Test : Bio-Ship Paladin (Mega Drive)

Très peu d’entre vous doivent connaître cet éditeur, UPL, et pour cause : ils sont à l’origine de plusieurs jeux d’arcade, mais des titres n’ayant jamais fait parler d’eux ou n’ayant tout simplement jamais franchi les frontières du pays du soleil levant. Le seul jeu qui vous parlera peut être est Atomic Robo Kid sur Mega Drive, lui-même adapté de la borne d’arcade créée par cette équipe. Ce titre ne connaîtra pas non plus le succès et sera rapidement éclipsé par la masse d’excellents shoot’em up que compte la 16 bits de Sega.

A noter que Bio Ship Paladin sortira dans sa version arcade sur Switch et PS4 en 2021, soit 30 ans après sa version Mega Drive. Un anniversaire totalement passé inaperçu pour le commun des mortels j’en suis certain. Alors que donne ce 2ème essai d’UPL sur notre chère console adorée et l’adaptation de la version arcade est elle réussie ? Petit tour d’horizon pour le meilleur mais surtout pour le pire …

Un boîtier qui ne fait pas rêver

Le moins que l’on puisse dire c’est que la jaquette du jeu laisse songeur et peine à attirer le joueur. On y voit un vaisseau spatial qui n’est pas franchement un modèle de design devant ce qui pourrait être un bras métallique, mais je n’en suis pas certain. Pour la petite info, le titre du jeu japonais se traduirait par Space Battleship Gommorah

Lorsque vous lancez la cartouche, vous n’avez aucune intro, juste l’accès au menu d’options avant de commencer le jeu. A l’intérieur vous pourrez paramétrer le mode de difficulté de facile à difficile, le nombre de vie et le nombre de crédits. 

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Un shoot très (trop) classique

Bio Ship Paladin est un shoot'em up à scrolling horizontal des plus conventionnels. Votre vaisseau spatial doit se frayer un passage face aux hordes d’ennemis ou d’obstacles qui arrivent devant vous. Les 9 niveaux traversés sont d’un classique consternant entre la planète de lave, la forêt, la base spatiale, ou les champs d’astéroïdes. C’est bien simple, quelques heures après avoir fini le jeu j’avais déjà oublié la plupart des environnements que j’avais traversés.

Les ennemis sont également classiques, voire sans intérêt visuel, les boss étant eux mêmes anecdotiques. Pas d’effet « waouh, le boss est énorme » ou autre, on reste totalement placide devant ce design au ras des pâquerettes. 

Le gameplay n’apporte pas grand-chose non plus, si ce n’est quelques idées jamais vues ailleurs qui sont plus contre-productives qu’autre chose. Le bouton A sert à tirer et vous constaterez sur les screens qu’il y a une sorte de cible sur l’écran. En fait, en appuyant sur B, vous prenez le contrôle de cette fameuse cible pour tirer des missiles bien plus puissants que votre laser de base. Problème, si vous contrôlez la cible, votre vaisseau ne peut plus bouger (ni tirer) et reste donc totalement à la merci des ennemis. Il faut donc utiliser cette arme supplémentaire avec dextérité en switchant du vaisseau à la cible régulièrement. Autant dire que ce n’est pas pratique du tout.

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Dans les niveaux vous pourrez ramasser des upgrades « A » qui passent votre cible en tir automatique. Elle ira d’elle-même sur les ennemis présents pendant un laps de temps et détruira tout sur son passage. Vous pourrez aussi ramasser des options, sortes de boules qui vont se balader autour de votre vaisseau pour apporter un tir supplémentaire. Si elles se font toucher par un tir ennemi, elles disparaîtront.

L’autre nouveauté vient du fait que vous pouvez faire grossir littéralement votre vaisseau en prenant une pastille « L ». Là, votre engin déjà assez large à l’écran va doubler de volume, le rendant plus puissant mais forcément beaucoup plus facile à toucher pour les ennemis. Vous pouvez grossir votre vaisseau deux fois. Si vous êtes touché, il perd une augmentation de taille pour revenir petit à petit à sa taille initiale.

Sur le papier les développeurs ont dû se dire que c’était une idée géniale, qu’on avait jamais vu cela dans un shoot'em up, mais ils n’ont jamais dû y jouer car ils auraient compris le total manque d’intérêt de cette feature. Les tirs ennemis sont très nombreux et il est déjà très difficile de les éviter en ayant une taille « normale » vu que le design du vaisseau est loin d’être élancé. En multipliant sa taille, il devient impossible de se faufiler entre les tirs ennemis ou les décors.

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A cela il faut ajouter le point le plus important de ce gameplay vacillant, c’est la vitesse de notre vaisseau. C’est une catastrophe. Il est extrêmement lent et les upgrades de vitesse sont très rares. On ne fait que mourir non pas parce qu’on n’avait pas su voir les tirs ennemis arriver vers nous, ou les vagues de vaisseaux tenter de nous percuter, mais simplement parce que notre vaisseau est tellement lent, qu’il devient impossible à manœuvrer.

On se retrouve donc avec un jeu qui devient très difficile non pas grâce à un challenge pensé pour la circonstance, ou un level design travaillé pour mettre nos réflexes à rude épreuve, mais uniquement parce que le gameplay est bancal entre un vaisseau qui double ou triple de taille (et devient donc une cible facile), un armement qui n’évolue pas assez, un système de ciblage de missile inepte (le vaisseau ne pouvant plus bouger si vous utilisez ces missiles) et une vitesse de déplacement ridicule.

Il ne reste plus que le mode deux joueurs en simultané pour tenter d’apporter un peu d’air au jeu et qui reste le seul argument intéressant à mettre en valeur.

Une réalisation technique qui pose problème

Je vous parlais de l’animation de votre vaisseau si lente qu’elle rendait le jeu pénible, c’était sans compter sur un autre des principaux défaut du titre : ses ralentissements fréquents. Eh oui, malgré une vitesse et une fluidité qui a été grandement revue à la baisse par rapport à la version arcade, l’opus Mega Drive subit très régulièrement de gros ralentissements et saccades dès qu’il y a trop de monde ou de tirs à l’écran . 

Quand on connaît la ludothèque de la Mega Drive et la qualité des shoot'em up de la console, souvent acclamés pour ses performances en la matière, on a du mal à comprendre comment ils ont pu rendre une copie aussi loupée de la version arcade qui elle-même n’était déjà pas des plus flamboyantes.

A cela, il faut ajouter des graphismes qui font peine à voir avec des couleurs ternes, des décors très vides ou peu détaillés, des effets de scrolling parallaxe rudimentaires quand il y en a (et c’est rare). Bref, il n’y a franchement pas grand-chose à sauver sur l’aspect technique ou visuel du jeu et même des titres étant parus à la sortie de la Mega Drive s’en sortent mieux.

La bande son ne sauve pas le naufrage avec des thèmes musicaux que j’ai déjà oubliés.

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Pour ceux qui seraient tentés par la version arcade disponible maintenant sur Switch et PS4, sachez que le jeu Mega Drive reste fidèle dans sa construction générale. Ce sont les mêmes niveaux, les mêmes défauts de gameplay et le même manque de fun flagrant. L’opus arcade reste tout de même plus beau avec des couleurs plus chatoyantes, plus de détails dans les décors ou les ennemis, mais surtout une fluidité sans défaut (et une vitesse de votre vaisseau bien plus confortable). Le jeu arcade est donc plus agréable et jouable, même si honnêtement cela n’en fait pas un bon shoot pour autant.

Ne tournons pas autour du pot, Bio Ship Paladin est un mauvais shoot'em up. Techniquement très en-dessous de la version arcade, mais surtout largement daté pour la Mega Drive avec en prime des ralentissements et des saccades, il propose un gameplay bourré d’erreurs de bon sens pour un jeu qui devrait être nerveux. Seul le mode deux joueurs vient un peu enjoliver la facture vu que ce n’était pas si courant de faire un shoot avec un ami, et le fait qu’aujourd’hui ce soit un jeu méconnu exclusif à la Mega Drive intéressera peut être les collectionneurs les plus assidus.

Verdict

3

Points forts

  • Une exclusivité Mega Drive
  • Un jeu méconnu
  • Le mode 2 joueurs

Points faibles

  • Très très lent
  • Et pourtant ça ralentit quand même…
  • Graphiquement assez laid
  • La cible pour les missiles qui immobilise votre vaisseau
  • Jaquette affreuse
  • Le système d’armement à revoir
  • L’effet grossissant du vaisseau sans intérêt
  • Bande son oubliable
  • Ennemis et boss insipides
Avis des joueurs :
Note moyenne Nb avis
Mega Drive 3.5 2

Commentaires

 

Archives commentaires

myau, 04 avr 2023 - 10:05
En fait, ce jeu reprend le principe de SDI de Sega en arcade sur System 16 (que l'on connait sur Master System sous le nom de Global Defense) avec un appareil lent, en l'occurrence un satellite, et une cible que l'on oriente en fonction de l'arrivée des ennemis mais qui empêchent du coup le vaisseau de se mouvoir librement. Sauf que SDI est nettement meilleur graphiquement et musicalement. J'ai déjà vu des pros le terminer en une vie ! C'est impressionnant car sa difficulté est élevée. Pour en revenir à Uchû Senkan Gomola qui n'est pas sorti en occident sur Mega Drive, c'est étrange de voir son écran-titre en anglais "Bio-Ship Paladin". Peut-être était-il question d'une localisation mais que l'idée fut abandonnée... ? Enfin, ce jeu est trop cher pour le manque de fun qu'il offre.
merci pour l'info. Je ne connaissais pas du tout ce jeu SDI dont tu fais mention. Concernant le titre en anglais, les photos sont prises via émulateur sur PC donc j'imagine que la Rom a été "traduite".
En fait sur le jeu d'origine la langue de l'écran-titre change selon la région de la console, donc une localisation devait bien avoir été prévue avant d'être abandonnée.

Et je suis d'accord sur toute la ligne avec Slaine, ce jeu est vraiment une purge, j'ai rarement vu un shoot aussi désagréable à jouer.
myau, 06 avr 2023 - 6:36
Il me semble que c'était dans un vieux Console + de 1991 où le jeu avait été testé et ainsi, j'ai vu pour la première fois l'écran-titre en anglais Bio Ship Paladin.

Infos sur le jeu


Bio-Ship Paladin
Shoot'em up