Après la Dreamcast et la PS2, heu, la Saturn, c’est au tour du Model 2 d’avoir droit à ses adaptations HD sur les plates-formes dématérialisées, et de permettre pour la première fois de jouer dans son salon aux versions arcade des classiques des jeux de combat. Virtua Fighter 2 en fait partie.
Virtua Fighter 2 était déjà sorti sur Saturn en 1996, et cette conversion avait fait l’objet de beaucoup de soin : haute définition (704 x 480), animation en 60 fps, options exclusives comme le réglage de la taille du ring, et ajout de la version 2.1, ont fait de VF2 une vitrine technologique de la 32-Bit et un potentiel system seller. Mais si la Saturn pouvait faire des miracles, c’était au prix de pas mal d’astuces de programmation, et on restait relativement loin de la qualité technique de la version arcade, et ce remake HD en est la preuve.
Si je n’ai pas assez pratiqué l’original en arcade pour assurer que la conversion est “arcade perfect”, ça y ressemble drôlement, et un habitué de la Saturn aura du mal à reconnaître le jeu : les graphismes sont évidemment bien plus fins, mais la modélisation fait également un peu brut de décoffrage, comparée aux modèles texturés de la Saturn, mais c’est sûrement dù à la HD. Et ne faisons pas la fine bouche : c’est carré, c’est propre, c’est beau, et l’animation n’est pas en reste : ce fut toujours la qualité première de la série, et le jeu est très nerveux, plus même que Virtua Fighter 5 Final Shodown, qui était déjà plus rapide que son prédécesseur.
Par contre, ne comptez sur un affichage 16/9 autrement qu’en déformant l’écran de jeu de manière hideuse, le 4/3 est de mise, ce qui est peut-être authentique, mais un rien fainéant.
Le jeu est également chiche en options : en dehors de la possibilité de jouer au mode 2.1 (qui rééquilibre le gameplay et change l’apparence de Dural) et de configurer les touches du pad et la difficulté, aucun réglage de la version Saturn ne revient. Pas non plus de mode Training ou Tournoi. Il faudra se contenter des modes Arcade (avec un mode Expert), Versus (offline ou online), Ranking et basta. Un peu décevant, d’autant plus que le jeu est très difficile, l’IA étant impitoyable même en Easy.
Le online fonctionne parfaitement (une habitude pour la série) en classé comme en matchmaking, mais il faut quand même que les deux adversaires aient une connexion correcte. Malheureusement il n’y a pas grand monde en ligne, mais c’était prévisible.
Cette conversion de VF2 a donc fait l’objet d’un soin certain, mais pêche par son manque de valeur ajoutée, et par son caractère pas du tout noob-friendly : aucun moyen n’est donné aux débutants de se mettre tranquillement dans le bain, et le online peu fréquenté, et surtout par des joueurs chevronnés, ne risque pas de l’inciter à persévérer. Plutôt maladroit quand on trouve juste à côté l’aboutissement de la série en la personne de VF5 FS, pour un prix à peine supérieur, qui, lui, a su se rendre plus accueillant. Virtua Fighter 2 reste néanmoins un titre important, qui possède déjà la plupart des qualités qui caractériseront la série, et ce sens cette adaptation mérite le coup d’œil. Mais, à moins d’être un fan hardcore de cet opus, elle ne mérite à mon sens guère plus.