut ce jeu de Kaneko et qu’offre-t-il de différent de la version console ? Verdict plus bas.

DJ Boy feat. Mickael Jackson
 

Avant l’écran titre du jeu qui apparaît sous forme de graffiti, vous voyez un personnage déguisé en Dracula et des chauves-souris mettre en garde DJ Boy avec une voix off un peu stridente et pas forcément hyper clean. Quoiqu’il en soit, on se dit qu’on tient notre méchant du jeu, que ce maudit Dracula va enlever notre chère dulcinée et qu’il faudra la secourir au péril de notre vie. Finalement, il n’en est rien.

Comme vous allez pouvoir le découvrir au fil du jeu, ce personnage démoniaque n’apparaîtra jamais dans le jeu et on se demande du coup pourquoi cette introduction…

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C’est en appuyant sur Start que l’on découvre la véritable histoire de notre héros. Oubliez les petites amies à secourir, ici le scénario est tout autre. Le jeu débute par notre personnage qui danse sur une chorégraphie hip-hop au milieu de la rue. On voit sur sa gauche un autre personnage qui ressemble à s’y méprendre à Mickael Jackson en version SD, vêtu du fameux costume en cuir rouge de Thriller. Cet hommage au King of Pop se retrouvera particulièrement dans le jeu, notamment à chaque fin de niveau où notre DJ Boy se met à danser en réalisant une chorégraphie proche de ce que Mickael Jackson pouvait faire. Difficile de ne pas y voir de multiples hommages.

Pour en revenir au scénario, pendant que DJ Boy se dandine à l’écran, un groupe de loubards se pointe, visiblement agacé par la musique, et vole le poste hifi de notre héros avant de s’enfuir avec. Ni une ni deux, DJ Boy se lance à leur poursuite avec ses rollers.

Vous l’aurez compris, ici le titre DJ Boy prend tout son sens, notre personnage étant un fan de sono et la poursuite des ennemis se justifiant avec nos rollers pour les rattraper.

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Une fois qu’on a dit cela, on se dit que le jeu se terminera une fois qu’on aura identifié le gang responsable de ce vol honteux, qu’on aura donné une bonne leçon au big boss et récupéré notre chaîne Hifi dernier cri. Eh ben non. En fait, les niveaux vont s’enchaîner sans réelle cohérence entre eux, le dernier se passant au far-west par exemple, et le dernier boss sera composé de deux big mamas karatékas qui nous jettent des pierres. On les affronte pour une raison que j’ignore et vient le staff de fin sans aucune explication, sans lien avec la Hifi volé ou le personnage de Dracula aperçu lors de l’intro. Je me suis dit qu’il devait y avoir un boss caché, un niveau secret pour tenter de comprendre le délire, mais je n’ai rien trouvé.

Bref, les développeurs ont fait un jeu qui n’a au final ni queue ni tête et où il ne faudra pas trop chercher à réfléchir.

En cela sa conversion sur Mega Drive apportera une véritable construction scénaristique le tout dans un style comics bienvenu.

Un gameplay minimaliste mais sur des rollers
 

DJ Boy est donc toujours un beat them all à scrolling horizontal mais avec la particularité que notre héros se balade en rollers. Le scrolling avance donc constamment sauf lors des boss ou de quelques zones où il faudra affronter une horde d’ennemis. Cela donne une certaine originalité au jeu car les beat them all de ce style ne sont pas légion. De mémoire je pourrais citer Eight Man sur Neo Geo, c’est tout…

Outre cette aptitude à être toujours en mouvement, notre héros peut donner des coups de poings, des coups de pieds, et des coups de pied sautés. La pression sur les deux boutons donne un coup un peu plus puissant. Rien d’autre. Vous ne pouvez pas utiliser d’armes.

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Toutefois, contrairement à ce que l’on pouvait voir sur la version Mega Drive, lorsque vous martelez les poings ou les pieds, notre personnage réalise un enchaînement de coups, comme une sorte de combo. Ça apporte déjà un petit plus visuel et donne plus de crédibilité à l’ensemble.

On remarque aussi que vos ennemis peuvent vous attraper si vous restez trop immobile. Un autre ennemi viendra alors vous ruer de coups. Dommage qu’on ne puisse pas le faire également contre eux, notamment à deux joueurs.

Car oui, ici, le mode deux joueurs existe bien. Vous incarnez exactement le même personnage mais au lieu d’être habillé d’une veste et d’une casquette orange, il est en rouge. Autre différence, à chaque fin de niveau, chaque personnage réalise une chorégraphie différente de l’autre joueur pour marquer la victoire.

On aurait aimé des choix de personnages jouables, mais il faudra se contenter de notre DJ Boy uniquement.

Enfin, sachez qu’un crédit = 4 vies, et que vous récupérez des points en cassant quelques objets (très rares) ou en tuant les ennemis et les boss. Les vies offertes arrivent relativement facilement et il n’est donc pas impossible de finir le jeu sans perdre de crédit, ce qui est rare pour un jeu d’arcade.

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Une technique tout juste dans la moyenne
 

Kaneko est une petite boîte qui n’a jamais brillé par des jeux arcade d’exception. Si ce n’est quelques succès d’estime comme les Gal Panics, Air Buster ou Jackie Chan, leurs titres sont sympathiques mais visuellement dans la moyenne basse de ce que l’on pouvait trouver.

DJ Boy ne fait pas exception à la règle, même si le jeu d’arcade est bien au-dessus de la version Mega Drive développée quelques mois plus tard.

Vous allez parcourir cinq niveaux au total. Les quatre premiers seront repris sur Mega Drive avec dans l’ordre la ville et son tramway, le métro, le chantier et le casino. Ils auront toutefois plus de diversité dans les décors, notre personnage évoluant au fil de sa course en rollers à travers le paysage changeant.

Le cinquième niveau est propre à la borne d’arcade avec un stage dans le far-west, avec désert, cactus et montagnes au programme.

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A part dans le chantier de construction où il y a un tout petit peu de verticalité, tous les niveaux sont strictement linéaires, avec très peu d’obstacles sur votre trajet, flaques d’huile à éviter ou trous.

Les ennemis sont en nombre assez conséquent avec des sprites de toutes les tailles, ce qui apporte un peu de diversité à l’ensemble. Vous avez toujours les loubards en rollers, les nains en costard cravate, les clowns sur leur tricycle, les pom-pom girls, et d’autres ennemis parfaitement identifiables.

De même pour les boss que vous retrouverez pour la plupart sur la version Mega Drive. Par exemple la Big Mama, qui ici est bien plus stéréotypée que dans la version console, surtout dans sa posture de « KO ». Clairement un personnage qui pourra faire polémique, tout comme les grands blancs en costume cuir torse nu et leur fouet, ou les clochards avec un long imperméable, ou encore le bodybuilder en slip moulant. Tout autant de personnages qui seraient très difficiles de mettre dans un jeu aujourd’hui et qui expliquent peut-être pourquoi on ne retrouve pas cette borne d’arcade en dehors du Japon.

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Un boss est propre au jeu d’arcade : le groupe de rock métal dans le niveau du casino. Dommage qu’ils ne l’aient pas repris sur Mega Drive, car c’est le plus réussi à mon goût.

Visuellement le jeu offre une palette de couleurs conforme aux environnements proposés avec des décors sympathiques même si ça manque de vie, de scrolling parallèles ou d’animations en général. Tout reste un peu figé et archi vu.

On notera toutefois l’animation du personnage bien décomposée, largement plus que la version console.

Enfin niveau bande-son, le jeu offre des musiques rythmées qui collent bien au jeu mais qu’on aura très vite oubliées. Mr Watanabe qui était aux commandes de cette partie bande son, est d’ailleurs le seul à avoir participé à la fois à la version arcade et à la version console.

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Conclusion
 

DJ Boy est un jeu minimaliste. Si on met de côté le fait qu’il se fasse avec un scrolling qui avance continuellement et que notre héros est sur des rollers, on reste dans le niveau moyen bas des beat them all de l’époque. Le mode deux joueurs apporte un petit plus indispensable par rapport à son opus console, et son ambiance atypique en fait un jeu un peu à part.

Une fois qu’on a dit cela, les amoureux de beat them all apprécieront une petite partie histoire de compléter leur culture vidéoludique et passeront à autre chose rapidement.

Tant qu’à aller dans le délire total, Kaneko aurait dû se lâcher complètement en offrant plus de niveaux, des ennemis encore plus barrés et un peu de diversité dans les stages. En cela le très peu connu B.Rap Boys comblera pas mal de lacunes de DJ Boy, sans être pour autant un jeu grandiose…

Verdict

4

Points forts

  • Mode deux joueurs
  • Jeu atypique et rapidement reconnaissable
  • Un beat them all en rollers
  • Assez simple à finir pour un jeu d’arcade
  • Les animations plutôt bien décomposées

Points faibles

  • Des ennemis qui peuvent créer la polémique aujourd’hui (Big Mama, …)
  • Pas de diversité dans les coups
  • Le peu de cohérence dans les niveaux ou le scénario
  • Techniquement très en dessous de la concurrence
  • Bande son moyenne
  • Que 5 niveaux assez courts

Commentaires

myau, 02 aoû 2022 - 8:44
Merci pour ton article. Ce jeu n'est pas resté dans les mémoires. Je n'aime pas spécialement les jeux de Kaneko à part Aero Blasters. Pourtant, ils ont bien participé de mémoire aux jeux PC Engine comme Super Star Soldier.

Infos sur le jeu


DJ Boy
Beat'em up