Test : Demon Slayer The Hinokami Chronicles 2 (PC, PS, Xbox, Switch)
"Rue déserte, dernière cigarette, plus rien ne bouge... Juste un bar qui éclaire le trottoir d'un néon rouge.
J'ai besoin de trouver quelqu'un, j'veux pas dormir ! Je cherche un peu de chaleur à mettre dans mon cœur.
Il m'entraîne, au bout de la nuit."
Vous l'aurez compris, on va parler d'un monument de pop culture : Demon Slayer.
Je dis "monument" car un jeu sort après un énorme carton du cinéma d'animation japonais Gekijô-ban Kimetsu no Yaiba Mugen Jô-hen (Demon Slayer: Kimetsu no Yaiba La Forteresse Infinie) et avant une sortie en France pour cet automne, très attendue par les fans.
Pourquoi un tel succès ?
Parce qu'un titre en japonais ça claque et que c'est tiré d'un efficace shōnen dans lequel des vilains démons s'entretuent avec des samouraïs ninjas stylés et sur-entraînés qui dansent avec les éléments de la nature et se surpassent grâce au pouvoir de l'amour de l'amitié et la force d'une glorieuse destinée héritée de guerriers de légendes.
Donc après la BD, après le cinéma, il n'y a plus que le jeu-vidéo.
Demon Slayer Hinokami Chronicles 2 fait suite directe à Demon Slayer Hinokami Chronicles 1 (duh !) qui aura un peu déçu, à cause d'une petite radinerie. Ce coquin fut un peu trop chiche sur le contenu du jeu en y intégrant le strict minimum de personnages, animés par un framerate de 30 fps. Sacrilège et frustration des fans.
Maître SEGA rattrape-t-il le coup ?
Un peu oui et un peu non, voyons ça.
Le mode « La vie d'un Pourfendeur » :
Ce n'est pas le premier mode proposée mais il est conseillé de le faire si on ne connaît rien à l'univers des "Pourfendeurs" de Demon Slayer. Ce mode résume en une série de combats tout le début du manga qu'aborde le premier jeu... en voici un résumé :
Le jeune héros Tanjiro a vu sa sœur Nezuko transformée en démon à cause d'un super démon : Muzan Kibutsuji. Tanjiro tient à redonner forme humaine à Nezuko et à tout prix la protéger des Pourfendeurs de démons qui pourfende les démons. Tanjiro rejoint leur organisation secrète très hiérarchisée suite à des entraînements laborieux et mortels au cours desquels il se lie d'amitié avec deux camarades, Zenitsu (un Sanji narcoleptique) et Inosuke (un Vegeta hermite).
Tanjiro parvient aussi à faire accepter sa sœur démonisée mais apprivoisée. En effet, lui et l'organisation secrète des Pourfendeurs partagent le même objectif : déboîter Muzan et ses puissants sbires appelées, "Lunes Supérieures". Et les pouvoirs démoniaques de Nezuko pourraient même aider à l'affaire.
Suite à une défaite d'une des Lunes Supérieures qui coûta la vie à un des puissants piliers des Pourfendeurs, nos héros à peine remis repartent en chasse des lunes suivantes qui les conduiront au puissant Muzan.
Les combats proposés dans ce mode ne sont pas très durs et s'enchaînent simplement, ils sont introduits et conclus par de simples cinématiques. Si vous voulez vous y attarder pour le défi, changez la difficulté en difficile. Pratiquez ces combats comme un mode arcade.

Le mode « Histoire »
On attaque la suite directe de l'aventure du précédent jeu.
Comptez 13 chapitres (en intégrant les prologues et autres histoires parallèle) qui vous occuperont moins d'une dizaine d'heure.
Le contenu proposé se veut varié : cinématiques, explorations, mini-jeu bonus et bagarre.
Si toutes les phases de gameplay sont en 60 fps constant sans broncher, les cinématiques sont en 30 fps. Malgré ça, ces dernières sont bien mises en scène et quand ça bouge c'est plein de style... moins quand ça papote ou pleurniche mais ça peut chatouiller les lacrymales des plus sensibles. Il y a les cinématiques en début et conclusion de chapitre et celles qui ponctuent les explorations et les combats. Les plus essentielles sont celles qui introduisent et concluent les chapitres, alors si l'impatience vous gagne, préférez zapper celles qui jalonnent les phases de jeu.
Et quitte à zapper des trucs, il y a aussi des mini-jeux peu nombreux et totalement oubliables.
La partie faible du jeu et qui est hélas la plus longue est la partie d'exploration. Dans ces moments, on circule de cut-scene en cut-scene entrecoupées de phases d'exploration de couloirs ou d'espaces pseudo-labyrinthiques : il est strictement impossible de s'y perdre, tout ce qui est à découvrir est indiqué sur une minimap et les rares énigmes à résoudre sont aussi difficiles que d'aider Groquick à retrouver son chemin au dos de son paquet de céréales. C'est dommage parce que les personnages ont des pouvoirs liés aux sens de l'odorat ou l'ouïe mais ils sont très largement sous exploités.En plus les environnements traversés ne vont pas mettre à genoux votre carte graphique, c'est pas moche en soi mais c'est un peu vide par rapport aux standards actuels et ne pousse pas à la contemplation béate.
Pour ce qui est des combats, ce sont essentiellement des duels contre de puissants démons qui attaquent par patterns et s'affranchissent des règles classiques du mode versus. En gros, ils trichent un peu mais leurs patterns les rendent prévisibles.
Comme toute première fois, c'est âpre, on tape à côté mais il faut y croire. D'autant plus que pour des raisons de scénario, vos combattants sont imposés et souvent limités dans leurs compétences réelles. Ce choix a tout de même le mérite de faire ressentir la puissance des adversaires aux joueur·euses débutant·es. Les vétérans vont par contre les défoncer sans effort. Les moments clés de ces combats proposent quelques brefs QTE alors ne posez pas la manette pour reprendre un de chocolat.
...
En vrai si, vous pouvez même vous commandez une pizza et vous servir un coca parce que si vous ne faites pas le QTE, ben vous gagnez quand même.
A la suite de ce bilan pas oufissement glorieux, on peut se demander pourquoi diable plier ce mode au lieu de se taper direct avec ses potes. Ben parce qu'il y a une carotte... et de taille.
Le jeu regorge de contenus à débloquer : personnages, éléments d'habillages, musiques... en parcourant le mode histoire ou en dépensant des points kimetsu dans le magasin du jeu. Et débloquer les personnages et costumes coûte très cher en points, le plus simple reste donc de les débloquer en suivant le cours de l'histoire.
Pour achever d'acheter les nombreux éléments cosmétiques, les points kimetsu se gagnent en explorant les environnements et en y rejouant les combats. Les modes « La vie d'un Pourfendeur » et « Parcours d'entraînement» proposent aussi leurs lots à débloquer.
Le mode « parcours d'entraînement» :
C'est le mode survie du jeu. Il s'agit de remonter un arbre de combats simples en y récoltant des améliorations de combats pour parvenir à vaincre le Pourfendeur dédié.
Les combats ne sont vraiment pas difficiles du tout, à croire qu'il est fait pour farmer sans trop d'effort (autre que celui de la patience) les derniers bonus à débloquer et encore un peu plus de points kimetsu.
Ainsi ce conclue la partie du test orienté « solo »... il y a de quoi grignoter mais sans la carotte des points/bonus à débloquer, on parcourt ces modes une première fois sans ressentir le besoin d'y revenir.
Le point de camping du jeu est donc évidemment le mode versus, en ligne comme en local.
A la rédaction de ce test, le versus en ligne est complètement désert et ne permet pas de juger de la qualité du netcode. Le jeu précédent n'a pas très bonne réputation de ce côté là, alors espérons que le saint rollback netcode soit de la partie. En attendant d'y voir plus clair, il y a évidemment le versus en classé, amical et lobby avec la possibilité d'habiller son profil des différents éléments cosmétiques débloqués.
Le mode "Versus local" avec ses potes :
On rentre là dans le cœur du gameplay.
Demon Slayer Hinokami Chronicles 2 est un jeu de baston, plus précisément un "arena fighter" avec "assist". Si vous avez déjà fait un Naruto Ninja Storm vous serez en terrain connu, dans le cas contraire lisez bien ce qui suit.
Si ce genre de jeu de baston ne repose pas sur l'exécution de "command input" (quart de cercle) et de "mix-ups" (variation d'attaques), il demande de gérer plusieurs ressources pour attaquer efficacement et de bien choisir entre bloquer ou se déplacer pour trouver la faille de l'adversaire.
Il y a deux boutons d'attaques (légères et lourdes), un bouton de saut, un bouton d'esquive/dash, un bouton de garde, un bouton pour passer en éveil (une forme de rage), un bouton de pouvoir ultime (grosse patate cinématisée) et un dernier bouton pour appeler l'assist ou vous remplacer. Il y a une jauge de vie, une jauge de souffle (subdivisé en cinq parties), une jauge de pouvoir (deux niveaux de charge), la jauge d'assist (subdivisée en deux) et la jauge de combo.

La jauge de vie vous autorise à jouer (Hé !), celle de souffle vous permet de faire des attaques lourdes à grand renfort d'effets graphiques. Pour remplir la jauge de souffle il faut attendre ou bien activer le "mode éveil" si la jauge d'éveil le permet.
La jauge d'assist vous permet d'appeler un·e allié·e pour faire plus de dégât et étendre le combo ou bien de vous sortir d'un combo que vous subissez, au prix d'une vidange complète de la dite jauge. Lorsque vous commencez (ou subissez) un combo, une petite jauge apparaît près du compteur de coups et se vide au cours du temps. Une fois vide, la victime ne peut pus être frappée évitant ainsi l'humiliation d'injustes combos infinis.
Il y a aussi de nombreuses subtilités techniques et tactiques pour contrer l'adversaire et optimiser les recharges des jauges et les dégâts (contre, dash cancel...) qui sont expliquées dans le didacticiel du jeu. L'important à retenir est : d'abord observer les attaques des adversaires et les siennes pour juger de leur portée et ainsi voir les ouvertures. Optimisez ces dernières en bourrant comme un·e sale !
Les attaques à distances existent aussi pour quelques personnages ou si vous utilisez l'assistance de votre binôme. A savoir d'ailleurs que contrairement aux humains, les démons se battent en solo alors, appeler un assist revient à faire une attaque à distance.
Il y a 48 personnages jouables, certains se marient plus efficacement avec d'autres, les démons se suffisent à eux mêmes... à vous de trouver le style et les synergies qui vous conviennent. Les combats vont vite, les coups font très mal alors prenez garde à ne pas dilapider vos ressources dans le vide.
Reste enfin la grande question qui habite tous les jeux de bagarre : quid de l'équilibrage ?
A ce stade c'est difficile à dire.
Les dégâts sont sensiblement les mêmes pour tous les personnages, ne diffèrent que la portée, la vitesse et les effets (écrasement, rebond..) des attaques. Il est par ailleurs possible d'équiper vos personnages d'upgrades de puissance, défense ou récupération pour compenser/améliorer d'éventuels faiblesses ou forces. Ces améliorations agissent à la marge des compétences des personnages... mais qui sait ce qu'une communauté motivée pourra trouver comme saletés à exploiter pour rendre le jeu complètement injuste.
En parlant de communauté, si vos potes sont indisponibles vous pouvez toujours affronter le CPU ou le reste de la planète en ligne. Et dans le mode versus se trouve un mode survie très basique et un mode entraînement très complet pour dormir sur le jeu et s'améliorer.
Malgré un mode solo avec de jolies animations, certes mais des phases de jeu un peu creuses à refaire pour tout débloquer, Demon Slayer Hinokami Chronicles 2 propose quand même de chouettes combats qui malgré parfois quelques surabondances aqua-electro-pyrotechniques, proposent des combats lisibles et bien nerveux.
Encore une fois, la compétence première pour apprécier les combats est le déplacement et l'observation pas la mémoire et la dextérité. La simplicité d'exécution et la relative facilité de lancer des attaques ultimes risquent de rendre les combats un brin répétitifs mais ces derniers se terminent vite, ont de la gueule et les personnages sont suffisamment nombreux et bariolés pour s'amuser.
La baston proposée par Demon Slayer Hinokami Chronicles 2 est fun, facile à exploiter... jusqu'à ce qu'une saloperie de mécanique foireuse soit découverte et vite patchée, mais on peut espérer que le jeu résistera un peu à la communauté des pourfendeurs de salon.
Verdict
Points forts
- Réalisation en combat stylée.
- Un roster enfin complet.
- Prise en main facile mais profondeur technique présente.
- La caméra suit bien l'action en arène.
Points faibles
- Des décors un peu trop vides, surtout en mode histoire.
- Exploration moins excitante qu'une balade aux champignon dans la garrigue en plein juillet.
- Une aventure aux challenges anecdotiques.
- "Demon Slayer"... et y a pas Buffy ?!




